« Légion » – critique – pourquoi les anges inspirent-ils aussi mal le septième art ?

Le pitch : Dans un monde post apocalyptique, les humains doivent se méfier les uns des autres car certains se transforment en sortes de zombies, l’ange Gabriel arrive sur terre.  Contrairement à ses anges condisciples chargés d’appliquer le jugement dernier, lui croit en l’homme et va protéger un groupe de gentils en balançant des grosses rafales de mitraillettes dans la tronche des zombies car au ciel, un ange s’emmerde tellement qu’il est super fortiche en tir au pigeon !

Euh, mais qu’est ce que c’est ?

Et bien c’est un premier film, sans trop de budget, qui tente d’aborder la thématique de l’ange sous un angle nouveau et se vautre dans un film assez plat mais surtout très ennuyeux.

Alors pourquoi le critiquer ?

Et bien parceque j’adore les anges, j’en sculpte même, et qu’ayant vu et lu pas mal de choses sur le sujet, un constat s’impose à mes yeux, les anges au cinéma, ce n’est pas vraiment cela.

Le plantage de ce film catastrophe au premier degré réside non dans son aspect cheap mais bien dans ses choix scénaristiques, si on daigne parler de scénario.

En effet, les quelques effets spéciaux sont réussis et si vous aimez les belles plumes ailées, vous en aurez quelques visions. En revanche, le réalisateur choisit d’insérer un élément soit disant original avec ces humains maudits de Dieu se transformant en mélanges de vampires et de zombies. Mais quelle idée à la con !

Legion-4 dans Films - critiques perso

Car enfin, le thème « angélique » est déjà suffisamment maltraité pour confiner notre ange Gabriel en espèce de Rambo venu du ciel et pétaradant de partout avec ses guns. Du grand n’importe quoi, même pas fun ni drôle, juste navrant. Passons également sur les personnages ultra archétypés avec cette règle vue 10 000 fois du groupe d’individus en milieu hostile dont la plupart vont y passer…la recette Alien ou Predators quoi ! Histoire de mettre du suspens, sauf qu’on connait si bien la musique que l’on devine l’ordre de sortie des comédiens. Le chien s’en sort toujours et le black ou l’handicapé ou l’homo voir les trois à la fois, a une chance d’être sauvé ou de se sacrifier. Chiant je vous dis!

En fait le problème de ce film est qu’il s’attaque à ce personnage biblique sous l’angle du film d’action et que ceci ne marche jamais, au grand jamais!

Mais les autres tentatives cinématographiques ne sont pas pour autant réussies.

L’ange de « la vie est belle » de Franck Capra est tellement niais et gentil que l’on a soudain l’envie de le plumer plume par plume avant de l’empaler…insupportable. L’ange intello de Wim Wenders m’a tellement emmerdé que je lui aurais bien pété la figure pour voir en fait. Et oui, je n’ai pas aimé « les ailes du désir », j’ai même trouvé le film particulièrement poseur alors que j’aime plutôt ce que faisait Wenders à l’époque.

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Enfin, un troisième style, l’ange comique irrévérencieux religieusement, s’est également illustré. On cite souvent « Dogma » de Kevin Smith. Deux anges exterminateurs se font la malle et cassent tout sur leur passage entre quelques tirades rigolotes. Si le début s’annonce en effet marrant, le film sombre hélas rapidement dans les fonds de tiroirs et les blagues de potaches. Puis c’est du film d’action ronflant…

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Pourtant, je pense que c’est ce genre là qui pourrait un jour rendre toutes ses plumes à ces êtres mystérieux, beaux, asexués et incarnant tant la bonté que la main de Dieu. Il me vient plusieurs oeuvres qui pourraient y remédier. Le premier, « Trop humains » de Donald Westlake, est teinté d’un humour cynique mais se concentre plus sur l’humain que sur l’ange en utilisant l’ange comme miroir de la laideur et des pépites humaines. Un déroulé intelligent, noir mais pertinent. Un ange chargé de mettre en oeuvre l’Apocalypse découvre les humains quelques jours avant la fin.

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Le second bouquin, « Preacher », est un comic book en cours d’adaptation dont j’ai souvent parlé ici (voir http://dante7.unblog.fr/2010/06/08/the-preacher-trouve-un-nouveau-realisateur/).

On est davantage chez Tarantino avec beaucoup d’hémoglobine et d’humour en dessous de la ceinture mais aussi donnant une critique acerbe et fun de la culture de masse.

Enfin, « Good omens » ou « De bons présages » de Terry Pratchett (que j’ai déjà critiqué ici http://dante7.unblog.fr/2009/12/05/livre-de-bons-presages-ou-good-omens-de-terry-pratchett-et-neil-gaiman/) et que Terry Gilliam tente d’adapter depuis 15 ans. L’humour y est non-sensique et monty pythonesque à souhait. Enfin, dernier style mais très casse gueule, l’ange triste et rêveur. La série de BD « le XXème ciel » de Bernard Yslaire est superbe pour son dessin et intéressante dans sa conception.

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Quoiqu’il en soit, l’ange est un sujet passionnant mais toujours en attende de réussite…patience, nous avons l’éternité devant nous…

Une Réponse à “« Légion » – critique – pourquoi les anges inspirent-ils aussi mal le septième art ?”

  1. K dit :

    Dans un style pour fille « la cité des anges »
    Et Constantine ne m’avait pas déplu au niveau angélique.

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