« Laurence Anyways » de Xavier Dolan – critique du blanc lapin

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Après deux opus excellents à 22 ans à peine, Xavier Dolan est toujours aussi doué. Son sens de la mise en scène, de la colorimétrie, des répliques saillantes, de la bande son, sont une force. Mais le problème, c’est qu’il le sait. Et çà, c’est une grande faille.

Il y a pire comme référence que Wong Kar Wai et Pedro Almodovar entre autres, sauf que son « Laurence Anyways » sent dès les premières scènes la prétention, la suffisance. Ces traits n’étaient pas gênants dans « J’ai tué ma mère » et « Les amours imaginaires » car on pardonnait plus facilement ces saillies visuelles et verbales un peu too much, sur l’hôtel de la jeunesse, de la vigueur et de la belle promesse de carrière du jeune homme. Mais cette fois-ci, la faille a tendance à fissurer beaucoup trop le long pour le rendre tout à fait crédible, d’autant plus que le thème est ultra casse gueule. C’est dommage car le film compte nombre de moments d’apesanteur voir de grâce. Disons que certaines scènes flottent très haut et d’autres sonnent toc voir ressemblent à des clips musicaux nombrilistes d’un artiste en train de se regarder filmer. Visiblement le personnage a aussi agacé la presse lors de ses interviews à Cannes…puant…pas très étonnant à la vue d’un film auquel il ne sait pas mettre un terme, rajoutant des longueurs inutiles. 2h40 c est beaucoup trop !

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Maintenant ne soyons pas tels les païens qui brulent leurs idoles d’hier. Il reste de très belles scènes, l’émotion arrive à percer malgré l’étouffement d’égo du metteur en scène. Et ce grâce aux acteurs, parfaits. Melvil Poupaud est tranchant et révolté à souhait et Suzanne Clément crève l’écran et habite son personnage. On va beaucoup la revoir j’espère. Melvil est quant à lui si rare…trop rare…Ensuite il y a le traitement de la différence, une construction des personnages et de l’évolution de leur rapports complexe et surtout, une très belle histoire d’amour…pour le coup, les envolées de Dolan aident le tout à décoller.

Mais l’agacement profond provoqué par certaines idées de mise en scène gâche l’ensemble. Un peu comme si le gâteau préparé par l’héroïne et en apparence très bon, s’avérait assez bizarre au final. Un goût de mélange de très bons produits qui ne vont pas bien ensemble, c’est trop, çà écœure, c’est bourratif, on s’en lasse…

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