« On the Milky Road » d’Emir Kusturica – critique du Blanc Lapin

Après 10 ans d’absence et presque 20 ans après son dernier chef d’oeuvre, « Chat noir, chat blanc« , le maitre serbe revient enfin ! Si la presse est divisée et que Kustu a perdu sa place de chouchou des critiques, il n’a rien perdu de son univers, bien au contraire.

C’est vrai qu’un réalisateur à l’univers fort et reconnaissable immédiatement, c’est non seulement assez rare (Terry Gilliam, Guillermo Del Toro, Tim Burton, Wes Anderson, David Lynch, Wong Kar Wai, Pedro Almodovar…) mais surtout, çà ne vieillit pas toujours très bien.

« On the Milky Road » n’est pas au sommet de la carrière de Kusturica mais il convoque un imaginaire débordant et oh combien salvateur dans une époque si normée. Ses délires sont peut être moins jouissifs mais tout autant désespérés, autour de personnages hauts en couleurs qui boivent et font la teuf en plein milieu des bombardements.

C’est surtout que son film est plus tendre, plus porté sur une belle histoire d’amour impossible que la folie suicidaire d’ « Underground » ou la contemplation et les délires du « Temps des gitans ». Mais l’esprit est le même.

J’ai adoré replonger dans cet univers où le fantastique s’immisce dans la nature, permet aux mariées de voler et aux héros de jouer à saute moutons avec des explosifs.

C’est délirant sans l’être trop, d’une créativité jouissive, souvent très poétique et c’est déjà beaucoup.

Non, Kusturica vit encore et il en a sous la pédale et c’est sans doute l’une des excellentes nouvelles de cette année ciné.

La piste aux Lapins :

4 étoiles

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