« Un jour dans la vie de Billy Lynn » de Ang Lee – critique du Blanc Lapin

Je suis plutôt admirateur du cinéma d’Ang Lee, un cinéaste intelligent et fin qui a su quitter Taiwan assez rapidement après ses très bons  « Sucré salé » et « Garçon d’honneur » pour devenir un artiste majeur de l’industrie hollywoodienne avec « Raison et sentiment« , « Ice Storm« , « Tigre et Dragon« , « Le secret de Brokeback mountain » ou « L’odyssée de Pi« .

Avec « Un jour dans la vie de Billy Lynn« , le cinéaste s’intéresse à la permission de héros de guerre revenus du combat en Irak, en 2004, qui qui vont être utilisés le temps d’un match de foot comme faire valoir patriotique, à 10.000 lieues de l’enfer qu’ils vivent et du quotidien des ces américains moyen venus voir du spectacle. Il arrive plutôt bien à montrer la propagande et le décalage complet entre une population crédule qui croit aux armes de destruction massive et aime de forger des héros, et ces jeunes gens déracinés à qui on n’offre que de rentrer l’espace d’un instant dans l’industrie du spectacle avant de les renvoyer dans une guerre sans queue ni tête.

Le problème de ce type d’histoire est qu’en fait, on l’a déjà vue…on a déjà vu cette critique de l’hypocrisie médiatique, du pain et des jeux, et souvent, en mieux.

Ang Lee capte avec talent la solitude de ce jeune personnage puceau qui risque de repartir mourir dans un combat absurde après avoir été montré en vitrine. Mais il manque quelquechose au scénario pour que le film de distingue véritablement et accède à un niveau de lecture plus ambitieux. Toujours habile dans le changement de style, Ang Lee n’arrive cependant pas à émouvoir comme il a pu le faire à d’autres occasions.

Mais il réussit à croquer certains personnages fascinants par leur manque de personnalité, que le système politique américain créé de lui-même. Le personnage de Kirsten Stewart est la seule a avoir un minimum de recul tandis que la jeune pom pom girl fascinée par le héros est d’une bêtise sans nom, aveuglée par ce qu’on lui a inculqué de patriotisme aveugle depuis son enfance. Ang Lee arrive a capter le consumérisme et la superficialité de l’Amérique d’aujourd’hui, où la guerre est bien réelle mais noyée dans un intertainment beauf.

Le film aurait juste mérité davantage de finesse d’analyse et plus de virtuosité dans l’exposition de ses personnages. Le film est un peu trop conformiste même si il reste un bon film au demeurant.

La piste aux lapins :

3 étoiles

 

 

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