« Boyhood » de Richard Linklater avec Ethan Hawke, Ellar Coltrane, Patrica Arquette – Critique du BlancLapin

24 juillet, 2014

Voici plusieurs années que votre dévoué BlancLapin attend ce film au concept génial, celui de faire vieillir sans aucun artifice ses acteurs, en les filmant chaque année sur une période de 12 ans.

J’étais donc ravi quand Richard Linklater obtint l’ours d’argent à Berlin en février dernier…mais aussi fébrile à l’idée d’être déçu.

Fort heureusement, il n’en n’est rien. Linklater retrouve son acteur fétiche, Ethan Hawke en papa divorcé tentant de tenir sa place avec ses deux enfants, vivant avec leur mère, interprétée par Patricia Arquette.

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Le film va suivre le quotidien d’un gamin de 6 ans, joué par Ellar Coltrane et de sa famille, jusqu’à l’âge de 18 ans. Bien entendu, le procédé est émouvant en soit et relativement inédit. Mais cette idée aurait pu vite tourner en vrille ou apporter son lot de sentimentalisme malvenu.

Sauf qu’ici, Linklater choisit de raconter les petits riens de la vie, rien d’exceptionnel, pas de destin fulgurant, juste comment un enfant se forge sa personnalité pour devenir l’adulte qu’il est à 18 ans.

Les influences des parents, l’évolution des modes, des phénomènes de société comme Harry potter, de l’environnement politique (la guerre en Irak, l’élection d’Obama) vont façonner un individu, à travers le prisme de son entourage. Et c’est celà qui est magnifique dans ce film.

La simplicité et l’humilité du récit pour une histoire universelle, l’histoire du vieillissement naturel au sein d’une famille. Linklater aborde ainsi l’identité culturelle et politique, la difficulté d’assumer le rôle de père dans un couple séparé, les émois de l’adolescence, la déchirure de voir partir ses enfants devenus adultes, et tout un tas de thèmes d’une grande banalité…sauf qu’ici, ils font plus vrais que nature, de façon quasi documentaire, et donc, de façon assez fascinante.

Le découpage du film permet de passer d’une année à l’autre de manière très naturelle. Et puis parfois, la mélancolie s’empare du récit mais là aussi sans jamais verser dans le mélo. Cette chronique familiale vous touchera forcément car elle capte quelquechose qui d’habitude sent beaucoup plus le fictionnel.

Le film est calme et ambitieux à la fois, d’une douceur et d’une grande justesse. Le jeune Ellar Coltrane fera espérons le une belle carrière par la suite, avec son air faussement mystérieux, d’autant plus touchant qu’on l’a vu grandir sous nos yeux.

L’appréciation du temps qui passe est au coeur du récit et de sa morale d’ailleurs, Linklater estimant que l’on est toujours plus heureux en vivant le moment présent qu’en se rattachant au passé ou en se tournant trop vite vers l’avenir. Une morale facile ? Peut-être…mais le résultat est là.

« Boyhood » est un très beau film, l’un des plus beaux de cette année et probablement l’un des meilleurs. Il serait vraiment dommage de ne pas vous déplacer pour tenter l’expérience.

 

La piste aux Lapins :

5 étoiles

Angelina Jolie fait tourner son mari et Brad Pitt et lui donnera la réplique

24 juillet, 2014

Angelina Jolie compte bien se reconvertir de plus en plus dans la réalisation. Après le succès critique de son 1er long, Au pays du sang et du miel, elle présentera d’ici la fin d’année son biopic de « Louie » Zamperin, Unbroke, scénarisé par les frères Coen, avec Jack O’Connell (voir news et BA ici).

Son troisième film s’intitulera By the Sea et lui permettera d’avoir son conjoint, Brad Pitt, comme acteur principal et comme partenaire puisqu’elle y jouera également,  dix ans après le navrant Mr & Mrs Smith.

Après de quoi çà parlera ? Pour l’instant…mystère…

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Nouvelles images de « Mad Max Fury road » avec Tom Hardy, Charlize Theron, Nicolas Hoult

22 juillet, 2014

Nouvelles images de

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C’est l’une des plus vieilles arlésiennes du cinéma et même tournée, Mad Max 4 ou Mad Max Fury road ne sortira qu’en mai 2015 alors que son tournage s’est terminé en novembre 2012 ! Autant dire que çà fait un bail qu’on l’attend !

George Miller, qui relance sa franchise avec le très bon Tom Hardy dans le rôle titre et de nouvelles aventures du héros, a tenu à rassurer le public.

En effet, l’an dernier le tournage avait pris beaucoup de retard puis en novembre 2013, un an après la fin de tournage, toute l’équipe est revenue tourner des scènes en Namibie ! De quoi faire peur.

George Miller a donc tenu à éclairicir les choses. Il s’agit de scènes additionnelles et non de reshoots de scènes ratées. La Warner croirait tellement au film qu’elle voulait mettre le paquet et booster la scène d’action de fin. Bon il nous faudra quasi deux ans avant de savoir si c’est du pipo.

Le film sortira le 13 mai 2015.

Il ne s’agira pas de remakes et Mel Gibson ne fera pas partie de l’aventure. Le film devait se tourner en 2011 mais fut ajourné pour des raisons d’intempéries avec un casting très classe réunissant l’excellent Nicolas Hoult (la série « skins« , »A single Man » de Tom Ford » ou « X men first class« ) ainsi que la sublime Charlize Theron (« Monster« , « the yards« , « Prometheus » de Ridley Scott).

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Musik ! The Dø – « Miracles (Back In Time) »

22 juillet, 2014
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Musik ! BRETON – « ORDNANCE SURVEY »

22 juillet, 2014
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Musik ! Daughters (Radio Edit) – « We Were Evergreen »

22 juillet, 2014
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Bryan Cranston (Breaking bad) sera Lyndon Johnson sur HBO ! Produit par Steven Spielberg ! LA classe !

22 juillet, 2014

Bryan Cranston (Breaking bad) sera Lyndon Johnson sur HBO ! Produit par Steven Spielberg ! LA classe ! dans Films AlltheWay

Bryan Cranston est ulta connu pour la série multirécompensée et regardée, Breaking bad.

Mais il a reçu également un Tony Award pour son rôle dans la pièce « All The Way », où il incarnait Lyndon Johnson, vice président des Etats-Unis puis président à la mort de JFK.

La pièce de Robert Schenkkan suit plus particulièrement les ruses politiques utilisées par Johnson pour faire voter le Civil Rights Act en 1964 et mettre un terme aux discriminations raciales.

Steven Spielberg va produire une mini-série autour de la pièce qui sera diffusée sur HBO, la chaine culte et prestige qui ose le divertissement de très haute qualité, avec des acteurs, réalisateurs venus du cinéma ou des concepts gonflés (Games of Thrones, Les Sopranos, Six Feet Under, True Detective…).

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Michel Gondry retrouve Audrey Tautou pour « Microbe et Gasoil »

21 juillet, 2014

Alors que Michel Gondry a abandonné l’adaptation de Philip K Dick, « Ubik« , à mon grand soulagement (voir ici), ce dernier devrait retrouver Audrey Tautou, après leur collaboration sur L’Écume des jours.

Bon, l’adaptation de Boris Vian m’avait sérieusement fatigué l’an dernier, s’avérant être un festival d’idée de bric et de broc qui font toute la poésire de Michel Gondry mais…sans aucune poésie !!!!

Alors que le livre de Vian est justement un summum de suréalisme décalé, le film de Gondry s’avérait être une belle coquille vide, sans aucun ressort dramatique et sans émotion. Bref…un énorme ratage.

Celles et ceux qui lisent parfois les billets du Blanc Lapin savent que si j’aime Gondry, je lui reproche de ne pas avoir tout à fait réussi à se débarasser de son passé de clipeur et d’avoir du mal à tenir une histoire sur 2 h, d’avoir narrativement un petit souci. Et c’est bien dommage ET frustrant car le garçon a un imaginaire assez génial.

Son nouveau film serait donc du pur Gondry puisque « Microbe et Gasoil » racontera l’histoire de deux adolescents qui décident de construire une voiture et d’écumer la France pour leurs vacances d’été.

Mais le road trip serait particulier puisque la voiture pourrait se transformer en maison et empêcher ainsi la police de les arrêter pour excès de conduite et autres délires farfelus.

Le tournage débutera ce mois d’août jusqu’à cet automne. Espérons que Gondry nous livre quelque chose de proche de « La science des rêves« , l’un de ses films les plus aboutis.

Michel Gondry retrouve Audrey Tautou pour

« L’homme qu’on aimait trop » d’André Téchiné – Critique du Blanc Lapin

20 juillet, 2014

André Téchiné retrouve une nouvelle fois la grande Catherine après notamment Hôtel des Amériques, Ma saison préférée, Les Voleurs, Les temps qui changent, et La Fille du RER.

Et tout comme ce dernier film, il s’intéresse à une histoire qui a défrayé la chronique jusqu’à cette année, l’affaire Agnelet !

L’histoire de ce feuilleton criminel débute en 1976, lorsque Agnès Le Roux, fille de la propriétaire du Palais de la Méditerranée, revient d’Afrique et retrouve sa mère interprétée par Catherine Deneuve. La jeune femme, que l’on perçoit immédiatement comme hypersensible et rebelle, va tomber très rapidement amoureuse de Maurice Agnelet, un avocat de seconde zone dont sa mère a fait son conseil depuis quelques temps. Maurice est coureur, il a de nombreuses liaisons et finit par accéder aux avances de la jeune héritière, non sans arrière pensée. Il va ainsi tenter de se renflouer financièrement en jouant la carte du concurrent de la mère d’Agnès, le sulfureux Fratoni, mélé à la mafia et faisant main basse sur de nombreux casinos de la côte.

Maurice Agnelet va alors utiliser la jeune femme amoureuse pour mener à bien ses projets, alors qu’il n’éprouve pas grand chose pour elle.

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On comprend pourquoi Téchiné s’est interessé à cette histoire assez effrayante de la destruction d’un coeur. Adèle Haenel est un choix assez bluffant dans le rôle tant elle donne au personnage d’Agnès tout l’abîme qu’on sent à travers ses yeux, ses hésitations, ses gestes faussement assurés de garçon manqué, cette gaucherie touchante d’une femme en plein naufrage amoureux. L’essentiel de l’histoire s’intéresse à cette passion dévorante qui nait d’un seul côté, fâce à un monstre froid joué par un Guillaume Cane, très loin de ses rôles habituels. Canet a d’ailleurs grossi pour le rôle et pour se vieillir un peu, son visage est plus empathé, comme pour ne pas utiliser sa bogossitude habituelle et axer la relation sur son charme. J’avoue que personnellement, le charisme naturel de Guillaume Canet ne m’a jamais impressionné, et là non plus. Mais le garçon a quand même du talent et suffisamment pour donner à son rôle la consistance nécessaire. Son personnage est manipulateur mais jamais totalement dans l’immoralité, toujours sur le fil du rasoir. Et surtout, les sentiments semblent couler sur lui comme sur une pierre, totalement maitre de ses émotions. Il semble incapable d’éprouver un sentiment amoureux pour ses diverses compagnes.

Bref, la pire rencontre que pouvait faire une femme qui tombe amoureuse. Car ce type d’individu n’ayant pas le même affect, l’abandon qui suit est naturel et surtout nécessaire car le fait de trainer une passionnée immaîtrisable devient impossible pour un être de sang froid. Le rapport et les dialogues entre les deux sont à ce titre assez justes et rajoutent au côté pathétique de la dépression et de la chute de la jeune femme. Deneuve est quand à elle royale et classe, comme à l’accoutumée et son rôle de bourgeoise distante est parfait pour expliquer l’amour-rejet de sa fille.

Et puis surtout, André Téchiné ne prend pas vraiment position sur la question du meurtre et laisse au spectateur l’embarras des jurés lors des divers procés qui s’en suivirent 30 ans après la disparition. Maurice Agnelet n’est pas un homme sympathique et il a concrêtement manipulé sa victime…mais, a t il pour autant été jusqu’au meurtre ? Le caractère très particulier du personnage n’en fait pas pour autant un assassin.

Le clacissisme de la mise en scène et l’aspect un peu longuet des scènes de procès retirent hélas à l’ensemble du long métrage, la vivacité qui aurait porté « L’homme qu’on aimait trop »  un peu plus haut. Mais ne boudons pas notre plaisir, il s’agit d’un bon Téchiné au casting sur mesure et rien que pour Catherine Deneuve, on se bouge et on va s’assoir dans une salle obscure !

La piste aux lapins :

3 étoiles

« Jimmy’s Hall » de Ken Loach – Critique du Blanc Lapin

20 juillet, 2014

Ken Loach l’a annoncé l’an dernier, « Jimmy’s hall » sera son dernier long métrage pour le cinéma. Forcément, le maitre britannique était attendu sur la croisette cette année et comme la presse aime brûler ses idôles, il a été accueilli froidement.

Pour son retour au film historique militant apres les très beaux « Land of freedom » et sa palme d’or « Le vent se lève« , Loach signe pourtant une chronique d’excellente tenue, la presse étant d’ailleurs bien meilleure deux mois après les projections canoises.

Cette fois-ci, il s’interesse à Jimmy Gralton, leader communiste irlandais qui fut le seul expulsé de son pays en 1909 et envoyé aux Etats-Unis, pour contrer son opposition politique. Le plus absurde de son histoire est qu’il fut chassé notamment pour avoir monté un dancing de bric et de brocs permettant aux habitants d’une campagne perdue d’accéder à la culture, chacun des fondateurs dispensant des cours de danse, de poésie, de peinture etc…
Dix ans plus tard il revient et sous la pression d’une jeunesse desoeuvrée, alors que les révoltes ont été matées, il récidive et remonte son dancing. L’histoire commence à ce moment là et nous montre l’opposition farouche du clergé, pensant perdre son ascendant sur ses ouailles et mettant en avant des pseudos complots communistes pour « évangeliser » les esprits s’adonnant aux plaisirs culturels. Loach confronte la bétise de l’intolérance et de l’arbitraire à l’humanisme de ses héros.

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Bien sur Loach fait de sa bande de paysants cultivés et engagés des francs tireurs auxquels on ne peut que s’attacher, d’autant que leur révolution a été matée, et qu’au final ils réclament juste qu’on leur foute la paix et qu’on les laisse se distraire entre eux. La manipulation du prêtre et sa mauvaise foi tapageuse créent forcement des situations parfois à la limite de la caricature du cinéma social de Loach. Mais ces acteurs méconnus sont toujours aussi bien dirigés et la générosité d’âme de Ken Loach m’a pour ma part de nouveau emporté.

D’autant que Ken Loach ajoute une touche de rmantisme et de nostalgie qu’on ne voit pas forcément dans chacun de ses opus. Certes, on ne retrouve pas le souffle héroique de son film « Le vent se lève » et la réalisation reste assez classique. Les scènes sont assez attendues et le film n’apporte pas grand chose de plus à sa carrière engagée et souvent bouleversante. Mais bon, ca reste du Ken Loach avec une simplicité déroutante, un humour toujours bien pesé, qui arrivent à vous cueillir, à vous émouvoir et vous piquer au vif.

Si « Jimmy’Hall » devait etre effectivement le dernier Loach, ce serait une sortie de carrière d’une certaine classe.

La piste aux lapins :

3 étoiles

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