« Les filles du Docteur March » de Greta Gerwig

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Cette 4ème adaptation du roman « Les quatre filles du Docteur March » comportait à peu près tout pour me désintéresser dont le côté gentillet de l’histoire et son happy end super relou. Mais c’était sans compter sur Greta Gerwig, qui au delà d’être une excellente actrice, s’est transformée en réalisatrice de talent avec Lady Bird. L’épouse et muse de Noah Baumbach (Marriage Story, Frances Ha) a un don pour l’empathie qu’elle donne à ses personnages, il est vrai joués par de jeunes et talentueux comédiens. Elle retrouve sa fidèle et hyper douée Saoirse Ronan en garçon manqué au caractère combatif et bien trempé et offre un rôle plus effacé à Emma Watson, et un rôle empli de contradiction à l’excellente Florence Pugh (the Young Lady).

On suit la fin de leur adolescence où l’argent n’est pas toujours là et comment une famille de femmes se sert les coudes, avec un casting de seconds rôles brillant composé de Meryl Streep et Laura Dern, décidément très en forme depuis son rôle dans Big Little Lies. Et puis il y a Timothée Chalamet, le chéri des jeunes femmes, qui cartonne depuis Call me by your name (on le verra cette année dans le Dune de Denis Villeneuve et dans The French Dispatch de Wes Anderson). Et il faut bien l’avouer, il joue super bien et il est balaise le gamin. Son personnage est à la fois agaçant et très touchant. C’est un peu le cinquième March du film.

Au delà de cette excellente direction d’acteurs, Greta Gerwig axe son film sur le combat de jeunes femmes pour avoir des droits, celui de gagner sa vie, d’être indépendantes et de ne pas que dépendre des hommes et du mariage à l’époque de la Guerre de Sécession. Cette relecture est pertinente et justifiée car elle est incroyablement moderne et prend du recul sur ce qui a été accompli et ce qu’il reste à accomplir pour l’égalité des sexes. Et puis évidemment elle narre cette fin de l’enfance, lorsque l’on doit faire des choix, se prendre en main et se jeter dans le grand bain, sur une thématique proche du premier film de la réalisatrice, Lady Bird. La nostalgie du cocon et la difficulté de s’en couper sont brillamment retranscris.

La tendresse de la réalisatrice pour ses personnages et l’intelligence des thématiques qu’elle pousse masque en partie mais pas totalement le côté plombant des valeurs morales du livre. Il n’en reste pas moins un film féministe d’une grande fraicheur pour débuter cette année 2020.

La piste aux Lapins :

3,5 lapins

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