« The Irishman » de Martin Scorsese – critique du Blanc Lapin

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Voici donc LE film, l’évènement de fin d’année à savoir un vrai film de cinéma du maitre Martin Scorsese qui sort sur Netflix et exclusivement sur Netflix. La plateforme aurait déboursé environ 150 M de dollars pour réunir Robert de Niro et Martin Scorsese 24 ans après Casino, leur dernière collaboration ensemble.

Mais le budget a explosé par le rajeunissement numérique de plusieurs acteurs. Si on sent bien que la technique n’est pas au point pour rajeunir de façon crédible des acteurs jusqu’à de jeunes âges, elle fonctionne pour ce rajeunissement limité à un âge d’environ 4o ans.  C’est certes perfectibles mais très honnêtement, l’artifice ne gène pas le visionnage.

Au delà de cette prouesse, Martin Scorsese renoue avec l’un de ses genres majeurs, le film de mafieux et retrouve également Harvey Keitel et Joe Pesci. Ce dernier surprend par son rôle calme de vieux parrain loin des excités qu’il a joués dans Casino et Les Affranchis. Il est excellent et rendons grâce à de Niro d’avoir convaincu son copain de revenir faire un dernier tour de piste. Pour notre plus grand plaisir de cinéphile, De Niro retrouve un rôle en or de tueur à gage pour la mafia qui va gravir les échelons. Son personnage est à la fois un exécutant qui ne se laisse pas dévier sentimentalement mais aussi un père raté et un homme qui s’attache à Jimmy Hoffa, le patron des syndicats. Pour l’incarner, un autre monstre sacré joue pour la première fois de sa carrière pour Martin Scorsese. Le concurrent et ami de de Niro débarque donc et Al Pacino nous livre, à 79 ans, une immense prestation, celle d’un homme bulldozer que jamais personne n’a arrêté et qui s’aveugle dans son passé tout puissant.

L’élégance crépusculaire de ce 25ème long métrage de Scorsese est envoutante. Et pourtant le film dure 3h29 ! Alors certes, il aurait pu faire plus court mais sincèrement jamais l’ennui ne pointe tant Scorsese tient son film, ses acteurs et son histoire. Et puis le maitre nous dit adieu, non à son cinéma car on espère qu’à 77 ans, il a encore une dizaine d’années devant lui pour livrer quelques autres bon films. Mais il dit adieu à un genre de films qu’il a modernisé et popularisé et à qui il a livré plusieurs chefs d’œuvres, Mean Streets, Les Affranchis ou Casino.

On parle de film testament parfois, là effectivement, ceci y ressemble furieusement et la bande de potes qui a conquis Hollywood nous livre une sortie très classieuse.

Si le film n’est pas pour autant un sommet de la filmographie du maitre, notamment pour sa fin quelques peu alambiquée ou parfois sa durée, on gardera The Irishman comme un de ses très bons films, dont les personnages marquent de leur singularité., avec un talent de mise en scène toujours au sommet.

La piste aux Lapins :

4 étoiles

 

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