« Blindspotting » de Carlos Lopez Estrada – critique du Blanc Lapin

Le pitch : Encore trois jours pour que la liberté conditionnelle de Collin prenne fin. En attendant de retrouver une vie normale, il travaille comme déménageur avec Miles, son meilleur ami, dans un Oakland en pleine mutation. Mais lorsque Collin est témoin d’une terrible bavure policière, c’est un véritable électrochoc pour le jeune homme. Il n’aura alors plus d’autres choix que de se remettre en question pour prendre un nouveau départ. 

Je n’avais pas du tout prévu de voir ce film et c’est en tombant sur une énorme affiche au Mk2, remplie de citations critiques enthousiastes, que j’ai décidé de tenter le coup. Et ce fut une excellente initiative car « Blindspotting » mérite tout le bien qu’on en dit visiblement depuis Sundance.

Le film traite de ce que c’est qu’un ghetto et du déterminisme social qui veut que lorsqu’un black nait dans ce milieu aux Etats-Unis, sa chance de réussite est clairement plus faible que celle de se faire butter par un flic un peu trop sensible de la gâchette.

Là où le film est très très fort, c’est qu’il opte pour un ton déconnant, adoptant des effets de style entre clip et série pour ados pour mieux abandonner tout effet et livrer des scènes poignantes et flippantes de justesse. Les deux acteurs sont très attachants.

Ce rythme cool et cet humour de tout instant font mouche mais n’en enlèvent pas moins toute la force du propos. C’est un peu comme si la surprise permanente du réalisateur était le maitre-mot du film afin d’éviter les nombreux poncifs qui s’annonçaient à lui.

Les digressions sont nombreuses mais ont toute la même finalité, celle de dresser un tableau complexe des liens entre classe et entre race dans l’Amérique d’aujourd’hui.

La piste aux Lapins :

4 étoiles

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