« Elysium » de Neill Blomkamp – critique du Blanc Lapin

 

En 2009, un jeune sud-africain produit par Peter Jackson (Le Seigneur des Anneaux), créait le buzz et la surprise avec « District 9« , film de SF qui cartonnait tant d’un point de vue critique que public, lui ouvrant les portes d’Hollywood.

Les cinéphiles du monde entier étaient donc curieux de voir si le jeune homme transformerait l’essai avec un casting porté par Matt Damon et Jodie Foster et un budget bien plus conséquent. Surtout, garderait il l’originalité de « District 9″, cette SF réaliste et âpre, d’une crédibilité crasseuse assez marquante.

Dans « Elysium », nous retrouvons en effet une thématique assez proche. Il n’est plus question d’extraterrestres, autrefois avatars des populations pauvres de Joanesburgh, mais toujours de bidonvilles et de lutte des classes. L’histoire se situe dans un futur où le capitalisme a atteint son degré de cynisme absolu, une extrême minorié d’ultra riches ayant quitté une terre polluée pour vivre sur un satellite nommé « Elysium », tandis que 98% de la population est exploitée sur terre pour en tirer ses richesses.

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Tout ceci est manichéen mais c’est souvent le propre de la SF. Durant les deux tiers du film, on se surprend à admirer encore une fois à quel point les effets spéciaux sont utilsés avec intelligence, incroyablement réalistes. Les robots au service de la caste dominante sont bluffants dans leurs mouvements. Leur incrémentation dans le quotidien des humains est parfaite. On est très loin d’une débauche d’effets spéciaux, ces derniers se fondant dans un univers crédible, auquel on adhére immédiatement.

L’histoire quant à elle tient la route et le message altermondialiste sous jacent est plaisant bien que facile. Jodie Foster en méchante est bienvenue.

Et puis vient la fin, décevante comme elle l’était pour « District 9″, une fin un peu trop attendue et gentillette et qui énerve surtout par le fait qu’elle gache un très beau potentiel.

Le dernier tiers se regarde aisément, réserve quelques surprises mais ne parvient pas à répondre aux promesses du début du film. Ce second opus n’est pas déceptif pour autant pour ceux qui ont aimé « District 9″ et qui y trouveront leur compte. Mais il confirme tant le talent de Neill Blomkamp que sa limite.

Son message est un peu trop naif et surtout il se stope d’un coup pour laisser place à de l’action pure et à des clichés. Bien sûr, c’est parfait pour Hollywood et un public de masse. Le résultat est bien supérieur à la SF balancée par wagons ces dernières années. Mais je ne peux pas m’empêcher de regretter un certain manque d’aboutissement. Comme si un type ultra doué à la Spielberg n’arrivait jamais à se départir totalement des codes d’un cinéma commercial éculé.

L’espoir demeure quand même sur ces prochains opus mais à ce stade l’interrogation est toujours là…Neill Blomkamp arrivera t il a livrer un grand film de SF mature ou se contentera t il de marcher dans les traces d’autres metteurs en scène ultra commerciaux comme Spielberg, JJ Abrams ou Peter Jackson ?

Le troisième film sera déterminant…

La piste aux lapins :

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