« The Young Lady » de William Oldroyd – critique du Blanc Lapin

En 1865, une très jeune femme devient l’épouse d’un Lord anglais irascible et  qui la délaisse. Elle doit subir également les remontrances de son beau-père, encore plus ignoble.

Mais par un coup de chance, les deux vont s’absenter et elle va tomber amoureuse d’un jeune palefrenier qui travaille sur le domaine. C’est alors qu’elle va vouloir recouvrer son indépendance.

Et le moins qu’on puisse dire, c’est que la petite victime des premiers plans a du caractère et une morale toute relative. Le film suit donc l’émancipation d’une femme dont le destin qui l’attend est juste un enfer sur terre. Le metteur en scène choisit l’économie de mots afin de filmer cette aristocratie hypocrite de seconde zone, enferrée dans ses codes en total décalage avec l’envie de vivre de la jeune femme. La caméra se déplace gracieusement,  comme pour respecter cet équilibre des choses qui ne doit surtout pas changer.

Mais bien qu’austère et âpre dans sa vision victorienne du quotidien, le huis clos devient vite violent et définitif, surprenant par sa radicalité et surtout celle du personnage principal. C’est à la fois drôle et glaçant et bien qu’amoral, on y prend un plaisir coupable face à la bêtise des petits tortionnaires qui ont une vue bien trop haute de leur propre personne et du rapport homme-femme ou même du rapport de classe.

Florence Pugh nous joue une Madame Bovary rock’n roll qui détonne avec le reste du cadre et c’est très surprenant.

Le film dérange par l’empathie qu’il provoque pour ce personnage froid tout autant qu’il distrait par l’incertitude de son issue.

La piste aux Lapins :

3,5 lapins

 

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