« L’île aux chiens » de Wes Anderson – critique du Blanc Lapin

Wes Anderson est l’un de mes réalisateurs chouchous pour son univers reconnaissable entre mille, empli de nostalgie pour l’enfance et d’un humour décalé entre l’absurde et le livre d’images pour enfants. Son « Fantastic Mr. Fox« , première incursion dans l’animation en stop motion (image par image) de marionnettes avait ravi critiques et fans tant son univers s’y trouvait transcrit de manière épique et drôle.

Avec « L’île aux chiens« , il retrouve une seconde fois cette technique pour rendre vivants des toutous que le vilain maire d’une grande ville japonaise a parqué sur une île à cause du virus qui les affecte. Son neveu décide lui d’aller récupérer son chien Spots. Son avion s’écrase sur l’île et il va tomber sur une bande de chiens, des mâle Alpha qui vont l’accompagner dans sa quête.

Ces explorateurs canins sont immédiatement empathiques avec leurs cas de conscience typiques du cinéma d’Anderson. Ce qui frappe, c’est cette histoire perchée, emplie de folie douce et très très loin du cynisme ambiant qui traverse souvent les comédies. Ici, l’histoire est tendre sans être mièvre, marrante sans être sombre. L’esthétisme du film est assez bluffant, regorgeant de trouvailles comme ce mélange de 2 D et de marionnettes selon que nous avons à faire à des retranscriptions télévisuelles ou à la vraie vie.

Le film a surtout un rythme assez soutenu qui empêche toute baisse de régime. Le propos est humaniste, écologique et étonnamment politique. La poésie qui se dégage de l’ensemble du long métrage est aussi touchante que celle qu’on pouvait ressentir dans « Moonrise Kingdom« .

La fantaisie et l’originalité se font reines à travers ces êtres inanimés auxquels Wes Anderson et ses équipes ont donné une incroyable dose d’humanité et de souffle canin.

La mélancolie d’Anderson frappe encore avec justesse et éblouit le long métrage qui s’avère un excellent opus de sa filmographie.

La piste aux Lapins :

4 étoiles

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