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Archives pour février 2010

« A single Man » de Tom Ford, critique


1962, Jim, professeur d’université à Los Angeles, vit reclus dans le deuil de son compagnon, décédé d’un accident de voiture quelques mois plus tôt. Seule sa meilleure amie, Charley (superbe Julianne Moore) pimente un peu sa vie. Il n’a goût à rien, il veut mourir.

Voici donc le fameux film de Tom Ford, le célèbre couturier, qui passe à la réalisation et a fait forte impression pour son premier film au dernier festival de Venise. Il faut effectivement constater que le film est doté d’une photographie et d’une utilisation du bruitage impressionnants. C’est d’ailleurs la stylisation à l’excès qui a déplu à certaines critiques, y voyant un film papier glacé, à l’image des très belles photos de mode dont Tom Ford est l’une des figures emblématiques. C’est vrai qu’en regardant le film, on se dit « tiens, ce mec doit bosser dans le milieu de la haute couture »…

 single-man-2 dans Filmshoultcc dans Films - critiques perso

Mais est-ce un handicap ? Je dirais que ceci dépend des ressentis de chacun. Pour ma part, absolument pas. C’est beau, sensuel. Tom Ford sait très bien filmer les corps, la peau, les regards et leurs non-dits, le souffle léger d’un personnage. Cette élégance dans l’expression des caractères ne les rend pas moins terriblement humains…et ce n’était pas gagné compte tenu de l’excès de style. Ainsi au final, de l’émotion se dégage de toute cette histoire, de la mélancolie, de la tristesse, de l’ironie, de l’espoir…et surtout, une belle allégorie de la vie et de la mort, du couple et de la réussite de ce dernier. Des messages simples ponctuent donc ce film dont la photographie si léchée n’est qu’une façade, tout comme l’image que ce professeur véhicule de lui même. Elle n’est qu’un rempart contre l’extérieur. Rester parfait en apparence pour que rien ne le touche, rien ne l’atteigne. Qu’il puisse conserver tel un trésor l’image du bonheur brisé un soir de pluie. Qu’il puisse s’enfermer dans son deuil et dans son image si parfaite à l’extérieur comme dans un écrin.

Bien entendu, celui qui porte le film est Colin Firth, pour qui la coupe Volpi du meilleur acteur (dernier festival de Venise) était une évidence. A 49 ans, le Valmont de Milos Forman trouve le rôle de sa vie…un rôle à la Dirk Bogarde dans « mort à Venise ». Il exprime avec déconcertance la solitude, la tristesse, le manque de l’autre. Il faut voir la façon dont il pleure à l’annonce de la mort de son homme. Impressionnant de nuances.

Julianne Moore est très bien castée en meilleure amie, sublime quarantenaire qui vit là les derniers feux de sa beauté fatale sans avenir aucun. Bien d’autres personnages traduisent un homoérotisme qui a fait sourire la salle. Il faut dire qu’il y va fort ce cher Tom Ford et qu’on ressent bien son amour de la beauté des hommes. Un traitement du corps et du regard d’habitude réservé à la gente féminine. Et puis il y’a Nicolas Hoult, mon pari sur les jeunes acteurs en devenir. Parfait en ange de la dernière chance. Il imprime la péllicule et cette fois-ci, j’en suis certain, ce sera une star, demain…avec « Le choc des titans » puis « Mad Max, furry road ».

Vous l’aurez compris, j’ai aimé ce film, loin d’être sans reproches mais d’une classe qui force le respect, dont les acteurs sont à l’unisson d’un Colin Firth brillant, sur une thématique très belle et dont la principale force est de prendre son temps pour faire filtrer les émotions au moment juste. Le twist final est impérial. Un film tenu de bout en bout avec un soucis du détail vraiment plaisant. 

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Bientôt au cinéma – « Soul Kitchen » de Fatih Akin, sortie le 17 mars

Après « De l’autre côté » et « head on », le jeune réalisateur germano-turc revient avec une comédie, très bien accueillie et récompensée à Venise…sortie mi-mars.

Bientôt au cinéma -

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Bientôt au cinéma – « Daybreakers », film de vampire original et très bonne presse, sortie le 3 mars

Dans un monde où les vampires ont vaincu et élèvent les humains en batteries, une épidémie chez ces derniers prend de panique la communauté des vampires…la critique est exceptionnellement positive pour ce genre réputé comme sinistré par un nombre de nanars et bouses incroyable. Avec Ethan Hawke, Willem Dafoe et Sam Neil.

Bientôt au cinéma -

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Déjà au cinéma- « Liberté » de Tony Gatlif, sortie le 24 février

Déjà au cinéma-

La déportation des gitans, James Thiérrée dans son premier rôle important et une presse très bonne…
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Bientôt au cinéma – « Moon »…réussite de SF en perspective

Bientôt au cinéma -

Duncan Jones, fils de David Bowie a été plébiscité dans tous les festivals pour ce premier film…Sam Rockwell est parait-il bluffant…
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Modest Mouse – Float On

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BROADCAST 2000 – DON’T WEIGH ME DOWN

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Broadcast 2000 « get up and go »

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Peter Gabriel – le retour dans un album de reprises…

Quelques très belles réussites pour cet album avec orchestre, sans guitare et sans batterie…Gabriel côtoie les anges…

Après-moi

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Heroes, reprise de Bowie

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MirrorBall

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Un inédit d’Elia Kazan – « Les visiteurs », chef d’oeuvre

Voici un inédit ou presque du grand Elia Kazan, l’un des meilleurs réalisateurs de l’histoire et l’un des plus detestés, non pour son talent, immense, mais pour ce qu’il a commis durant la chasse aux sorcières.

 Un inédit d'Elia Kazan -

L’histoire : Par un jour d’hiver, deux ex militaires ayant servi au vietnam débarquent chez un ancien condisciple (James Woods, un de ses premiers rôles) qui vit avec sa femme et son bébé dans une ferme isolée. Que sont-ils venus faire ? Et sont-ils bien intentionnés?

« Les visiteurs » est un grand film paranoiaque comme les années 70 nous en ont livré, « les chiens de paille » de Sam Peckinpah en tête. On pense aussi, plus récemment, à « Funny games » de Mickael Hanneke, pour la violence des rapports, la tension qui s’en dégage, même si la comparaison s’arrête là. Ce huit clos à cinq personnages dans une ferme isolée n’a rien à envier au films précités. Le stress provoqué par les deux intrus est troublant.  On ne sait ce qu’ils recherchent et si la vengeance est leur moteur ou si au contraire ils cherchent la rédemption. Et Kazan ne tombe jamais dans le cliché du film de genre, ce serait trop facile. L’oeuvre de Kazan fait de cette incertitude un personnage à elle toute seule.

Mais ce qui est brillant, c’est de confronter, pour une fois, la cruauté cauchemardesque des GI revenant du vietnam, qui ont perdu tout sens moral sur le front, à l’angelisme des militants anti-guerre, qui ne connaissent que théorie et grandes idées mais n’ont rien vécu de cet enfer. Le thème est traité sous l’angle du choix. Doit-on se comporter en héros au sens moral ou en héros au sens patriotique lorsque l’on est soldat au sein d’une véritable boucherie ? Quelles sont les conséquences de ces choix ?

,M23511 dans Films - critiques perso 

Elia Kazan livre un film autobiographique car lui, qui a dénoncé à la commission Mac Carthy ses amis soupçonnés d’être communistes, lui donc, a fait un choix immoral. Et personne ne lui a jamais apporté le pardon car l’irréparable était fait. Lui, le réalisateur de « sur les quais », « un tramway nommé désir », baby doll », « viva zappata », « à l’est d’Eden », « l’arrangement » et bien d’autres chefs d’oeuvres, tous imprégnés d’une si grande humanité qu’il était encore plus difficile de comprendre son acte. Kazan n’a pas su résister face à l’oppression obscurantiste. Et c’est avec difficulté qu’il a monté ce film, à 60 ans, banni de tous. Pour 100.000 $, des comédiens inconnus, un lieu unique et une caméra super 16, il tente d’expliquer son geste à travers ce film à la thématique si proche de son erreur magistrale.

Culpabilité et délation, les fantômes d’Elia Kazan l’ont hanté toute sa vie et ce film est assurément un chef d’oeuvre, indispensable à découvrir. Je le tiens à votre disposition. 


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Blanc lapin

dante7

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