« Poésia Sin Fin » d’Alejandro Jodorowsky – critique du blanc lapin

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J’avais adoré « La danza de la realidad« , il y’a deux ans, petit bijou surréaliste d’un des auteurs fous des années 70  revenu avec une vivacité qui force le respect à 83 ans! Le film est magnifique de poésie, de burlesque, d’imaginaire, à en faire pâlir de jalousie bien des jeunes réalisateurs moins inspirés.

Poésie sans fin est donc la suite chronologique de la biographie fantasmée de son auteur, le grand Jodorowsky.

On y suit les début d’Alejandro dans le monde mainstreem des artistes chiliens alors qu’il quitte l’adolescence et vole de ses propres ailes.

Le style reste le même, introduisant des décors de cartons pâte, des personnages symboliques, des réflexions sur le rapport au père, à la création, dans un grand délire visuel.

Hélas, la recette fonctionne un peu moins bien. Peut erre parce qu’on a du mal à croire qu’Alejandro tombe sous le charme de cette artiste, la vipère, qui ressemble plus à un drag queen sur le retour qu’à une femme fatale. C’est imagé certes mais le personnage est trop brusque pour emporter l’empathie. L’ami poète est en revanche parfaitement choisi. En revanche, la bande de copains fait trop fake et la naine vient perturber le récit, qui a déjà perdu de son intérêt. En fait Jodo loupe ce qu’il avait réussi dans le précédent, à savoir nous émouvoir aux larmes et nous faire rire aux éclats. Dans Poésie sans fin il y a curieusement moins de poésie que dans La Danza de la realidad. Et c’est sans doute lié à quelques personnages plombants et une dynamique moins drôle.

Il serait tout de même dommage de rester sur cette déception, le film comportant de nombreuses trouvailles géniales et le coup d’être vu assurément à la suite de la danza.

La conclusion du film sur ce qu’un père apporte dans son éducation, involontairement, par ses manques et les oppositions qu’il provoque chez son fils, est la scène déchirante du film. J’aurais aimé trouver la même intensité tout du long. Mais déjà qu’une œuvre aussi ambitieuse trouve les cinémas c’est déjà beaucoup.

La piste aux lapins :

3 étoiles

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