Les meilleurs films 2014 du Blanc Lapin – Partie 1 – N°20 à 11

20 décembre, 2014

Pour la sixième année consécutive, votre Blanc Lapin préféré vous livre ses choix, subjectifs, des meilleurs films de l’année 2014 …

Vous n’aurez pas le même classement et je n’ai pas tout vu…mais bon quand même un certain nombre de films voire un nombre certain…

On commence avec du 20ème au 11ème film…

 

N°20 – « Quand vient la nuit » de Michael R. Roskam avec Tom Hardy, Noomi Rapace

Les meilleurs films 2014 du Blanc Lapin - Partie 1 - N°20 à 11 dans Bandes-annonces 89723

« Quand vient la nuit » est l’exemple parfait du passage réussit d’un auteur européen à Hollywood, passage qui aurait pu s’avérer casse gueule à deux niveaux. Tout d’abord le belge Michael R. Roskam fut auréolé en 2012 par la presse mondiale sur « Bullhead« , ensuite parcequ’il s’agit de son second long métrage seulement et que les studios les plus puissants lui font de l’œil.

Alors certes, niveau casting, il est difficile de faire mieux. Tom Hardy a rarement été aussi bon, dans ce rôle d’ex petite frappe un peu limité, avec une diction au ralenti, un peu empâtée. Noomi Rapace crève l’écran comme d’hab, Matthias Schoenaerts retrouve son réal de Bullhead et le regretté James Gandolfini livre une prestation ambiguë comme celle de son Tony Soprano. Et puis le scénariste est juste Dennis Lehane, l’écrivain de « Mystic River », « Gone baby Gone », et « Shutter Island », qui pour la première fois n’adapte pas un de ses livres.

Mais surtout, Michael R. Roskam a la grande classe d’arriver avec un polar humble, d’une facture en apparence très classique. Trop classique dirons certaines mauvaises langues alors que justement, c’est en rendant hommage par la petite porte d’entrée à ses grand ainés que Roskam nous cueille par ses effets de surprise. Le film est davantage une étude du milieu mafieu des bars dépôts qui blanchissent l’argent sale des bas fonds de Brooklyn. Ou comment lorsque l’on a été élevé dans ces quartiers, il est très difficile de s’en extirper, de vivre en dehors de ce système parallèle où la violence et le diktat de la mafia font partie du paysage, qu’on le veuille ou non. C’est même une donnée intégrée. Roskam filme des individus qui ont abandonné, des loosers victimes d’avoir baissé les bras. Ses personnages sont pour l’un dépressif et prêt à faire n’importe quoi pour s’échapper, avec un amateurisme limite touchant, et l’autre blasé par son quotidien de chien chien de malfrats, prenant un recul assez étrange par rapport à la vie. Et c’est ce qui rend ses personnages froids mais attachants tout de même car on sent qu’il y’a eu de l’humain avant qu’ils déconnent complet, s’ennivrent du crime organisé et se brisent les bras contre plus forts qu’eux.

C’est un film sur l’échec dans son propre milieu et la reconstruction dans un froid sec et vif, dans une ambiance crépusculaire qu’un James Gray n’aurait en rien reniée.

Le film a beau être classique dans sa forme, il arrive à vous décontenancer par ses personnages, leurs fêlures et sa violence sous-jacente qui peut vous exploser à la figure à tout moment mais qui pourtant reste la plupart du temps tapie dans l’ombre.

Un scénario subtil, des acteurs excellents et une mise en scène modeste et ample font de ce « Quand vient la nuit » un des très bon films à voir en cette fin d’année 2014.

 

N°19 – « Only lovers left alive » de Jim Jarmusch

 Alphonso Cuaron dans Dossiers

Jim Jarmusch est rare et si il a marqué les cinéphiles avec « Down by law« , « Dead man« , ou « Ghost dog« , son dernier, « the limits of control » était ennuyeux et involontairement parodique de son cinéma. Il fallait remonter à « Broken flowers » en 2006 pour trouver un film notable dans sa filmo.
Aujourd’hui il revient en s’attaquant au film de genre, ce qui peut paraitre surprenant de la part de ce cinéaste égérie du ciné indépendant US.
« Only lovers left alive » laissera forcément sur le carreau un public qui ne peut s’habituer au rythme du réalisateur, à sa lenteur. Et pourtant, le film signe son retour inspiré, reprenant les codes du film de vampire pour faire une déclaration enflammée aux artistes et à la solitude de ces derniers, faisant partie d’un tout dans l’évolution culturelle de nos sociétés, permettant aux prochains artistes d’apprendre de leurs prédécesseurs et de porter plus loin leur œuvre.

only-lovers-left-alive-only-lovers-left-alive-19-02-2014-7-g Angélina Jolie dans Filmsonly-lovers-left-alive-only-lovers-left-alive-19-02-2014-5-g Anne Hathaway dans Films - critiques perso

Le film est doux, romantique et les personnages attachants.

Tilda Swinton est comme d’habitude géniale, et trouve un excellent pendant en Tom Hiddleston, grâcieux et très attachant pour un vampire. C’est que Jarmush utilise la métaphore pour faire de ces derniers avant tout des ex-humains, qui aiment le genre humain et le génie de certains mais reprochent à la masse des vivants leur stupidité, leur vision à courte vue. Ils se portent plus comme des garants des œuvres qui ont façonné l’humanité que comme des bêtes assoiffées de sang.

On est très loin des prédateurs habituels et plus proches d’individus emprisonnés dans une profonde mélancolie mais un désir toujours vif de créer ou de découvrir. L’idée est bonne et bien exploitée et l’humour est comme toujours présent.

Bien sur on ne tombe pas de sa chaise mais on sourit et la lenteur devient au final une berceuse d’une grande classe, un peu snob mais pas trop, juste ce qu’il faut pour dresser le paysage. On se prend d’affection pour ces morts qui ne cherchent pas à tuer les « morts vivants » à savoir les vivants mais qui sont un peu perdus et déphasés face à l’évolution du monde.

Jarmusch parle de la difficulté à s’insérer dans le monde d’aujourd’hui pour des individus qui n’ont pas les mêmes codes, pas les mêmes envies que le tout venant…qui ne se reconnaissent pas dans une culture pop mondialisée et qui du coup s’isolent dans leur cocon plus culturel et précieux, à l’abri du bruit extérieur, dans une certaines sérénité intemporelle. Ils comblent leur perte de repères dans le meilleur de ce qu’a créé l’homme et cette approche des vampires s’avère charmante, emprunte d’un dandysme désenchanté vraiment plaisant.

 

N°18 – « Young Ones » de Jake Paltrow avec Michael Shannon, Nicholas Hoult

ob_ee81b9_young-ones-affiche Bryan Singer

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Le genre post apocalyptique est un cimetière de films râtés, subissant toujours l’ombre majeure de Mad Max, dans lequel Nicolas Hoult sera également de la partie pour « Mad Max Furry road« , 4ème du nom.

Seul le film « The rover » a permis il y’a deux mois d’apporter du sang neuf.

Autant dire que Jake Paltrow, pour son premier film, pouvait difficilement trouver plus casse gueule.

La réussite du film est donc d’autant plus louable. La première grande idée est de trouver un postulat original par rapport aux histoires déjà vues, à savoir que le monde a subi une sécheresse telle que l’eau est devenue une denrée très rare, presque aussi rare que l’or, soit une science-fiction pas si éloignée des risques à venir pour l’humanité.

A partir de là, Jake Paltrow va construire son film en trois actes autour de trois acteurs, trois générations et trois très bons acteurs.

Michael Shannon n’est plus à présenter, fidèle de Jeff Nichols et devenu mondialement connu en général Zod dans le dernier Superman, l’homme est brillant à chaque fois. Il incarne ici un père de famille tentant de survivre en plein desert sur une terre fertile mais sans eau, en compagnie de sa fille, jouée par Elle Fanning, un peu sous-exploitée et son fils adolescent, Kodi Smit-McPhee. Ce dernier, vu récemment dans « La Planète des singes, l’affrontement« , fut découvert dans « La route » et « Laisse moi entrer« . Son physique énigmatique et filiforme donne à cet adolescent admiratif de son père un style qui colle à merveille au récit. Il ira très loin.

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Et puis bien sûr il y’a un de mes chouchous, Nicolas Hoult, découvert dans la série « Skins » puis dans « A single Man » et les nouveaux X-men. Le jeune homme est toujours juste et solaire mais là il trouve son meilleur rôle, un personnage ambigu et terriblement contrasté, une excellente surprise lui permettant de prouver qu’il a de multiples registres à exploiter.

Mais au delà du casting malin, le réalisateur évite les clichés ou le sentimentalisme sur lesquels il aurait pu buter. Il reste sobre et nous raconte une histoire de survie, de vendetta, de morale en milieu hostile.

Certes le film n’est pas exceptionnel, mais il a un charme particulier, une originalité propre par son ton écologique et sa façon très western d’aborder le récit.

L’atmosphère du film vise dans le mille de cette typologie de SF. La thématique est aussi celle de l’héritage, et mélange efficacement tragédie grecque et western dans un résultat limpide et bien huilé. Jake Paltrow a tout simplement du talent, qui ne demande qu’à grandir et à s’épanouir.

Amateurs de SF, courrez-y ! C’est une belle réussite et une belle surprise de cet été.

 

N°17 - »71″ de Yann Demange avec Jack O’Connell

71-efm-1sheet-lr-1 Interstellar

Une recrue de l’armée britannique, Gary Hooke, d’une vingtaine d’années, est envoyé pour une de ses premières missions en Irlande du Nord. A Belfast, les combats font rage entre l’armée, l’IRA et les conflits religieux. Mais dès la première sortie, l’opposition avec la population tourne à l’émeute et Jack se retrouve coupé de ses camarades, pourchassé par des militants de l’IRA souhaitant le tuer à coups de revolver.

L’escouade militaire l’abandonne, forcée de rentrer sous la pression de la rue. Il va tenter de survivre.

Yann Demange est français de naissance mais il a grandi à Londres. Il a fait ses armes à la télévision dans de nombreuses séries. Et pour son premier film, il frappe très très fort. Le film est encensé par la presse à juste titre.

Tout d’abord il est surprenant par son thème. On s’attend à un film de guerre et c’est le thriller qui va mener cette course à la montre morbide, portée par un Jack O’connell halluciné par ce qui lui arrive. La révélation masculine de cette année 2014 signe donc sa second performance de haut vol après « Les poings contre les murs » et avant « Invincible » d’Angelina Jolie et « L’homme qui tua Don Quichotte » de Terry Gilliam. Il bouffe l’écran et il assure grave car il est de quasi chaque scène. Ses dialogues sont limités mais sa performance relève davantage du physique, de l’expression de ses peurs et espoirs sans parler. Il est très bon.

 Jack O’Connell

Le film de guerre est un genre lourd à mettre en scène et le sujet de cette guerre civile complexe a déjà livré quelques bijoux comme « Bloody Sunday » de Paul Greengrass, plusieurs Ken Loch, « Au nom du père« , « Hunger« , etc…

L’idée de montrer le conflit des yeux d’un très jeune militaire anglais qui ne fait que son boulot et n’a aucune opinion politique particulière est excellente. Ce dernier se retrouve être la proie de sanguinaires des deux côtés, qui ont perdu tout recul et toute humanité. Yann Demange traite aussi de l’impact d’une guerre empétrée depuis des décennies, où ceux qui sont du côté du pouvoir comme les opposants en face ont fini par s’organiser de façon mafieuse, par clans ultra violents.

Le film est sec, court, et montre beaucoup avec une économie de mots tout en livrant un suspens étouffant. En effet la brutalité des protagonistes et des situations peut faire décéder n’importe quel personnage à n’importe quel moment. Cette façon d’instaurer dès le début une tension et un danger permanent, de montrer la population aussi stressée par les militaires que par les représailles de l’IRA, arrive à rendre éprouvant le quotidien de ces individus, à restituer le chaos dans lequel ils évoluent.

La réalisation est nerveuse, parcourue de plans séquences assez bluffants dans les ruelles de Belfast comme dans les tours d’immeubles d’une tristesse sans nom.

On pense parfois à « Bloody sunday » et au style documentaire de Gaul Greengrass, qui renforce l’impact du sujet mais Yann Demange y ajoute un style propre, via le thriller.

Le réalisateur ne tombe à aucun moment dans le pathos et ne s’attarde pas sur les morts et l’horreur des situations, la course poursuite obligeant le héros à s’enfuir pour survivre. Ceci donne au film une énergie, celle que vous avez quand vous remontez du fond de l’eau pour retrouver votre respiration. Yann Demange film l’instinct de survie, bestial, tout en montrant la déshumanisation des protagonistes au bout de tant d’années de guerre pour la liberté. On y voit une population qui a perdu quasi tout espoir et livre un combat dans la peur, sans vraiment croire à un futur heureux, car les morts ont été trop nombreux.

En ne portant pas de jugement sur les deux camps, le réalisateur en revient à un constat basique, la guerre c’est con, de chaque côté et si les raisons de l’avoir entamée sont justes, pour la liberté, au bout d’un moment chacun perd ses repères et ses principes. Le sacrifice engouffre alors tout. Aucun jugement moral sur le bien ou le mal de la part du réalisateur, juste un constat, particulièrement efficace.

 

N°16 – « Deux jours, une nuit » de Jean-Pierre et Luc Dardenne

490001 James Gandolfini

Jean-Pierre et Luc Dardenne n’ont pas remporté de 3ème palme d’or avec « Deux jours, une nuit » mais si ceci avait été le cas, je n’aurais pas crié au scandale, loin de là.

Fidèles à la fibre sociale de leur cinéma, les deux frères s’intéressent à la violence du monde du travail, lorsqu’en période de crise, le fait de conserver son travail devient une nécessité vitale et provoque des angoisses incontrôlables. Le personnage de Marion Cotillard vit ce besoin de ne pas être licenciée de façon physique, comme si toute sa vie y était rattachée, comme si plus rien n’existait derrière, qu’elle ne pourrait plus retrouver un travail une fois happée par le chômage.

Alors bien sûr, le pitch peut sembler caricatural. Un patron sans cœur offre le choix à ses employés entre refuser une prime de 1000 € chacun pour garder l’une d’entre eux parmi les salariés ou empocher leur prime et voter pour son licenciement. En reportant la responsabilité sur les collègues de l’employée à virer, le patron n’a effectivement aucun sens moral. Cette simplification extrême ne rend pas bien compte de la réalité. Mais elle a au moins le mérite d’explorer l’éventail des réactions possibles, entre égoïsme et repli sur soit ou regain de solidarité, de personnes acceptant d’aller au delà de leurs petites personnes, se soudant face à à un quotidien salarial où chacun défend sa peau.

218783 James McAvoy

Par la justesse et la sobriété de leur mise en scène, les Dardenne arrivent à éviter de tomber dans le panneau revendicatif éculé et font poindre de fortes émotions tout au fil du récit. Marion Cotillard endosse un rôle casse gueule où elle aurait pu en faire des caisses mais, et c’est peut être au delà de son talent, une direction d’acteurs toujours aussi exceptionnelle, qui permet aux Dardenne d’utiliser au mieux la star, et de la rendre crédible en simple ouvrière dépressive.

Surtout, les frangins arrivent à faire que le film ne soit pas répétitif alors que le thème est quand même là aussi glissant puisqu’on voit une femme aller tenter de convaincre ses collègues un par un de voter pour elle et de sauver son job. Sauf qu’ici, le film est d’abord plein de suspens, et surtout, il est construit comme une lutte tant pour sauver son emploi que pour retrouver une dignité alors même qu’il est humiliant d’aller quémander l’aide des collègues. Mais les Dardenne vont au delà du simple rôle social du travail et de la reconnaissance et de l’insertion qu’il donne. Ils prouvent magnifiquement que l’important n’est pas, justement, de conserver tel ou tel emploi. L’important est ailleurs, dans la volonté de redresser la tête, de se battre, pour soi et ses proches, de se prouver que quels que soient les défis, le futur peut être amélioré. Cette pirouette qui permet au film de se terminer sur un message positif et d’espoir, donne au long métrage tout son sens. Un très beau film sur la reconquête de soi et de sa dignité et une grande réussite.

 

N°15 – « Tom à la ferme » de Xavier Dolan

Affiche_TOM-320x436 Jessica Chastain

Xavier Dolan est doué, mais semble parfois présomptueux, il agace certaines critiques et conquiert d’autres par son talent.. et vous savez quoi? Ce n est pas pret de se calmer.

Outre son prochain film, « Mommy« , en competition pour la palme d’or 2014, le jeune québécois a déja fait ses preuves, à 25 ans à peine. En trois longs métrages, il a montré qu’il savait super bien diriger les acteurs, dont lui, que ses dialogues étaient vifs et drôles (« J’ai tué ma mère« ) qu’il etait très (trop?) référencé par de grands metteurs en scène comme Wong Kar-Wai (« Les amours imaginaires« ), et puis même qu’il savait prendre des risques. Son « Laurence Anyways«  m’avait moins séduit de par ses longueurs, et par un jeu et une mise en scène qui se regardait parfois trop le nombril. Mais le film avait au moins le mérite d’aborder un thème original avec une classe certaine et un sens du rythme, de la colorimétrie et de la Bo incroyables.

Avec « Tom à la ferme« , il vous faudra oublier les tics de mise en scène de Dolan. Ce dernier, en rechangeant de style pour le thriller, oublie justement ce qu’on pouvait lui reprocher. Ici Dolan va donc s’intéresser à une histoire d’homophobie ordinaire dans une campagne reculée et utiliser ce cadre coupé du monde pour en faire un thriller oppressant.

04 Jim Jarmusch

Tom vient de perdre son petit ami et arrive dans son petit village perdu pour son enterrement. Il constate que la mère du défunt ne connait rien de lui ni de l’identité sexuelle de son fils. Pire, son « beau frère », brute épaisse, va le menacer et le terroriser afin qu il reste dans le déni de l’homosexualité du défunt et lui invente une vie afin de préserver sa mère.

Dolan abandonne la virtuosité et les couleurs chamarrées pour livrer un film plus sec, plus gris et embrumé, moins aimable, et instaurer ainsi l’inconfort. Tout ceci permet de bien faire ressentir l’isolement de Tom, qu’il interprète avec finesse. Il préfère les cadres serrés sur le visage des protagonistes et l’économie de mots, afin de créer une ambiance de malaise propice au ressenti du personnage. On y suit un rapport trouble, jamais très clair. Est ce que la victime tombe amoureuse de son bourreau ? Est ce que le frère est homo refoulé ? Est ce juste un psychopathe ? Tom veut il juste s’autodétruire de chagrin, perdu apres la disparition de l’être aimé ?
Peut être un peu de tout mais jamais Xavier Dolan ne choisit la linéarité du récit, le sous texte étant libre d’interprétation…et pour le coup, j’ai trouvé cela très bon, surtout dans ce style nouveau qu’il a le culot d’aborder, et qu’ il a raison d’aborder, pour prouver qu il n’est pas qu’un ptit con doué, mais un vrai metteur en scène ambitieux. Déjà cinq films dont quatre vus et il ne fait aucun doute que la carrière de Dolan pourrait s’avérer passionnante car il a de l’ambition et sait remettre en question ses acquis pour explorer d’autres voies. Alors certes, on sent qu’il s’aime beaucoup mais et alors ? Où est le problème ? On s’en fout franchement. Des tas de réalisateurs ont un énorme égo et c’est peut être celà qui leur permet de se surpasser. Tant que Dolan livrera des oeuvres originales comme « Tom à la ferme », moi je suivrai le talent plutôt que les jaloux.

 

N°14 – « X Men Days of future past » de Bryan Singer

X-Men-Days-of-Future-Past-Cast-poster-570x829 John LeCarré

Bryan Singer avait réussi à faire passer de façon crédible les héros X-men du comic book au grand écran au cours des deux premiers longs métrages, qui figurent encore comme de très bons exemples de réussites d’adaptation en matière de comics. Hélas, parti sur d’autres projets, le troisième volet fut saccagé et ce n’est qu’il y’a trois ans que la franchise fut relancée avec Matthew Vaughn à la réalisation et Bryan Singer au scénario et à la production. « X-men le commencement » avait l’intelligence d’allier reboot et prequel en s’intéressant à la naissance de l’amitié entre les deux mutants opposés, le professeur X (James McAvoy) et Magento (Michael Fassbender). En pariant sur deux supers acteurs pour incarner ces personnages cultes étant jeunes, en travaillant un scénario mélé à une histoire dystopique des USA, en reliant le tout à la Shoa, en intégrant un casting jeune et frais, le film fut une réussite totale et l’un des meilleurs films de supers héros de ces dernières années.

Les X-men sont des héros attachants car ils sont calqués sur une minorité se battant pour ses droits, pour ne pas être exclus et exterminés pour leurs différences. « X-men days of future past » va jusqu’au bout de cette logique et frappe très fort tant en terme de scénario qu’en terme de mise en scène.

magnetos-armed-in-a-new-x-men-days-of-future-past-image Luc Dardenne

Le film est un blockbuster intelligent, complexe, très bien construit. Le film est sombre, ultra référencé seventies là où le précédent était sixties. Singer a eu la géniale idée de reprendre l’arc narratif de l’une des histoires les plus connues des X-men, où les vieux personnages, dans un futur apocalyptique où des robots tueurs exterminent les mutants, décident d’envoyer dans le passé Wolverine, retrouver dans les années 70 Xavier et Magneto mais surtout, Mystique, afin de modifier le passé.

Le film aurait peu être incompréhensible par le nombre de personnages mais reste au contraire très fluide, avec des pointes d’humour qui déjà figuraient dans le précédent. Le film est surtout une suite parfaite à « X men le commencement », où nous retrouvons nos personnages quelques années après, le fauve (Nicholas Hoult), Mystique (Jennifer Lawrence) et les deux anciens amis.

Wolverine devient le personnage central qui réunit les deux générations et s’avère être la colonne vertébrale du film, avec des clins d’oeils multiples à sa propre histoire. Mais surtout, Mystique devient l’enjeu principal des différents camps. L’objectif est de la sauver, de la ramener à la réalité car les trois protagonistes l’aiment, que ce soit le professeur X, Mageto ou le Fauve.

Le film est sombre, ultra référencé seventies là où le précédent était sixties, et surtout, les personnages sont attachants…

Le spectacle est là, du début à la fin et annonce un troisième volet en 2016 qui espérons le, atteindra le même degré d’exigence. Quand on respecte les fans à ce point et qu’on les prend pour des spectateurs intelligents aimant tout autant effets spéciaux excellents et intrigue finement élaborée, on ne peut que recevoir des louanges, et c’est le moindre des mérites.

 

N°13 – « Twelve years a slave » de Steve McQueen

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Steve McQueen n’en est qu’à son troisième film et pourtant, après les excellents « Hunger » et « Shame » il signe avec « Twelve years a slave » LE film qui manquait au septième art sur le thème des atrocités de l’esclavage des noirs aux Etats-Unis.
Chiwetel Ejiofor porte le film sur ses épaules et aura sans nul doute une carrière brillante par la suite. Face à lui, Michael Fassbender retrouve une 3ème fois McQueen dans le rôle d’un esclavagiste ignoble, à la mentalité crasse et sadique, un rôle taillé sur mesure dans lequel il excelle.

twelve-years-a-slave-michael-fassbender Michael Fassbender

Mais ce qui fait la force de cette histoire vraie c’est surtout que Steve McQueen arrive à nous tirer des larmes sèches, sans tomber dans le pathos, avec la froideur et le calme de l’esclave regardant droit dans les yeux de son bourreau.

La lenteur du film permet d’accentuer l’aspect hors du temps de cet enfer de déshumanisation ainsi que la longueur du calvaire de cet homme né libre et kidnappé pour être revendu en tant qu’esclave.

McQueen montre en un seul plan effroyable, celui de la pendaison, à quel point l’avilissement et la peur pouvaient rompre toute solidarité de caste entre esclaves, ces derniers vacant à leurs occupations pendant que l’un d’entre eux faisait l’objet de sévices innommables. Ou quand l’asservissement au rang de bêtes et de propriété atteignait toute son ignominie.

En inintéressant au personnage de Benedict Cumberbatch, sudiste plus humanise que les autres, le réalisateur montre aussi l’impact de cette culture raciste sur des esprits pourtant portés à la compassion. Mais le plus détonnant dans le film est de toucher du doigt l’abime qui séparait les Etats du Nord de ceux du Sud à la veille de la guerre de Sécession. Deux conceptions de la nature humaine totalement opposées divisaient les états mais la loi protégeait les bourreaux en toute impunité, les progressistes n’ayant aucune emprise et vivant dans un monde et une société coupée des régions sudistes arriérées.

McQueen arrive donc à disséquer la mentalité des victimes comme des tortionnaires avec une grande retenue, sans en rajouter car c’est inutile. Il livre un film violent et émouvant jusqu’aux tripes. Un film important et qui fera date.

 

N°12 – « Un homme très recherché » d’Anton Corbijn avec Philip Seymour Hoffman

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Vous vous souvenez sans doute de l’excellent « La Taupe » sorti il y a deux ans. Thomas Alfredson adaptait le culte John LeCarré (La Maison Russie,  Le Tailleur de Panama, La Constance du jardinier) avec brio et un casting composite de trèss haute volée (Gary Oldman, Colin Firth, Tom Hardy…). Le film se passait dans les années 70 et le style, la colorimétrie caractérisaient très fortement l’oeuvre.

Pour son travail sur LeCarré, le réalisateur de « Control« , Anton Corbijn, reste fidèle à la sobriété de l’auteur mais axe moins sur le style de l’image son récit. Situé de nos jours en Allemagne, à Hambourg, l’histoire est plus que d’actualité. On y suit en effet un groupe d’espions chargés de faire tomber un financeur de groupe djihadistes et de tenter de l’apater via un jeune homme, potentiellement dangereux et très recherché…

Le film s’intéresse aux luttes de pouvoir entre diverses organisation d’espionnage et à la manipulation des services pour recruter des taupes dans des milieux à infiltrer.

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Le film réussit avec brio à passionner par l’intelligence de son scénario, construit comme thriller psychologique, plus limpide que « La taupe » et surtout par la prestation d’un acteur, Philip Seymour Hoffman.

Disparu en janvier dernier, ce dernier était assurément l’un des meilleurs acteurs au monde et sa prestation de félin ne nous fera d’autant plus que le regretter. Son imposante masse se déplace avec une grâce et une légèreté fascinante. Il incarne à la fois un homme fin et brillant mais aussi brisé par ses erreurs passées dont celle d’avoir fait confiance à ses homologues et d’avoir eu une éthique, une morale. Son personnage mélancolique, parfois blasé mais tenant bon pour atteindre le but de sa mission, est particulièrement réussi.

Autour de lui, Rachel McAdams, Robin Wright, Willem Dafoe et tout le casting se meut admirablement dans ce puzzle. Cette vision réaliste, sans artifices, sans action rocambolesque de l’intérieur des services secrets, est sidérante. Des hommes et femmes cherchent à l’aveugle comment arrêter de futurs terroristes et c’est pour le coup, flippant, car ils sont peu nombreux et que tout repose sur leur intelligence, leur réseau et leur capacité à anticiper le coup d’après.

« Un homme très recherché » est un film à la hauteur du talent de Philip Seymour Hoffman et lui rend hommage en concluant sa carrière par une œuvre d’excellent niveau. C’est un film intelligent, haletant malgré l’absence de coup de feux et de morts ! Un comble pour un film d’espionnage et la gageur d’une mise en scène, d’une partition d’acteurs et d’une histoire à découvrir de toute urgence.

 

N°11 – « Interstellar » de Christopher Nolan avec Matthew McConaughey

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A l’heure où la terre se meurt et devient hostile aux humains, l’humanité court à sa perte. Le seul espoir est de trouvera de nouveaux mondes dans l’espace, accessibles uniquement en traversant des trous noirs, chose jamais réalisée jusqu’alors…

Christopher Nolan est devenu un prestidigitateur assez bluffant à Hollywood, réussissant des films intelligents et ambitieux (Memento, Le Prestige), puis renouvelant le genre super héros en lui donnant des accents adultes, réalistes et brutaux avec la trilogie Barman The Dark Knight, ou encore réussissant l’exploit de dépasser les 100 M$ au box office avec un film d’auteur et d’action brillant, « Inception« .

Quand il a repris ce projet avorté de Steven Spielberg, on aurait pu craindre le pire. Qu’il s’attaque à de la SF pure avec l’acteur du moment, génial Matthew McConaughey était certes excitant. Mais l’aspect mélo de certaines œuvres de Spielberg collait mal à l’univers cartésien de Nolan.

Interstellar-1 Philip Seymour Hoffman

C’était sans compter sur sa capacité à s’inspirer de grands auteurs de lSF. Des critiques ont cité Stanley Kubrick ou Tarkovski (Solaris), c’est forcément écrasant et pourtant, pas totalement faux. La traversée des trous noirs ramène à 2001, forcément, et l’aspect métaphysique du propos aux deux auteurs cultes. Certains trouveront ridicule les choix scénaristiques et les décrochages par rapport à une logique cartésienne justement. C’est que Nolan décide de ne pas tout rendre concret et crédible comme Alphonso Cuaron dans « Gravity« . Le propre de la SF est de savoir justement s’affranchir de certaines barrières pour mieux explorer son réel sujet, l’humain, son devenir, sa représentation, sa projection dans le futur. Alors certes Nolan nous parle d’Amour et ceci fait un peu bizarre de la part de cet intellectuel d’habitude opaque à ce genre d’émotions dans son cinéma.

C’est justement cet aspect qui a mon goût est très réussi. Le pathos aurait été atroce traité par Spielberg. Ici Nolan a une pudeur qui sied à merveille au propos. Il n’en fait pas trop, juste le strict nécessaire pour emporter le spectateur. Nolan recycle différemment ses thématiques habituelles, l’obsession (pour un tour de magie dans Le Prestige, pour une femme disparue dans Inception), de l’affect brisé (Batman, Inception). La relation fille-père très forte au centre du long métrage est portée par deux acteurs majeurs du moment, Jessica Chastain, d’une classe incroyable et Matthew McConaughey donc, qui excelle comme toujours depuis cinq ans.

Ensuite on reproche à Nolan d’être bavard. C’est vrai que son film est rempli de scènes de dialogues. D’ailleurs le personnage de Anne Hathaway fait une réflexion très amusante au moment du décollage, un clin d’œil du réalisateur. Mais ces réflexions sur le lien filial, sur ce qui nous motive à travers notre progéniture, sur la notion d’héritage, de pardon et de trahison ou juste de vieillissement et de mort, s’insèrent parfaitement dans le sujet du film. Car c’est le sujet ! Pourquoi vouloir vivre et survivre, pour quelles raisons l’espèce humaine tient-elle cet instinct ?

L’humanité seule dans l’infiniment grand, voilà ce que Nolan arrive a montrer brillamment à l’écran, ce sentiment de finitude et de solitude que chacun ressent lorsque l’on sort la tête du quotidien pour s’élever un peu et que l’on est agnostique ou athée. Le film montre des personnages incapables d’exprimer leurs sentiments, préférant les cacher derrière des théories sur le sujet. Serait ce un aveu du réalisateur, lui même un peu trop porté sur l’intellectualisation permanente du lien humain ?

Nolan est ambitieux et si son film est maladroit par moments, il résout l’essentiel, nous toucher sans que sa mise en scène d’excellence n’étouffe le propos.

Un film désespéré sur l’espoir, un film sombre sur l’humanité et en même temps cherchant le bout du tunnel, « Interstellar a des aspects universels par ses thématiques écolos, le besoin de l’homme d’explorer toujours et surtout, la définition de l’espèce humaine.

 

La suite du classement dans quelques jours…

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Steve McQueen (12 Years a Slave) s’intéresse à un acteur engagé dans la lutte pour les droits civiques

18 décembre, 2014

 

Steve McQueen (12 Years a Slave) s'intéresse à un acteur engagé dans la lutte pour les droits civiques dans Films img-steve-mcqueen_115921809693

Après le succès de 12 Years a Slave, le réalisateur Steve McQueen (Hunger, Shame) consacrera sa prochaine réalisation à Paul Robeson.

Cet acteur, athlète, chanteur et écrivain américain s’engagea dans la lutte pour les droits civiques.

On en saura plus rapidement sur le casting…

Ewan McGregor sera Jésus dans le désert ! L’occasion d’une coupe de cheveux biblique…

18 décembre, 2014

Ewan McGregor sera Jésus dans le désert ! L'occasion d'une coupe de cheveux biblique... dans Films lastdays-small-654

Le film biblique ne marche pas forcément en ces temps pourtant très portés sur la religion…après le semi échec du « Noé » de Darren Aronofsky, l’accueil critique très mauvais de « Exodus » de Ridley Scott avec une premier week end catastrophique au box office américain, est il vraiment nécessaire de poursuivre dans cette voie ?

Christian Bale était Moise dans le Ridley Scott…et Ewan McGregor sera Jésus !

Celle-là, je ne l’avais pas vue venir…pourtant le Blanc Lapin veille au grain des films en tournage…

Dans Last Day in the Desert de Rodrigo Garcia, l’acteur écossais le plus connu en activité (Sean Connery s’étant retiré), sera donc le Christ, pendant sa retraite aux confins du désert, qui dura 40 jours. Il y sera tenté par le Malin qui aura les traits de…Ewan McGregor ! Super idée pour économiser un rôle…économies d’échelle donc.

Projet inattendu et on l’espère qui ne sera pas qu’un pensum de plus sur le sujet…

Martin Scorsese lance une série HBO sur le Rock’n Roll !

16 décembre, 2014

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Martin Scorsese et Terence Winter étaient à la tête de la série « Boardwalk Empire » pour HBO.

Ils reviendront pour un projet consacré au Rock’n Roll pour la célèbre chaine cryptée.

Le scénariste du Loup de Wall street travaille sur la vie de Richie Fenestra.

Dans les seventies, Fenestra fut président du label American Century Records.

Bobby Cannavale jouerait le rôle titre, aux côtés de Olivia Wilde, Juno Temple et Ray Romano.

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1ère Ba de « Knight of cups » de Terrence Malick avec Christian Bale, Natalie Portman, Cate Blanchett

15 décembre, 2014

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Le réalisateur de « badlands », «  les moissons du ciel », « la ligne rouge » et « le nouveau monde » était connu pour le trou de 20 ans dans sa carrière entre son deuxième et troisième film, période pendant laquelle il disparut totalement de la planète cinéma. Il revient en 1998 avec un bijou, puis renouvela l’exploit. En mai 2011, « the tree of life », son cinquième long métrage avec Brad Pitt et Sean Penn, remporta la palme d’or mais pas les critiques puisque pour la première fois il divisa la presse.  Personnellement j’ai aimé sa naïveté mais je comprend les réticences.

Son dernier film, « A la merveille« , a divisé. Mais pris de boulimie filmique, Terrence tourne en 2012 et début 2013 coup sur coup deux films avec un casting qui se recoupe, « Lawless » et « Knight of cups ». 

Natalie Portman, après sa pause post « Black Swan« , intègre un casting ultra classe avec Christian Bale, qui retrouvera  Malick après « le nouveau monde »,  Holly Hunter et Rooney Mara tiennent d’autres rôles féminins.

Le film est annoncé au festival de Berlin…

1ère Bande-Annonce !

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Seconde BA du nouveau Paul Thomas Anderson, « Inherent Vice », avec Joaquin Phoenix, Reese Witherspoon, Benicio Del Toro

15 décembre, 2014

Seconde BA du nouveau Paul Thomas Anderson,

Thomas Anderson a constitué un casting ultra classe pour son prochain opus ! C’est l’un de mes chouchous et l’un des très grands de sa génération (« There will be blood », « Boogie nights », «Magnolia »), son « The Master« , tout bonnement excellent (voir ma critique ici), m’a emballé en janvier 2013, même si son rythme en a désarçonné plus d’un.

Il vient d’adapter une comédie barrée, « Inherent Vice », un livre de Thomas Pynchon suivant un détective privé dans les années 60, détective peu consensuel et adict à l’herbe. L’histoire est a des relents de « las vegas parano ».

Dans le rôle titre du multirécidiviste des drogues, Joaquin Phoenix retrouvera Anderson juste après avoir brillé dans « The Master ».

Reese Witherspoon, qu’on vient de voir méconnaissable dans « MUD » et qui récolte des rôles plus murs ces dernières années, jouera le rôle féminin principal.

Le génial Benicio Del Toro jouera un avocat et conseil du héros, soit un rôle qui fait penser à celui qu’il tenait dans Las Vegas Parano…or le film est présenté comme un mixt de The big Lebowski et Las Vegas Parano…tient donc !

L’un des films les plus attendus de 2015 sortira le 4 mars 2015 !

Seconde Bande-annonce !

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Ba de « While We’re Young » de Noah Baumbach (« Frances Ha ») avec Ben Stiller et Naomi Watts

14 décembre, 2014

Ba de

Après le génial « Frances Ha » sorti en 2013, Noah Baumbach revient avec While We’re Young.

Il retrouve pour l’occasion Adam Driver, qui explosera l’an prochain dans « Star wars VII », Ben Stiller qu’il a dirigé dans « Greenberg ».

L’excellente Naomi Watts collaborera avec l’auteur New Yorkais pour la première fois.

L’histoire suit un couple dont le quotidien est bouleversé par un couple, plus jeune et plus libre qu’eux.

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1ère Ba de l’adaptation du « Petit Prince » d’Antoine de Saint Exupéry

14 décembre, 2014

1ère Ba de l'adaptation du

« Le Petit Prince » d’Antoine de Saint Exupéry n’a jamais fait l’objet d’une adaptation au cinéma !

Mark Osborne, réalisateur de « Kung-Fu Panda« , a la lourde de tâche de s’atteler à cette adaptation.

La première bande-annonce que voici montre un savant mélange entre animation façon Pixar, Dreamworks et Disney et d’un autre côté stop motion traditionnelle façon « L’étrange Noël de Mister Jack » ou « Wallace et Gromit ».

Le film sortira le 1er septembre 2015

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« Night Call » de Dan Gilroy – Critique du Blanc Lapin

14 décembre, 2014

L’histoire de Lou est celle d’un voleur à la petite semaine qui découvre qu’il est possible de se faire de l’argent en faisant des vidéos trashs de meurtres et d’accidents revendues à des chaines de TV locales.

Jake Gyllenhaal a perdu beaucoup de poids et s’avère méconnaissable dans un rôle particulièrement intéressant. Sa gueule de croque-mort livide sied évidemment à ce personnage qui semble n’avoir aucune morale et aucune empathie pour son prochain. Il souhaite réussir sa vie et gagner de l’argent. Point. Pour ce faire, autodidacte de l’internet, il va développer sa petite entreprise avec des concepts appris sur la toile sans se poser aucune question d’éthique.

Son caractère fait froid dans le dos et renvoie un miroir violent du self made man américain et des rapports entre argent et réussite aux Usa.

Tout est possible, mais à quel prix ? Cet aspect là du long métrage est le plus intéressant, le traitement des médias fous et charognards étant quant à lui plus attendu. Le cynisme des médias semble caricaturé alors que pourtant, la course au scoop et à l’image choc est bien l’apanage de ces petites chaines privées aux Etats-Unis.

night-call-jake-gyllenhaal Dan Gilroy dans Films - critiques perso

Le film est anti-système et critique des valeurs de l’Amérique, en montrant le revers de la médaille, dont l’absence totale de limites à la déshumanisation du rapport entre individus. Il fait du lien mercantile systématique, une arme de destruction massive de la morale.

Dan Gilroy nous livre un thriller efficace, sec et maitrise haut la main les scènes de courses poursuites.

Jake Gyllenhaal trouve un de ses meilleurs rôles dans ce type poussant le modèle de réussite dans des retranchements flippants à souhait.

Ce premier film de Dan Gilroy est cynique, très sombre et parsemé de scènes d’action de très haute volée.

 La piste aux Lapins :

3,5 lapins

AMC commande le pilote pour l’adaptation de l’excellent comic book « Preacher » !

13 décembre, 2014

AMC commande le pilote pour l'adaptation de l'excellent comic book « Preacher » ! dans Films preacher2_prev2

Enfin ! Après des années de développement au cinéma, de nombreux changements de cinéastes, la Bd « Preacher » se voyait confiée il y’a un an à Seth Rogen, geek par excellence, à l’humour transgressif et ado typique cette Bd. Ce dernier, co-producteur, et son pote Evan Goldberg, avec qui il a tourné « C’est la fin » ou le prochain « L’interview qui tue« , se voient commander le pilote de la saison 1 par la chaine AMC en vue d’une diffusion en 2016 si ce pilote arrive à convaincre.

Ce serait vraiment génial de voir une bonne adaptation de ce petit bijou d’humour noir où les anges forniquent et sont de gros cons immoraux et où la critique sociale prend des tournants innattendus.

« Preacher » de Garth Ennis, est une arlésienne passée entre les mains de Kevin Smith, Sam Mendes, D.J. Caruso et même de HBO. L intérêt de HBO a donc probablement mis la puce à l’oreille de la chaine AMC, qui cherche de nouvelles séries conceptuelles pour prendre la suite de ses cartons que sont BREAKING BAD, MAD MEN, ou WALKING DEAD.

Et PREACHER et ses 10 tomes recèlent un univers et un flot d’histoires idéal et provocatrices.

J’adore cette BD !

On y suit un prêcheur alcoolique qui n’a plus la foi et se retrouve du jour au lendemain habité par un être venu du paradis, qui lui donne le pouvoir de commander les humains par sa voix. Sauf que les anges le recherchent ainsi que les représentants de Dieu sur terre, une bande de fous furieux ultra violents qui dirigent le vatican en sous main. Dieu a quant à lui disparu et le seul moyen pour le Preacher de s’en sortir et de retrouver sa vie paisible avec son ex copine, c’est de ramener Dieu par la peau du cul au paradis. Il est accompagné pour ca de son meilleur ami, un vampire irlandais alcoolique et de sa petite amie.

La Bd est ordurière, blasophématoire et très très drôle quand elle n’est pas ultra gore. L’amerique profonde y est passée au peigne fin avec un sous texte impolitiquement correct, parfois bien républicain et parfois bien démocrate, des avis ultra tranchés et surtout un humour corrosif. On comprend pourquoi AMC pense à cette BD, après Breaking bad.

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