Archive pour le 8 janvier, 2022

« Licorice Pizza » de Paul Thomas Anderson – critique du Blanc Lapin

8 janvier, 2022

Licorice Pizza - film 2022 - AlloCiné

Le grand Paul Thomas Anderson est l’un de mes réalisateurs préférés, un de mes chouchous, et aligne les réussites avec « There Will be Blood » avec l’excellent Daniel-Day Lewis, « Boogie Nights« , « Magnolia« , « Punch Drunk Love« , et bien sûr le film sur le créateur de la scientologie, l’excellent « The Master« .

Et puis c’est le drame…il nous sort un « Inherent Vice«   vraiment mal ficelé, pas drôle, censé se rapprocher de Las Vegas Parano mais un peu chiant. Hélas, si son « Phantom Thread » avec Daniel-Day Lewis dans son dernier rôle de cinéma, a séduit la critique, j’y suis resté de marbre. Ce film sur la création trop froid, trop classique dans sa mise en scène, oubliait l’émotion, trop confinée. L’élégance manifeste de « Phantom Thread » ne le rendait pas aimable pour autant, extrêmement rigide. J’espère donc ne pas me prendre une troisième déception avec son prochain film.

Et bien soyez rassurés si vous aviez le même sentiment que moi, « Licorice Pizza » est LE film qu’on attendait du maitre ! C’est son retour à un cinéma plus accessible, plus doux et d’une tendresse, d’une légèreté qu’on désespérait qu’il retrouve. On pense évidemment à « Punch Drunk Love » et « Boogie Nights » car le film est unique en son genre, « insolite » et surtout souvent très drôle !

On y suit un lycéen vivant dans la Vallée de San Fernando dans les années 1970 et ayant connu le succès en tant qu’enfant comédien. Le lycéen est incarné par Cooper Hoffman, le fils de Philipp Seymour Hoffman, grand ami de PT Anderson et immense acteur ayant joué pour lui très souvent (Boogie Nights, Magnolia, Punch Drunk Love, The Master)  avant de nous quitter en 2014.

Et vous avez quoi ? Il est brillant comme son papa ! Le mec est confondant de justesse et son duo avec la jeune Alana Haim est tout simplement brillant.

Ils sont hyper attachants et PT Anderson nous conte une love story sans clichés, sans sirop mais tout de même avec beaucoup de cœur, d’élan, de vitalité. C’est un tour de force d’émouvoir et de donner le sourire dans un feel good movie sans refaire du déjà vu.

Car en plus de raconter cette histoire de deux êtres très jeunes qui se cherchent et préfèrent de jauger et jouer la complicité amicale, PT Anderson aborde des thèmes super intéressants. D’abord sa reconstitution du Los Angeles des années 70 est excellente avec des stats ou pseudo stars sur le retour comme celles interprétées sur des scènes fabuleuses par Sean Penn et Bradley Cooper, complètement dingo. Et surtout il nous parle de la fin d’une époque, les 30 glorieuses, où tout état possible, où un gamin de 15 ans aux Etats-Unis pouvait monter sa boite. Mais c’était avant le premier choc pétrolier et l’arrêt net de cet american way of lie. En prenant ce contexte comme toile de fonds, PT Anderson n’est pas nostalgique mais réussit à donner de la fraicheur, de la vitalité et de l’innocence à une histoire d’amour là où aujourd’hui le cynisme a souvent pris le pas et s’est errigé en armure obligatoire de tout à chacun. D’ailleurs ce jugement permanent incitera certains spectateurs à tordre le nez lorsqu’on voit des enfants s’investir et travailler pour créer une boite. Sauf que c’était il y a 45 ans, dans un autre contexte, un autre pays, une autre culture.

C’est donc vivifiant de voir un très grand réalisateur revenir avec son film le plus abordable depuis 15 ans, un vrai film qui donne la banane et dont on ressort le sourire aux lèvres.

Une très grande réussite !

La piste aux Lapins :

4,25 lapins

 

« The Green Knight » de David Lowery – critique du Blanc Lapin

8 janvier, 2022

 

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Sortie le 3 janvier sur Amazon Prime

David Lowery est l’un des réalisateur que je suis de très près car j’ai adoré « Les amants du Texas » et « A ghost Story » ou « The Old Man and The Gun », qui a marqué le dernier film de l’immense Robert Redford comme acteur.

« The Green Knight » est une adaptation d’un conte anglais où Sir Gauvain, chevalier de la table ronde, relève un défi que lui lance Le Chevalier Vert. Le curieux chevalier demande à ce qu’on le décapite. Contre cet « essai », il aura le droit lui aussi de tenter de décapiter le candidat un an plus tard. Sir Gauvain accepte et quitte son royaume un an après pour rejoindre Le Chevalier Vert.

Dev Patel incarne le rôle principal aux côtés de Alicia Vikander, Sean Harris et Joel Edgerton.

Disons le d’entrée, le film n’est pas facile d’accès en raison de choix radicaux du metteur en scène. D’abord il n’explique pas par un luxe de dialogues descriptifs qui est qui. On devine que le roi est Arthur par exemple et jamais son nom n’est prononcé. David Lowery invite donc le spectateur à se concentrer pour comprendre ce qui est très bien explicité mais pas présenté en énormes lettres.

Ensuite le réalisateur opte pour une certaine lenteur qui va rebuter une bonne partie du public et le laisser sur le côté. On aime « The Green Knight » ou on le trouve chiant à mourir. C’est ce genre de film qui demande l’effort de s’immerger pour aimer.

Mais lorsque l’on fait cet effort, le résultat est très très bon.

Les images de Lowery et les effets spéciaux sont sublimes et sa vision de la légende arthurienne la plus novatrice et originale depuis Excalibur.

La lenteur est en fait là pour créer une situation quasi hypnotique par rapport aux somptueux décors et mettre en relief cet homme qui veut se créer une image, une histoire alors qu »il est lâche et couard et n’a son titre que parcequ’il est le neveu d’une légende.

Et tout le film va traiter de cette parabole d’un homme médiocre qui souhaite s’acheter une conduite pour mériter de siéger à la table ronde, au milieu de ces vieux chevaliers tous aussi célèbres les uns que les autres. Sauf qu’on est dans la fin d’un monde. Les exploits des chevaliers est derrière, loin derrière et David Lowery se moque en partie de notre société de l’image et du storytelling personnel d’instagrameur en adaptant cette sous histoire des légendes arthurienne. Il en tire d’ailleurs une morale à double fond excellente à la fin.

Le personnage n’a pas tellement de morale, il négocie son aide et n’a rien de chevaleresque, y compris avec la prostituée qui l’aime. Les épreuves qu’il traverse prennent tout leur sens dès lors qu’on comprend dès le début qui est ce personnage.

On va donc croiser des bandits, un fantôme, un renard qui parle, des géants dans une scène fascinante ou un château irréel perdu au milieu des bois.

Le film est donc extrêmement réussi et exigeant mais il est loin des codes d’Hollywood d’aujourd’hui et prend son temps pour atteindre un impact bien plus fort qu’un simple film de capes et d’épées. Là où aujourd’hui le divertissement est roi et l’action est indispensable pour remplir le vide scénaristique, ici le réalisateur assume qu’il n’y a pas 15 000 actions à la seconde et qu’il va falloir prendre le temps de réfléchir au parcours du personnage. La magie opère alors avec force à tel point que si vous aimez, vous repenserez au film pendant plusieurs jours tellement il est marquant et original.

On voit rarement un tel acte nihiliste dans un film, porté avec autant de recul sur le temps qui passe, la mort et les enjeux d’une vie réussie. Un film visuellement somptueux et philosophiquement profond.

C’est très rare, d’autant plus dans ce style de film tourné sur l’imaginaire et le conte.

La piste aux Lapins :

4,25 lapins

 

« The lost daughter » de Maggie Gyllenhaal – critique du Blanc Lapin

8 janvier, 2022

Critique du film The Lost Daughter - AlloCiné

Le pitch : Lors de vacances à la mer en solitaire, Leda est fascinée par une jeune mère et sa fille qu’elle observe sur la plage. Bouleversée par leur relation fusionnelle (ainsi que par leur grande famille bruyante et intimidante), Leda est submergée par la terreur, la confusion et l’intensité de ses souvenirs de maternité précoce. Un acte impulsif la replonge dans les méandres étranges et inquiétants de son esprit, l’obligeant à affronter les choix peu conventionnels qui ont été les siens en tant que jeune mère et leurs conséquences.

L’excellente Olivia Colman campe une femme au bord de la crise, se sentant coupable de l’affection, l’amour qu’elle n’a pas su donner suffisamment à ses filles, lorsqu’elle est confrontée à une jeune femme mère également, lors d’un séjour de vacances en Grèce.

Maggie Gyllenhaal réussit haut la main son premier film en tant que réalisatrice en filmant au plus près son actrice sans la juger, sans tout expliciter, juste en montrant quelques scènes d’elle plus jeune.

On comprend alors mieux ce malaise qu’a cette femme qui s’est faite engloutir par la maternité et y a perdu tant de liberté, d’illusions et de jeunesse et l’a vécu comme une glissade vers une vie non choisie, faite de contraintes et de responsabilités trop fortes pour elle.

La réalisatrice filme cette angoisse de cette femme qui a préféré choisir sa vie, son indépendance, que de rester prisonnière d’un carcan qui l’étouffait. Sauf que évidemment, la société ne peut que la regarder avec mépris et incompréhension.

Le film est oppressant mais très singulier dans sa thématique et très affirmé dans sa mise en scène.

Un très bon premier film sur l’imperfection des sentiments humains lorsque le rôle de parent est trop codifié.

La piste aux Lapins :

3,75 lapins

 

Wes Anderson sur tous les fronts, reviendra à Roald Dahl sur Netflix

8 janvier, 2022

Best Wes Anderson - Movie ForumsDispatch from France: Wes Anderson's 10th film is an ode to 1970s print  journalism – The Pearl Post

Wes Anderson va sortir deux films en deux ans pour notre plus grand plaisir mais a déjà un autre projet en tête. 

Après avoir signé les bijoux que sont La Famille Tenenbaum, La Vie aquatique, À bord du Darjeeling Limited,  Fantastic Mr. Fox, Moonrise Kingdom, The Grand Budapest Hôtel, L’Île aux chiens….la sortie de « The French Dispatch« , à l’automne 2021, signait son film le plus abouti visuellement et peut être un peu déceptif car caricaturant son propre style

Son film suivant « Asteroid City » sortira dès 2022. Il a été tourné en Espagne mais les décors ressembleraient plus à du western. L’intrigue est top secrète et il ne s’agirait pas forcément d’un western. Le casting est toujours aussi fou avec la géniale Tilda Swinton (pour la 5ème fois avec le réalisateur), Scarlett Johansson, Tom Hanks, Bill Murray, Margot Robbie, Adrien Brody, Jeff Goldblum, Bryan Cranston, Jason Schwartzman, Matt Dillon et Rupert Friend ! 

Mais son projet suivant semble déjà très avancé. Wes Anderson avait déjà adapté l’auteur pour enfants Roald Dahl, dont il avait tiré le film en stop-motion Fantastic Mr. Fox., excellent film marqué de son style unique drôle, inventif et mélancolique.

Netflix ayant les droits d’adaptation de Roald Dahl, ce serait pour la firme au N rouge que Wes Anderson adapterait La merveilleuse histoire de Henry Sugar et Six autres.

Selon The Playlist, le réalisateur travaillerait sur le recueil de sept nouvelles. Celle qui donne son nom au titre suit Henry Sugar, un homme fortuné addict de jeux d’argent et qui va développer un super-pouvoir, celui de voir à travers les objets. Très vite il est repéré dans les Casino et vu de façon très louche.

Benedict Cumberbatch serait considéré pour ce rôle.

D’autres nouvelles mettent en avant l’auteur lui-même qui se voit tantôt en en pilote de la Seconde Guerre mondiale tantôt en jeune écrivain.

Sublime Ba pour « The Tragedy of MacBeth » de Joel Coen

8 janvier, 2022

 

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Joel Coen réalise son premier film véritablement en solo sans son frère Ethan Coen. Joel a certes été crédité seul sur certains de leurs chefs d’œuvre mais ils se partageaient en réalité les postes de scénariste et réalisateur sur chaque projet. Et c’est Shakespeare qui va les séparer le temps d’un seul film espérons le. Joel Coen adaptera MacBeth avec Denzel Washington et Frances McDormand. Frances McDormand a joué très jeune du théâtre et adore Shakespeare. Or elle est la femme de Joel Cohen depuis 35 ans…On lui doit des rôles fabuleux chez les Coen dans Sang pour sang, Arizona Junior, Miller’s Crossing, Fargo (Oscar de la meilleure actrice), The Barber, Burn After Reading. Elle a aussi été excellente chez d’autres dans Mississippi Burning, Short Cuts de Robert Altman, Lone Star de John Sayles, Presque célèbre de Cameron Crowe,  This Must Be the Place de Paolo Sorrentino,  Moonrise Kingdom de Wes Anderson, et Three Billboards : Les Panneaux de la vengeance de Martin McDonagh, qui lui vaudra son second oscar de meilleure actrice et Nomadland de Chloé Zao qui vient de lui permettre de remporter un 3ème Oscar. On l’attend en 2020 dans The French Dispatch le nouveau Wes Anderson

Denzel Washington a quant à lui eu une carrière franchement pas terrible. Excellent acteur au demeurant, il n’a fait quasiment que de mauvais choix. On notera Glory d’Edward Zwick, Malcolm X de Spike Lee, Philadelphia de Jonathan Demme, Training Day d’Antoine Fuqua,  Inside Man de Spike Lee, American Gangster de Ridley Scott, Le Livre d’Eli de Albert et Allen Hughes mais bon ce ne sont pas de grands films non plus.

Orson Welles, Roman Polanski et Justin Kurzel ont tous adapté la pièce, les deux premiers avec brio, le dernier de façon plus contrastée.

La plateforme AppleTV+ diffusera le film le 14 janvier 2021.

Le film a séduit la presse américaine qui crie au chef d’oeuvre avec 99% de critiques positives sur l’agrégateur critique Rotten Tomatoes !

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Ba « Arthur Rambo » : Laurent Cantet (« Entre les murs ») s’intéresse aux dérives des réseaux sociaux

8 janvier, 2022

Arthur Rambo - film 2019 - AlloCiné

Laurent Cantet est un excellent réalisateur. On lui doit Ressources humaines, L’Emploi du temps, Entre les murs (Palme d’or en 2008) ou l’excellent L’Atelier. Son 8e long métrage s’intitulera Arthur Rambo et racontera l’histoire de Karim, écrivain adoré des médias, engagé socialement, et qui se trouve cloué au pilori sur les réseaux sociaux lorsque des messages haineux sont retrouvés sur Twitter sous pseudonyme. Rabah Naït Oufella  incarnera Karim. Il a débuté dans « Entre les murs » de Cantet puis a été vu dans Grave, Nocturama, Patients et Bande de filles.

Le film sort le 2 février 2022

Voici la bande-annonce qui donne très envie !

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