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Archives pour décembre 2011

Brian De Palma fait tourner Noomi Rapace et Rachel McAdams dans un thriller érotique

Brian De Palma fait partie de ces maitres du cinéma hélas peu actifs, à l’instar de Bertolucci ou Michael Cimino…bon pas autant puisqu’il a réalisé « redacted » en 2007, « le Dahlia noir«   en 2006, adaptation ratée du grand James Ellroy, après avoir pondu deux navets, « femme fatale » et « mission to mars« , début des années 2000. Bref, le réalisateur de « phantom of the Paradise« , « pulsions« , « blow out« , « Scarface« , « les incorruptibles« , « Outrages » ou « l’impasse« , s’est tappé une décennie de merde.

Brian De Palma fait tourner Noomi Rapace et Rachel McAdams dans un thriller érotique dans Films depalma__span

A 70 ans, il revient avec le remake du dernier film de notre regretté Alain Corneau, à savoir « Crime d’Amour« . Etonnant compte tenu de la faiblesse de ce long métrage. Rachel McAdams  reprendra le rôle de Ludivine Sagnier et Noomi Rapace celui de Kristin Scott Thomas. Le tournage débutera en mars pour un budget moyen de 20 M$.

Ce qui rassure c’est la présence de Noomi Rapace, qui choisit très méticuleusement ses projets et sera la star du prequel d’Alien de Ridley Scott, confrère de la même génération que De Palma, mais qui lui n’a jamais cessé de tourner à la vitesse de l’éclair.

De Palma espère « combiner érotisme, suspense, mystère et meurtre en une expérience cinématographique unique et cohérente » et fait référence à l’un de ses bijoux, « Pulsions« . Croisons les doigts. Un autre grand Monsieur parti cette année, Sidney Lumet, nous a prouvé que les come backs sont possibles même très vieux avec son « 7h58 ce samedi là« , sorti à 83 ans !

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« L’amour dure trois ans ! » – Bande-annonce, Beigbeder devient réalisateur…

Après le succès public et critique de l’adaptation de son best seller « 99 francs » par Jan Kounen, Frédéric Begbeider décide de passer à la réalisation pour l’adaptation d’un autre de ses succès, « l’amour dure trois ans ! ».

Semi-autobiographique, l’histoire suit un critique littéraire chroniqueur qui est certain que l’amour dure 3 ans et jamais plus. Mais qui va rencontrer Alice…pas celle de la pub…

Gaspard Proust interprète l’avatar de Begbeider et Louise Bourgoin celle qui va faire chavirer ses certitudes.

Le film sort le 18 janvier. Bande-annonce :

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Bernardo Bertolucci de retour en 2012 !

Bernardo Bertolucci reviendra en 2012 après 10 ans d’absence, avec « Toi et moi« , face à face entre un adolescent de 14 ans et sa demi soeur. L’ado s’enferme une semaine dans la cave de ses parents pendant que ces derniers le croient au ski. A 70 ans, le maitre est en fauteuil roulant et ce handicap explique en partie son absence depuis « Innocents – the dreamers« , sorti en 2003.

Il explique que ses prochaines réalisations seront forcément de petits budgets sur des plateaux proches de son domicile. On doit à Bertolucci des films comme « un thé au Sahara« , « le conformiste », « 1900« , « le dernier empereur« , « little Budha« , « le dernier tango à Paris« …

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« Abraham Lincoln, vampire hunter », premiers visuels…

Timur Bekmambetov, responsable de l’adaptation ratée de la bd « Wanted » avec Anjelina Jolie, sortira le 11 juillet prochain l’adaptation du bouquin de Seth Grahame Smith, « Abraham Lincoln, vampire hunter« .

Le 16ème Président des Etats-Unis y est un chasseur de vampires, et n’est pas encore président. Il sera interprété par Benjamin Walker. Avec un pitch aussi braque, le film peut virer au navet version « Jonah Hex », four 2010 sorti direct to video chez nous, ou cartonner comme « Wanted ». La production est assurée par Bekmambetov et Tim burton, ce qui n’est pas un gage de qualité vu le niveau des films de Burton ces derniers temps.

Le film fera en tout cas parler de lui, voici les premiers visuels.

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Le « paradise lost » d’Alex Proyas repoussé…les anges resteront-ils patients ?

 

Alex Proyas a un certain talent de mise en scène dans le domaine fantastique comme il l’a prouvé avec « the crow« , adaptation du comic book avec Brandon Lee, le « I robot » adapté de Isaac Asimov avec Will Smith ou encore « Dark city« , son film culte pour certains, mais pas pour moi.

Ce dernier s’est lancé dans un projet épique qui donne très envie puisqu’il s’agit de l’adaptation libre et testostéronée du poème « Paradise lost » de Milton.

On y verra des anges se taper sur la tronche, avec de magnifiques ailes et armures, une vision du Paradis et de l’enfer, tout en superbes images de synthèse. Dans la mesure où aucun film n’a vraiment rendu cet aspect là des créatures ailées, je suis impatient. D’autant que j’aime particulièrement cette thématique (voir mon dossier sur les anges au cinéma : : http://dante7.unblog.fr/2010/07/06/legion-critique-pourquoi-les-anges-inspirent-ils-aussi-mal-le-septieme-art/  ).

Il y sera racontée la chute de Lucifer du Paradis et son amitié puis son combat contre l’ange Michael lorsque Dieu créa l’homme.

« Paradise Lost » devait réunir Bradley Cooper dans le rôle de Lucifer, Benjamin Walker dans celui de l’archange Michael, Djimoun Hounsou dans celui de l’ange de la mort ou encore Rufus Sewell, déjà présent au casting du « Dark City » du même Alex Proyas…et le très classe et mystérieux Casey Affleck en l’archange Gabriel, allié de Michael. Le petit frère de Ben Affleck est hélas trop rare au cinéma, chacune de ses apparitions étant toujours saluée par la critique. Que ce soit « l’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford« , « the killer inside me« , « Gone baby gone« , première mise en scène de son frère Ben, « Lonesome Jim » de Steve Buscemi, ou le « Gerry » de Gus Van Sant.

 

Mais voilà, crise oblige, le studio de production, Legendary pictures, vient de repousser le tournage pour cause de budget excessif. Il est vrai que 120 M$, ceci commence à être dangereux si le film est un four. Or ces dernières années, pas mal de films se sont soit plantés soit on été rentables mais pas bien plus. Rares sont les films qui dépassent 200 M$ aux USA. L’objectif serait de réduire de 15% le budget.

Le film n’est donc pas annulé mais repoussé. Si « les montagnes hallucinées » de Guillermo Del Toro avaient subis le même sort pour ne jamais revenir, le « Lone Ranger » avec Johnny Depp a été repoussé en début d’année par Disney pour voir sa production reprendre en fin d’année.

Ce qui est plus embêtant c’est que le film d’Alex Proyas devait commencer son tournage en janvier. Dès lors, le casting n’est pas du tout assuré d’être maintenu, les acteurs seront à la fois échaudés et peut être pris par ailleurs…

Le

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« Peter Pan » de Loisel par Nicolas Duval, premières minutes du court !

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Au terme de bien des efforts et d’une ténacité qui force le respect, Nicolas Duval arrive à la première étape de son aventure, à savoir adapter l’un des chefs d’oeuvre de la BD, « Peter Pan » de Régis Loisel. C’est sous forme d’un court métrage introductif au récit qu’il essaie de monter son ambition, adapter toute l’histoire.

En 6 volumes, Régis Loisel a réussi à donner à l’histoire imaginée par J. M. Barrie une tournure bien plus sombre et adulte où son dessin fabuleux sert une histoire géniale. On est très loin de Disney. L’histoire s’intéresse à ce gamin de Londres, dont la mère est prostituée et alcoolique, qui un jour va s’envoler vers le pays imaginaire grâce à la fée Clochette. Le Londres sombre et crasseux verra un personnage bien connu mais pas de l’histoire d’origine, à savoir Jack l’éventreur, apporter une touche de noir très surprenante au milieu de très beaux moments de poésie. Les six tomes donnent une belle illustration de ce qu’est l’enfance, un monde cruel et sans limites, sorte de pays parallèle à celui des adultes, bourré d’imagination, avec des dangers biens réels, où les blessures les plus indélébiles peuvent trouver racines.

Un jeune réalisateur, Nicolas Duval, a su convaincre Loisel de lui laisser adapter le premier tome en un court métrage de 15 minutes. L’objectif est de convaincre Loisel puis des producteurs de passer au long métrage.

C’est extrêmement courageux et ambitieux de la part de ce jeune homme, fan absolu du grand Régis, mais c’est aussi très casse gueule. Le système de financement étant basé sur une sorte de mécénat, ceci a pris du temps. Mais c’est terminé et Nicolas Duval sortira son court en 2012, après avoir obtenu  la mention spéciale du jury durant la compétition des courts métrages du PIFFF 2011.

Voici les premières minutes du court et deux teasers.

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Nicolas Duval est rassurant puisque Loisel aurait accepté de passer à l’étape du long après avoir vu le premier montage des 15 premières minutes.

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L’adaptation par un quasi débutant a de quoi faire peur mais peut s’avérer un pari osé car au moins, c’est en orfèvre méticuleux et respectueux du matériau de base qu’il tente cette grande aventure avec son équipe de fidèles.

Le capitaine Crochet sera joué par François Levantal et Mousse par Michel Muller. Reste que les enfants ayant joué dans le court début 2009 vont grandir et que l’équipe doit s’activer pour assurer le raccord avec le long, si long il y’a. Difficulté de plus !

En tout état de cause, souhaitons bon courage et bonne chance à Nicolas Duval ! C’est gonflé mais ça peut rapporter gros artistiquement parlant !

« Jack le tueur de géants » de Brian Singer avec Nicholas Hoult et Ewan Mcgregor, bande-annonce !

Brian Singer n’est pas revenu en tant que réalisateur sur la franchise X-men mais a été très impliqué dans le scénario et la production de « X-men first class« .

L’ex petit génie qui avait bluffé son monde avec son premier film, « Usual suspects« , a connu un sérieux revers avec l’échec de son Superman avant de rebondir avec « Valkyrie« .

Pour son prochain film, il adapte le célèbre conte « Jack et haricot magique » mais dans une version plus sombre et adulte. On attend de voir ce curieux résultat car, comme histoire de base, il y a difficilement plus con…et la vision de Singer est souvent tordue. Ian McShane et Ewan Mcgregor entourent Nicholas Hoult en rôle titre. Le jeune anglais issu de la série « Skins » poursuit son début de carrière sans fautes à Hollywood après le très bon « A single man » de Tom ford, le réussi « X-men first class » de Matthew Vaughn et avant d’aller tourner « Mad max furry road », quatrième volet de la franchise post apocalyptique de Georges Miller, aux côtés de Tom Hardy en Mad Max.

Voici le premier trailer de « Jack et le haricot magique » :

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Les meilleurs films de l’année 2011 du blanc lapin – partie 2 (N°7 à N°1)

Voici la seconde partie du dossier bilan de mes films préférés sur 2011. Bien entendu, je n’ai ni le bon goût ni l’outrecuidance de penser avoir tout vu. Disons que je sélectionne les films en fonction de leur parcours (que j’étudie bien en amont) et de leur accueil (même si je ne lis plus les critiques avant d’avoir rédigé la mienne). Sur cinquante films vus cette année au cinéma, je pense en avoir ratés assez peu. C’est disons le cas tous les ans puisque je vois les éventuels loupés par la suite et qu’il y a rarement de « grand oublié ». Mais si vous en notez, n’hésitez pas à me le signaler !

Voici donc mes 7 préférés, enfin 8…

 

N°7 – « Incendies » de Denis Villeneuve

Les meilleurs films de l'année 2011 du blanc lapin - partie 2 (N°7 à N°1) dans Dossiers incendies-207x300

Voici donc le film de Denis Villeneuve qui a beaucoup fait parler de lui avant sa sortie tant son accueil fut bon partout dans le monde, y compris en étant nominé aux oscars. Le réalisateur opte pour un scénario recelant un drame à multiples fonds, chacun enfonçant un peu plus le spectateur dans l’émotion des diverses révélations qui vont jalonner le film. Au fil de l’enquête de ces deux frères et soeurs sur leur mère disparue, plusieurs thèmes vont être évoqués et entremêlés.

Le postulat de départ est assez malin puisque le film ne cite pas le pays du moyen orient où la mère a vécu avant de s’enfuir au Québec. L’effet immédiat est que l’on se trouve un peu perdu, en attente de savoir quel pays est pris en exemple. Il s’agit bien entendu du Liban et de sa lutte fratricide entre musulmans et catholiques. Mais l’atmosphère d’enquête dans ce pays dont on ne cite jamais le nom est posée, une guerre honteuse qu’on veut oublier. Le périple commence alors dans le passé de cette mère décédée et mystérieuse. Chaque avancée du récit atteint alors son but puisque tous les sens sont en éveil et que l’on suit la fille de cette femme par un montage habile entre passé et présent. C’est un film sur le deuil, les deuils. Celui d’une femme pour sa vie gâchée au nom d’un idéal, celui d’enfants pour une mère qui les a doublement abandonnés et ne les retrouvera que par delà la mort. Un film sur le pardon. Pardonner à ses bourreaux pour revivre ou plutôt laisser ses enfants revivre. Film sur l’importance de la filiation et de la connaissance de ses parents pour se constituer une identité, une base pour se propulser en avant, comprendre les erreurs et les choix des ainés pour créer son propre cadre, forcément construit en creux, en confrontation avec les parents. « Incendies » utilise certes des ficelles parfois pompières mais atteint son but, bouleverser le spectateur et le laisser blafard. Un excellent film.

 

N°6-  « The artist » , Michel Hazanavicius

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Avec  « the artist » , Michel Hazanavicius a fait forte sensation au dernier festival de cannes, et créé la surprise. Hazanavicius ose un pari risqué et gonflé, en sortant un film muet en noir et blanc en 2011 ! Idée de génie, pas novatrice car déjà tentée par le passé mais toujours avec lourdeur…

Il faut dire qu’associer cinéma muet à comique burlesque façon Buster Keaton, Laurell et Hardy ou Chaplin, c’est oublier toute la poésie de cette époque là du septième art, toute l’écriture et la mise en scène qui font qu’un Fritz Lang muet ou parlant demeure une claque inaltérable avec le temps. Takeshi Kitano avait compris et porté à son paroxysme la richesse de ces silences dans le très beau « l’été de kikujiro« . Mais ici Hazanavicius frappe plus fort et livre un hommage très émouvant au cinéma à travers une histoire simple mais écrite avec finesse, basée sur le jeu sans fausses notes de ses acteurs. Jean Dujardin mérite amplement son prix d’interprétation cannois, commençant par jouer de son visage élastique pour caricaturer l’acteur de cinéma muet et glissant doucement mais surement vers une palette de jeu bien plus nuancée, au point d’en devenir un personnage extrêmement émouvant de loser. Face à lui, Berenice Bejo est confondante de justesse et crève l’écran au point de nous faire penser au fait qu’on ne la voit pas assez sur les écrans. Il nous rappelle de manière assez déroutante qu’un bon film n’a pas besoin de technique et de 3D mais juste d’un scénario solide entourés d’acteurs inspirés. Mais ce serait sans compter sur la mise en scène de l’auteur, sa dramaturgie. Il sait raconter des histoires et arrive à s’imprégner des tics d’un cinéma mort pour mieux nous démontrer que ce dernier bouge encore et qu’il s’est juste transformé et entouré de techniques de plus en plus élaborées. Hazanavicius, qui nous a fait mourir de rire avec ses irrespectueux « Oss 117 » choisit d’illustrer son film en contant une histoire d’amour, sous forme de drame et non de comédie. On rit peu durant la projection mais c’est la tendresse pour les personnages et leur profonde humanité qui touche de façon évidente et surprend d’autant plus qu’on n’attendait ni  Hazanavicius ni Dujardin sur ce créneau. Un exercice de style casse gueule qui aboutit à un film ambitieux, généreux et d’une nostalgie ultra classe.

 

N°5 – « Shame » de Steve McQueen

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« Shame » est le second long métrage de Steve McQueen, à l’homonyme tellement classe que ce jeune réalisateur black britannique se devait d’exceller dans la mise en scène. Après avoir remporté la caméra d’or à Cannes en 2009 avec « Hunger« , permettant au monde de découvrir Michael Fassbender, McQueen revient avec son acteur sur un tout autre sujet, l’addiction au sexe.

Fassbender interprète un baiseur fou dont le train train est bouleversé quand sa petite soeur débarque en ville pour squatter chez lui.

Et comme à son habitude, McQueen va laisser le temps au récit de se construire, n’hésitant pas à substituer les silences et la gymnastique du corps et des regards à certains dialogues. Et de nous livrer un film d’atmosphères, un film à l’image très léchée.

Le film présente les couleurs pales d’un monde de limbes, ce purgatoire de la mythologie grecque. Pourquoi ce personnage s’est il perdu ? La couleur pâle des scènes, la couleur du vide, sera aussi celle de l’absence de personnalité du personnage.  Ce dernier n’a aucune passion à part le sexe, aucun ami, aucune famille à part cette soeur venue d’ailleurs, aucune racine. Il a créé sa bulle, son monde aseptisé, un appartement blanc et sans âme, mais qui lui sert de lieu d’isolation. C’est d ailleurs pour cette raison que la présence de sa soeur le gêne, elle viole son intimité et son quotidien de baise. Elle amène de l’affectif là où il a réussi à faire le vide. Steve McQueen aborde une critique détournée du consumérisme et de la société zapping, laissant derrière elles des gens isolés et perdus. Sans tant de fond que cela.

Mcqueen utilise admirablement le corps de Fassbender, corps qui exprime davantage la souffrance que la jouissance avec cette fuite en avant dans du sexe désincarné. On en vient à éprouver une profonde empathie pour cet être déconnecté de toute joie, qui s’accroche à sa seule éjaculation pour rythmer sa vie.

Le plaisir semble se focaliser de plus en plus sur la conquête, l’acte en lui même n’étant qu’un enchaînement mécanique. Comme si la virilité du personnage ne pouvait que s’exprimer en laissant l’animal prendre le dessus. Un être devenu asocial dans la société cynique d’aujourd’hui, qui cherche à se raccrocher aux branches de sa bestialité pour se prouver qu’il existe. Un constat d’échec des rapports humains assez alarmant. On sort du film un peu décontenancé et heureux d’avoir une vie sociale ancrée dans la réalité. Le danger qui guette l’homme moderne est d’oublier ce qui forme le tissu social, au delà des rapports futiles. C’est le message assez juste et universel que Steve Mcqueen réussit brillamment à démontrer dans ce film qui fera date.

 

N°4 – « Polisse » de Maiwenn

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Avec ce quotidien de la Brigade de Protection des Mineurs, Maiwenn s’attaque à des sujets sensibles que sont la pédophilie, l’inceste, le viol de mineurs, la maltraitance physique. Autrement dit, un sujet casse gueule qui peut verser très vite dans le pathos.

Maiwenn Le Besco confirme après « le bal des actrices » sont talent évident de mise en scène de personnages et de direction d’acteurs avec un naturel confondant. Karin Viard est décidément l’une des meilleures actrices de sa génération. Joey Star trouve à nouveau un rôle extrêmement touchant et charismatique, à mille lieux de l’image de la star incontrôlable qu’il fut, il est très juste. On s’y croirait et l’aspect pseudo documentaire fait évidemment penser au brillant « L. 627 » de Bertrand Tavernier. Notamment parce que Maiwenn s’est inspirée de faits réels et que cette réalité dépasse la fiction et nous explose à la gueule dans certaines scènes déchirantes, lourdes d’émotions mais jamais de misérabilisme. Ces flics trop humains qui font face à des affaires extrêmement dures sur enfants, nous redonnent de l’humain en intraveineuse à travers leur quotidien.

Alors on peut reprocher à Maiwenn d’être une fausse modeste. Elle ne peut s’empêcher de se mettre en avant et de tomber dans le narcissisme en créant un rôle taillé pour elle, égocentré et caricatural, assez inutile et même agaçant. Allant jusqu’à nous montrer toute sa famille…sans grand intérêt pour l’histoire. Il est possible aussi de ne pas adhérer à ce patchwork d’histoires que l’on suit sans aller au bout, sous forme d’un espèce de zapping du glauque. Mais ce serait un peu se gâcher le plaisir d’un film choral très réussi, bien documenté et crédible et surtout très bien interprété, ponctué de scènes très drôles au demeurant.

Le film est violent par les mots et les situations mais il donne à voir systématiquement l’ambivalence de chacun de ces flics. Leur côté obscur, leurs contradictions, les traumas sécrétés par leur métier et le débordement de ce dernier sur leur vie personnelle, tout ceci permet d’embraser le film, de lui donner un souffle et une vigueur qui force le respect.

N°3 – « J’ai rencontré le diable » de Kim Ji-Woon

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Kim Ji-Woon a engagé son fidèle acteur Lee Byung-hun, de tous ses films, sorte d’Alain Delon coréen époque « le samourai » et a confié le rôle du tueur à l’excellent acteur de « Old boy« , Choi Min-sik, au visage impressionnant de violence, une tête de tueur qui vous glace le sang.  Avec « J’ai rencontré le diable« , le réalisateur franchit une étape, une maturité dans son art. L’ensemble des festivals qui l’ont accueilli lui ont rendu un accueil à la hauteur de la qualité du film, esthétique certes mais surtout qui fait montre d’une patte, contrairement à ses précédents films, bien trop référencés.
Et pourtant, tous les codes du film d’horreur sont là ainsi que l’absence de retenue du cinéma coréen. Il se lâche l’animal. La violence du long métrage est assez insupportable par moments et le film n’est pas à montrer aux âmes sensibles. Le sang gicle de partout, certaines scènes sont bien crades et choquantes et Kim Jee-Woon ne se refuse rien.
Mais il a l’intelligence de se baser sur un scénario classique et malin, sans aucune interruption de rythme, la spirale infernale n’ayant jamais de pause. Le flic poursuit un monstre qui ne sera jamais rassasié de crimes. C’est un homme mauvais, irrécupérable et d’une dangerosité hallucinante. Et pourtant le bon, l’homme blessé cherche à se venger, à faire sa catharsis en décuplant sa haine pour punir. Sauf que contrairement à un film à la Charles Bronson, le film a un but, un propos, un final, que je vous laisserai découvrir de vous-même.
C’est trash et certains scènes vous clouent au fauteuil de terreur mais c’est diablement efficace et plus profond qu’il n’y parait. C’est triste, c’est froid, c’est glauque mais c’est scotchant d’intensité. Kim Jee-Woon se permet même des touches d’humour dans les situations les pires.
Le contact d’un diable, d’un être sans aucune humanité rend t il mauvais ou ramène t il juste le poursuivant justicier à l’état de chasseur qui guette la bête…et se prend au jeu inhumain du bourreau car c’est un jeu enivrant. Il est plus facile de se venger que d’accepter que l’ordre et la justice légale s’accomplissent. La vengeance est l’acte basique et barbare de l’homme non soumis aux règles sociales et qui décide d’écouter sa haine naturelle plutôt que la raison. Kim Ji-Woon réussit donc, derrière l’apparente débauche de violence jouissive et écoeurante à nous pondre un bon plaidoyer contre la peine de mort. Et c’est ce qui est très très fort dans sa mise en abîmes et son traitement de l’évolution des personnages. Le mal pur est vraiment flippant et il est contagieux. Le film est excellent mais encore une fois soyez avertis du résultat à l’écran.
N°2 – ex æquo - « Black Swan » de Darren Aronofsky
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Voici enfin le retour de Darren Aronofsky après son lion d’or pour « the wrestler« , où Mickey Rourke renaissait de ses cendres devant la caméra du cinéaste. Certes, Aronofsky est l’un de mes chouchous, j’ai adoré tous ses films. Mais aujourd’hui il entre dans la cour des grands, des très grands.
Le film est un parfait mélange des deux longs métrages les plus réussis du cinéaste.
La force du récit est appuyée par une mise en scène de plus en plus étouffante, qui va en crescendo à la manière de « Requiem for a dream« . Une force centrifuge emporte peu à peu le récit à une vitesse de plus en plus grande. Mais de la même manière que dans « the wrestler« , où Aronofsky suivait Mickey Rourke en catcheur sur le retour, le réalisateur abandonne quelques peu les effets de style qu’on lui reprochait au temps de « the fountain » et de « requiem for a dream ».  Il sait à présent s’emparer d’une histoire comme personne, et l’on constate la même évolution chez lui que chez Fincher avec son « the social Network ».
Ici, Aronofsky reprend la même technique que dans « the wrestler » où son cinéma ressemblait plus à celui des frères Dardenne ou de Ken Loach qu’à celui de sa génération de cinéastes indépendants très formalistes, à qui on reprochait la forme au détriment du fond.  Ainsi, limite caméra à l’épaule, il filme en gros plans son actrice pour ne jamais la lâcher.
En délaissant le trop plein qui pouvait rebuter certains dans ses premiers opus, Aronofsky opte pour l’épure, donnant au jeu de Natalie Portman la possibilité de nous émouvoir et d’en prendre le temps. La peur et l’angoisse se lisent sur son visage et son corps si fragiles. Et en parsemant son film de touches fantastiques, il maintient le long métrage dans un genre indéfini et inquiétant, à la manière d’un Polanski ou d’un Kubrick, il conserve en permanence une tension forte. Ce cadre permet à Natalie Portman de livrer une prestation remarquable. L’expérience de cette dernière dans la danse classique accentue le réalisme des meurtrissures du corps qui se propagent à l’âme, ne sachant jamais si l’on nage en pleine schizophrénie et à quel moment le cauchemar se détache t il de la réalité.
L’utilisation des codes d’un cinéma de genre fantastique pour mieux perdre les repères du spectateur, permettent de l’emmener plus violemment vers l’apogée du récit, en accélérant, à la manière d’une ballerine qui tourne sur elle même jusqu’à perdre connaissance, jusqu’à s’abandonner. On s’aperçoit alors que le formaliste est toujours là, il est simplement plus discret, plus fin, plus abouti.
Et puis il y a l’histoire, la solitude du personnage, son unique obsession étant de devenir quelqu’un, être admiré aux yeux de tous, atteindre la perfection dans son art au sacrifice de tout le reste, la vie n’étant plus liée qu’à cet objectif, pas d’amis et peu de famille qui compte…un film bien plus profond qu’il n’y parait car il touche à quelquechose d’universel. Que recherche ton à réussir dans une vie ? Quel est le but, l’ambition, et pourquoi ? pour qui ? Le personnage de Portman le fait-il pour soi ou pour sa mère ?

Pour se transcender et défier la vieillesse et la mort, exceller dans un domaine pour se démarquer et se sentir moins seul ? Autant de questions que le film pose sans y répondre forcément, ou bien par allégories. Darren Aronofsky livre donc un film extrêmement riche et puissant, une réussite majeure qui le place parmi les plus grands.

 

N°2 – ex æquo - « Drive » de Nicolas Winding Refn

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Il est toujours émouvant de voir un auteur au style unique se révéler au grand public et récolter les grands prix, monter une marche de plus et s’imposer comme un grand, un très grand.

Au dernier festival de cannes, on attendait le réalisateur suédois de la trilogie « pusher« , de l’excellent « bronson » et du barré « whalla rising, le guerrier silencieux« .
Mais ce fut une surprise tout de même. Car c’est avec un film d’action, son premier film hollywoodien, que Nicolas Winfing Refn réalise son meilleur opus, son premier chef d’oeuvre.

Il est rare d’être frappé d’une telle cohérence, d’une telle évidence. Et Winding Refn utilise pour cela tous les codes du genre qu’il a si bien digérés. J’ai pensé à David Cronenberg pour le brio de la mise en scène, le même qui m’avait éclaboussé sur « history of violence ». Une histoire très banale mais un film majeur.

Et puis à David Lynch pour ces temps ralentis bercés d’une bande originale de haute tenue et tailladés de saillies bien sanglantes. Et puis des courses poursuites de voitures comme les deux ou trois du film, on n’en n’avait pas vu depuis combien de temps ? Très honnêtement je ne me souviens plus. En fait les courses de voitures m’ennuient profondément tant elles sont des passages obligés désincarnés de certains films du genre. Ici la tension est prégnante tout au fil du long métrage mais elle suit la vitesse du véhicule.

Et puis « drive », c’est la mise en lumière d’un immense acteur qu’on annonce de films en films comme la révélation des 12 derniers mois. Ryan Gosling est impressionnant. Ses dialogues se résument à quinze phrases mais il  crève l écran. Pourtant, ce n’était pas gagné avec un blouson en cuir avec un scorpion dans le dos. Un rôle en or pour Nicolas Cage dans un de ses multiples nanars récents. Mais ici, Ryan Gosling est mâle, très mâle.

A star is born. Oui, il faudra compter avec Ryan Gosling et c’est tant mieux, pauvres cinéphiles que nous sommes, dépendant de la chance.

Bien que je sois un fan inconditionnel de Terrence Malick, la palme d’or n’aurait pas du revenir à son « tree of life » mais bien au « drive » de Nicolas Winding Refn.

 

And the winner is…

 

N°1 – « Rabbit Hole » de John Cameron Mitchell

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Avec « Rabbit Hole« , John Cameron Mitchell signe son meilleur film et le retour au sommet de Nicole Kidman, qui, vous ne serez pas surpris, nous livre une prestation magistrale. Je ne l’avais pas vue aussi fébrile et dure depuis le « Eyes wide shut » de Stanley Kubrick.

Mais face à elle, Aaron Eckhart trouve un rôle à la mesure de son talent et ne démérite pas un instant. Il s’agit peut être de son meilleur rôle jusqu’à présent.

Avec un sujet pareil, le réalisateur a choisi un thème casse gueule, rarement abordé au cinéma et davantage au petit écran via des téléfilms ou des séries dont certaines (comme six feet under) n’hésitaient pas à traiter de la chose bien qu’elle ne soit pas franchement attractive en terme d’audience.

Et John Cameron Mitchell retrouve la recette de ses deux précédents essais « Hedwig and the angry Inch... » et « Shortbus » à savoir poser des questions simples crument, sans tabous. Dans « Shortbus », le spectateur voyait les acteurs se livrer à des scènes de sexe pornographiques mais ne retenait non pas du voyeurisme mais plutôt de la joie, de la jouissance et l’explosion des émotions et des tourments des personnages, qui se posaient beaucoup de questions existentielles entre quelques scènes un peu crues. Un sentiment étrange qui faisait disparaitre très rapidement le côté mal à l’aise des premières minutes. C’est comme si la sincérité avec laquelle le réalisateur explosait les tabous permettait tout de suite de franchir une étape pour aller plus loin dans l’exploration des personnages, non sans pudeur, juste sans voiles inutiles. Ici, il n’existe pas de mise en abime de la tragédie. Le metteur en scène estime que vous avez lu le pitch et que vous êtes assez grand pour comprendre ce qui s’est passé. Pas la peine de mettre en scène la mort de l’enfant. Ceci pour le coup aurait été du voyeurisme.

Non, ici il est question de deuil ou plutôt d’absence de deuil définitif. Comment exprimer ses émotions lorsque le pire vous arrive à savoir perdre votre enfant, très jeune.

La retenue des personnages est toujours contrebalancée par une violence sous-jacente mais jamais par un jeu d’acteur cherchant la performance façon « actors studio ».

Non, John Cameron Mitchell préfère utiliser l’humour noir par ci par là, une musique douce, des couleurs vives car la vie se poursuit, qu’il continue de faire beau temps.

La vie continue et les autres avancent tandis que le temps est figé ou qu’il bégaie pour les parents. Le manque et la tristesse se rappelant toujours à la mémoire, devenant simplement différents, évoluant, se transformant.

Le long métrage ne cherche pas à démontrer quoique ce soit, juste à filmer l’évidence, on ne partage pas la peine des autres, les personnes qui entourent une famille endeuillée de cette façon ne peuvent pas apporter grand-chose. Et les « survivants » font mine d’accepter ces politesses comme réconfortantes mais ceci reste du lien social, rien de plus. La peine est bien encrée et ne disparaitra pas. Il faut l’accepter et vivre avec.

On est seul face au drame même en couple, même au milieu d’autres parents touchés par ce malheur. Chaque deuil est personnel.On peut se raccrocher à Dieu mais quand on n’y croit pas il faut trouver autre chose et c’est ce que fait le personnage de Nicole Kidman. Le film n’est pas sans espoir, il n’est pas noir et sombre, non, il est plus complexe, il montre justement comment évoluent ces sentiments et comment extirper quelquechose d’un tel drame pour poursuivre sa route, même blessé de manière irrémédiable. 

John Cameron Mitchell signe un film profondément universel et d’une grande finesse, d’une sensibilité touchante car non versée dans le pathos gratuit, une œuvre bouleversante qui n’utilise pas du tout les travers du mélo mais plutôt une approche psychanalytique du sujet. Un film où l’intellect est servi par des acteurs en état de grâce. L’un des grands moments de cinéma de cette année. Probablement.

 

Voilà, c’est finis pour cette année 2011 pleine de surprises, un excellent cru, contrairement à ce qu’écrivent certains sites. Les films de ce classement sont tous d’un excellent niveau et il m’a été délicat de les départager. Ce n’est pas tous les ans de la sorte. N’hésitez pas à découvrir vos oublis en dvd…

Je vous donne rendez-vous tous les jours bien entendu sur « De l’autre côté, perché avec le blanc lapin… » mais en particulier début janvier où je vous livrerai un avant goût de ce qui vous attend au cinéma en 2012 avec deux dossiers complets sur les films les plus attendus version blockbusters et version films d’auteurs.

Merci pour votre fidélité.

Le blanc lapin

Les meilleurs films de l’année 2011 du blanc lapin ! – Partie 1 : N°15 à N°8

 Après « les pires films de l’année » du blanc lapin, voici ceux qui m’ont le plus marqués en 2011. Je vous laisse une critique raccourcie écrite par mes soins pour ces numéros 15 à N°8.

Les premiers feront l’objet d’une seconde publication.

N°15 – « Fighter » de David O.Russel

Les meilleurs films de l'année 2011 du blanc lapin ! - Partie 1 : N°15 à N°8 fighter-david-o-russel-avec-mark-wahlberg-chr-L-TsCmw3-224x300

Avec « Fighter », David O.Russel, réalisateur « des rois du désert », reprend un projet avorté de Darren Aronofsky, et sauvé par Mark Wahlberg, croyant dur comme fer au scénario. L’acteur doit être fier de sa persévérance. Le résultat s’avère brillant. La qualité fondamentale du film repose sur la prestation de Christian Bale, qui nous rappelle qu’avant d’être Batman, il est surtout un acteur caméléon incroyable. Le film est donc un récit du lutte acharnée de deux frères, l’un ex-petite star ayant raté sa carrière à cause de la drogue et son cadet étant l’espoir de la famille, en passe de devenir une étoile terne et éteinte avant son apogée. Le premier voit dans son petit frère une seconde chance de rattraper sa fierté, de réparer son passé, mais la drogue est plus forte. Tout l’entourage familial, lourd car accroché au héros de la famille, permet de dresser un état des lieux de l’Amérique profonde des quartiers pauvres, une Amérique de gens gros et obèses, sans travail et sans talents, le contraire de l’image véhiculée par les médias américains. Et la peinture n’a rien de l’apitoiement puisque la plupart des personnages dont la mère et les sœurs sont soit intéressées et dans une relation malsaine à leur frère soit dans un rapport exclusif d’adoration castratrice. L’argent ne fait pas le bonheur mais quand on n’en n’a pas, on se raccroche au seul espoir, l’individu de la famille qui peut en gagner. Il représente l’espoir de faire manger tout le monde mais aussi un rêve, une ascension sociale impossible aux autres. Une fierté comme bouclier contre les misères du quotidien.

Les combats sont filmés sans ralentis inutiles et avec un réalisme des plus froids, à l’unisson, du reste du long métrage, cru. La sueur ça pue, David O.Russel la montre. Et c’est tant mieux. On ressort donc du film grogui et ému, en ayant vu l’un des meilleurs films du genre depuis longtemps, bien longtemps.

 

N°14 – « Même la pluie » de Iciar Bollain

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En 2000, une équipe de production vient en Bolivie tourner un film sur la conquête espagnole par Christophe Colomb. Le réalisateur est jeune et souhaite montrer l’horreur du génocide espagnol. Mais dans cette période antérieure à l’arrivée au pouvoir d’Evo Morales, la situation sociale sur place est tendue. Les indiens qu’ils engagent pour devenir figurants sont préocupés par un autre problème, la privatisation par le pouvoir du système de gestion de l’eau dans la ville de Cochabamba. Et très vite, ces derniers désertent le plateau de tournage pour aller manifester.

Paul Laverty est le scénariste attitré de nombre de films de Ken Loach et on retrouve bien sa pâte dans cette histoire de combat social auquel Iciar Bollain apporte un talent de mise en scène indéniable, moins documentariste que celui qu’aurait adopté Loach.

Le film montre à quel point la bonne conscience des occidentaux présente ses limites face au colonialisme et aux traces qu’il a laissé dans l’histoire. Les intellectuels et défenseurs des droits de l’homme s’indignent du sort des Quechuas et autres peuples mayas ou incas massacrés par Pizzaro, Cortez ou Colomb. Mais quand il s’agit s’assumer ce passé, de se confronter à la pratique, à la réalité d’un peuple qui subit toujours l’exploitation des blancs, le discours reste théorique. Les individus se réfugient derrière la non-ingérence, derrière le fait que la mondialisation est un fait et que donc payer 2 $ par jour un figurant c’est normal et c’est tant mieux. Un gouvernement corrompu qui vend à la découpe les sociétés de gestion de l’eau à des multinationales, c’est certes le prolongement d’un long pillage et d’une longue exploitation des terres et d’un peuple d’amérique latine. Mais que peut on y faire ? C’est l’histoire…oui, mais l’histoire ne s’arrête pas aujourd’hui. On préfère fuir et se pencher sur les erreurs d’il y a plusieurs siècles, c’est plus confortable. Mais rassurez-vous, le film n’a rien de moralisateur, il fait juste un constat, pas très glorieux pour nous, certes. Iciar Bollain montre avec une grande finesse cette culpabilité qui s’exprime dans l’art mais pas dans les gestes car les vrais acteurs de leur vie, ce sont ceux qui crèvent de cette exploitation sur place, ceux qui se révoltent pour virer leurs dirigeants usurpateurs. Les personnages sont tous très bien interprétés de Gael Garcia Bernal à Luis Tosar, dont le visage buriné impose une force et un regard particulièrement à propos pour son personnage.

Le sujet du film comme son déroulé et sa mise en scène sont donc une excellente surprise, une bouffée d’émotion et d’humanité, une grande claque à notre hypocrisie et notre vision nombriliste du bien être de l’humanité.

 

N°13 – Animal kingdom de David Michôd

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David Michôd signe pour son premier long métrage un coup d’éclat, incisif et froid, comme la mentalité des individus qui composent cette famille de criminels, un long métrage récompensé par le 1er prix du festival de Sundance 2010, à juste titre.

En nous plongeant dans la vie quotidienne de ces fauves ni mafieux irlandais ni italiens, mais qui fonctionnent en clan, il nous montre à quel point le crime pour l’argent peut détruire ce lien familial justement et l’ériger en simple chaine qui lie des êtres seuls et perdus dans les tréfonds de leurs crimes. Car il n est pas question de sentiments fraternels ici, les hommes du clan ne s’aiment pas, ils chassent ensemble et se protègent car les forts ont besoin des faibles et inversement. L’humanité disparait pour laisser place au règne animal, le titre du film étant parfaitement choisi.

Et entre animaux, on sacrifie le plus faible pour sauver la meute en danger, sans regrets aucun. A ce titre le scénario fait froid dans le dos. Il n’y a pas d’honneur, de culpabilité et d’amour, juste un lien, l’argent, et une règle, survivre pour soit, ce qui nécessite l’unité.

Animal kingdom est un film choral porté par d’excellents comédiens aux caractères bien identifiés, centré sur une cellule familiale pervertie par l’intérêt commun, l’absence d’acte délibérément désintéressé vis à vis des siens et le poids des origines. Doit on les renier lorsque l’on sent qu’elles sont mauvaises et néfastes pour soit et pour les autres ? Dans les deux cas il s’agit du parcours d’indépendance d’un être que tout condamne à plonger dans la même marée que ses ainés. Un film sur l’identité, un excellent premier film australien, à ne pas manquer.

 

 N°12- « 127 heures » de Danny Boyle

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Avec « 127 heures » Danny Boyle prouve de nouveau qu’il est un touche à tout brillant puisqu’après l’adaptation de roman culte (« trainspotting »), le petit film noir très british (« petits meurtres entre amis »), le film de SF référencé (« Sunshine »), le film à oscars united colors of Bennetton (« slumdog millionaire ») ou le film de zombies décalé (« 28 jours plus tard »), il revient en très grande forme cette année et prouve de nouveau son éclectisme.

Ses détracteurs lui reprochent de privilégier la forme au fond. Il est vrai que question mise en scène, il atteint des niveaux de très haute facture. En utilisant tous les procédés, le split screen, le zoom à fond les vélos et toujours une caractéristique commune à tous ses longs métrages, une bande-originale décapante, au service de son histoire et du ressenti émotionnel du personnage.

Or au niveau de cet acteur quasi unique à l’écran, Boyle a fait la bonne pioche. James franco est tout simplement brillant. On ne voit que lui, on a très très peur de s’ennuyer durant son calvaire de 127 heures mais au final, l’animal dispose d’une palette de jeu riche et variée.

Boyle met en image l’immensité des paysages et la petitesse de l’homme de façon extrêmement simple, opposant sans cesse la bulle consumériste et technologique dans laquelle nous vivons aujourd’hui, détachés de la réalité, à la majesté de ces montagnes de l’Utah.

Danny Boyle dépeint au passage une manière d’appréhender la vie pour une génération de trentenaires globe-trotters, plus souvent portés vers ce type d’expérience que leurs ainés. Pour ma part, le film m’a touché particulièrement puisque j’ai connu ce sentiment d’abandon. Pas durant 127 heures, quatre seulement mais une éternité. C’était il y a quatre ans, dans un désert d’Argentine, la voiture embourbée dans le sable, sans eau, sans possibilité d’utiliser les portables, à marcher des heures pour trouver de l’aide dans un milieu où l’homme ne vit pas. J’ai vraiment connu le sentiment du personnage de « 127 heures », ce moment où l’on se dit que c’est très con mais que l’histoire va s’arrêter comme cela, pour un truc bête, pour ma part une erreur d’aiguillage. Tout d’un coup la nature devient hostile mais apaisante. L’idée fait son chemin. Et pourtant jusqu’au bout, l’instinct de survie est là, jusqu’au bout on cherche toutes les possibilités et on n’abandonne pas. On se résigne à la mort tout en gardant son sang froid et en tentant une issue. C’est très particulier comme expérience et ceci permet de mettre de la distance entre les contraintes du quotidien et les objectifs de vie, même si le stress revient au galop. Danny Boyle ne tombe à aucun moment dans le pathos gratuit. Il signe un film à la fois fun et détaché, certes tape à l’oeil mais pour ma part tout est question de virtuosité dans la mise en scène.

 

N°11- « Le discours d’un roi » de Tom Hooper

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Ce film du jeune Tom Hooper, conte une petite histoire dans le tumulte de la grande et un casting impressionnant.

C’est le genre de film qui m’exaspère et tombe très vite dans le sirop pour s’y engluer définitivement. Mais voilà, dans ce film, l’idée géniale du réalisateur est de justement profiter de ce quasi huit clos entre deux acteurs monstres (Colin Firth et Geoffrey Rush) pour raconter de façon fort originale un moment clé de l’histoire tout en livrant devant nous la naissance d’une très belle amitié.

Les rapports entre la royauté et le petit peuple sont parfaitement retranscrits, donnant à voir à quel point un monarque britannique peut se sentir dévoué à son « métier » mais très loin de la réalité, ne côtoyant jamais ses sujets et se sentant finalement extrêmement seul.

La truculence du médecin campé par Rush se confronte alors en permanence à la suffisance de ce roi. Un roi qui se refuse à perdre de sa superbe en acceptant d’avoir recours et besoin d’un prolétaire et surtout, de reconnaitre qu’il devient peu à peu son ami, son confident et un homme indispensable à sa fonction.

Le réalisateur arrive donc à dresser deux portraits des deux cotés de la barrière, à ciseler avec finesse ce qui fait qu’une amitié peut naitre entre deux individus que tout oppose. Mais surtout, il laisse aux deux acteurs la pleine mesure de leur talent, en optant volontairement pour une mise en scène très sobre et un choix de lieux limité et relativement épurés, afin que le spectateur se sente comme un patient, en confiance dans le décor. Ce film drôle et loufoque remporte donc tous les suffrages, même si d’élections, il n’est pas question ici, bien au contraire !

 

 N°10 – « the Tree of life » de Terrence Malick

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Terrence Malick était attendu pour ce long métrage tel le messie, le film ayant mis cinq ans à sortir des tiroirs et 35 à sortir de sa tête. Malick est un réalisateur rare et culte, respecté de tous pour son intégrité jusqueboutiste et son amour de la nature, pour la quasi perfection de ses oeuvres, des « moissons du ciel » au « nouveau monde« .

Son film a été accueilli par des sifflets lors de sa projection cannoise, symbole d’une attente cinéphile un peu trop forte et d’une réaction des critiques toujours aussi imbécile. On aime brûler ses icônes, quitte à le faire sans réfléchir.

Il faut dire que son film s’avère être d’une naïveté confondante, d’un lyrisme appuyé par une bande-son aux coeurs angéliques qui peut faire sourire pour un peu qu’on regarde son travail d’un air narquois.

Des chuchotements de phrases philosophico-religieuses ponctuent un récit au final ultra croyant en un dieu, EN un créateur, en cette nature si belle et si fragile. Un film qui rendra donc réfractaires les personnes athées et plus sensibles les croyants et les agnostics.

La mise en place de l’histoire est assez longue via une succession de tableaux de toute beauté sur la création du monde, comparable forcément à l’introduction culte de « 2001, l’Odyssée de l’espace » de Stanley Kubrick où l’on voyait des singes découvrir l’utilisation de l’outil et envoyer un os en l’air qui se transformait en vaisseau spatial.

Le film est déroutant à bien des titres. On est chez du pur Malick, son film le plus personnel, qu’il couve depuis qu’il a 30 ans, une ode à la nature et à la magie de la création, de l’évolution, de la vie et une relativisation des codes sociaux au regard de l’immensité de cette nature. L’homme et sa fierté, son égo, est bien peu de choses et passe à côté de l’essentiel.

Terrence Malick arrive à capter la construction d’un individu, d’un caractère par des sons et des images découpées de la vie quotidienne d’un jeune garçon des années 50. On le voit avec ses deux frères, sa mère douce et soumise et son père dur et soucieux d’élever des trois garçons à la baguette car la vie est pour lui une lutte où seuls les forts s’en sortent. Tiraillé entre les deux, entre la force et la douceur de cette même nature qui l’a créé, son père et sa mère, il va adorer l’une et détester l’autre avant d’en accepter la dualité, d’accepter la violence et la cruauté du destin, et de se tourner vers la foi en la création comme seul véritable réponse au sens de sa vie. « Père, mère, je vous porte en moi«   déclare Jack. Un beau résumé du film, un film sur l’acceptation de ses racines, et leur dépassement, qui est le sens même de l’évolution, au sein d’une espèce, au sein d’une vie d’homme, de l’infiniment grand à l’infiniment petit, tout est question de cycle.

La narration ou l’absence de narration est donc la clé de voute de ce poème, de cette prière qui divisera encore longtemps les critiques. Un vrai parcours spirituel vers Dieu. La mise en scène est sublime, les plans séquences contemplatifs, la photographie impeccable. Malick reste humble face à son propos. Son oeuvre est inclassable et lumineuse, de l’éveil à la mort tout comme à l’amour.

Il nous donne à voir un questionnement sur le sens de la vie et de l’évolution. Pourquoi connaitre tant de sentiments variés si c’est pour mourir de façon aussi rapide et vivre de façon aussi éphémère qu’un être moins évolué et moins doté de cette intelligence ? A quoi sert alors cet aboutissement supposé qu’est l’homme ?

 

 N°9 – « X-men first class » de Matthew Vaughn

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« X-men first class » est l’adaptation très attendue d’une série de comics books déclinant les célèbres X-men au tout début, lors de la création de l’école du professeur Xavier et l’histoire de l’amitié puis de la lutte entre Xavier et Magneto.

L’objectif clairement affiché du long métrage était de faire oublier les deux derniers films de la franchise, catastrophiques sur le plan artistique. Rassurez-vous, le pari est non seulement réussi mais dépasse même toutes les attentes.

En effet, l’équipe de production utilise habilement le contexte socio politique de l’époque des années 60. Le film est intelligent et surfe sur une uchronie à la manière des « Watchmen » pour marquer les racines des prises de consciences des mutants mais avec le fun et la nonchalance des sixties. La musique, les costumes et les codes couleurs ancrent la naissance de leur positionnement politique dans une période où les plus grands dangers et les plus grands espoirs se côtoyaient.

Le scenario prend le temps sur quelques scènes de rendre crédible l’amitié et le respect des deux personnages et parceque les acteurs ont un charisme évident. James McAvoy tord le cou au coté froid et intello de Xavier en montrant un homme brillant mais jeune et fêtard tout en restant « so british ». Michael Fassbender apporte à son Erik — Magneto une subtilité et une graduation dans la violence que même l’excellent Ian Mckellen restituait moins bien en vieux Magneto dans les premiers X-mens. L’acteur donne à son personnage assez de froideur et de masculinité bien frappée mais aussi de fêlures pour nous le rendre sympathique et comprendre son choix. Et quoi de plus idéal qu’un futur méchant que l’on comprend… Les effets spéciaux sont maitrisés et le scenario réserve son lot se surprises, y compris de trouvailles de mise en scène comme lors de l’entrainement.

Mais ce fond intelligent si rare dans un blockbuster n’est jamais développé au détriment de l’action. Tout comme dans un bon comic book, il n y a pas de lenteurs. Et comme Matthew Vaughn nous empile des scènes intimes et des vrais scènes dignes d’un James Bond, la sauce prend. Ici, l’aspect badass assumé et l’écriture des personnages permet au film d’atteindre un statut rare dans celui des films de supers héros, celui d’étalon. Il est à ce titre à classer du côté de « Batman, the dark knight« , « Watchmen« , ou « spiderman » même si perso Spiderman et son traitement patriotique par Sam Raimi me gonflèrent très sérieusement.

Bref, le film est très bon bien que tourné-monté en très peu de temps. Chapeau bas à Matthew Vaughn, Bryan Singer et leur équipe de production. X men va probablement repartir sur une nouvelle série fort sympathique.

 

N°8-  « Une séparation » d’Asghar Farhadi

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L’ours d’or  2011 est un film brillant et original sur la place de la femme en Iran mais aussi l’investissement de l’homme et son positionnement dans le cercle familial.

Une mention spéciale doit être faite au casting (Sareth Bayat, Sarina Farhadi, Leila Hatami, Kimia Hosseini, Shahab Hosseini) , irréprochable et récompensé par l’ours d’argent tant pour la distribution féminine que masculine. Il est vrai que le film repose énormément sur eux mais aussi sur son scénario, malin, qui part d’une situation banale pour embrasser une étude de moeurs originale car peu vue au cinéma, celle du couple en Iran aujourd’hui, vu de l’intérieur.

La comparaison est donc faite des rapports sociaux entre une classe moyenne qui s’en sort et vit confortablement et une classe sociale pauvre, davantage tournée vers la religion. Que veulent dire justice et morale dans chacun des couples et quelles en sont les limites quand la survie de la famille en dépend ? Ces thèmes vont se dessiner peu à peu à partir d’une histoire a priori simple qui va basculer à cause d’un accident.

Au-delà du drame et de la tension de l’excellent scénario, l’intérêt majeur est donc cette vision moderne qu’il renvoie de l’Iran. Le couple qui se sépare est ancré dans le 21ème siècle. Nader éduque sa fille pour qu’elle soit libre et indépendante, qu’elle fasse ses propres choix et ne dépende de personne et surtout pas des hommes. D’ailleurs c’est sa femme qui souhaite partir pour vivre à l’étranger et ne plus supporter les contraintes sociales et politiques. Mais il ne la retient pas, il la laisse libre. Et à trop vouloir jouer à cette modernité, elle qui voudrait qu’il la retienne et lui trop fier pour lui courir après, ne va t-on pas vers une désagrégation du couple plus inéluctable ? C’est qu’en milieu européannisé, on se sépare plus vite car les carcans religieux et sociaux ont bien moins d’emprise pour faire tenir un couple dans la tourmente.

Mais le réalisateur ne critique pas l’Occident, non, il tente de comparer les deux voies pour en faire ressortir les défauts inhérents. La voie religieuse du couple pauvre qui accuse n’est pas non plus la plus solide puisqu’au nom d’un honneur sur la base du Coran, on préfère mentir à son conjoint et travestir le tout. Au final, le mensonge et la peur de renoncer à sa fierté sont partout et aboutissent à la même chose. La liberté ou la contrainte de dogmes n’y font rien. Quand la confiance n’est plus là, que les règles propres au couple lui même sont violées, ce dernier explose.

« Une séparation » parle des tabous de ce grand pays et de leurs limites très rapidement atteintes. Il parle aussi de la fin de l’adolescence, de l’entrée dans l’âge adulte, dur, où il faut apprendre à vivre à plusieurs et séparément car les parents disparaissent, les couples ne sont pas éternels, et la fierté de l’individu reste au final un point de repère essentiel pour suivre une route, quelle qu’elle soit.

« Prometheus » Alien 5 de Ridley Scott, LA bande-annonce d’un film évènement de 2012 !

Enfin ! 10 ans d’attente et les premières images de l’un des films les plus attendus de 2012 et du monde de la SF.

Alien revient ! Et c’est son créateur qui revient avec, Ridley Scott. Ce dernier nous livrera en mai prochain un faux prequel, à savoir un film dans l’univers d’Alien mais pas un film Alien en tant que tel. Il aura l’ADN d’Alien selon ses propres mots et la fin du film fera le pont direct vers « Alien, le huitième passager« .

Le film devrait probablement expliquer d’où viennent les créatures et j’espère que Ridley Scott aura retrouvé tout son talent. Le casting est très bon, Noomi Rapace, l’incontournable Michael Fassbender, Charlize Theron, Idris Elba, ou Guy Pearce et …des Aliens…bien sûr !

La première bande-annonce vient de tomber et clairement, ça donne grave envie ! Et l’ADN d’Alien est clairement là ! Plus que quatre mois…

 

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