« Le Cas Richard Jewell » de Clint Eastwood – critique du Blanc Lapin

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L’immense légende hollywoodienne qu’est Clint Eastwood défie les lois de la nature et sort à nouveau un long métrage à bientôt 90 ans, un an après son précédent, ne perdant pas son rythme et sa façon de filmer plus vite que son ombre.

Si j’adore le Eastwood des Westerns spaghetti de Sergio Leone, ses chefs d’oeuvre de réalisateur des années 70-80 (Honkytonk Man,  Josey Wales hors la loi,  Bronco Billy, Bird, L’Homme des Hautes Plaines et Pale Rider), sa maturité et sa finesse des années 90 (Impitoyable, Sur la route de Madison, Un monde parfait, Minuit dans le jardin du bien et du mal, Mystic River), son passage des années 2000 s’est fait plus balourd même si parfois avec de bons résultats aux traits plus grossiers (Million Dollar Baby, Gran Torino), parfois plus sobres (Mémoires de nos pères et Lettres d’Iwo Jima, Sully, American sniper) parfois trop classique (L’Échange) ou franchement lourd niveau bon sentiments et/ou patriotisme sans aucun second degré (Space Cowboys, Au-delà, Invictus, Le 15h17 pour Paris).

Bref, Eastwood est un républicain convaincu et parfois sa raideur donne des films un peu trop simplistes sur la vision du bien et du mal ou héros ordinaire américain.

« Le Cas Richard Jewell » est en ce sens un film sur cette thématique. Il est bien réalisé, plus sobre et émouvant sans en faire des caisses. Il est porté par un excellent trio d’acteurs, Paul Walter Hauser, Sam Rockwell, Kathy Bates.

Cette émotion n’est pas si fréquente chez Eastwood et s’explique par sa profonde empathie pour ce mec simple, qui fait son boulot et qui après avoir sauvé des vies se trouve empêtré dans une enquête du FBI qui cherche un coupable parfait. Les agents du FBI comme les média sont passés au chalumeau, Eastwood les montrant comme capables d’orienter l’enquête et d’être absolument pas impartiaux. On se demande du coup si cet angle n’est pas exagéré tant les personnages semblent caricaturaux.

Sa mise en scène est simple et humble et arrive à porter cette histoire avec suspens et révolte contenue contre un excès de pouvoir donné à quelques individus.

Son cinéma est épuré et classique et le film ne tombe donc pas dans la mauvaise catégorie des vingt dernières années.

Le côté histoire vraie renforce l’impact. Un bon cru et on l’espère pas le dernier car Clint vivra encore longtemps!!!!

La piste aux Lapins :

3,5 lapins

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