« Oncle Boonmee », LA palme d’or – critique

Voici donc la fameuse palme d’or décernée par Tim Burton cette année, un Ofni (objet filmique non identifié) qu’une majhorité de la presse a encensé.

Apichatpong Weerasethakul est thailandais, il s’est fait remarquer avec « Syndromes of a century » et « topical malady », que je n’ai pas vus. Et vous savez quoi ? Et bien je ne les verrai pas !

Car Oncle Boonmee m’a tuer ! C’était mortel, je n’ai même pas souvenir de m’être autant emmerdé au cinéma un jour…

Il faut dire que c’est très très fort de voir un film le matin à 10h30, bien réveillé et motivé…et d’arriver à s’assoupir deux fois durant cinq minutes. Moi ! Qui ne m’endort jamais devant un film. Vous allez me dire que j’ai loupé les dix minutes géniales…euh, non je ne crois pas.

Le festival de Cannes n’est pas prêt de réconcilier le public avec son prix le plus prestigieux, après le « Ruban blanc » que j’avais trouvé très soporifique lui-aussi, alors que j’adore le travail de Haneke d’habitude. Je propose que la prochaine palme d’or filme un mec en léthargie, couché sur son lit pendant deux heures et qui va une fois faire pipi pour donner un peu d’action quand même.

Alors de quoi le film parle-t’il ? Héhé…et bien c’est l’histoire d’un mec, qui vit en pleine forêt tropicale et qui va mourir d’une insuffisance rénale, ambiance…

Sa belle-soeur vient le visiter et au cours de la soirée, le fantôme de sa femme disparue va apparaitre…puis son fils lui aussi disparu (il n’a pas de bol Boonmee) va réapparaitre sous forme d’homme-singe aux yeux rouges. Au début, cet onirisme est curieux, on se dit qu’il faut passer outre le déguisement recyclé de Chewbacca que porte le fils homme-singe et se laisser porter par la beauté des images et des évocations, tant vantées par la presse.

Seulement moi, je ne les ai pas trouvées très impressionnantes ces images de dame nature. Le bruit des animaux la nuit est certes envoutant mais à force de filmer des scènes très longues, très lentes, toutes enchainées, sans fil directeur très clair et avec ce bruit des bébétes dans un calme assourdissant….on finit par quitter le navire et par sombrer, d’ennui. Il est curieux en effet de voir une nana s’accoupler avec un poisson chat mais bon…pour montrer quoi ? Et quel rapport avec le reste ? Les réincarnations multiples en animaux pouvaient laisser présager de très belles métaphores mais ici je n’ai rien vu. Si Terrence Malick filme la nature tel un personnage, la façon dont Weerasethakul traite cette dernière m’a clairement laissé de marbre. A trop accumuler les symboles, le réalisateur nous perd totalement.

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En fait le pire est que j’ai trouvé ces deux heures pénibles et que je me suis dis que j’étais probablement très con et manquant totalement de sensibilité ou alors que les critiques s’étaient une nouvelle fois monté le bourichon et gargarisées jusqu’à l’excès. Non, ce film n’est pas facile d’accès, clairement. Et je n’y ai même pas vu de poésie. On peut ne rien comprendre à un film et se trouver béât devant, tel « mullholand drive » ou « 2001″ la première fois, mais cet hermétisme là m’agace profondément. Quand on retire l’humour, la passion, l’espoir, la naiveté et en gros tous les sentiments qui façonnent une histoire mais que la nature est filmée de manière aussi vaine, que reste t-il ? De la sensualité ? oui, un peu…il faut vraiment chercher. Les acteurs ne jouent quasiment pas, les dialogues sont assez fadasses (pas de grandes envolées spirituelles). La mise en scène est banale, en caméra fixe. Comment-peut on louer une telle absence ? Il n’y a aucune impulsion, aucun ressort narratif, rien.

A l’heure où Claude Chabrol nous quitte, je vais plutôt rendre hommage à un cinéaste qui lui ne laissait pas les spectateurs à sa porte et les prenait par la main pour faire un beau tour de manège et raconter une histoire, provoquer des sentiments. Un certain respect qu’il manque visiblement à d’autres, et c’est bien dommage. Bien triste même que le snobisme des critiques atteigne un tel degré d’inanité.

Mais je laisse la parole aux Inrockuptibles qui ont bien matérialisé ce snobisme, lisez, c’est très drôle, surtout quand on a vu le film : « Oncle Boonmee n’est pas destiné à ceux qui n’aiment que le confort du déjà fait, les formules du déjà vu, le cocon rassurant du prémâché, prévendu. C’est un film pour tous ceux qui considèrent encore le cinéma et la création comme une aventure, un voyage sans GPS en terre inconnue.« 

Bref, amis cinéphiles au « bon goût » vous êtes avertis ! Vous êtes avec Oncle Boonmee ou vous êtes vraiment insensibles et perdus à la société de consommation ! Héhé, c’est celà oui…

Une Réponse à “« Oncle Boonmee », LA palme d’or – critique”

  1. Blake dit :

    Je compatis : voir du AW sans être prévenu peut engendrer une grande somnolence… et un rejet violent !
    Ayant déjà vu « Tropical Malady » je savais à quoi m’attendre + ou -, donc je suis un peu – sévère.
    Mais c’est vrai que ce film n’aide pas ses spectateurs. Question cinéma, c’est le calme plat. Pourtant, la réincarnation, ce n’est pas un mauvais thème, même en version bouddhiste zen.
    Mais AW a juste fait son malin et nous on ne ressent quasi rien. J’en parle dans une bafouille :
    http://leschroniquesdeblake.blogspot.com/2010/09/cinema-thailande-contre-coree-oncle.html

    et si tu regrettes dans ta critique du Beauvois qu’il n’ait pas été mieux récompensé, (pas encore vu) je pense que le très beau « Poetry » aurait mérité le Grand Prix du Jury, voire la Palme : film asiatique aussi, mais simple, humaniste et émouvant. Tout ce que « Oncle Boonmee » n’est pas…

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