« Ma vie avec Liberace » de Steven Soderbergh – critique du Blanc Lapin

Le festival de Cannes a eu la bonne idée de selectionner le dernier film que Steven Soderbergh souhaitait réaliser, après l’avoir selectionné pour son premier il y a 25 ans, « Sexe mensonges et vidéo« , qui remporta la palme et propulsa la carrière de ce stakhanoviste, parfois inspiré, parfois moins.
« Ma vie avec liberace » fait clairement partie du bon coté de sa filmo, même si officiellement il s’agit d’un téléfilm de prestige pour la chaine HBO et non d’un long métrage destiné à une diffusion en salles.

On ne saura jamais si le traitement aurait été moins « académique » dans la réalisation ou si c’est que Soderbergh terminait son métier de éalisateur, pressé d’en finir.
Toujours est il que de la vie du pianiste excentrique de Las vegas, on retient le kitsch certes mais surtout la performance des acteurs. C’est vrai que Michael Douglas est méconnaissable et excellent. Mais son retour après avoir vaincu son cancer, a sans doute éclipsé dans les commentaires le jeu de Matt Damon, tout aussi à contre-emploi et tout aussi notable.

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Passée cette constatation et la richesse de la reconstitution de l’époque ou l’excellence des maquillages, il faut bien admettre que le film est classique, très classique dans sa facture.

Mais il permet de toucher du doigt un précurseur de stars à la Michael Jackson, adepte de la chirurgie esthétique et du contrôle absolu de son image. C’est sans doute l’interet principal du film, cette vision qu’avait lui même ce type de son image publique, malgré sa mégalomanie fascinante. Le fait de ne pas assumer son homosexualité dans une époque de libération des moeurs est assez intéressant et nous renvoie une certaine image des années 70, plus puritaine que le souvenir qu’on voudrait bien en garder.

Et puis le film est surtout une histoire d’amour improbable entre un vieil homme adulé et riche mais terriblement seul et un jeune homme qu’il va acheter et dont il fera son gigolo. Sauf que le jeune homme étant sincere, l’histoire s’en trouve d’autant plus poignante par moments.
Soderbergh arrive à dresser un biopic efficace à défaut d’être surprenant, auquel on pourrait simplement lui reprocher de s’être trop effacé derrière la prestation des acteurs comme Liberace se cachait derrière l’excès de strass et de paillettes. Le film n’est pas fake mais il semble trop maitrisé, trop bien huilé et sans la surprise qui faisait de « Effets secondaires« , son précédent long métrage, un film plus notable à mon sens. Mais ne boudons pas notre plaisir, le film est réussi et vaut d’être vu ne serait ce que pour les acteurs.

La piste aux lapins :

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