Les Animaux Fantastiques : les Secrets de Dumbledore – critique du Blanc Lapin

Les Animaux Fantastiques : les Secrets de Dumbledore - film 2022 - AlloCiné

Bon je ne suis pas grand fan de Harry Potter. Je trouve l’univers assez niais et les personnages unidimensionnels et pas franchement intéressants. Pas d’aspérités. Très enfantin quoi. Alors après c’est beau, il y a des trouvailles visuelles et je les ai donc tous vus avec mention spéciale pour le prisonnier d’Askaban ou le la Coupe de feu mais bon c’est très moyen.

Et pourtant j’adore le cinéma fantastique, celui qui fait rêver et provoque l’imaginaire. C’est même celui qui me touche parfois le plus. Mais on est loin des Carro&Jeunet, des Guillermo Del Toro, des Terry Gilliam ou des Tim Burton du début. L’univers visuel est prémâché et surtout on ne fait jamais appel à l’imagination. On la déverse au spectateur pour que surtout il ne réfléchisse pas et s’émerveille de trouvailles et d’idées.

Parfois c’est réussi mais souvent çà ne provoque pas chez le spectateur un quelconque effort pour aller au delà d’un visionnage papier glacé.

Entendons nous, c’est un bon divertissement avec de l’action, çà plait aux enfants et aux grands. Mais je trouve ceux-là sans saveurs et j’y vais plus pour tenter de ne pas m’enfermer dans uniquement ce que j’aime et garder l’esprit open. Si le dernier film, Les crimes de Grindelwald était une catastrophe scénaristique et m’avait mis très en colère, ce dernier opus a le mérite d’avoir un semblant de scénario qu’un enfant de 12 ans aurait mieux écrit.

Mais bon çà reste pauvre et sans grands enjeux et vu que le film s’est vautré au box-office mondial, la Warner risque d’arrêter cette série dérivée qui n’a d’intérêt que pour les bébêtes fantastiques qu’elle montre, ce qui résume à son concept même l’ineptie des films et des histoires.

Fort heureusement, il y a des résistants pour prendre la suite de Terry Gilliam et Del Toro dans ce genre de cinéma si poétique et profond quand il n’est pas lessivé par de grands studios. Un certain Gabriele Mainetti nous a tout récemment pondu un Freaks Out qui fait rêver, réfléchir et prend le spectateur par la main pour faire marcher son imagination à lui, sans tout montrer, comme papy Terry. Un David Lowery ose un Green Knight pour conter une légende Arthurienne sans prendre les spectateurs avec niaiserie et s’apprête à détourner le Peter Pan de Disney, un Robert Eggers s’intéresse aux Vikings dans The Northman avec une dose de rêves divinatoires, un Taika Waititi dépoussière Thor dans le pulp et l’humour, bref il est possible de rêver dans des mondes fantastiques au cinéma sans s’infliger autant de pauvreté prémâchée.

Mais bon c’est regardable, juste regardable.

La piste aux Lapins :

3 lapins

 

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