« Hostiles » de Scott Cooper – critique du Banc Lapin

Scott Cooper est l’un des excellents réalisateurs américains découvert ces dix dernières années. De son Crazy Heart avec Jeff Bridges, de son très beau Les Brasiers de la Colère avec Christian Bale à son Strictly Criminal où Johnny Depp retrouvait un rôle en or, à chaque fois sa direction artistique s’avérait d’une très grande finesse.

Ici le réalisateur s’attaque à une genre protéiforme dans l’histoire du cinéma américain, le Western.

Si ce n’est que là où son film est de facture classique dans sa mise en scène, toute la nuance vient de l’écriture des personnages. Christian Bale est comme toujours brillant dans le rôle de ce capitaine, héros de guerre ayant massacré des indiens et qui va peu à peu revenir sur cette déshumanisation qui a détruit sa vie peu à peu.

Alors qu’on lui confie le rôle de mener Yellow Hawk, chef de guerre Cheyenne mourant, sur ses anciennes terres tribales, ce dernier va se trouver confronté à ses fantômes. En premier lieu il sauve une femme dont la famille s’est faite massacrer par les Comanches, à laquelle  Rosamund Pike donne une incarnation troublante. Puis ils vont survivre dans cet univers sans pitié où la mort frappe aveuglément jeune comme vieux, homme comme femme et enfants. Cette vie d’une dureté sans nom, que tout le groupe a connu et qui va s’abattre de nouveau au cours de leur voyage, va façonner une remise en question des préjugés des uns et des autres.

« Hostiles » est un magnifique film sur la rédemption, le remords, le pardon et l’instinct de vie.

Scott Cooper développe son récit avec une pudeur et une retenue rares qui donne au film un panache, au-delà de la superbe photographie du long métrage. En plus d’être un spectacle certes violent mais au suspens bien réel, le film a une autre dimension, mélancolique.

Il y a autant de styles de westerns que de réalisateurs différents s’y étant attardés. Bien souvent je subis de la part de spectateurs leurs a priori sur le western alors même qu’il est totalement faux de parler d’un genre. Celui que nous livre Scott Cooper est d’une profonde humanité, d’un regard triste sur la condition humaine et l’absence de limites dans l’horreur. C’est aussi un long métrage profondément poignant à plusieurs reprises, qu’il nous montre ces soldats vidés de leurs sentiments ou au contraire ces indiens déracinés qui arrivent à communiquer quand même avec l’envahisseur.

La fin du film est l’une des plus belles que j’ai vues depuis longtemps (hormis celle de Call me by your name), d’une classe folle qui bouleverse par sa justesse et son absence de didactisme.

Un grand film humaniste, épique et flamboyant.

La piste aux Lapins :

4 étoiles

 

 

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