« Wonder Wheel » de Woody Allen – critique du Blanc Lapin

Décidément, lorsque le maitre New-Yorkais remonte le temps, ceci lui sied à merveille. Après son très bon « Café Society » il y a deux ans, Woody décide de planter son décors à Coney Island, dans les années 50 et il le fait de façon théâtrale. Car oui, « Wonder Wheel » est un hommage au théâtre des plus brillants. Il suit Giny, cette femme serveuse à la vocation d’actrice ratée par un mauvais choix de vie, qui se retrouve vivre avec un homme ex alcoolique qu’elle n’aime pas, en plein milieu d’une fête foraine perpétuelle qui lui donne des mots de tête. Elle est malheureuse et sans perspective.

Là, Giny, malgré son caractère de star déchue lunatique qui voit tout en noir, rencontre un bel homme, écrivain en devenir, poète, interprété par un Justin Timberlake au cordeau. Sauf que leur passion va se trouver vite contrariée par la fille de l’époux trompé, pulpeuse blonde à la vie bien plus trépidante que sa belle-mère quarantenaire, poursuivie par la mafia soit un enjeu bien plus romantique pour le jeune homme. Au milieu de ce drame, Allen n’oublie jamais son humour incongru avec notamment ce gamin, ce fils indéfectiblement pyromane.

Kate Winslet, qui interprète cette Giny tantôt insupportable tantôt pathétique, nous prouve  encore une fois qu’elle est l’une des plus grandes actrices de sa génération, convoquant la Vivien Leigh de « Un tramway nommé désir » dans un hommage à peine voilé. Et voir surgir l’immense Tennessee Williams  chez Woody Allen, c’est plus surprenant que d’y voir cité et référencé Tchekhov, son autre source d’inspiration de « Wonder Wheel ».

Kate Winslet est juste prodigieuse et magistrale dans cette perdition d’une femme qui a cru être sauvée et se voit de nouveau happée par les fantômes de ses échecs.

Le hasard et le destin sont particulièrement cruels dans cet opus de Woody Allen mais le film est au final l’un des meilleurs de ses dernières années. Un excellent cru.

La piste aux Lapins :

4 étoiles

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