« Skyfall » de Sam Mendes, critique du blanc lapin

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La force des James Bond avec Daniel Craig c’est Daniel Craig lui même. Un type à la gueule bien virile, ultra classe et brut de décoffrage. C’est aussi le choix de coller à la réalité, de minimiser les cascades too much qui ont parfois fait virer certains films de la saga à la parodie, faisant perdre une certaine crédibilité et certains « effets boum boum » devenant lassants.
Mais c’est l’orientation du personnage qui fonctionne très bien. Le fait de vouloir briser l’image cliché de 007 et de dévoiler une face plus sombre que fun permet de rendre ce type attachant à défaut d’amusant. Ici, peu de place aux James Bond girls mais plus à l introspection du héros, façon « Batman begins« . Le rapport de Bond à son métier, à M, est au centre de l’intrigue. Judi Dench devient  le rôle secondaire au détriment salvateur des James Bond girls dont la présence reste homéopathique mais suffisante pour que le clin d’œil à la série soit présent. Depuis « Casino royale », il n’existe plus de romans de Ian Fleming à adapter. Et pour le coup, peut être que cette situation scénaristique permet d’offrir une nouvelle jeunesse au personnage.

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Niveau casting, trois bons choix permettent au film d’avoir une personnalité différente des autres opus. Tout d’abord recruter Ralph Fiennes en supérieur de M était malin.
Quant à Ben Whishaw, découvert dans « Le parfum« , il interprète un nouveau Q, après une absence du personnage de plusieurs films, et il le fait avec beaucoup d’humour et de fraicheur. Le même second degré qui marque plusieurs scènes du film de références ciblées aux James Bond des années 70.

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Et puis Pour réussir un bon film d’action ou de Sf, il faut un bon méchant, charismatique, humain, qui a de bonnes raisons et un passif pour expliquer sa hargne. Et en ce sens, choisir Javier Bardem, un des meilleurs acteurs au monde, est une idée géniale. On pense aux plus grands ennemis de Bond, ceux de Moonraker , le Docteur No ou encore Goldfinger. Il est impossible de ne pas tomber sous le charme de ce personnage déterminé, classieux et à fond dans sa propre mise en scène théâtrale. Bref, Bardem tente une nouvelle expérience capillaire après le « No country for old men » des frères Coen et livre un méchant mémorable, un point très fort du film.

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Mais les acteurs ne font pas tout à cette réussite. Sur un scenario épuré et sans la surenchère qu’on a pu reprocher à certains films par le passé, Sam Mendes s’avère l’élément clé de la réussite de ce 23ème James Bond. C’est la première fois qu’un réalisateur de renom se colle à la franchise. Et après une filmographie variée et de très haute tenue, après même un bijou que sont « Les noces rebelles« , Sam Mendes arrive à s’emparer du mythe et l’amener vers une direction plus axée sur 007 lui même et ses questionnements, sans priver le tout de scènes d’action efficaces et directes. Il est donc possible que d’autres grands réalisateurs soient choisis par la production pour le futur. En tout cas, Skyfall m’a emballé, surpris par sa direction et sa façon de rendre hommage aux 50 ans du héros sans tomber dans la caricature. Un des meilleurs bond, assurément.

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