« J’accuse » de Roman Polanski – critique du Blanc Lapin

J'accuse : Affiche

Voici enfin le film sur l’affaire Deyfus que Roman Polanski tente de réaliser depuis une dizaine d’années. Sa thématique retentit selon lui avec sa propre histoire et ce qu’il estime comme un harcèlement à son encontre. Loin de vouloir polémiquer sur ce sujet, n’étant ni juge moral ni  partisan d’une différentiation totale et aveugle entre la vie d’un auteur et son œuvre, je ne saurais que vous renvoyer vers cet excellent article publié sur Ecran Noir, qui résume bien le dilemme et les réactions possibles à avoir : voir ou ne pas voir J’accuse.

Polanski signe un grand film en s’intéressant aux dessous de cette célèbre affaire qui bâtit et triât certaines idéologies à la gauche de l’échiquier politique français pour le siècle suivant. L’antisémitisme latent et pas du tout caché présent dans l’armée, l’appareil d’Etat et le peuple est alors très virulent.

Le maitre choisit de raconter l’enquête de l’intérieur menée parle colonel Picqart, interprété sobrement par Jean Dujardin. Cette figure du héros moralement droit sans ses botes impose le respect par son courage et la machine  qu’il a dû affronter pour ses valeurs et l’idée de l’Etat qu’il se faisait lui-même.

Le réalisateur nous livre un film historique à suspens, très bien découpé et réalisé avec rigueur et âpreté.

Les évènements qui ont jalonné l’affaire Dreyfus sont incroyables et Polanski en tire tout l’aspect cinégénique évident, dans une ambiance paranoïaque fidèle à l’ensemble de sa filmographie.

Le casting est impressionnant et au service de cette grande histoire nationale.

A 85 ans, Roman Polanski réalise de nouveau un grand film soigné là où on pensait l’avoir perdu sur ses dernières tentatives.

La piste aux Lapins :

4 étoiles

 

 

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