Archive pour juillet, 2021

« 5ème Set » de Quentin Reynaud – critique du Blanc Lapin

3 juillet, 2021

5ème Set - film 2019 - AlloCiné

À presque 38 ans, Thomas est un tennisman qui n’a jamais brillé. Pourtant, il y a 17 ans, il était l’un des plus grands espoirs du tennis. Mais une défaite en demi-finale l’a traumatisé et depuis, il est resté dans les profondeurs du classement.

Pour ce premier film en solo, Quentin Reynaud réussit très haut la main son projet avec un Alex Lutz en contre-emploi total. Le comique avec remporté un César du meilleur acteur pour l’excellent GUY et avec « 5ème Set« , il retrouve à nouveau un profil d’homme blessé qu’il interprète tout en nuances.

Le film fait monter le suspens via les sélections à cette compétition de Roland Garros et arrive à nous scotcher comme devant un écran de tv à regarder ce sport, ce qui est le plus bel hommage au tennis.

Surtout, le film n’est pas caricatural et ne montre pas un has been qui tente de prendre sa revanche mais plutôt le produit d’un système qui monte en épingle des gamins et les surentraine pour être adulés comme des stars, sauf que quelques uns de ces milliers de gamins y arrivent. Et que se passe t il quand toute une vie a été focalisée sur la réussite d’un sport et que l’âge, les blessures, l’inéluctable concurrence de jeunes joueurs plus frais fait vaciller les derniers espoirs ? Quel choc que la prise de conscience du vide d’après. Ces sportifs ne sont pas toujours préparés à se reconvertir et c’est là que le drame humain devient prégnant.

Le personnage cherche donc à courir après le temps, après un dernier éclat pour se prouver qu’il n’est pas fini, que ce ‘est pas fini sauf que le fil directeur de sa vie est programmé pour s’éteindre quoiqu’il fasse.

Kristin Scott Thomas apporte tout son talent à cette mère fautive d’avoir gâché la vie de son fils parcequ’elle y croyait vraiment et qu’elle est déçu. La relation mère-fils est au centre du film est s’avère dure et âpre mais non dénue d’attachement.

« 5ème Set »a une finesse d’écriture, de réalisation et de jeu qui fait plaisir à voir. Seule la fin pourra en laisser plus d’un dubitatif et c’est peut-être mon petit bémol.

Un film à voir assurément pour la complétude de ses talents.

La piste aux Lapins :

3,75 lapins

« Minari » de Lee Isaac Chung – critique du Blanc Lapin

3 juillet, 2021

Minari - film 2020 - AlloCiné

Une famille américaine d’origine sud-coréenne s’installe dans l’Arkansas où le père de famille veut devenir fermier. Son petit garçon devra s’habituer à cette nouvelle vie et à la présence d’une grand-mère coréenne qu’il ne connaissait pas.

Film relativement délicat sur la communauté coréenne immigrée aux Etats-Unis, Minari est un voyage intéressant et rarement détaillé au cinéma. A travers les yeux d’u petit garçon au cœur qui s’emballe pour problèmes de santé, on suite cette famille pauvre qui tente le rêve américain avec trois bouts de ficelles, en vivant dans un mobile perdu au milieu des champs, dans une communauté reculée.

L’aveuglement du père et ses erreurs de choix, entrainant toute la famille vers un isolement et une remise en question permanente est vraiment intéressant à suivre. La grand-mère jouée par la star coréenne Youn Yuh-jung, qui a reçu l’Oscar du meilleur de second rôle pour ce personnage, donne du dynamisme et un côté décalé à l’ensemble qui sinon serait un peu chiant par moments.

Certes le film est tout en nuances et aborde le sujet du déracinement avec une certaine finesse et une tendresse touchante pour ses personnages. Mais bon çà dure près de 2h et je ne suis pas sûr que le film ne gave pas une partie du public. C’est le genre de film labellisé cinéma d’auteur indy américain qui peut faire emmerder le spectateur, même cinéphile comme moi.

Disons que le réalisateur prend tooooouuuuuuuuuuuut son temps pour décrire une histoire somme toute banale où il ne se passe pas des trucs de fou non plus. Et sans vouloir tout normer de manière frénétique les mises en scène et tomber dans l’épilepsie des séries et mises en scènes parfois trop rythmées, là franchement j’ai regardé mon montre. Pas bon signe.

Mais le film est pas mal. J’aurais juste coupé 1/2 heure…et jeté mémé dans les orties plus tôt. Parceque bon elle est marrante 5 minutes, mais çà cabotine un peu quand même.

Un film un peu surestimé mais à voir après Nomadland, La Nuée, Gagarine, 5ème Set, Sound of metal, Sans un bruit 2, Un homme en colère, Le discours, The Father, Teddy, Annette et Benedetta…mais bon si vous avez assez de temps why not.

La piste aux lapins :

3 lapins

« Un espion ordinaire » de Dominic Cooke – critique du Blanc Lapin

3 juillet, 2021

Un espion ordinaire - film 2021 - AlloCiné

1960. Modeste représentant de commerce anglais, Greville Wynne se retrouve plongé au cœur de la guerre froide. À la demande du MI-6 et de la CIA, il noue une alliance aussi secrète que périlleuse avec le colonel soviétique Oleg Penkovsky. Objectif : fournir les renseignements nécessaires aux Occidentaux pour éviter un affrontement nucléaire et désamorcer la crise des missiles de Cuba. Il entame alors une série d’allers-retours entre Londres et Moscou en prenant de plus en plus de risques…

Benedict Cumberbatch porte ce film d’espionnage sur ses épaules de bout en bout et nous fait une transformation physique à Oscars. Le film est bien réalisé, bien écrit, et d’une grande efficacité.

Le seul problème est qu’il est d’un très grand classicisme et qu’il se compare inévitablement à d’autres classiques du genre comme « Le point des Espions » de Spielberg. L’autre souci pour le film est qu’il sort dans un embouteillage de films incroyable post déconfinement et que parmi ces films, il fait pale figure tant le niveau est incroyablement élevé avec de nombreux grands films sortis depuis deux mois. Donc quitte à voir un film, ce n’est certainement pas celui ci à prioriser.Vous passerez un bon moment, avec un bon suspens et un film de très bonne factures. Mais c’est académique, pas très surprenant ni dans le scénario ni dans la mise en scène.

Un bon film du dimanche soir.

La piste aux Lapins :

3 lapins

123