« Suprèmes » de Audrey Estrougo – critique du Blanc Lapin

Suprêmes - film 2021 - AlloCiné

Voici enfin le biopic de NTM tant redouté ou tant attendu. Si il est vrai que le film manque un peu d’ampleur par une réalisation convenue qui aurait mérité davantage de prises de risques, fort est de constater que les deux interprètes Théo Christine et Sandor Funtek crèvent l’écran. Ils sont tous deux excellents de bout en bout et portent le film avec force, crédibilité, ce qui était loin d’être gagné.

Le fait qu’ils interprètent tous les morceaux est également un tour de force notable.

Audrey Estrougo arrive donc à nous immerger dans l’explosion du rap et du hip hop grâce à ce groupe sorti des cités du 93 qui sut trouver un ton et un rythme qui toucha un public très large avant de devenir un phénomène.

Surtout le film s’attarde sur deux aspects très intéressants. Il y a d’abord le rapport très douloureux de JoeyStarr à son père violent qui ne l’aime pas et le rejette avec une mère qui s’est enfuie. Cette blessure est très bien retranscrite et explique les fêlures du personnage, voyou qui couche dans les rues et s’adonne au crack.

Et puis il y a Kool Shen, le responsable de la bande, le cerveau qui écrit, qui a une vision et qui drive JoeyStarr quand il déconne. On comprend cette proximité qui se créé entre eux grâce à la volonté farouche de réussir de Kool Shen, qui sait qu’ils ont une chance à saisir et ne veut pas que les démons de son ami foutent tout en l’air. Mais Joey Starr est certes décrit en chien fou incontrôlable mais peu à peu, en découvrant les raisons de ses traumas, s’avère touchant et surtout bien plus fin qu’il n’y parait.

Et puis il y a cette bande de gamins qui ont grandi avec eux et qui les suivent et les portent comme une tribu. Cà aussi c’est super intéressant. Audrey Estrougo leur redonne leur place, leur insouciance dangereuse et les freins qu’ils ont mis à la carrière de NTM mais avec u regard bienveillant. Elle redonne également tout leur rôle à des personnages méconnus, le DJ  du groupe, fondamental, les producteurs, issus de milieux ultra favorisés.

Le film est aussi drôle à bien des moments et il est réussit car il montre la naissance d’un alchimie.

La piste aux Lapins :

3,75 lapins

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