« Good Kill » d’Andrew Niccol avec Ethan Hawke – critique du Blanc Lapin

Andrew Niccol s’est fait connaitre il y a 18 ans avec « Bienvenue à Gattaca« , mais la suite de sa carrière n’a pas été aussi pertinente que prévue. Il y a bien « Lord of war » qui attira de bonnes critiques mais ses derniers « Time out« , trop lisse ou pire « Les âmes vagabondes« , trop rien, entamèrent sérieusement son crédit.

Avec « Good kill » il retrouve Ethan Hawke et un thème qui lui est cher, celui de la dématérialisation des rapports humains, de l’impact de la technologie sur la déresponsabilisation des individus.

ethan-hawke-in-good-kill Andrew Niccol dans Films - critiques perso

L’hypocrisie qui se cache derrière la guerre via drones et des frappes chirurgicales y est décortiquée de façon didactique certes mais efficace.

Il est facile de s’acheter une conscience en ne faisant plus la guerre sur le terrain mais en ciblant des individus à 10000 m d’altitude dont des civils. La CIA estime que ces civils sont des victimes collatérales et que les Etats-Unis se doivent de sacrifier quelques âmes innocentes pour atteindre le grand objectif, détruire l’ennemi terroriste. Et le 11 septembre excuse alors bien des dérives et bien des crimes de guerre…mais derrière une console, c’est moins prégnant.

Ethan Hawke est parfait avec son regard cassé, lessivé par le fait que d’une part on l’empêche de voler et de piloter un vrai avion de combat et d’autre part par la répétition absurde de ses tirs, dont la justification tient à des ordres souvent flous et parfois purement paranoïaques.

Jusqu’où va l’obéissance à l’armée et où commence la conscience individuelle, la responsabilité ? Est ce que l’éthique doit être bannie au nom d’intérêts supérieurs lorsque ces derniers semblent décorrélés de toute réalité objective. Andrew Niccol s’intéresse au trauma de son personnage principal et aux ravages de cette systématisation du meurtre à distance. Le film n’est pas forcément antimilitariste, il est juste désabusé sur les idéaux et leur manipulation.  On retrouve le décalage aseptisé du monde dans lequel évolue le personnage et ce qu’il ressent au plus profond de lui, comme dans Gattaca.

Aucune scène ne tombe dans le spectaculaire ou le tir larmes inutile mais parfois, les scènes peuvent être redondantes. Le jugement peut quant à lui sembler facile et à charge uniquement, sans beaucoup de nuances. C’est peut être la limite de ce bon film sur un sujet original.

La piste aux Lapins :

3 étoiles

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