« Snow Therapy » de Ruben Östlund – critique du Blanc Lapin

Suite à une avalanche dans laquelle le père prend la fuite, une famille suédoise se trouve confrontée au trauma de la lâcheté et de l’abandon du pater. S’en suivent des vacances compliquées.

A partir d’un évènement anodin, une femme et ses enfants vont donc perdre toute confiance dans le chef de famille, redescendant en 15 seconde de papa parfait et mari beau et fort à un type qui pense avant tout à sauver sa peau avant celle de sa progéniture. Le personnage passe du déni au méa culpa puis à la reconquête de sa virilité face à une famille explosée par ce qui lui arrive. L’égoisme bestial peut primer sur l’instinct paternel, qui d’ailleurs, n’existe peut être pas…Ruben Östlund s’amuse donc avec ironie à dynamiter nos postulats sur la famille. Il déploie alors la palette des réactions, comme si chaque membre de la famille cherchait la bonne…la rancune, l’ignorance feinte, le rejet, la tristesse l’oubli voire le pardon…autant de réactions parfois même forcées auxquelles les personnages croient à moitié.

Le malaise entoure ce film aux paysages superbes qui voit une famille idéale devenir des quasi inconnus les uns pour les autres, perdant tout repère.

Le film est parfois comique et tente même, maladroitement le fantastique…Le problème est qu’à mon avis, le pitch est trop fort pour assurer derrière. Forcément, on trouvera la satire pas assez féroce ou ambitieuse. Et c’est vrai que le film patine plutôt que de glisser sur les pistes.

Le huis clos est parfois bien vu mais très vite la répétition guette et surtout, le film se perd dans un déroulé dont a un peu de mal à comprendre l’objectif.

Pourtant quelques bonnes scènes traversent le film. On y voit le lien futile entre parents et enfants, chacun vivant séparément dans son monde. L’absence de solidarité n’est que le reflet d’un individualisme porté au sommet du mode de vie.

Mais le formalisme est parfois trop étouffant. Le réalisateur ne tombe heureusement pas dans un excès de cruauté attendu mais on aurait souhaité une étude de mœurs plus fine. Or ici le procédé tourne à vide au bout d’une heure et m’a laissé sur ma faim.

La piste aux Lapins :

3 étoiles

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