« A Sun » de Mong-Hong Chung – critique du Blanc Lapin

Résultat de recherche d'images pour ""A Sun" de Mong-Hong Chung"

Résultat de recherche d'images pour ""A Sun" de Mong-Hong Chung"

Surprenant que Netflix diffuse ce type de film, comme quoi la plateforme diversifie son offre et ne pense pas qu’aux séries de qualités diverses ou aux gros films d’auteurs.

Je viens donc de découvrir un nouveau grand nom du cinéma asiatique. Mong-Hong Chung est taïwanais, il n’est pas à son premier long métrage mais ses films ne traversaient pas les océans. Merci donc à la plateforme au N rouge.

Car je me suis pris une vraie claque de cinéma avec cette histoire de famille déchirée par un drame, qui va se déconstruire et se reconstruire sous nos yeux.

Ne vous fiez pas aux 2h30 de durée, ils passent très vite tant le talent de mise en scène rappelle les plus grands, de la finesse de Wong Kar Wai et l’action plus énervée des grands réalisateurs sud coréens.

Le film fascine dès ses premières minutes lorsque le jeune cadet de la famille participe à une vengeance auprès d’une petite frappe. Il se retrouve emprisonné pour trois ans. Sauf qu’il vient de mettre enceinte une gamine de 15 ans, que sa mère tente comme elle peut de gérer, que son frère ainé, beau et intelligent est le chouchou du père qui méprise son autre fils qu’il considère comme un raté…ambiance.

A cette histoire de famille qui s’est construite sur des déceptions, une absence de dialogue, des culpabilités, va se rajouter tour à tour un fantôme, un thriller noir, une histoire de rédemption et d’acceptation, et au final un chemin vers la lueur.

Mong-Hong Chung a une immense tendresse pour ses personnages auxquels on s’attache immédiatement, qu’ils soient dans l’aveuglement, la violence stérile ou qu’ils soient paumés.

Peu à peu les fils entre eux vont se démêler et devenir d’une limpidité confondante, d’une beauté assez remarquable. A de nombreuses reprises l’émotion arrive là où on ne l’attend pas, avec sobriété mais avec l’effet que font les grands films, ceux qu’on ne voit pas venir et qui vous emportent.

Les messages du film sont universels et au final d’une grande simplicité. Mais aussi A sun reste un objet de cinéma divertissant malgré l’alternance de minimalisme formel et de ruptures émotives qui prend garde à ne jamais laisser le spectateur se perdre. Il prend certes le temps de décrire les relations et d’instaurer une ambiance très particulière formée de tension et d’espoir. Mais il ne prend pas trop le temps, usant d’ellipses et d’effets d’accélérateurs de l’histoire pour éviter au spectateur de s’appesantir et l’accrocher à l’étape d’après.

Œuvre à l’esthétique parfois radicale, A Sun use parfois de violence graphique mais toujours au moment opportun, jamais pour de l’esbroufe. A Sun alterne le romanesque et d’autres genres de cinéma avec une fluidité étrange.

Forcément, après ce coup de maitre, je ne peux qu’avoir envie de voir ce que Mong-Hong Chung nous réservera pour la suite de sa carrière.

La piste aux Lapins :

4,5 lapins

Laisser un commentaire