« Lost River » de Ryan Gosling – Critique du Blanc Lapin

Lost River - film 2014 - AlloCiné

Pour son premier film en tant que réalisateur, Ryan Gosling a choisi d’être extrêmement ambitieux au niveau de sa mise en scène et de sa bande-originale, s’inspirant très fortement des réalisateurs avec qui il a travaillé dont Derek Cianfrance (« The place Beyond the pines« ) ou Nicolas Winding Refn (« Drive« , « Only God Forgives« ).

Cianfrance lui a inspiré la caméra naturaliste qui suit ses protagonistes perdus et paumés dans un quart monde imaginaire et Winding Refn l’esthétisation à outrance et la BO qui va bien, même très bien tout au long du film.

Celles et ceux qui ont détesté l’absence de scénario de « Only god forgives« , sachez le…vous détesterez « Lost river ». Vous le trouverez poseur, vous estimerez qu’il en fait trop, que ses images sont trop léchées, trop belles et qu’il n’ y a pas suffisamment de didactisme.

Moi personnellement j’ai beaucoup apprécié cet effort et je ne l’ai point trouvé élitiste ni démonstratif, juste exigeant. J’aime les films axés sur de la pure mise en scène. Un film peut être réussi avec une histoire des plus simplistes. Or ici c’est le cas. Ryan Gosling instaure un climax pesant au cours d’une première heure qui peut sembler longue pour qui veut voir une histoire balisée. Puis le film décolle avec une poésie morbide.

La violence et le ridicule voire le grotesque côtoient un léger brin de mystérieux, enrobés par les flammes de ces maisons en pleine nuit. C’est beau et pas seulement une démonstration. Le cinéma c’est cela aussi. C’est oser sortir des sentiers battus, c’est oser des choix jusque boutistes et ne pas tomber dans la facilité. Et ce n’est pas de la facilité que de sortir de belles images, de beaux rythmes, un bel enchevêtrement de scènes parfois envoutantes et cauchemardesques. C’est du talent, tout simplement.

Bien sûr le film n’est pas parfait, les personnages auraient pu être plus poussés mais pour un premier film c’est très encourageant. La confusion du récit du début fait preuve de liberté mais sous l’emprise de très bons réalisateurs pour l’inspirer. Visuellement réussi et original, la fascination qu’il provoque reste longtemps dans la rétine. Allié à un récit plus construit, Gosling peut se faire un nom dans la mise en scène.

La piste aux Lapins :

3,75 lapins

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