« Mise à Mort du Cerf Sacré » de Yórgos Lánthimos – critique du Blanc Lapin

Yórgos Lánthimos avait trouvé un public plus large avec son « The lobster » dont le pitch décalé avait intrigué bien des spectateurs mais qui pour ma part m’avait laissé quelque peu sur ma faim du fait d’une seconde partie tournant un peu à vide.

Avec ce « Mise à Mort du Cerf Sacré« , Lánthimos retrouve Colin Farrell, qui décidément excelle dans le quasi non jeu et s’offre Nicole Kidman, elle aussi d’une froideur et d’une distance assez étranges.

Avec ce jeu désincarné, le réalisateur met en place un univers suscitant le doute et la curiosité dès le départ. Steven, brillant chirurgien, a tout pour être heureux puisqu’il est marié à Anna, ophtalmologue, avec leurs deux enfants Kim, 14 ans et Bob, 12 ans. Depuis un temps non défini au départ, Steven voit régulièrement Martin, en secret et s’occupe de lui car il a perdu son père, que Steven a opéré et qui est décédé au cours de l’opération.

Le film instaure un malaise assez rare tant il va loin dans sa logique absurde et sa paranoïa fantastique. A tel point que si le réalisateur réussit davantage cet opus en tenant en haleine le spectateur jusqu’au bout, il risque de déplaire à pas mal de monde tant la violence psychologique est forte.

J’avais ressenti un malaise assez proche avec le terrible « Funny Games » de Mickael Haneke.

L’esthétique glaçante du film et le sens immuable de son récit sont relativement éprouvants et ne font pas du long métrage un film facile.

La destruction de cette famille parfaite s’effectue avec horreur devant nos yeux. Un film étouffant mais réussi.

La piste aux Lapins :

3,5 lapins

 

 

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