« The Dig » de Simon Stone – critique du Blanc Lapin

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Netflix nous sort de belles productions de films d’auteur en ce début d’année 2021 et ceci permet de combler pour un temps la fermeture des salles. Si la plateforme au N rouge avait l’habitude depuis 3-4 ans de sortir de gros films d’auteurs en fin d’année (Marriage story de Noah Baumbach, The Irish Man de Martin Scorsese, Roma d’Alfonso Cuaron, La Ballade de Buster Scruggs des frères Coen, Les deux papes de Fernando Meirelles, Mank de David Fincher) pour ravir des prix en festivals ou aux Oscars, elle avait moins l’habitude de sortir des films moins hype mais d’auteur. « The Dig » de Simon Stone est typiquement une excellente surprise.

Son casting mené par Ralph Fiennes, Carey Mulligan et Lily James est au diapason d’une histoire pas banale de fouille archéologique. Une riche veuve engage un archéologue amateur pour exhumer une sépulture dans sa propriété. Ils découvrent alors un ancien navire funéraire saxon et son trésor qui pourrait bouleverser l’histoire de l’humanité. Ensemble, ils doivent se serrer les coudes face au British Museum qui entend bien s’emparer du vaisseau en prétendant l’avoir découvert.

A première vue le thème comme la longueur du film (1h52) pourraient rebuter. Sauf que le film ne laisse pas place à l’ennui, d’abord jouant du jeu de chasse au trésor puis du devenir des fouilles avec l’échéance omniprésente d’une guerre sur le point d’être déclenchée contre l’Allemagne Nazie.

Le personnage de Ralph Fiennes est touchant de justesse et de sobriété, renvoyant à la passion d’un homme envers et contre tout et surtout contre les préjugés de classe sociale. Mais mieux que celà, The dig s’intéresse à ses personnages secondaires qui sont tous très bien écrits, avec une grande finesse psychologique. Le film dépeint un monde à son crépuscule, juste avant l’horreur, porté tout de même par la lueur d’une humanité qui se renforce en redécouvrant son passé, son histoire même enfouie depuis des siècles sous des monticules de terre. Carey Mulligan, qui est bien trop rare à l’écran, apporte toute sa fébrilité et la force de caractère d’un personnage dont c’est le dernier combat, un combat pour la mémoire et pour la fierté de son fils, et forcément, c’est très beau.

La quête du film est également une forme de résilience face aux tragédies de l’histoire, au fait que l’humain se passe de génération en génération une passion. Ici c’est l’archéologie, qui permet aux hommes d’aujourd’hui de relativiser leur monde en regardant la culture de précédentes civilisations grâce aux témoignages qu’elles ont caché involontairement et à la conviction des hommes et femmes qui les sauvent de l’oubli.

The dig est donc un film assez universel et qui peut toucher le plus grand nombre par ses diverses thématiques enveloppées avec soin, sans lourdeur, sans démonstration abrupte, juste en racontant une histoire de découverte de trésor et en y adjoignant plusieurs caractères qui se cherchent et se trouvent autour d’un projet noble.

Une très belle réussite.

La piste aux Lapins :

3,75 lapins

 

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