« John Carter » d’Andrew Stanton – critique

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Les chroniques martiennes de Edgar Rice Burroughs sont un classique de la SF. Publiées à partir de 1912, elles ont pas mal influencé la SF du 20ème siècle et plus particulièrement les récits d’aventures des années 50 et 60, déclinés sous forme de Bd et de films de série B. La version cinéma sort donc enfin, après plusieurs années de production, sous l’égide d’Andrew Stanton, réalisateur star de Pixar, capitaine de deux belles réussites de la firme à la lampe, « Wall E » et « Le monde de Némo« .

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L idée de demander à un réalisateur de films d’animation de passer à un film live intégrant des personnages en CGI était particulièrement bien inspirée. D’autant que question action, et utilisation de l’espace, Stanton réussit haut la main son pari. Les martiens, qu’ils soient singes blancs géants ou Tarks verts de 3 m de haut à six bras sont tous réussis et s’intègrent bien avec les personnages réels. Bien sur, même si la motion capture fonctionne tout aussi bien que sur Avatar, il reste des progrès à réaliser sur la texture des personnages. Mais le principal est qu’on y croit.

Quant à Taylor Kitsch, nouveau beau gosse propulsé à la tête de ce blockbuster et du prochain Battleship ou du prochain Oliver Stone, il est crédible et assure. Dans un rôle où il se ballade en slip comme Tarzan (normal, Burroughs en est aussi l’auteur), Kitsch n est pas ridicule, il est juste kitch…euh…désolé.

Durant le visionnage du long métrage, deux réflexions restaient lancinantes dans ma tête de blanc lapin. Tout d’abord, les similitudes avec Avatar et Star Wars sont nombreuses, on voit toute l’inspiration que Georges Lucas et James Cameron ont tiré des chroniques martiennes. La seconde réaction fut un ennui léger face à ce déjà vu et ce coté old school des aventures de John Carter.

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Un peu comme si on nous contait une histoire comme  dans les années 60-80 mais avec des effets spéciaux très impressionnants. Un peu aussi comme si cet univers plein comme un oeuf, au bestiaire diversifié, se présentait devant nous après s’être fait piller ses idées par le passé. Car oui, le gros défaut de « John Carter » est qu il arrive trop tard. Aucune surprise ne vient relever la sauce de cette aventure pourtant plaisante à voir et familialement fort recommandable et disneysée à souhait. Les scènes s’enchainent comme un best of des films de space opera précités. Un sentiment de nostalgie s’éprend du spectateur, on regrette cette naïveté que l’on avait en découvrant Star Wars pour la première fois. Bon ici l’un des méchants est particulièrement con et l’autre un peu trop transparent. Dark Vador reste the master. Il les explose

John Carter fonctionnera probablement pour les plus jeunes mais pas pour les adultes. Les clichés de l’histoire feront plutôt sourire. Pas méchamment bien sûr. Mais imaginez voir aujourd’hui un Flash Gordon façon 80′s avec des effets spéciaux d’aujourd’hui. Vous trouveriez le tout daté et risible mais avec un certain charme, une candeur pas forcement désagreable. Disons qu’on est loin, très loin des récits de SF paranoiaques de Philip K Dick, contemplatifs d’Arthur C. Clark, méta-phisico religieux de Franck Herbert ou Asimov, pour ne citer qu’eux

Ici la SF n’est pas du tout crédible, pas du tout anxiogène mais dépaysante. Bienvenue donc dans un mars légerement kitch, et au final sympathique et généreux. Peut être que voir John Carter après avoir pris des substances hallucinogènes vaudrait il le détour, pour un 10ème degré assumé.

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