« Never let me go » de Mark Romanek

Le pitch : Pensionnaires d’une école coupée du monde où seuls comptent leur éducation et leur bien-être, trois enfants vont découvrir la raison de leur mise au monde.

Le film de Mark Romanek partagera et divisera la critique et le public entre ceux qui trouvent que le film tombe dans la mièvrerie pure et ceux touchés par la finesse du propos. Je fais partie des seconds tous en reconnaissant que le metteur en scène marche en permanence sur la corde raide. Mais le tout est qu’il ne tombe pas.

Il est en effet difficile de raconter une histoire d’amour impossible sans verser dans le mélo indigeste. Mais en adaptant ce livre de science-fiction qui se déroule dans un présent et un passé uchronique, l’histoire devient crédible et prenante. Les effets spéciaux sont totalement absents, laissant place à une lourde atmosphère d’une campagne et d’une école oppressantes à souhait. Un certain déterminisme poursuit alors tous les personnages, résolus à leur destin par une éducation dès la petite enfance à un futur horrifique et totalement dépourvu d’humanité. Ou lorsque l’humain devient hypocrite au point de masquer son cynisme derrière des convenances en total décalage avec l’objectif ultime réservé à ces enfants.

Photos-Never-let-me-go_1298371004 dans Films - critiques perso

Le long métrage arrive à traiter des dérives de la science et de ses abus possibles en présentant une réalité parallèle des plus froides. Un froideur qui tempère les sentiments des personnages et donne au tout un goût amer. Porté par ses jeunes interprètes, le film atteint à plusieurs reprises de très forts moments d’émotion contenue, pudique, dans une veine proche de « bienvenue à Gattaca« , autre petit film de SF humble et malin sur les risques d’un futur scientifique sans morale.

Andrew Garfield, après « Boy A », « L’imaginarium du Docteur Parnassus » ou « the social Network », confirme qu’il est l’un des grands espoirs masculins. Il sera le prochain spider man. Mais ma surprise vient de Carey Mulligan, au visage d’une cinégénie incroyable et au jeu aussi délicat que son personnage. Une véritable découverte.

Vous ressortirez de « Never let me go » ému aux larmes ou énervé et rebuté. Je dois être trop dans l’empathie mais ce film m’a vraiment touché par sa simplicité et son impact. Réussir à raconter une histoire d’amour avec autant de finesse permettra au film de bien vieillir, ce qui sera un bel hommage à la trop courte vie de ses personnages.

Laisser un commentaire