« A Ghost Story » de David Lowery – critique du Blanc lapin

Le réalisateur du très bon « Les amants du Texas« , sorti en 2013, retrouve son duo d’acteurs, Rooney Mara et Casey Affleck pour un film concept sacrément gonflé.

En effet, on va suivre durant 1h32 l’histoire d’un fantôme, celui du personnage d’Affleck, sachant que ce dernier porte un drap blanc sur la tête et qu’il ne parle pas. Il est totalement muet, passif et spectateur du temps qui passe. Au début on suit le couple, le vrai avant que l’homme ne meurt dans un accident puis à partir de la « renaissance », on quitte le monde des vivants, que l’on observe en témoin.

Cette idée est excellente car elle permet de mesurer le temps qui passe, le deuil de sa femme qui évolue puis la pousse à partir tandis que le spectre reste attaché au lieu.

Les idées sont nombreuses tout en laissant le temps faire son œuvre, comme quant Rooney Mara mange une tarte pendant 4 minutes et c’est long à l’écran mais c’est le seul moyen d’exprimer sans les mots ce qui ne tourne pas rond chez son personnage.

Le film peut donc sérieusement ennuyer certains, abreuvés qu’ils sont de zapping et d’immédiateté. Mais si on se laisse convaincre que cet exercice n’est pas que drôle, alors le sentiment de poésie et de profonde nostalgie s’éprendra peut être de vous.

Il est rare de voir l’écriture d’un film aussi libre, naïve et innocente. Le minimalisme du rendu est non seulement étrange mais redoutablement efficace dans ses réflexions sur la vie et ce sans aucun mot du « personnage » principal. Le cycle de la vie y est observé avec suffisamment d’ironie et de tendresse pour donner à prendre un recul salvateur et bienveillant.

La piste aux Lapins :

3,5 lapins

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