« Joker » de Todd Philips – critique du Blanc Lapin

13 octobre, 2019

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L’annonce du projet était curieuse puisque, initialement, Martin Scorsese devait le co-produire. En tant que lecteur assidu de comics books et de BD, je n’ai jamais compris pourquoi le génial personnage du Némésis de Batman n’avait jamais eu droit à son film. J’étais méfiant sur le résultat tant DC Comics et la Warner se sont perdus ces dernières années après la fin de la trilogie Batman de Christopher Nolan. Leur volonté de copier Marvel m’a laissée de marbre tant je trouve ces personnages colorés lisses et unidimensionnels alors que ceux de DC sont plus sombres et potentiellement profonds.

Le fait de voir Joaquin Phoenix entrer dans la danse m’avait rassuré car c’est l’un des meilleurs acteurs au monde et qu’il choisit intelligemment ses projets toujours pour leur qualité scénaristique.

Les bandes annonces avaient vendu un rêve de fan de Batman à savoir voir ENFIN le Joker exploité dans ce qui fascine sur son personnage, à savoir le chemin vers sa folie. Le Lion d’Or obtenu à Venise en septembre a fait exploser les attentes et aujourd’hui le succès au box office est incroyable pour un film aussi adulte. C’est une petite révolution pour les studios que de voir un tel Ovni rencontrer critique et public.

Car oui, « Joker » est le chef d’œuvre annoncé et oui, Joaquin Phoenix aura l’oscar du meilleur acteur. Ne pas lui accorder serait une insulte au bon goût.
Le film est un uppercut fortement inspiré de « La valse des pantins » et de « Taxi driver » de Martin Scorsese, ce qui explique l’implication du réalisateur dans la première phase de production. On y retrouve non seulement les thèmes mais aussi l’ambiance et l’acteur, Robert de Niro, dans un très bon second rôle comme on ne l’a pas vu depuis longtemps.
Quant à l’histoire, elle brasse divers thèmes en collant à Arthur Fleck, un looser à l’esprit fragile, qui n’a rien réussi dans cette société violente où les laissés pour compte voient des ultra riches leur tenir des discours complètement éloignés et perchés par rapport à leur quotidien. Cette société qui fait croire que quelqu’un parti de rien peut devenir une star de télévision, un showman et se sortir de sa condition et que quelques part tout le monde peut tenter sa chance. Mais ce discours s’accompagne d’une grande violence, celle de la réalité, celle du rêve qui se fracasse sur le mur du constat. Et Arthur Fleck n’a aucun talent comique et a tous les feux sociétaux au rouge, depuis toujours. Or cette société américaine parle des winners et raille les loosers, leur donnant accès à des armes car c’est du business mais refusant un minimum de protection sociale au nom de cette même liberté chérie mais sauvage pour les plus faibles.
Se déroule alors un film très politique par son discours et donc dérangeant par ce qu’il véhicule. Sans empathie face à lui et avec pour seul réponse le cynisme d’un ultra libéralisme sans gardes fous, quel choix a ce personnage qui sombre dans l’isolement et la folie, à par la violence et l’apologie de l’anarchie ?

Alors bien sûr Arthur Fleck a un problème psychiatrique mais le film ne met pas tout sur le compte de la maladie mentale qui s’envenime. Et c’est ce qui rend le film fascinant. Joker montre que la sédition des laissés sur le coté peut être le résultat d’un aveuglement idéologique et d’une société qui refuse de prendre du recul.

Car face aux excès de l’idéologie ultra libérale, le risque n’est il pas l’absence d’idéologie tout court ? Après les gilets jaunes et le déferlement de colère et de violence, on ne peut pas regarder ce Joker de la même façon. Et quelles que soient vos idées politiques, le film vous fera réfléchir.

Pour un film DC comics basé sur le plus grand méchant et le plus connu des comics books, c’est tout simplement un parti pris brillant et qui prend le spectateur pour un adulte responsable capable de discernement et de recul. Faire du Joker un symbole de l’absence de solution, une conséquence d’un cynisme sociétal, c’est l’idée géniale du long métrage.

Que Todd Philips, un réalisateur pas très côté, connu pour ses comédies « Very bad trip » nous réalise ce chef d’œuvre sur ce thème, c’est également une énorme surprise. Sa mise en scène est hyper découpée, sèche et sans une scène de trop. Il alterne l’évolution d’Arthur vers le Joker de cinq scènes de courses poursuites où le futur Némésis de Batman cours dans les rues ou les couloirs à toutes enjambées. D’abord c’est par peur, ensuite pour fuir ce qu’il devient puis parcequ’il enfreint de nouveau les règles et s’en émancipe, puis parcequ’il est poursuivi et trouve celà fun, et enfin parcequ’il est devenu un autre pour qui rien n’a de valeur et tout n’est que comédie. Il cours toujours comme un clown mais le rire a changé de signification et surtout, il a changé de camp…
Et puis évidemment, il y a l’acteur, ce type dont je n’aime pas la gueule et qui me bluffe à chaque fois. Ce type qui à 44 ans, a une filmographie impressionnante (Walk the line, the Master, les James Gray dont Two Lovers, Her, A beautiful day, Les frères Sisters).

Sa prestation en Joker est prodigieuse. Il danse avec une souplesse et une agilité qui font froid dans le dos tout comme son regard. Il nous amène avec lui comme spectateurs d’une conquête du rêve américain vouée à l’échec et il s’explose avec nous dans le bitume.

Entre temps il a rendu son personnage attachant et non pathétique puis effrayant car sa folie guette à tout instant.

Comme possédé par son personnage, son rire a plus des airs de cris de douleur, douleur d’être né ainsi et d’en être prisonnier.

Le spectateur accompagne ce glissement de l’autre côté de ce que la société peut tolérer, choc après choc, jusqu’à ressortir bouleversés par ce naufrage impossible à éviter du fait du déterminisme social allié à la fragilité psychiatrique. On en sort également fascinés par cette renaissance car le personnage en quête de figure paternelle et en quête d’identité finit par se la construire dans le mal absolu, dans un monde qu’il se créé plutôt que d’accepter de le subir.
Joker est un grand film car il allie le génie d’un acteur à un scénario imparable et profond ainsi qu’un personnage complexe qui ne peut que provoquer le malaise.

Ce chef d’œuvre nihiliste est tout aussi surprenant que dérangeant.
Un très grand film.

La piste aux Lapins :

5 étoiles

 

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« El Reino » de Rodrigo Sorogoyen – critique du Blanc Lapin

13 octobre, 2019

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Je n’ai pas pu voir le film à sa sortie en avril 2019 et fort heureusement j’ai pu réparer ce visionnage.
El Reino fait en effet partie des très bons film du cru 2019.

Les premières minutes, on a du mal à savoir si l’homme qu’on suit est un mafieux ou un homme politique.

Très vite on comprend qu’il est bien un homme politique respecté et qu’il est amené à prendre des fonctions importantes au niveau national. Sauf qu’une affaire de corruption l’éclabousse et que ses petits camarades le lâchent un à un et décident d’en faire un bouc émissaire.

Une spirale infernale se met alors en route et s’accélère sans savoir jusqu’où la chute vertigineuse de cet Icare politique s’arrêtera. Cette plongée dans les marécages de la corruption est menée tambour battant, se glissant peu à peu vers un mode thriller/

Le suspens vous tient à la gorge et l’on se prend de compassion pour cet homme qui a cru tout dominer et s trouve aux abois. On est happés par la noirceur de cet effondrement et le film se transforme sous nos yeux en cauchemar comme celui que vit le protagoniste.

Un parti pris brillant pour un résultat tout aussi efficace.

La piste au Lapins :

4 étoiles

2ème Ba de « 1917″ de Sam Mendes avec Colin Firth et Benedict Cumberbatch

13 octobre, 2019

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Sam Mendes est un très grand réalisateur. On lui doit « American beauty« , « Les sentiers de la perdition » ou le magnifique « Les noces rebelles » avec Léo DiCaprio et Kate Winslet.

Ces 10 dernières années, il a é »té très pris par James Bond compte tenu du succès énorme de Skyfall et très bon de Spectre.

Je suis donc ravi qu’il revienne avec un projet concret, qui sera produit par Amblin et Steven Spielberg, qui avait déjà produit les trois bijoux précités.

Son film sera un film de guerre et s’intitulera 1917.  On y vivra la première Guerre mondiale du point de vue des troupes américaines sur une journée de deux jeunes soldats anglais.

George MacKay et Dean-Charles Chapman sont les comédiens choisis pour jouer les deux héros. MacKay a été découvert aux côtés de James Franco dans la série 22.11.6 d’après Stephen King, puis aux côtés de Viggo Mortensen dans Captain Fantastic.  On le verra l’an prochain aux côtés de  Charlie Hunnam, Russell Crowe et Nicholas Hoult dans « The True History of the Kelly Gang« .

Richard Madden (la série Bodyguard et Robb Stark dans Game of Thrones), Mark Strong, et les excellents Colin Firth et Benedict Cumberbatch rejoignent ce film ;qui serait attendu pour fin 2019-début 2020.

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Sortie le 15 janvier

« The Gentleman », Ba du nouveau Guy Ritchie (Snatch) qui retourne au film de gangsters avec Charlie Hunnam, Colin Farrell, Hugh Grant et Matthew McConaughey

13 octobre, 2019

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Alors que ses deux derniers films, Des agents très spéciaux : Code U.N.C.L.E. et surtout Le Roi Arthur : La Légende d’Excalibur, ont été des fours exceptionnels, le second recevant une critique unanimement catastrophique, Guy Ritchie cherche à retrouver le succès.

Il est loin le temps de Sherlock Holmes et Sherlock Holmes : Jeu d’ombres et encore plus celui de ses deux films de gangsters qui l’ont fait connaitre, Snatch et Arnaques, crimes et botanique.

Heureusement pour lui, il avait déjà signé pour réaliser la version live d’Aladdin pour Disney lorsque son Roi Arthur s’est vautré. A l’image de Cendrillon, Alice aux Pays des Merveilles, Maleficient, Le Livre de la Jungle et La Belle et la Bête, le film a cartonné avant de rejoindre Mulan, Le Roi Lion et bien d’autres.

Mais pour retrouver un semblant de crédibilité critique, l’ex de Madonna compte sur Toff Guys, un film clairement dans la veine de ses premiers opus.

Matthew McConaughey et Kate Beckinsale y seront les rôles principaux.

Ils seront accompagnés de Charlie Hunnam, Colin Farrell et Hugh Grant.

Colin Farrell a eu de beaux succès critiques ces dernières années (Bons baisers de Bruges, The Lobster, Mise à mort du cerf sacré, Les Veuves). Hugh Grant en revanche est quasi invisible et ceci fera plaisir de le retrouver dans un rôle probablement barré.

Charlie Hunnam a été rôle principal de la série Sons of Anarchy et niveau ciné il a bien pataugé avec des ratés comme Arthur de Guy Ritchie, le remake de Papillon ou Pacific Rim. Parmi les réussites il n’y a que  « The Lost City of Z » de James Gray et Crimson Peak de Guillermo Del Toro. Mais il est dans plein de projets hype puisqu’il sera du prochain « Triple Frontier«  de J.C Chandor (Margin Call, All is LostA most Violent year), de The True History of the Kelly Gang de Justin Kurzel aux côtés de Nicholas Hoult et Russell Crowe, dansJungleland en boxeur aux côtés de Jack O’Connell.

Un baron de la drogue britannique tente de vendre sa petite entreprise à des américains. On espère que McConaughey y sera brillant comme il peut l’être et que le scénario sera à la hauteur et ne sentira pas le réchauffé.

Le film sera dans nos salles le 5 février prochain.

Bande-annonce :

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Ba de « J’accuse » de Roman Polanski sur l’affaire Dreyfuss avec Jean Dujardin

13 octobre, 2019

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Roman Polanski avec J’accuse, aremporté le Grand Prix du Jury pour son film sur l’affaire Dreyfuss avec Jean Dujardin et Louis Garrel, malgré une présidente, Lucrétia Martel, qui avait exprimé sa désapprobation d’accueillir le film, dans le cadre du scandale sexuel qui accompagne le maitre polonais depuis 40 ans à chaque sélection dans un festival.

Sortie le 13 novembre 2019

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« Ad Astra » de James Gray – critique du Blanc Lapin

22 septembre, 2019

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James Gray est l’un des très grands réalisateurs américains des 25 dernières années. Même si les européens reconnaissent davantage son talent que ses propres concitoyens, « Little odessa« , « The yards« , « La nuit nous appartient » ainsi que « Two lovers » sont très bons. « The immigrant« , avec Marion Cotillard et Joaquin Phoenix a été accueilli plus froidement mais reste un bon film. Et il est revenu avec son arlésienne de 10 ans de gestation, « The Lost City of Z » en 2017, un bijou. Et alors que ce projet devait se faire avec Brad Pitt et que ce dernier a finalement co-produit « The Lost City of Z » sans y jouer, les deux artistes se retrouvent pour un film de SF !

James gray qui sortait de ses contrées New-Yorkaises pour faire un film historique sur la recherche d’une cité en Amazonie, c’était énorme et ceci lui libérait encore plus ses thématiques autour du lien père-fils.

Mais avec Ad Astra, le réalisateur signe un nouveau chef d’œuvre de science fiction, un nouvel étalon et c’est suffisamment rare pour le noter.

Son personnage principal est joué admirablement par un Brad Pitt qui force le respect par sa filmographie très impressionnante, ses choix intelligents et son doublé de cette année avec le Quentin Tarantino, « Once upon a time in Hollywood« .

Je ne connais pas d’acteur hollywoodiens qui soit resté au top aussi longtemps et qui puisse aligner une quinzaine de très grands films.

Son jeu minimaliste donne à son personnage d’astronaute toute la rigueur de sa mission et tous les sentiments dont s’est coupé le personnage. Il s’est enfermé dans une profonde solitude que l’on ressent à chaque instant et qui donne à ses moments d’émotion une force encore plus puissante.

C’est donc l’histoire d’un homme qui part à la recherche de son père, qui est parti trente ans plus tôt dans une mission pour Neptune dont il n’est jamais revenu.

Il vit l’image de ce père qui l’a abandonné comme un exemple car il est considéré comme un héros par l’humanité et comme une souffrance car il s’est retrouvé seul. Seul au point de ne pas vouloir faire d’enfants, juste se concentrer sur son métier d’astronaute comme son père et marcher dans ses pas. Dans le genre de trauma et de symbolisme du nœud œdipien on peut difficilement trouver plus énorme. Et pourtant, ceci fonctionne car Gray n’est pas du genre pathos, il le fuit.

La grande maitrise de son scénario permet donc au film d’alterner entre grandes réflexions sur le sens d’une vie, de la solitude, tout en y insérant de vrais éléments de science fiction à grand spectacle. Pas moins de cinq scènes très impressionnantes ponctuent la quête de Roy McBride, qui cherche à rejoindre son père. Et ces scènes sont fascinantes car elles semblent réelles. James Gray use de la colorimétrie de la lune , de l’espace et de Mars puis Neptune avec des images somptueuses. Mais il use surtout d’un travail sur le son remarquable. Les scènes de violence sont comme empaquetées dans l’absence de son qu’il y a parfois dans l’espace ou l’incidence de la pesanteur. C’est non seulement novateur en SF mais ce choix narratif donne un parfait mélange entre grand film d’auteur et aventure spatiale.

Le scénario est limpide, sans délire méta comme certains films SF peuvent le tenter parfois pour le meilleur et parfois pour un résultat navrant.

La mise en scène de James Gray est d’une élégance folle, alliant l’intimiste du personnage à l’infiniment grand.

Que son personnage soit dépressif en pleine quête spirituelle est une excellente idée. La dimension vertigineuse de sa mission se confronte à sa psyché et James Gray nous le montre avec de simples images et une voix off qui ne s’avère ni plombante ni prétentieuse. Elle se confond avec le personnage et nous lie à lui vers cette plongée vers le néant dans laquelle on ne peut deviner quel sera l’épilogue.

Ce résultat est tout simplement brillant d’intelligence. Cet éloignement du monde des vivants pour renouer à ses sentiments est une superbe Odyssée.

Les plans de planètes contemplatifs concurrencent la vision épurée des intérieurs de vaisseaux. Le film est vraiment très beau d’un point de vue visuel.

Le découpage du scénario est très bon, ne laissant jamais place à des longueurs.

Le réalisateur signe un film précieux, ambitieux et d’une grande humilité. Brad Pitt est quant à lui d’une classe magnifique et trouve l’un de ses plus grands rôles.

James Gray signe un chef d’œuvre sur la quête de soi et la recherche de son identité, montrant qu’en tutoyant les étoiles, l’essentiel, à savoir l’humanité et la terre n’en deviennent que plus précieux.

La piste aux Lapins :

5 étoiles

 

 

« Un jour de pluie à New York » de Woody Allen – critique du Blanc Lapin

22 septembre, 2019

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Après son brillant « Wonder wheel » l’an dernier, le maitre New-Yorkais revient avec une autre réussite qui a failli ne pas sortir au cinéma. Suite aux nouvelles accusations de Dylan Farrow et le scandale qui est revenu avec le mouvement #Metoo, Amazon a rompu son contrat de plusieurs films avec le réalisateur et a annulé la sortie du film outre-atlantique. Grâce à Mars Films, les français peuvent tout de même le découvrir. Et on va commencer par mettre de côté l’histoire personnelle de Woody Allen et les accusations pour se concentrer sur l’œuvre, n’étant pas procureur et étant à même de discerner l’œuvre du reste, que çà plaise ou non.

Le pitch : Deux étudiants, Gatsby et Ashleigh, envisagent de passer un week-end en amoureux à New York. Mais leur projet tourne court, aussi vite que la pluie succède au beau temps… Bientôt séparés, chacun des deux tourtereaux enchaîne les rencontres fortuites et les situations insolites.

Woody Allen convoque donc deux acteurs hollywoodiens très jeunes et talentueux pour prêter leurs traits aux personnages que tout oppose au fil du récit. Il nous raconte la destruction d’un amour de jeunesse idéalisé par le décalage cynique et pourtant réel que la ville New-Yorkaise va leur révéler.

Timothée Chalamet,prouve qu’il est décidément un acteur doué et très à l’aise, dans le rôle de jeune intellectuel, bourgeois rebelle aux goûts artistiques déjà affirmés, qui au début vis un amour sincère et naïf avant de voir sa personnalité prendre le dessus sur un schéma idyllique un peu vite choisi.

En parallèle, la jeune Elle Fanning crève à nouveau l’écran dans un rôle de cruche sortie de son Arizona, un peu cinéphile mais surtout enfantine et pas dans le même tempo que son petit copain. Sa journée entourée d’un scénariste (Jude Law), d’un grand réalisateur dans le doute (Liev Schreiber) ou d’un acteur vieux beau sur le retour (Diego Luna) est remplie de scènes vraiment drôles et enlevées.

Woody Allen est moins sombre que dans les films de ses quinze dernières années et livre une comédie légère qui renoue avec certains de ses grands films à l’humour ravageur et caustique.

Les situations cocasses s’enchainent et les personnages s’échangent de belles répliques.

Ce bain de jouvence avec de jeunes acteurs fait du bien au cinéaste.

La piste aux Lapins :

3,5 lapins

« Portrait de la jeune fille en feu » de Céline Sciamma – critique du Blanc Lapin

22 septembre, 2019

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Après « Naissance des pieuvres« , ‘Tomboy » et « Bande de filles« , la réalisatrice et scénariste Céline Sciamma est revenue en compétition à Cannes avec ce film en mai 2019.

Le film est reparti avec le prestigieux Prix du scénario même si il pouvait viser plus haut tant la presse fut excellente. Mais il y avait d’autres concurrents dont le génial Parasite.

Il est vrai que l’histoire est somme toute très originale, ce qui fait un bien fou dans cette période où remakes et reboots envahissent Hollywood.

Le pitch : 1770. Marianne est peintre et doit réaliser le portrait de mariage d’Héloïse, une jeune femme qui vient de quitter le couvent. Héloïse résiste à son destin d’épouse en refusant de poser. Marianne va devoir la peindre en secret. Introduite auprès d’elle en tant que dame de compagnie, elle la regarde.

Céline Sciamma ne fait pas que filmer la condition d’une femme et la marchandisation future de sa vie pour le bien de sa mère et de sa famille. Elle filme surtout la retenue que leur impose leur éducation et qui enserre la passion qui va s’enflammer.

Cette frustration immense qui nait devant nos yeux est dévorante et s’appuie sur grande délicatesse du découpage de son scénario sur la durée.

Voire le désir naitre, entre deux femmes du 18ème siècle qui plus est, aurait pu prendre de multiples formes mais la réalisatrice choisit une poésie et un naturalisme qui vous attachent aux personnages malgré la rigueur de leur quotidien, de leur destinée et des conventions avec lesquelles elles jouent. C’est une ode à la littérature et la peinture, à l’art tout simplement pour s’échapper de l’archaïsme social.

Le travail sur les gestes, les postures et la couleur des scènes est remarquable. Céline Sciamma capte le temps et le souvenir avec un talent évident.

« Portrait de la jeune fille en feu » est une œuvre solaire et moderne portée par deux interprètes excellentes, Adèle Haenel et  Noémie Merlant.

C’est un film élégant, esthétique et déchirant à la fois. Un des très bons films français de 2019.

La piste aux Lapins :

4 étoiles

 

« Séduis-moi si tu peux » de Jonathan Levine – critique du Blanc Lapin

22 septembre, 2019

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Le réalisateur de 50/50, revient avec cette comédie romantique qui se veut subversive par certaines de ses blagues et surtout par son casting aux antipodes.

L’histoire : Fred, un journaliste au chômage, a été embauché pour écrire les discours de campagne de Charlotte Field, en course pour devenir la prochaine présidente des Etats-Unis et qui n’est autre… que son ancienne baby-sitter ! Avec son allure débraillée, son humour et son franc-parler, Fred fait tâche dans l’entourage ultra codifié de Charlotte. Tout les sépare et pourtant leur complicité est évidente. Mais une femme promise à un si grand avenir peut-elle se laisser séduire par un homme maladroit et touchant ?

Charlize Theron et Seth Rogen sont parfaits l’un et l’autre dans leurs rôles respectifs et on retrouve l’humour potache et débile de Seth Rogen qui a fait son succès et sa célébrité.

A certains moments, cela fonctionne et fait rigoler. Mais comme la plupart des comédies, en général çà patine, le mélo est toujours planqué et le concept même du genre aplatit le coté sale gosse de l’ensemble.

Il en résulte une comédie que l’on regarde pour ses deux interprètes mais qui s’avère bien trop gnangnan et gentille voire super gonflante par moments.

Le film étant oubliable, vous me pardonnerez de faire cours.

La piste aux lapins :

2 étoiles

Virginie Efira dans le prochain Albert Dupontel, « Adieu les cons »

15 septembre, 2019

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Albert Dupontel poursuit sa filmographie unique en tant que réalisateur avec son humour corrosif et cartoonesque toujours tinté de messages sociétaux.

Après les cartons critiques et publics de « 9 mois ferme » et « Au revoir là-haut« , son 7ème long métrage s’intitulera « Adieu les cons » soit un titre qui sent le Dupontel à plein nez.

L’excellente Virginie Efira, qui se construit une carrière de grande qualité vitesse grand V, sera Suzane, atteinte d’une maladie incurable.

Elle décide de retrouver son enfant né sous X mais tombe sur un fonctionnaire qui vient de rater son suicide ainsi qu’un archiviste aveugle…

On l’attend en 2020 notamment dans le sulfureux Benedetta de Paul Verhoeven.

Games Of Thrones : un spin-off sur les Targaryen en étude

15 septembre, 2019

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Alors que la dernière saison de Game Of Thrones a terriblement déçu car elle était bâclée, HBO ne souhaite pas laisser sa poule aux d’Or mourir de sa belle mort.

HBO avait embauché des scénaristes pour cinq projets de spin off. Un seul d’entre eux a été cependant retenu.

La nouvelle série serait diffusée en 2020 ou 2021, permettant à l’univers étendu de GOT de ne plus connaitre d’année sabbatique comme en 2019.  La série raconte la plongée du monde de l’Âge d’Or des Héros dans ses recoins les plus sombres, plus de 1000 ans avant l’histoire de la série d’origine. Et il n’y a qu’une chose de sûre : des secrets terrifiants concernant l’histoire de Westeros, à l’origine véritable des Marcheurs Blancs, en passant par les mystères de l’Est et la légende de Stark, ce n’est pas l’histoire que nous pensions connaitre. Naomi Watts devrait y incarner une femme charismatique rongée par un terrible secret.

Mais il semblerait qu’une seconde série soit étudiée. HBO est sur le point de commander un pilote pour une série qui serait consacrée aux Targaryen, la famille de Khaleesi et Jon Snow.

« Fire and Blood » serait une adaptation du livre du même titre de George R.R Martin. Elle prendrait place 300 ans avant les évènements de la série phare.

Laurent Cantet s’intéresse aux dérives des réseaux sociaux

15 septembre, 2019

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Laurent Cantet est un excellent réalisateur. On lui doit Ressources humaines, L’Emploi du temps, Entre les murs (Palme d’or en 2008) ou l’excellent L’Atelier.

Son 8e long métrage s’intitulera Arthur Rambo et racontera l’histoire de Karim, écrivain adoré des médias, engagé socialement, et qui se trouve cloué au pilori sur les réseaux sociaux lorsque des messages haineux sont retrouvés sur Twitter sous pseudonyme.

Rabah Naït Oufella  incarnera Karim. Il a débuté dans « Entre les murs » de Cantet puis a été vu dans Grave, Nocturama, Patients et Bande de filles.

On l’espère poir le festival de Cannes 2020.

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