Terry Gilliam patine depuis 20 ans sur son adaptation libre du Don Quichotte de Cervantes. Je ne reviendrai pas sur l’histoire ultra connue de l’échec de son film en 2001 avec Johnny Depp et Jean Rochefort ni à ses tentatives avortées dont la dernière en 2010 alors qu’il avait réuni Robert Duvall dans le rôle de Quichotte et Ewan McGregor dans celui du faux Sancho Panza. Vous pouvez lire ici le dossier que j’avais rédigé sur le sujet : http://dante7.unblog.fr/2010/08/08/the-man-who-killed-don-quixote-de-terry-gilliam-repousse-de-nouveau-la-revanche-des-moulins-a-vent/
Gilliam tente toujours de produire son film mais le budget est de minimum 20 M$ voire 30 M$ et il n’arrive pas à trouver des financiers, la réputation du film infaisable et poisseux se rajoutant à la fausse réputation de réalisateur malchanceux. Le problème de Terry c’est qu’il raconte tous ses problèmes de production là où les autres cinéastes se font plus discrets. Mais durant les années 2000 et malgré cet échec humain et artistique, il a tout de même réussi à réaliser trois longs métrages, soit un rythme soutenu. Dedans un seul échec commercial, « tideland » mais pas artistique à mon sens, un film moyen à tous les niveaux avec « les frères Grimm ». Et puis enfin il y eu un joli succès avec « l’imaginarium du Docteur Parnassus », qui rapporta le double de son budget malgré un acteur principal, Heath Ledger, mort en plein tournage, une promotion assez mal orchestrée lors de sa sortie et une exposition en salles américaines ridicule et uniquement dans de petits cinés d’arts et essai.

Depuis Terry poursuit son but de mettre en scène « l’homme qui tua Don Quichotte » mais s’est un peu diversifié. Il est même hyperactif puisqu’à 70 ans, il vient en un an de réaliser deux courts métrages, d’aider à la production de petits films, de prêter sa voix à un film d’animation adapté du génial « autobiographie d’un menteur » de son copain Monty Python décédé, Graham Chapman. Et enfin, il vient de mettre en scène « la Damnation de faust » de Berlioz à l’English National Opéra. J’ai eu la chance de voir l’opéra, il était magique, gilliamesque à souhait, extrêmement visuel et imaginatif, utilisant de superbes allégories pour moderniser le mythe et le transposer dans la montée du nazisme dans l’Allemagne des années 20.
Lors d’une conférence de presse au mois de juillet, Gilliam nous apprend qu’il bosse sur un scénario de film, au cas où Quichotte ne trouve pas de budget, tout en prenant d’énormes pincettes et en précisant que le film ne dispose d’aucun budget pour l’instant. Bref, il est pessimiste et on le comprend vu la galère pour monter ses projets.
Il s’agirait de l’adaptation du livre « Mr Vertigo » de Paul Auster. L’auteur de « moon palace » ou « Léviathan » a été adapté plusieurs fois au cinéma, dont « smoke » et « brooklyn boogie », tous deux mis en scène par Wayne Wang et ayant recueillis un succès public et critique.
« Mr Vertigo » colle parfaitement à l’univers de l’ex Monty Python puisqu’il conte l’histoire d’un orphelin recueilli par un magicien saltimbanque dans les années 20. Ce dernier lui apprend la lévitation, qu’il arrive à maitriser en grandissant mais qui lui procure d’affreux maux de tête. Connu pour son don à travers divers cirques ambulants, il décide de devenir comédien à Hollywood lorsqu’il atteint l’âge adulte. Mais les choses tournent différemment et il sera tour à tour gangster, bercera dans l’univers du jeu, sera propriétaire de boite de nuit, à Chicago, et traversera l’Amérique de la grande dépression jusqu’aux années 90. Il y croisera le Klu Klux Klan, la guerre, l’alcool, et même des sioux.
C’est donc une grande épopée du 20ème siècle et un projet bougrement appétissant. Espérons que le film se tourne ! Terry Gilliam souhaite quoiqu’il arrive mettre en scène un long métrage en 2012. Ce sera « l’homme qui tua Don Quichotte » ou « Monsieur Vertigo » ou un autre si on lui amène un projet financé d’ici là. Notons que « Monsieur Vertigo » disposait début des années 2000 d’un producteur et que c’est un professionnel qui a suggéré à Terry Gilliam de s’y intéresser. Il ne s’agit donc pas d’un projet si hypothétique que cela…










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