Archive pour août, 2021

« La terre des hommes » de Naël Marandin – critique du Blanc Lapin

28 août, 2021

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Le cinéma français est en très très grande forme. Après les superbes films de genre « Teddy« , « La Nuée« , le magnifique comte « Gagarine« , pour ceux qui ont accroché la Palme d’Or Titane, le tour de force de mise en scène « Annette« , l’excellent polard « Bac Nord« , voici un nouveau grand film.

Sur le papier l’histoire de « La terre des hommes«   a tout du sujet ultra casse gueule.

C’est un peu #MeToo rencontre le drame paysan et donc forcément, mélanger deux thèmes sociétaux parmi les plus médiatisés de ces dernières années aurait pu franchement vriller putassier et facile.

Il n’en n’est rien grâce d’une part à une réalisation au cordeau, qui sait alterner caméra qui suit de dos l’héroïne, la prend en plan super serré lorsqu’elle est perdue, sait s’échapper pour filmer la campagne et l’angoisse, l’isolement qui peut se dégager de certains paysages.

Bien sûr, Naël Marandin filme l’emprise avec un Jalil Lespert en prédateur sans scrupules qui piège sa victime par son pouvoir et surtout sa manipulation. Les cadres sont physiquement étouffants. Et c’est en partie la force du film, que de ne pas tomber dans une histoire de viol évidente mais dans un viol perpétré par un prédateur qui met le doute, lui insère dans la tête tout le poids de la culpabilité. La scène est d’ailleurs très importante car elle montre sur quoi le prédateur va se défendre et surtout le fait qu’il est lui-même convaincu d’avoir recueilli un consentement. Cette nuance et ce double regard de l’un et de l’autre est sacrément gonflé mais donne une force, une puissance au propos.

Diane Rouxel est prodigieuse dans ce rôle et mériterait un César pour cette prestation intériorisé, ce regard de doute, puis de détermination, puis de peur, parfois mélangés ensemble.

Car  »La terre des hommes » parle aussi de la dureté du monde payant, avec un Olivier Gourmet en père aimant mais dépassé, toujours aussi excellent ou un Finnegan Oldfield, en compagnon à fleur de peau, qui se bat pour avoir des rêves, qui croit que le couple peut faire son trou dans ce milieu d’une dureté incroyable.

On y voit des ordures, des rapaces prêts à dépecer le premier collègue qui sera mis en liquidation judiciaire, dépendant d’autorités agricoles très politiques où le pouvoir est détenu par quelques uns, dont le loup de l’histoire.

Le film a donc cette double facette, ce double intérêt de traiter de la pauvreté paysanne, de la jeunesse paysanne qui voit tout de même de l’espoir et se bat pour des projets, confrontée à la froideur d’une administration gangrénée par quelques apparatchiks qui ont droit de vie ou de mort sur leurs rêves. Et face à cela, le  réalisateur ajoute le sujet de l’emprise.

La maitrise du sujet…enfin des sujets, le scénario taillé avec justesse, le jeu des acteurs impeccable font de « La terre des hommes«   une excellente surprise de cette rentrée de septembre.

La piste aux Lapins :

4,25 lapins

 

« Drive my car » de Ryusuke Hamaguchi – critique du Blanc Lapin

28 août, 2021

Drive My Car - film 2021 - AlloCiné

Il faut faire un certain effort pour vouloir voir ce « Drive my car« , film japonnais de 3 heures soit une complexité à trouver ce temps dans un agenda. Le film était l’un des chocs du dernier festival de Cannes et il est reparti avec le prix du scénario alors qu’on le voyait dans les favoris pour la Palme d’Or après son accueil critique unanimement dithyrambique.

Et c’est vrai que « Drive my car » est un très grand film, une réussite majeure qui fait exploser à l’international un grand cinéaste japonnais, Ryusuke Hamaguchi.

Moi qui déteste les films longs, j’ai trouvé le film fluide et certes baigné d’un rythme particulier mais sans scènes en trop.

Le réalisateur arrive à nous parler du deuil, de l’acceptation de la disparition de l’être aimé avec une très grande finesse dans son scénario justement, d’où cette récompense cannoise hyper logique.

On y suit un acteur de théâtre reconnu qui vit avec son épouse scénariste de télévision, qu’il adore avant qu’un drame le pousse loin de chez lui pour la mise en scène d’Oncle Vania à Hiroshima, avec des acteurs parlant des langues différentes dont la langue des signes. Et afin de ne prendre aucun risque d’accident, le festival qui l’accueille exige qu’une jeune chauffeur conduise sa voiture pendant toute la durée des préparatifs et de la représentation.

Bien sur la durée du film est utilisée pour développer divers personnages secondaires qui donnent énormément d’humanité et de touches fines au tableau que dresse l’auteur.

Surtout il fait se croiser deux être extrêmement seuls qui n’arrivent pas à faire un deuil, à passer à autre chose et qui sont emprisonnés tant dans leur vie passée, leurs souvenirs que l’absence de mots mis sur leurs erreurs, sur les regrets qui les dévorent, ce qu’ils auraient voulu dire au disparu, comment ils auraient pu éviter le drame. Le déterminisme et la fatalité qui se sont abattues sur ces personnages aboutissent à un message de vie et surtout un recul brillant sur comment exister dans un monde où l’être qui était tout pour soit n’est plus là.

Le film réussit à construire cette relation devant nos yeux sur la base de l’écoute. L’écoute de l’auteur dont l’épouse lui raconte ses histoires avant d’en faire des scénari et on comprendra pourquoi plus tard, l’écoute d’une cassette audio pour apprendre son texte, l’écoute par le chauffeur de tout ce qui arrive à son client avant d’interagir, l’écoute de l’acteur lorsqu’elle se confie, l’écoute des sept acteurs de théâtre qui lisent leur texte encore et encore afin d’atteindre une perfection de jeu…le scénario se renvoi des références, des clins d’œils et fonctionne de façon incroyable lorsqu’il explique les scènes passées et redéploie des scènes vues plus tôt qui prennent tout leur ses à la lumière de l’évolution de l’histoire.

Quel hommage aux conteurs et à la force de la parole pour panser les blessures et renaitre. Quel hommage à l’art en tant que tel, à cette pièce de théâtre d’Anton Tchekhov dont le héros dit à un jeune acteur que le texte lui répond quand on se l’approprie et qu’on lui parle, comme un être fascinant et vivant. Et là où « Drive my car » est très très fort c’est qu’il illustre ce propos qui pourrait être ultra théorique via quelques scènes plus loin qui ouvrent l’histoire et vous font dire « ouha, sacré dispositif scénaristique !« .

« Drive my car » est donc un film brillant d’intelligence, à la fois envoutant, sensuel et limpide. Et non le film n’est pas du tout chiant, loin de là. Il s’y passe de nombreuses choses même si elles sont souvent racontées mais c’est justement tout le thème et le tour de force du film.

La suggestion provoquée par les mots et le récit que font les personnages, récits qui s’enchevêtrent, est d’une ampleur assez bluffante, et d’une profondeur assez rare.

La piste aux Lapins :

4,5 lapins

Ba de « Albatros » de Xavier Beauvois avec Jérémie Rénier et Victor Belmondo

28 août, 2021

Albatros de Xavier Beauvois (2020) - UniFrance

Xavier Beauvois est l’un des réalisateurs français talentueux de « N’oublie pas que tu vas mourir » à « Des hommes et des Dieux« , en passant par « Selon Matthieu » et « Le petit Lieutenant« . Hélas son dernier film, « Les gardiennes » manquait terriblement de souffle.

Mais donc j’ai hate de le revoir au top de sa forme.

Or les critiques de son nouveau film, reçues en festivals de Berlin ou Angoulème  sont excellentes.

Son prochain film s’intitule « Albatros » et il a été tourné donc en période de post production durant notre confinement actuel.

Laurent, un commandant de brigade de la gendarmerie d’Etretat, aime son métier malgré une confrontation quotidienne avec la misère sociale. En voulant sauver un agriculteur qui menace de se suicider, il le tue. Sa vie va alors basculer.

Pour son casting il a choisit l’excellent Jérémie Rénier, qui certes était moins présent dans des films visibles ces trois dernières années mais qui reste l’un des meilleurs acteurs de sa génération. Dans la bande-annonce il semble crever l’écran.

Iris Bry et Victor Belmondo, oui, le petit fils de Jean-Paul, complètent le casting.

Le film sort le 3 novembre.

Bande-annonce :

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Nouvelle BA explosive pour « The King’s Man : Première Mission »

28 août, 2021

The King's Man : Première Mission - film 2021 - AlloCinéAffiche du film The King's Man : Première Mission - Photo 12 sur 30 -  AlloCiné

Repoussé à plusieurs reprises pour cause de confinement, « The King’s Man : Première Mission » clôturera l’année 2021 dans un feu d’artifice fun le 22 décembre 2021.

Matthew Vaughn a réussi son pari de créer une franchise fun, ultra référencée mixant humour, action et second degré dans les excellents Kingsman et Kingsman, Le cercle d’Or. Il a réussi sa suite, ce qui est souvent très dur comme étape.Un troisième épisode est donc officiellement annoncé et sera « la conclusion de la relation entre Eggsie et Harry Hart » mais il faudra attendre …

« The King’s Man : Première Mission » s’intéressera aux services secrets au début du XXème Siècle.

The King’s Man aura pour rôles principaux le toujours génial Ralph Fiennes et Harris Dickinson (découvert dans Les Bums de plage). Dickinson sera Conrad, le fils du duc et de la duchesse d’Oxford, durant la Première Guerre Mondiale.

Au début insupportable et prétentieux, il sera vite plongé au milieu d’assassins et espions dont le terrible Grigori Rasputin, dit Raspoutine, guérisseur de la famille impériale russe et de l’empereur Nicolas II. Ce dernier serait joué par Rhys Ifans (Coup de foudre à Notting Hill, Harry Potter). Charles Dance (le terrible Tywin Lannister de Game of Thrones) et Daniel Brühl (Good Bye, Lenin! Inglourious Basterds, Rush, Captain America: Civil War) complètent la casting. Quatre très bons acteurs s’ajoutent au casting avec Tom Hollander, Matthew Goode, Gemma Arterton et Aaron Taylor-Johnson (Kick-Ass, Savages d’Oliver Stone, Nocturnal Animals de Tom Ford). Tom Hollander aura trois rôles différents, de trois héritiers de la reine Victoria. Matthew Goode est trop rare au cinéma et il est pourtant excellent (Watchmen : Les Gardiens, A Single Man, de Tom Ford,  Stoker de Park Chan-wook).

Le grand méchant sera Raspoutine joué par Rhys Ifans et dont la dernière bande-annonce en montre davantage !

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« 20.000 lieues sous les mers » revient en projet de prequel chez Disney et en série

28 août, 2021

Livre Vingt mille lieues sous les mers | Gallimard JeunesseLe Secret du Nautilus - D'après 20.000 Lieues sous les Mers - Jeux vidéo -  Achat & prix | fnac

David Fincher a été longtemps chargé du projet de redonner vie à l’univers de Jules Vernes pour Disney avant de lâcher le projet car il coûtait trop cher et que Brad Pitt n’était pas disponible.

Le classique de 1955 de Richard Fleischer avec l’immense Kirk Douglas peut en effet se voir réadapter tant les effets spéciaux ont évolués en 65 ans…

Bryan Singer (X-Men) fit un temps envisagé mais ses affaires d’accusations d’agression sexuelle ont torpillé sa carrière. Ensuite ce fut James Mangold, le réalisateur de « Wolverine » « Logan », « Walk the line » et bientôt Indian Jones 5 qui fut pressenti.

Les budgets dantesques annoncés à chaque fois ont planté ce méga projet steampunk dont tout fan de SF ne peut que rêver.

« Capitaine Nemo » sera donc série en forme de prequel à « 20.000 lieues sous les mers » et suivra la jeunesse du capitaine Nemo.

Le jeune capitaine y sera un jeune prince indien, emprisonné par la Compagnie des Indes et dépouillé de sa fortune et de sa famille.

Nemo y sera donc le héros, vivant de nombreuse aventures sous-marines.

On espère qu’un excellent réalisateur sera aux commandes de la série.

Anya Taylor-Joy dans le remake de Nosferatu

28 août, 2021

https://media.melty.fr/article-4278301-square_700/media.jpgNosferatu, fantôme de la nuit (Werner Herzog, 1978) - La Cinémathèque  française

Anya Taylor-Joy retrouvera le très hype Robert Eggers, réalisateur de The Witch et The Lighthouse, alors qu’on attend avec impatience son film de Vikinks au casting de fou dont la jeune actrice, à savoir The Northman début 2022.

AnnaTaylor-Joy est dans les petits papiers d’Hollywood puisqu’après la série à succès Le jeu de la Dame, cette dernière jouera Furiosa pour le spin off de Mad Max par Georges Miller. Elle est ultra attendue dans Last Night in Soho d’Edgar Wright, présenté en festivals début septembre et en 2022 dans The Northman, donc et elle a été annoncée aux côtés de Nicholas Hoult et Ralph Fiennes dans The Menu par le showrunner de l’excellente série Succession de HBO.

Elle jouera pour le réalisateur à l’univers très particulier, dans le remake de Nosferatu, inspiré de Dracula et qui a marqué avec le film de Werner Herzog,

L’adaptation en série d’ »Entretien avec un vampire » de nouveau sur les rails !

28 août, 2021

Entretien avec un vampire (Neil Jordan, 1993) - La Cinémathèque française

En 1994 sortait « Entretien avec un vampire« , adaptation réussie par Neil Jordan du premier tome des « chroniques des vampires » de Anne Rice dont 10 ouvrages ont été écrits de 1976 à 2003. Le prochain livre, « Prince Lestat », sortira fin octobre.

Tom Cruise y jouait un excellent Lestat, vampire cynique et volage, sans aucune once d’humanité tandis que Brad Pitt y tenait le rôle plus fadasse et falot de Louis, jeune vampire en quête d’identité et accroché encore à ses souvenirs humains.

Très curieusement, Tom Cruise ne souhaitant pas reprendre le rôle, la suite ne fut pas le second livre « Lestat le vampire« , mais « la reine des damnés« , réalisée par un sombre inconnu et pour le coup un échec cuisant, même pas regardable.

Après bien des tentatives des studios de mettre la main sur la franchise, la romancière Anne Rice avait récupéré les droits d’adaptation de son œuvre pour en faire une série !

C’était une excellente nouvelle quand on voit le potentiel de la série de romans et le niveau qualitatif des séries actuelles.

Hélas le projet a pateaugé pendant des années et Bryan Fuller, le showrunner de Pushing Daisies, Dead like Me, Hannibal, la géniale American Gods a jeté l’éponge en 2019.

Mais la chaîne AMC qui a récupéré en 2020 les droits de la série de livres avec le showrunner de Perry Mason et Weeds) à la barre.

L’écrivaine et son fils Christopher Rice seront co-scénaristes et producteurs exécutifs.

L’Australien Sam Reid (’71, The Riot Club) jouera le dandy cruel Lestat.

 Jacob Anderson, le Ver de Gris fidèle général  des Immaculés de Daenerys dans Game of Thrones jouera Louis de Pointe du Lac (Brad Pitt dans le film).

Sam Reid (actor) - Alchetron, The Free Social EncyclopediaGame of Thrones' Jacob Anderson: Exclusive interview | SYFY WIRE

 

Ba de « Spencer », Kristen Stewart sera Lady Di pour Pablo Larraín avec le scénariste de Peaky Blinders

28 août, 2021

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25 ans après le décès de la princesse, cette dernière reste tout aussi populaire, preuve en est la saison 4 de The Crown où le personnage était central et choyé par les scénaristes.

On pourrait râler à l’idée d’un biopic sur Lady Di tant le genre est souvent hagiographique et un peu chiant. Sauf qu’au delà de la talentueuse et sous-estimée Kristen Stewart choisie pour incarner l’icône britannique, le choix du réalisateur est très bon.

Avec Neruda et Jackie, Pablo Larraín a montré qu’il avait un réel talent pour justement ne pas tomber dans un biopic attendu. Il a un vrai regard, de vraies idées de mises en scène qui mettent l’histoire vraie au service du cinéma et de la mise en scène et non l’inverse.

Le poète chilien et Jackie Kennedy ont eu droit à un traitement très classe.

L’autre excellente nouvelle est que Steven Knight signera le scénario et c’est loin d’être un perdreau de l’année. On lui doit les scénari de la série à succès Peaky Blinders, de l’excellente Taboo avec Tom Hardy, mais aussi des scénars de grands films comme Dirty Pretty Things de Stephen Frears ou Les Promesses de l’ombre de David Cronenberg. Forcément, çà rassure !

On suivra les trois jours précédant le divorce avec le prince Charles, tandis que le couple est à Sandringham pour les fêtes de Noël. Le film, sera visible le 5 novembre aux Etats Unis mais devrait sortir sur Amazon en Europe.

Bande-annonce :

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Ba du western Netflix de Jane Campion, « The Power of the Dog »

28 août, 2021

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L’excellent Benedict Cumberbatch donnera la réplique à Kirsten Dunst sous le regard de Jane Campion.

La réalisatrice de La leçon de Piano était absente depuis 12 ans, son dernier film étant Bright Star en 2009 même si elle s’est essayée à la série avec Top of the Lake, avec Elisabeth Moss justement.

Il s’agira de l’adaptation du roman The Power of the Dog publié en 2002.

Univers Western donc puisque l’histoire s’intéresse à deux frères propriétaires d’un ranch dans le Montana, l’un cruel et brillant qui sera joué par Cumberbatch et l’autre gentil et délicat dont le casting n’est pas annoncé.

Quand le second se marie, leur relation va tourner au cauchemar par jalousie du frère seul et despotique.

Jesse Plemons et Kodi Smit-McPhee complètent la distribution de ce film racheté par Netflix et qui sortira le 1er décembre après avoir été présenté à Venise tout début septembre.

La bande-annonce donne grave envie !

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« Bac Nord » de Cédric Jimenez – critique du Blanc Lapin

22 août, 2021

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Le pitch : 2012. Les quartiers Nord de Marseille détiennent un triste record : la zone au taux de criminalité le plus élevé de France. Poussée par sa hiérarchie, la BAC Nord, brigade de terrain, cherche sans cesse à améliorer ses résultats. Dans un secteur à haut risque, les flics adaptent leurs méthodes, franchissant parfois la ligne jaune. Jusqu’au jour où le système judiciaire se retourne contre eux…

Cédric Jimenez réussit un excellent polar en s’inspirant de ce fait divers réel et en assumant de prendre parti pour les policiers. Il faut dire que l’histoire est hallucinante et que l’emballement médiatique, le lâchage par la hiérarchie, les politiques donne un gout très amer, surtout que la partie la plus grave des charges a été abandonnée cotre ces trois policiers border lines. On attendra donc le procès pour savoir exactement ce qui est du domaine de la fiction et du devoir de réhabilitation.

Le film rend les personnages très attachants grâce à des punchlines vraiment drôles, des scènes d’action hyper bien réalisées et un trio d’acteur au diapason. Gilles Lellouche, Karim Leklou et François Civil sont tous les trois excellents, complétés par Adèle Exarchopoulos, toujours aussi juste, comme d’habitude.

La scène de prise de stup du film est impressionnante de violence et tous les échanges d’insultes et de torses gonflés avec les teneurs des cités sont absolument remarquables de mise en scène. Le danger et la noirceur sans retour de ces territoires perdus de la République est jetée à la gueule du spectateur.

La brutalité du quotidien vécue par ces flics qui pour un salaire de merde sont confrontés à la violence et au risque de se faire flinguer sans moyens est évidemment choquante en soit.

Jimenez insiste sur l’hypocrisie du politique qui exige des résultats chiffrés quels qu’ils soient mais demande d’éviter de casser les véhicules et d’entrer dans les cités.

L’intensité du film, son côté anxiogène sont très bien alternés par l’amitié qui lie ces trois individus convaincus de faire ce qu’il faut, d’utiliser les armes de dealers pour les faire tomber. Disons que l’institution policière n’en sort pas grandie de par la bienpensance et la frilosité qui en ressort, chacun cherchant à sauver sa peau plutôt qu’à être solidaire, surtout que la presse et la sphère politique s’emballent.

Le film est donc paradoxalement drôle par moment, testostéroné souvent, rythmé par une très bonne BO et un sens de l’action, un western moderne très bien réalisé.

La piste aux Lapins :

4 lapins

« Luca » – Pixar – de Enrico Casarosa – critique du Blanc Lapin

22 août, 2021

Luca - film 2021 - AlloCiné

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Les studios Pixar nous livrent des dessins animés tous les ans voire deux fois par an et la magie des années 1990 et 2000 est un peu retombée faute à des suites pas toujours opportunes. Mais de temps en temps, le talent de la firme à la lampe revient comme avec Vice Versa, le merveilleux Coco ou le récent Soul.

Second long métrage à ne pas sortir au cinéma mais sur la plateforme Disney Plus, l’opus Luca s’adresse à un public plus jeune et cherche moins à toucher les adultes, comme l’ont souvent fait les bijoux Pixar. Pourtant le talent est là tant dans l’animation que les beaux messages véhiculés avec simplicité mais aucune mièvrerie.

Car Luca, en parlant de deux enfants poisson cherchant à s’intégrer dans un petit village italien, cherche à atteindre plusieurs objectifs. D’abord, il parle de tolérance et d’acceptation de la différence, ce qui ne fait jamais de mal comme valeurs à inculquer aux petites têtes blondes. Il le fait de façon assez détournée en parlant de cette différence peu à peu au fil du film. Ce qui parait comme un Eldorado, la vie des humains, peut se transposer pour des classes populaires ou des enfants de couleur victimes de racisme et n’ayant pas accès aux mêmes mondes.

Ensuite le film est très enfantin et regarde les vacances, l’été du point de vue d’un village italien des années 60, en donnant une image idéalisée d’un temps révolu où la Vespa était le Graal et où toute la vie connectée d’aujourd’hui n’était pas utile pour être heureux.

Le film est visuellement très réussi et sait émouvoir ou faire rire au bon moment.

Ce n’est certes pas un Pixar majeur qui fera date mais c’est un très beau travail créatif qui traduit de façon fluide ce qu’est l’amitié enfantine, la possession de l’ami, le sentiment de trahison ou d’abandon quand l’autre grandit plus vite ou voit ses envies s’orienter totalement ailleurs.

Quelques part Luca parle de la solitude des enfants, de leur méchanceté parfois, de leurs jeux avec trois bouts de ficelle, avec une évidence confondante.

D’où la grande réussite du film.

La piste aux Lapins :

3,75 lapins

« OSS 117: Alerte rouge en Afrique noire » de Nicolas Bedos – critique du Blanc Lapin

22 août, 2021

OSS 117: Alerte rouge en Afrique noire | Madiana

Il est compliqué de passer après deux premiers opus très réussis et un réalisateur oscarisé, Michel Hazanavicius. Donc autant le dire d’entrée, Nicolas Bedos n’a pas le talent de son prédécesseur et le film est moins bon. Moins drôle, plus de longueurs, moins de rythme.

Après dire que le film est raté serait être de très mauvaise fois car le scénariste Jean François Halin est toujours là et réussit à faire évoluer le personnage en le montrant tout aussi bête et con qu’avant mais en lui donnant une dimension presque attendrissante par moments.

Et puis surtout, on rigole, rassurez vous et pas qu’une fois. Les gags sont au rendez-vous, on se moque allégrement de la centre Afrique et du racisme d’Etat et en ce sens « OSS 117: Alerte rouge en Afrique noire«   fait le job. C’est juste qu’il ne surprend pas particulièrement.

Le personnage de Pierre Niney est bien trouvé et bien joué et permet d’apporter sa bonne dose d’opposition avec notre anti héros.

Jean Dujardin est juste énorme dans plusieurs scènes où il est confondant quand il joue le personnage dépassé par les évènements qui joue l’homme qui maitrise devant le jeune espion alors qu’on sent dans son regard qu’il ne comprend pas ce qu’il fait. Ce jeu dans le jeu est très bon et très drôle également.

Le film est donc sympathique et distrayant, ce qui est tout de même le but essentiel. Il est juste en dessous des attentes, ce qui ne gâche pas le plaisir de retrouver ce personnage iconique qui sait si bien renvoyer aux français la bêtise de leur suffisance historique.

La piste aux Lapins :

3,5 lapin

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