« Lovers Rock » (anthologie Small Axes) de Steve McQueen – critique du Blanc Lapin

Small Axe: Lovers Rock (TV) (2020) - Filmaffinity

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Second long métrage ou plutôt moyen métrage de Steve McQueen dans son anthologie Small Axes sur la population antillaise de Londres (disponible sur Salto à compter du 26 février 2021), « Lovers Rock » est un film qui aurait mérité une sortie ciné. Pour moi ce n’est pas un épisode de série puisque c’est une histoire unique, un moyen métrage d’1h10 et c’est une réussite totale.

J’avais été déçu par le premier film, Mangrove, qui par son classicisme souffrait la comparaison avec d’autres films de procès.

Mais avec ce film,  Steve McQueen ne se laisse pas enfermer dans un genre et se sent beaucoup plus libre dans son talent de mise en scène.

Il va nous raconter cette communauté, en 1980, à travers une soirée organisée dans un squat par des Dj et va nous conter l’histoire d’une rencontre amoureuse.

Cette fois-ci il n’est pas politique dans les dialogues mais la force du film est bien plus forte. Il arrive à recréer une ambiance et à nous immerger totalement dans une ambiance, avec un minimum de dialogues et un maximum de musique, excellente au demeurant !

« Lovers Rock« est un film envoutant, qui porte à la fois le témoignage d’une jeunesse en quête d’identité et de liberté, mais aussi une culture, un milieu à un instant donné de l’histoire et c’est criant de vérité.

Le résultat est bluffant tout en étant d’une sensibilité incroyable via ce personnage d’une grande fragilité entouré d’autres jeunes qui cherchent aussi le flirt et sont plus ou moins bienveillants. Et puis il y a cette osmose musicale qui réunit les êtres, créé ce lien magique dans une soirée entre des individus qui se sortent pour quelques heures de leur quotidien. Qu’il soit pauvre et dans un petit boulot mal payé, souffrant de racisme et de sous considération des blancs, ou qu’il soit celui d’un milieu pauvre lui aussi mais ultra croyant et attaché à l’image laissée en société, ce quotidien est d’uène grande finesse.

« Lovers Rock » est incroyablement riche de messages sans être lourd dans ses sous-textes ou l’écriture de ses personnages.

Cette légèreté d’écriture font que le film est non seulement agréable à voir et ludique mais qu’il arrive en même temps à son objectif de décrire fidèlement les angoisses et les contraintes d’une jeunesse noire londonienne des années 80 sans aucun didactisme.

C’est très très fort.

La piste aux Lapins :

4 lapins

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