Archive pour la catégorie 'Bandes-annonces'

I love you Phillip Morris – Excellent, Jim Carrey au sommet

14 février, 2010

I love you Phillip Morris - Excellent, Jim Carrey au sommet dans Bandes-annonces 02309300-photo-jim-carrey-et-ewan-mcgregor-dans-i-love-you-phillip-morris

Je déteste la plupart des comédies « gay » ou « gay friendly », qui tombent systématiquement dans la caricature de l’homo. Ce dernier est forcément joyeux, festif, extraverti avec plein de plumes de partout. Bref, que ce soit « in and out », « la cage aux folles » ou « pédale douce », je suis affligé à chaque fois.

Et bien ne vous fiez pas à l’affiche tape à l’oeil du film qui montre un Jim Carrey et un Ewan Mac Gregor en « grosses pédales » flashies…

Le film raconte l’histoire vraie, ce qui semble d’ailleurs hallucinant, d’un homme ayant menti toute sa vie et fait des allers et retours en prison par amour pour un autre homme, Phillip Morris (Ewan Mac Gregor), rencontré en prison justement.

Si Ewan Mac Gregor est parfait en contre-emploi, d’une sensibilité désarmante, Jim Carrey nous livre là un festival de ce qu’il sait faire de mieux, alterner sans cesse entre pitrerie loufoque et tragédie bien sentie. Nombre de spectateurs n’apprécient pas Jim Carrey et ne voient en lui que l’interprète de « the mask » ou « dumb and dumber ». C’est vraiment passer à côté d’un grand acteur que de s’arrêter là. Il l’a prouvé dans le magnifique « Man on the moon » de Milos Forman, ou dans « the truman show ». Car en effet, l’homme au visage caoutchouc peut agacer par ses mimiques toutes les trois secondes si il n’est pas bien dirigé. Mais quand il rencontre un bon scénario et un réalisateur inspiré, ton talent éclate au grand jour.

C’est donc l’un de ses meilleurs rôles qu’il nous livre ici. Un rôle et une histoire proches de « Catch me if you can » (arrêtes moi si tu peux) avec Léonardo Di Caprio. L’histoire d’un gamin pour qui tout commence au mensonge d’origine de ses parents, qui l’ont adopté, fissure qui dictera toute sa vie, une vie de mythomane jusqu’à l’excès souvent très drôle. L’humour parfois bien trash a choqué l’amérique puritaine et a entrainé quelques difficultés de distribution du film. Il faut dire qu’on voit rarement ce genre de blagues homo sur grand écran. Mais justement, c’est là où le film est très fort. L’histoire n’a rien de communautariste, les personnages principaux auraient pu être hétéros, ceci n’aurait rien changé au fond.

phillip_morris_03 dans Films

L’intérêt principal du film réside dans cet individu clownesque mais sincère, qui se cache derrière divers masques de personnages afin de disposer d’assez d’argent pour rendre heureux l’homme qu’il aime. Seulement voilà, à force d’empiler des masques, le visage élastique devient de plus en plus rigide et quand ces derniers tombent il n’y a rien derrière…ou plutôt une histoire à écrire, un adulte à construire, juste un gamin qui a joué à être quelqu’un d’autre entre temps, juste l’espace de quelques dizaines d’années. Troublant.

Le film vous cueille au moment où il vous a conquis par le rire avec un sérieux de bon aloi. Non, ce n’est pas qu’une comédie, c’est bien davantage. Et l’ironie du long métrage est d’arriver à faire des pieds de nez aux clichés ou justement à les contourner habilement.

Bref, un parcours sans faute et une grande réussite que ce très original et gonflé « I love you Philipp Morris » ! Bravo aux jeunes réalisateurs, Glenn Ficarra et John Requa et pari réussi pour Ewan Mac Gregor et Jim Carrey. Ils peuvent en être fiers.  

Bandes-annonces

13 février, 2010

« The last Airbender » de N. Shyamalan

Version longue de la BA de cette adaptation très attendue du dessin animé…

Image de prévisualisation YouTube

« A single Man » de Tom Ford (le couturier) avec Collin Firth, Juliane Moore, Nicolas Hoult

Image de prévisualisation YouTube

  »Centurion » de Neil Marshall avec Mickael Fassbender

Image de prévisualisation YouTube

 

« The Fall » de Tarsem Singh – Critique ciné

16 janvier, 2010

Synopsis : 1920 Etats-Unis. Une jeune fillette de cinq ans est hospitalisée à la suite d’une chute. Elle se lie d’amitié avec un cascadeur travaillant dans le milieu du cinéma, lui aussi victime d’un accident. Le jeune homme se lance dans le récit d’une histoire épique…

Tarsem Singh a mis 4 ans pour tourner cette fable dans une trentaine de pays différents et il semble hallucinant qu’elle ne soit pas sortie au cinéma mais directement en dvd.

Le film est à voir pour son visuel, époustouflant de beauté, d’autant plus que le recours aux effets numériques est minime, c’est du décor naturel et c’est à tomber par terre.

 Seulement voilà, est ce que ceci suffit à réussir un film ?

18959937 dans Films

C’est un peu le reproche qu’on avait fait à son précédent, « the cell » avec Jennifer Lopez, il y’a 10 ans.

Je dirais que la critique est assez facile car oui, le résultat est en partie raté mais il s’avère bien plus aboutis que « the cell » et surtout, il fait preuve d’une grande poésie.

Il faudrait considérer le résultat comme une œuvre d’art qui n’a plus forcément à voir avec le cinéma comme support de narration classique mais comme une œuvre sensitive, plus proche du tableau ou de la photographie voir de l’opéra.

 18959935 dans Films - critiques perso

Certes, le film est parfois très froid à cause de ce parti pris. C’est un résultat que Gilliam n’aurait pas renié même si le « baron de Munchausen », avec qui le film a certaines similitudes, présente une qualité que « the fall » n’a pas. Gilliam insère un humour et des personnages attachants. En revanche « the fall » s’avère bien plus percutant visuellement que le film de Gilliam. Certains diront tappe à l’œil, clipesque.

Le scénario est-il suffisant ? Il y’en a un, plus malin qu’il n’y parait, mais qui pèche par manque de resserrement autour d’une intrigue solide, de rebondissements qui auraient donné un autre rythme. Et comme je le dis souvent, un bon méchant…ça aide…Ici, le rythme se perd par l’alternance des deux mondes. Un défaut que l’on retrouve dans « L’imaginarium du Docteur parnassus » de Terry Gilliam. Je compare beaucoup à Gilliam car il s’agit de thématiques très proches. Là où le Parnassus de Gilliam réussit pour moi, c’est que justement, le monde imaginaire est animé par des personnages qui viennent du monde réel et qui ont eu le temps de développer une histoire, un caractère.

Image de prévisualisation YouTube

 

Dans « the fall », le principal défaut n’est pas tant l’histoire, car cette « ligue des gentlemen extraordinaires » pouvait s’avérer être une bonne idée pour insuffler de l’épique et d’ailleurs elle y arrive parfois. Le problème est que tous ces personnages secondaires sont désincarnés et ont peu de densité. On ne connait que très peu d’eux, ils n’ont pas de relief auquel s’accrocher. C’est vraiment dommageable car le film perd beaucoup à cause de ce manque de dimension.

On pourrait certes considérer que comme dans des rêves, de nombreuses choses ne sont pas expliquées et que les personnages n’ont rien de très épais. 

 picture3ei1

Alors pourquoi voir ce film ? Et bien pour la très jolie prestation de l’acteur principal et de la jeune actrice et pour la réussite de toutes leurs scènes qui, elles, fonctionnent parfaitement.

Cette oeuvre est donc une frustration pour moi car malgré ces réticences, je l’apprécie énormément pour son thème, ses fulgurances visuelles, son histoire très simple mais émouvante et le jeu des deux protagonistes.

Je vous incite donc à vous faire votre propre opinion.

 Et j’espère que Tarsem Singh, talentueux, aura un scénario plus abouti sur son prochain film, « Gods of War » avec Henri Cavill le copain de Henri VIII dans la série « the Tudors »…

 

TETRO de Francis Ford Coppola – 1ère grosse claque de l’année !! 5/5

2 janvier, 2010

Critique sans rien raconter de l’histoire…

TETRO de Francis Ford Coppola - 1ère grosse claque de l'année !! 5/5 dans Bandes-annonces tetro_1
Il y’a des moments rares au cinéma où l’on contemple une œuvre en ayant la certitude qu’elle est en train de nous faire chavirer, que l’on regarde un chef d’oeuvre. Et comme le mot est galvaudé, je vais juste préciser ce qu’est un chef d’œuvre pour moi. C’est lorsqu’un artiste arrive à imposer cette œuvre avec un style qui lui est propre, un jeu d’acteur irréprochable, un choix de casting brillant, enfin une histoire qui vous empêche de perde haleine. L’intensité dramatique ne tombe jamais dans le pathos, il n’y a aucun moment de relâche, chaque scène est parfaite.

Le noir et blanc rappelle bien entendu « Rusty James » avec Mickey Rourke et Matt Dillon, d’autant que le jeune acteur, Alden Ehrenreich a des similitudes avec le magnétisme de Matt Dillon jeune. Et puis l’utilisation de la couleur est effectuée avec brio. Pourtant TETRO est bien plus abouti. Cette histoire de famille sur deux générations recèle en elle des moments aussi intenses que les tragédies shakespeariennes que sont « le parrain 1″ et surtout « le parrain 2″. C’est en auteur parfaitement libre, produisant son film tout seul, un film d’art et essai, à 70 ans, que Francis Ford Coppola revenait sur la croisette l’an dernier mais hors compétition. Et il n’était pas très content car il était fier de son film, il le disait partout, il n’avait pas signé une telle œuvre depuis fort longtemps.

Et bien il n’avait pas menti, cela fait 18 ans qu’il a tourné Dracula, son dernier film potable. 30 ans son dernier chef d’œuvre, Apocalypse now.

C’est donc une vraie joie de le retrouver. Une leçon de mise en scène car seuls les maîtres arrivent à impressionner sans aucune débauche de moyens.

Je ne peux réellement critiquer le film, je n’ai pas le niveau pour. Juste livrer une impression et vous inciter à courir voir ce film et ne surtout, surtout pas vous fier à l’accueil critique général car il est très partagé. Certains y ont  vu tout comme moi l’aboutissement d’un travail fou et gargantuesque d’un maestro du cinéma, d’autres sont totalement passés à côté. Merci à Coppola pour ce coup de poing et disons que, sa fille a encore du chemin à faire pour lui arriver à la cheville.

Image de prévisualisation YouTube

Bande annonce N°2 du « Choc des titans » avec Sam Worthington (Avatar), Ralph Fiennes, Liam Neeson…efficace aussi !!

29 décembre, 2009

Image de prévisualisation YouTube

Bande annonce N°2 d’ « Inception » de Christopher Nolan (the dark Knight)…efficace…

29 décembre, 2009

Image de prévisualisation YouTube

Max et les Maximonstres – Ma critique perso – 3,5/5

19 décembre, 2009

Max et les Maximonstres - Ma critique perso - 3,5/5 dans Bandes-annonces
Max et les maximonstres de Spike Jonze (dans la peau de john Malkovitch) est donc l’adaptation du célèbre bouquin pour enfants de Maurice Sendak…moi je ne l’ai pas lu enfant et parait-il, il y’a peu de mots, quelques dessins et beaucoup de suggestion. Et au final, ce film m’a surpris. A tel point qu’en sortant, je ne savais pas quoi en penser. Pas d’avis clair. Juste des compliments variés qui fusaient de partout, sans réel lien, un peu comme ce qui se passe dans le film. Tout d’abord le film est d’une incroyable poésie. Je sais, ce mot est galvaudé mais ici, des peluches de 2 mètres de haut ont réussi à m’émouvoir par leur réalisme, l’humanité palpable qui s’en dégage. Assez fort et assez étrange comme sentiment. On est très loin de chewbaka. Les expressions des personnages, leurs yeux, mélangés à cet aspect peluche donnent un résultat troublant. Et puis la réalisation est limpide, classe, avec une manière de filmer un désert, une forêt ou un bord de mer qui concrétise une réelle impression de liberté…mais bloquée sur une île, celle des maximonstres. Le jeune comédien est lui aussi bluffant. Quant à l’histoire, elle se résume en trois phrases donc je ne vais pas vous la résumer. Simplement, l’enfant est traité pour une fois comme un individu cruel, mélancolique, en recherche d’amour, un peu perdu et très seul.

D’où le recours à son imaginaire, à ses sept maximonstres qui chacun représentent une part de son introspection. Il y’a bien « tideland » de Terry Gilliam ou « la nuit du chasseur » qui traitent les enfants de manière « non niaise » mais ce Max là est particulièrement attachant car il est bourré de tout ce qui agace chez un gosse si ce n’est qu’on est à coté de lui et que forcément, l’angle de vue change un peu le jugement.

Bref, ce film a divisé la presse et le public, il ne vous plaira peut être pas du tout ou vous ennuiera. Moi, il m’a intrigué par sa conception, il m’a ému et m’a évidemment rappelé mon enfance, solitaire elle-aussi…et bourrée de personnages sortis de nul part.

Superbe nouvelle BA de « Alice au pays des merveilles » de Tim Burton

16 décembre, 2009

Moi qui crache régulièrement sur la disneysation de Tim Burton, y’aurait il un espoir de voir enfin un bon film ?

Image de prévisualisation YouTube

 

Les bandes annonces sympas du moment

22 novembre, 2009

Alors comme c’est le 1er jour de ce blog, je vais rassembler quelques BA de certains films à venir… »bon appétit !! »

 La route de John Hillcoat avec Viggo Mortensen d’après Cormack Mac Carty – Sortie le 2 décembre 2009
Image de prévisualisation YouTube

TETRO de Francis Ford Coppola avec Vincent Gallo sortie le 23 décembre 2009
Image de prévisualisation YouTube

 Sherlock Holmes de Guy Ritchie avec Robert Downey Jr et Jude law – sortie le 3 février 2010
http://sherlock-holmes-movie.warnerbros.com/main.html

The Wolfman avec Benicio del Toro- le 10 février 2010

http://www.apple.com/trailers/universal/thewolfman/

Les chèvres du Pentagone avec Georges Clooney, Ewan Mc gregor, Jeff Bridges, Kevin Spacey – sortie le 27 janvier 2010

Image de prévisualisation YouTube

Max et les Maximonstres de Spike Jonze – sortie le 16 décembre 2009

Image de prévisualisation YouTube

Alice in wonderland de Tim Burton – sortie le 7 avril 2010
http://www.filmdeculte.com/cinema/actualite/ALICE-AU-PAYS-DES-MERVEILLES-premier-teaser-9650.html
 A serious Man de Joel et Ethan Coen – sortie le 20 janvier 2010

Image de prévisualisation YouTube

Shutter Island de Martin scorcese – avec Leonardo Di Caprio – sortie le 24 février 2010
Image de prévisualisation YouTube

 

 

 

 

 

 

Critique ciné – L’imaginarium du Docteur Parnassus de Terry Gilliam 4,5/5

22 novembre, 2009

Critique ciné - L'imaginarium du Docteur Parnassus de Terry Gilliam 4,5/5 dans Bandes-annonces imaginarium_27
Après une première impression pour le moins mitigée la semaine dernière, j’ai revu « l’imaginarium du docteur Parnassus » de Terry Gilliam.

En voici la bande originale pour ceux qui n’auraient jamais entendu parler du projet…
Image de prévisualisation YouTube

Comme tous les films du créateur de Brazil, il me fallait deux visions pour me faire une idée. Mais cette fois-ci j’ai été surpris. Bien entendu, je m’attendais à apprécier davantage mais pas à ce point là. Pas un tel décalage. Je crois bien qu’en fait, le premier jour, je suis totalement passé à coté.

J’ai reproché au film un manque d’humour mais Gilliam n’a pas toujours versé dans l’humour Monty Pythonesque et surtout, cette fois-ci, l’humour est beaucoup plus fin, et moins Pythonesque, justement. Et puis le film est plus sombre qu’il n’y parait.

Ensuite j’y ai vu un manque de rythme, reproche fait par plusieurs personnes au demeurant. Le rythme n’est certes pas habituel.

A la seconde vision, c’est le rythme d’une histoire qu’un conteur privilégierait à l’oral, peut être pas au cinéma. Mais ça tombe bien, le thème du film c’est l’histoire d’un conteur millénaire, le docteur Parnassus. Il est donc logique que le film retrouve cette structure générale assez curieuse. Ainsi, les pistes de chaque sous-intrigue sont lancées sans jamais aller jusqu’au bout afin de mieux se concrétiser au final. Ceci peut faire perdre le fil de l’histoire principale. D’où une impression de bordel mais qui fait tout le charme du cinéma de Gilliam et toute sa richesse, les détails étant foisonnants….et les multiples visionnages permettant d’améliorer la perception du film, comme un bon vin qui s’enrichit avec le temps.

L’hommage à Heath Ledger est assez troublant sachant que peu de scènes ont été réécrites après sa mort. Des passages retentissent de manière décalée et donnent un bel écho au pouvoir du cinéma, celui de faire ressusciter des acteurs morts le temps d’un film, de les figer jeunes et beaux pour l’éternité. C’est un peu ce qui arrive lorsque l’on revoit un vieux film…Paul Newman a 30 ans, mais si mais si, revoyez « Une chatte sur un toit brûlant »…

Comme à son habitude dans ses meilleurs opus (Las vegas parano, Brazil, L’armée des 12 singes), Gilliam laisse se terminer son film sur une fin ouverte, libre d’interprétation mais pas incompréhensible du tout. Bien au contraire. La fin est assez simple à première vue. C’est ensuite qu’on se pose des questions…il l’a d’ailleurs avoué en interview, c’est volontaire !!! Le but étant de faire fonctionner l’imagination à plein régime, de se faire raconter à soi même des histoires parallèles au film, ce qui est semble tout marque d’une grande réussite pour un film sur le pouvoir de l’imagination…

Les personnages sont tous traités à l’unisson d’une histoire à plusieurs facettes. Le jeu du miroir magique déformant qui se trouve au centre de l’histoire s’applique à la personnalité de chaque personnage car chacun possède un double fond. Normal, nous sommes chez les saltimbanques et le tour de passe passe…

Par ailleurs, si certains y ont vu une confrontation entre le bien et le mal un peu binaire ou une simple attaque en règle d’une société consumériste à outrance où le rêve se vend en préfabriqué, c’est qu’ils n’ont pas perçu le double fond de l’histoire…

l-imaginarium-du-docteur-parnassus-2009-2226-2085548028 dans Films
Car au final, d’autres thèmes sont abordés, notamment celui de la difficulté d’être un artiste indépendant aujourd’hui dans l’industrie du cinéma. C’est bien entendu à une autobiographie à peine voilée que nous invite l’ex Monty Python. Les clins d’œil et les autocitations raviront les amateurs de sa filmographie mais ce qui s’avère bien plus intéressant est l’analogie, partielle certes, entre le docteur Parnassus et Terry Gilliam lui-même. Bien entendu, on retrouve beaucoup de Gilliam dans Parnassus mais pas tout. Gilliam est certainement plus optimiste et lance ce film comme un avertissement sur ce qu’il pourrait devenir à terme. Cet « avatar » du réalisateur, sans les moyens de James Cameron, défie tous les obstacles avec panache pour continuer à défendre ce qu’il aime par-dessus tout, à savoir raconter des histoires et faire rêver les autres. Et si la morale ne rassure pas trop sur l’optimisme du réalisateur, son envie de poursuivre sa carrière même avec trois bouts de ficelle force le respect. Son acteur principal meurt, il trouve une combine géniale qui améliore son film. Johnny Depp le lâche sur la reprise de Don Quichotte en 2010 pour toucher 55 M$ sur Pirate des Caraïbes 4, mais l’animal a plus d’un tour de magie dans son sac. Là où un Tim Burton finit par lasser de nous servir des resucées de son univers visuel certes très beau mais très creux (sleepy hollow et son décalcomanie insupportable qu’est Sweeney Todd), là où ce même Burton se Disney-ise à vue d’œil à en perde son âme (Charlie et la chocolaterie est un must de mièvrerie), Terry Gilliam, avec beaucoup moins d’argent, nous fait sa propre autocritique. Oui, réaliser « les frères Grimm » était une erreur, une concession aux studios hollywoodiens dans l’espoir de financer ses projets ultérieurs. Une faiblesse qui aurait pu lui coûter son intégrité de saltimbanque. Gilliam est assez fou pour refuser d’adapter l’un des « harry potter », c’est dire si il ne cherche pas la facilité. L’un des thèmes cachés du film est donc celui du compromis artistique. A partir de quand l’artiste cède t’il à ce dernier pour arriver à exercer son art ? Vous allez me dire, mais qu’as-tu pris comme substance et où surtout ? Mais non, on voit tout ceci dans Parnassus, pour un peu qu’on prenne le temps de s’y attarder.

La roulotte du docteur Parnassus et son spectacle très comedia del arte présentent une belle allégorie de la façon dont Terry Gilliam appréhende son art. Il veut rester libre, indépendant quitte à finir seul et sans spectateurs, il se fout totalement des codes et conventions du film faussement barré. Non, quand on entre dans la tête de Terry Gilliam, on y plonge ou on reste de coté mais quand le liquide vous chatouille les pieds…il faut foncer car il est l’un des rares à avoir cette force aujourd’hui.

L’imaginarium du docteur Parnassus est donc l’invitation d’un gentil fou à rentrer dans sa tête pleine comme un œuf, dans son foutoir ambulant tellement bien rempli qu’on voudrait en voir plus de l’imaginarium de Mossieur Gilliam.

Mais tout le talent d’un conteur est de laisser s’envoler les histoires dans la tête des spectateurs suffisamment tôt pour qu’elles prennent de l’ampleur. Laisser des zones d’ombres bienvenues afin de permettre à chacun de faire sien ce film si bigarré et ouf ouf ouf.

Vous l’aurez compris, j’ai adoré ce film et je vous le recommande sans aucune réserve si ce n’est que vous pouvez ne pas être sensibles à l’univers du réalisateur, ce qui est bien entendu une question de goûts…
« Et voilà !! »

1...104105106107108