« Philip K. Dick’s Electric Dreams », Ba de la nouvelle série inspirée de l’auteur culte

16 octobre, 2017

Philip K. Dick a inspiré Blade runner, dont la brillante suite, Blade runner 2049 est sur nos écrans.

Sa SF paranoïaque a irrigué le cinéma, de « Total recall » à « Minority Rerport » ou l’excellente adaptation en série par Amazon de « The Man in the hight castle« , uchronie où les allemands et japonnais ont gagné la seconde guerre mondiale et se partagent le monde.

Une autre série anthologique Philip K. Dick’s Electric Dreams sera diffusée sur la chaîne de télévision britannique Channel 4.

A l’origine des ambitieuses séries « Utopia » ou de la future série « V for Vendetta« , la chaine sort donc cette série où chaque épisode peut se voir séparément puisque inspiré d’une nouvelle différente du maitre.

Elle comporte dix épisodes et réunira un casting all stars avec entre autres  Steve Buscemi (Fargo, The Big Lebowski), Bryan Cranston (Breaking Bad), Timothy Spall (prix d’interprétation à Cannes pour Mr. Turner), Juno Temple (Wonder Wheel, Vinyl), Terrence Howard (Empire) Greg Kinnear (Little Miss Sunshine), Richard Madden (Game Of Thrones), Anna Paquin (True Blood), Anna Paquin
Voici la bande-annonce :

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Ba de « Les gardiennes » de Xavier Beauvois avec Nathalie Baye et Laura Smet

16 octobre, 2017

Ba de

Après un excellent épisode de Dix pour cent, Nathalie Baye et sa fille Laura Smet vont jouer ensemble et pas chez n’importe qui puisqu’il s’agira de Xavier Beauvois, que Baye retrouve après Le Petit Lieutenant et Selon Mathieu.

Les gardiennes réunit aussi Iris Bry, Olivier Rabourdin, Cyril Descours et Mathilde Viseux.

Cette adaptation du roman d’Ernest Pérochon, publié en 1924, se situe en pleine première guerre mondiale. Hortense Misanger, 58 ans, gère son exploitation dans la Vienne alors que les hommes sont partis. Francine, fille d’une employée, la seconde mais sa propre fille refuse de se soumettre à son autorité et jalouse la relation de sa mère avec son employée.

Le film sort le 6 décembre 2017 dans vos salles de cinéma.

Bande-annonce :

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Ba de « Black Panther » des studios Marvel

16 octobre, 2017
Ba de
Le très attendu Black Panther de Ryan Coogler (Creed) sortira le 14 février 2018.

Ce film solo du super-héros vu dans Civil War trouvera t il son public.

Il s’agit du 1er super héros noir.incarné par Chadwick Boseman.

Michael B. Jordan (Creed) jouera le bad guy. Le casting sera quatre étoiles avec Lupita Nyong’o, Martin Freeman, Forest Whitaker, Andy Serkis.

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Ba de « X Men, les nouveaux mutants » de Josh Boone

16 octobre, 2017

Ba de

X-Men : Apocalypse étant le dernier film de Bryan Singer et Logan le dernier film avec Wolverine, la Fox va devoir renouveler ses mutants.

Une partie du casting des derniers opus serait de retour pour encadrer de nouveaux et jeunes mutants, comme dans les Comics books dont le film est inspiré.

Josh Boone, réalisateur de « Nos étoiles contraires » est le réalisateur attitré.

L’objectif serait de réaliser une trilogie qui selon ses mots serait « sombre »…après, qu’appelle t il sombre ? « Nous travaillons sur un film d’horreur à part entière au sein de l’univers X-Men. Il n’y a pas de costume, pas de super-vilain… Nous essayons de faire quelque chose de très différent.»

Maisie Williams (Game Of Thrones) incarnera la mutante Felina et Anya Taylor-joy (The Witch, Split) sera Magik.

Le film s’annonce comme un film de maison hantée avec de jeunes mutants soit un choix particulier et volontairement éloigné de l’univers X-men connu.

Les Mutants sont les plus dangereux, pour eux-mêmes comme pour les autres, lorsqu’ils découvrent leurs pouvoirs. Détenus dans une division secrète contre leur volonté, cinq nouveaux mutants doivent apprivoiser leurs dons et assumer les erreurs graves de leur passé. Traqués par une puissance surnaturelle, leurs peurs les plus terrifiantes vont devenir réalité.

Le film « New Mutants » sortira en avril 2018.

Bande-annonce :

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« Le sens de la fête » d’Eric Toledano et Olivier Nakache – Critique du Blanc Lapin

10 octobre, 2017

« Le sens de la fête » d'Eric Toledano et Olivier Nakache - Critique du Blanc Lapin dans Films - critiques perso 570288

Avec « Le sens de la fête », les réalisateurs d’intouchables ont trouvé trois bonnes idées pour une recette efficace bien que peu surprenante.
La première est de donner au trop rare Jean-Pierre Bacri un rôle sur mesure de gouailleur mi dépressif mi limite à envoyer bouler tout le monde. Rien d’étonnant mais il est excellent.

Ensuite le thème de l’organisation d’un mariage parle à tout le monde car on a tous vécu ou participé à ces soirées où une détail peut tout faire foirer alors que l’investissement des mariés est long, cher et compliqué. Dès lors, vivre l’envers du décor où toutes les emmerdes sont prises en charge par une société spécialisée dans le domaine fait un très bon pitch de comédie, par définition universel.

Enfin Eric Toledano et Olivier Nakache optent pour le film choral et ne se plantent ni dans la distribution futée des rôles, no dans la direction d’acteurs dans laquelle ils assurent souvent haut la main.

Le film au final est d’une bonne comédie, douce amer parfois, avec certaines scènes très drôles et quelques répliques bien senties. Le film ne décolle cependant jamais vers un franc délire ou ne brille pas de dialogues mémorables, ce qui l’empêche d’accéder à un niveau lui permettant de marquer un style parsemé de films faciles et oubliables.
Pourtant « Le sens de la fête » reste au dessus mais comme l’énorme ballon du film, il ne s’envole pas suffisamment pour déclencher une salve de lapins enthousiastes. J’ai passé un moment distrayant et j’ai rigolé plusieurs fois de bon cœur ma bonne dame, c’est déjà cela et c’est déjà beaucoup !

La piste aux Lapins :

3 étoiles

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Star Wars, « Les derniers Jedi », 2ème Ba explosive !

10 octobre, 2017

Star Wars,

 

Voici la seconde bande-annonce géniale du second volet de la nouvelle trilogie Star Wars, « Les derniers Jedi » !

Après le carton plein de « Star Wars, Le Réveil de la force« , c’est Rian Johnson qui donne suite à la 3ème trilogie. Nous retrouvons Rey (Daisy Ridley), Luke Skywalker (Mark Hamill) , Finn (John Boyega), Poe Dameron (Oscar Isaac), la Princesse Leia (Carrie Fisher), C3-PO, R2-D2 et BB-8 et le nouveau méchant, Kylo Ren (Adam Driver).

Enjoy !

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« Blade Runner 2049″ de Denis Villeneuve – critique du Blanc Lapin

9 octobre, 2017

Denis Villeneuve est l’un des grands metteurs en scène du moment mais relever le défi de donner une suite à l’un des plus grands chefs d’oeuvre de la SF était un pari ultra casse-gueule.

Ridley Scott ne s’est pas trompé mais il a surtout concocté avec le scénariste du film original, une histoire qui ne réédite pas du tout la précédente et se permet de prolonger le film précèdent. C’est sans doute la première grande force du film, celle de ne pas tomber dans le piège de l’univers si marquant du premier. On retrouve évidemment l’ambiance de villes polluées, où les voitures volent et les hologrammes publicitaires sont géants. Un élément a cependant disparu…les gens. Villeneuve s’attarde en effet peu sur cette population qui grouillait de partout dans Blade Runner car dans ce futur du futur, l’humain a quasiment disparu.

Et c’est en sortant de la ville et en nous montrant à voir des paysages d’une beauté froide et glaçante, d’une humanité qui est obligée de cultiver sous serres sur des étendues infinies, que le film prend son propre envol, sa propre indépendance par rapport à son écrasant ainé.

Denis Villeneuve prend alors le temps de dérouler son histoire, certains trouveront trop mais pas moi. Je n’ai pas vu le temps passer tout simplement parceque la mise en scène est fluide mais que l’interprète principal, Ryan Gosling, est tout de même très fort lorsqu’il s’agit de jouer les taiseux.

L’histoire casse les a priori qu’on peut se faire en connaissant le film d’origine et surtout s’avère émouvante car elle s’intéresse à ce qui fait que l’on est humain. On s’humanise en se trouvant un sens, un objectif à sa vie …on a besoin de se sentir aimer et d’aimer en retour sinon pourquoi ? L’utilisation du personnage féminin holographique est une excellente idée, plus proche de Spielberg et d’AI que de Blade Runner mais non moins pertinente.

La thématique est aussi celle de l’humanisation face à la prise de conscience de l’immense solitude de l’humain face à la mort. Et c’est en cela que Blade Runner 2049 est un grand film. Sa thématique est différente de l’original et complémentaire.

Le seul problème est qu’elle ne se révèle pas facilement, l’émotion étant plus contenue que dans le premier film. Harrison Ford est très bon et son rôle ne fait pas figure de justification scénaristique. Seul le personnage de Jared Leto est un peu sous utilisé.

Denis Villeneuve utilise des décors en dur au maximum et use des effets spéciaux de façon intelligente, sans en foutre plein la vue et réussit à créer une identité visuelle aussi forte que l’original et pourtant différente.

Son film est contemplatif par moment mais ne se perd jamais dans une narration complexe, chaque scène étant justifiée malgré la durée du film.

« Blade Runner 2049″ est une grande dystopie, une histoire dépressive et triste mais tellement réussie. Le film manque peut être du lyrisme qui le ferait accéder au niveau du premier mais il a une qualité énorme pour ce genre d’entreprise, l’humilité.

La piste aux Lapins :

4,5 lapin

 

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L’immense Jean Rochefort s’en est allé au paradis avant nous !

9 octobre, 2017

L’immense Jean Rochefort est mort la nuit dernière à 87 ans. Monument du cinéma français, je suis particulièrement triste puisque pour ceux qui me connaissent, j’ai diverses obsessions cinématographiques que ce soit lorsque l’on prononce Terry Gilliam, Paul Newman, Marlon Brando ou…Jean Rochefort.

Je suis grand fan du bonhomme, notre meilleur « acteur français british ». Sa fin de carrière est heureusement passée en 2013 par le beau L’artiste et son modèle de Fernando Trueba. Il tournait peu depuis le début des années 2000.

Gentleman préféré des français, au rire si reconnaissable, à la voix gourmande et si particulière, Rochefort a joué des salauds, des trouillards, des paumés, des artistes, des rêveurs aussi bien dans des comédies que des drames qui ont émaillé les 50 dernières années.

Il fait partie de ces acteurs populaires dont la célébrité tient autant à son talent qu’à un certain attachement irrationnel, comme si il faisait partie de la famille.

Il a probablement raté le rôle de sa vie lorsque une hernie discale a stoppé net « l’homme qui tua Don Quichotte » de Terry Gilliam en octobre 2000. Gilliam sortira finalement son film l’an prochain, sans lui, après 17 ans de galères et lui rend un bel hommage même si Rochefort lui-même n’était pas tendre avec Gilliam, assez injustement.

L'immense Jean Rochefort s'en est allé au paradis avant nous ! dans Dossiers lost_in_la_mancha

Alors quels films retenir de Jean Rochefort ? Pas mal de navets. Son ami Jean-Pierre Marielle, reconnait lui aussi qu’ils ont fait de l’alimentaire bien souvent. Et contrairement à deux autres de leurs amis, l’immense Philippe Noiret  et le si attachant Jean-Paul Belmondo, Marielle et Rochefort ont connu le succès critique très tard, à la quarantaine.

« J’étais obligé de beaucoup tourner pour vivre, parfois des films qui m’intéressaient peu: je les nommais mes films «avoine-foin», parce que j’étais déjà éleveur de chevaux, et il fallait que je les nourrisse, ainsi que moi-même. Angélique, cette rigolade, c’était pour les chevaux! C’est au début des années 70 que j’ai commencé à avoir de grands rôles au cinéma »

Commençons par la fin, « J’ai toujours rêvé d’être un gangster » où il a un petit rôle mais le reste du casting et le film en lui même dénotent un amour sincère du cinéma. Son dernier film avec Patrice Leconte, en 2002, « l’homme du train » avait reçu un bon accueil mais moi j’avais trouvé le film très surfait, faux et avec un Johnny Hallyday jouant décidément comme un tronc d’arbre! Mais Jean était là pour relever la sauce avec classe, comme toujours.

barracuda-1997-06-g Jean Rochefort dans Films series - News de tournage

Le « Blanche » de Bernie Bonvoisin est un échec cuisant mais les scènes avec Rochefort, Carole Bouquet et José Garcia sont très drôles. Un film à voir en morceaux en fait. Disons que le scénario, il n’y en n’a pas et que Lou Doillon aurait du être condamnée à 10 ans sans tourner. Au final, elle ne tourne plus remarquez…

Le dernier bon film avec Jeannot en rôle principal (outre L’artiste et son modèle) est le sous-estimé « Barracuda » dans lequel Rochefort mettait le pied à l’étrier d’un jeune inconnu à l’époque, Guillaume Canet. Une tentative de thriller assez réussie et un Rochefort terrifiant, ce qui changeait de son registre habituel.

Bien entendu, il y a les Patrice Leconte, « les grands ducs » avec Marielle et Noiret, grande classe, « Ridicule », brillant, et les deux chefs d’œuvres « Tandem » et « le mari de la coiffeuse », les deux sommets de la carrière de Rochefort. « Tandem » est un bijou d’orfèvrerie. Des dialogues ciselés et un jeu parfait. A voir absolument.

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« Cible émouvante » de Pierre Salvadori est un petit film noir extrêmement réussi dont les deux autres interprètes sont hélas décédés depuis, Guillaume Depardieu et Marie Trintignant. Rochefort est un serial killer drolissime.

Un film inconnu de beaucoup, « Il faut tuer Brigitt Haas » permet à Philippe Noiret et Jean-Rochefort de tâter le film d’espionnage, très réussi.

Il tourne aussi Le Fantôme de la liberté de Luis Bunuel, Les Innocents aux mains sales de Claude Chabrol ou Calmos de Bertrand Blier avec son ami Marielle. Ce dernier film n’est pas un bijou mais quelques scènes valent un sacré détour.

Bien entendu, « Le cavaleur » de Philippe de Broca est un film indispensable, un festival de Rochefort.

« Un éléphant ça trompe énormément » et « Nous irons tous au paradis » sont des classiques pour bien des spectateurs, certaines scènes sont cultes.

« Le crabe tambour » de Pierre Schoendoerffer reçu pas mal de prix et Rochefort le césar amplement mérité du meilleur acteur.

Les deux films qui firent entrer Rochefort dans la crédibilité des critiques parisiennes furent deux petits bijoux de Bertrand Tavernier. Tout d’abord, « que la fête commence » sur la cour de Philippe d’Orléans, régent de Louis XV. Rochefort, Jean-Pierre Marielle et Philippe Noiret font des étincelles. Un film bluffant.  La première collaboration Tavernier-Noiret-Rochefort, « l’horloger de Saint Paul » posait la question de la peine de mort quelques années avant sa suppression. Très bon film également.

Alors voilà, pas de grand blond, de moustachu, ou de bal des casse pieds, et bien oui, on peut être fan et ne pas être aveuglé. Respecter l’artiste c’est être sévère et le plus objectif possible.  Mais avec une douzaine de films très réussis, on peut dire que Jean Rochefort a marqué le septième art français, nombre d’acteurs souhaiteraient aligner un aussi beau parcours.

Jean Rochefort est mort et je craignais depuis longtemps cette disparition. C’est absurde, ce n’est pas un ami. C’est juste que son jeu me touchait profondément, que j’étais électrisé et joyeux en voyant sa moustache frétiller de ses blagues absurdes, et que c’était juste un putain de bon acteur, d’une grande classe.

Et en tant que cinéphile compulsif, je me dois de remercier cet immense acteur pour les supers moments que j’ai passés grâce à son talent.

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Ba de « Wonder Wheel », le nouveau Woody Allen avec Kate Winslet et Justin Timberlake

7 octobre, 2017

 

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Le nouveau long métrage de Woody Allen, bientôt 82 ans, suivra quatre personnages dans les années 50, au cœur du parc d’attractions de Coney Island.

Wonder Wheel réunira Kate Winslet, Justin Timberlake, James Belushi et Juno Temple.

Le film sortira en France le 31 janvier 2018.

Bande-annonce :

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Westworld saison 2 : la Rome antique et le Moyen Âge en nouveaux parcs ?

7 octobre, 2017

Westworld saison 2 : la Rome antique et le Moyen Âge en nouveaux parcs ? dans Films series - News de tournage 465_1024x411

La première saison de Westworld s’est avérée être un succès nécessaire et mérité pour l’excellente chaine HBO.

De nouveaux mondes semblaient pouvoir étendre l’histoire et c’est ce que semblent confirmer les créateurs de la série à savoir Jonathan Nolan (le frère à Christopher) et Lisa Joy.

La Rome antique et le Moyen Âge pourraient donc enrichir la série là où le film des années 70 les intégrait déjà.

Un Futur World existait même dans la suite du film en 1976.

C’est en 2018 que Westworld revient, histoire de compenser l’absence de Games of Thrones en 2018 sur la chaine HBO.

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Ba de « The Florida Project », sensation cannoise sur le revers de l’American Dream

7 octobre, 2017

Ba de

Attendu sur nos écrans le 20 décembre prochain, « The Florida Project » a fait sensation à la Quinzaine des réalisateurs à cannes cette année.

Le film se passe dans la banlieue de Disney World vers d’Orlando. Dans un décors vétuste au goût d’échec de l’American Dream, on y suit Moonee, 6 ans, qui vit au milieu d’un monde délaissé de tous.

C’est Sean Baker, qui avait surpris son monde avec Tangerine en 2015, qui réalise.

Bande-annonce :

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« Happy end » de Michael Haneke – critique du blanc lapin

7 octobre, 2017

Cela fait déjà 5 ans que l’Autrichien Michael Haneke a reçu sa seconde palme d’Or pour « Amour« . Et oui, on ne dirait pas comme cela mais alors que le film avait reçu un accueil critique assez unanime et s’était avéré un de ses plus grands succès publics, le maitre a galéré pour monter son projet suivant, Flashmob, et s’est finalement attelé à « Happy end« . Le film aborde de très loin la problématique des migrants même si il se déroule à Calais car son sujet n’est pas aussi politique qu’on aurait pu le penser.

Non, ici Haneke retrouve un regard caustique froid et détaché, souvent d’un humour corrosif, sur la solitude des individus d’une famille bourgeoise à qui rien ne manque, sauf l’essentiel. Il leur manque soit de l’amour, soit un sens, un objectif, un idéal.

Isabelle Huppert est merveilleuse comme d’habitude dans son rôle de chef d’entreprise ayant repris la PME de son père joué par le cultisme Jean-Louis Trintignant.  Elle a cette distance d’un personnage qui maitrise tout et veut sauver les apparences, la bienséance, la place de leur famille dans la bourgeoisie locale. Se battant pour rester politiquement correcte, elle reste aveugle à la volonté de son père ou aux souffrances de son fils, un trentenaire pour qui reprendre l’entreprise à terme est un fardeau dont il n’a pas envie. Il est malheureux de cette prédétermination et du poids qu’on lui a mis tout petit, conscient de l’hypocrisie avec laquelle sa famille semble atténuer la notion de classe sociale. Or le rapport de domination par l’argent est bien là, par cette famille qui vit au service de ces grands bourgeois et qui vit dans une proximité mêlée de dépendance sociale qui biaise forcément les rapports humains.

Là où Haneke est très fort, c’est qu’il ne juge pas ces individus sur un plan politique, il ne fait que les observer comme cette jeune adolescente qui filme avec son smart phone le bal des adultes dont elle a tout analysé et qui adopte la même violence qu’eux. Car derrière les apparences, la politesse et les codes à respecter voire la conscience qu’ils essaient de mettre en façade, ces humains ont des fêlures cachées, comme tout un chacun. Le personnage de Mathieu Kassovitz, le frère d’Huppert et fils de Trintignant, est un plus évident au récit. Il a fuit sa famille pour devenir médecin en hôpital mais il a fuit sa première femme, son premier enfant et ne cesse de s’évader tout en donnant une image propre sur lui. Il n’arrive pas à aimer, à s’attacher, il est cassé de l’intérieur.

Une excellente scène réunit l’adolescente jouée par Fantine Harduin à un Jean-Louis Trintignant, au sommet. Deux individus que 72 ans séparent, que rien ne rapproche, qui ne s’intéressent pas l’un à l’autre, ont deux points en commun. Ils sont francs l’un avec l’autre là où tous les autres se cachent et se mentent. Et ils en ont assez de cette vie, l’une beaucoup trop tôt et l’autre parcequ’il en a fait le tour. Leur échange est à la fois cruel et clinique, sans aucun fard, juste un réalisme abyssal sur le sens de leur vie. Si c’est le dernier rôle de Trintignant, ce sera une sortie par le haut après le déjà excellent « Amour« .

Haneke est cinglant de bout en bout mais il lui manque peut être un certain liant entre les scènes qu’il colle les unes aux autres telles des vignettes. C’est probablement volontaire mais ceci rend son film peu aimable, abrupte comme ses personnages là où un Claude Chabrol aurait été plus rond. On reproche toujours à Haneke son côté austère. Ses détracteurs n’aimeront donc pas. Mais l’ironie du film est d’une grande classe car elle ne donne aucune leçon et se contente de regarder et de nous donner à voir, calmement un monde de repères s’effondrer.

La piste aux lapins :

3,5 lapins

 

 

 

 

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