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Les meilleurs films de l’année 2011 du blanc lapin – partie 2 (N°7 à N°1)

23 décembre, 2011

Voici la seconde partie du dossier bilan de mes films préférés sur 2011. Bien entendu, je n’ai ni le bon goût ni l’outrecuidance de penser avoir tout vu. Disons que je sélectionne les films en fonction de leur parcours (que j’étudie bien en amont) et de leur accueil (même si je ne lis plus les critiques avant d’avoir rédigé la mienne). Sur cinquante films vus cette année au cinéma, je pense en avoir ratés assez peu. C’est disons le cas tous les ans puisque je vois les éventuels loupés par la suite et qu’il y a rarement de « grand oublié ». Mais si vous en notez, n’hésitez pas à me le signaler !

Voici donc mes 7 préférés, enfin 8…

 

N°7 – « Incendies » de Denis Villeneuve

Les meilleurs films de l'année 2011 du blanc lapin - partie 2 (N°7 à N°1) dans Dossiers incendies-207x300

Voici donc le film de Denis Villeneuve qui a beaucoup fait parler de lui avant sa sortie tant son accueil fut bon partout dans le monde, y compris en étant nominé aux oscars. Le réalisateur opte pour un scénario recelant un drame à multiples fonds, chacun enfonçant un peu plus le spectateur dans l’émotion des diverses révélations qui vont jalonner le film. Au fil de l’enquête de ces deux frères et soeurs sur leur mère disparue, plusieurs thèmes vont être évoqués et entremêlés.

Le postulat de départ est assez malin puisque le film ne cite pas le pays du moyen orient où la mère a vécu avant de s’enfuir au Québec. L’effet immédiat est que l’on se trouve un peu perdu, en attente de savoir quel pays est pris en exemple. Il s’agit bien entendu du Liban et de sa lutte fratricide entre musulmans et catholiques. Mais l’atmosphère d’enquête dans ce pays dont on ne cite jamais le nom est posée, une guerre honteuse qu’on veut oublier. Le périple commence alors dans le passé de cette mère décédée et mystérieuse. Chaque avancée du récit atteint alors son but puisque tous les sens sont en éveil et que l’on suit la fille de cette femme par un montage habile entre passé et présent. C’est un film sur le deuil, les deuils. Celui d’une femme pour sa vie gâchée au nom d’un idéal, celui d’enfants pour une mère qui les a doublement abandonnés et ne les retrouvera que par delà la mort. Un film sur le pardon. Pardonner à ses bourreaux pour revivre ou plutôt laisser ses enfants revivre. Film sur l’importance de la filiation et de la connaissance de ses parents pour se constituer une identité, une base pour se propulser en avant, comprendre les erreurs et les choix des ainés pour créer son propre cadre, forcément construit en creux, en confrontation avec les parents. « Incendies » utilise certes des ficelles parfois pompières mais atteint son but, bouleverser le spectateur et le laisser blafard. Un excellent film.

 

N°6-  « The artist » , Michel Hazanavicius

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Avec  « the artist » , Michel Hazanavicius a fait forte sensation au dernier festival de cannes, et créé la surprise. Hazanavicius ose un pari risqué et gonflé, en sortant un film muet en noir et blanc en 2011 ! Idée de génie, pas novatrice car déjà tentée par le passé mais toujours avec lourdeur…

Il faut dire qu’associer cinéma muet à comique burlesque façon Buster Keaton, Laurell et Hardy ou Chaplin, c’est oublier toute la poésie de cette époque là du septième art, toute l’écriture et la mise en scène qui font qu’un Fritz Lang muet ou parlant demeure une claque inaltérable avec le temps. Takeshi Kitano avait compris et porté à son paroxysme la richesse de ces silences dans le très beau « l’été de kikujiro« . Mais ici Hazanavicius frappe plus fort et livre un hommage très émouvant au cinéma à travers une histoire simple mais écrite avec finesse, basée sur le jeu sans fausses notes de ses acteurs. Jean Dujardin mérite amplement son prix d’interprétation cannois, commençant par jouer de son visage élastique pour caricaturer l’acteur de cinéma muet et glissant doucement mais surement vers une palette de jeu bien plus nuancée, au point d’en devenir un personnage extrêmement émouvant de loser. Face à lui, Berenice Bejo est confondante de justesse et crève l’écran au point de nous faire penser au fait qu’on ne la voit pas assez sur les écrans. Il nous rappelle de manière assez déroutante qu’un bon film n’a pas besoin de technique et de 3D mais juste d’un scénario solide entourés d’acteurs inspirés. Mais ce serait sans compter sur la mise en scène de l’auteur, sa dramaturgie. Il sait raconter des histoires et arrive à s’imprégner des tics d’un cinéma mort pour mieux nous démontrer que ce dernier bouge encore et qu’il s’est juste transformé et entouré de techniques de plus en plus élaborées. Hazanavicius, qui nous a fait mourir de rire avec ses irrespectueux « Oss 117 » choisit d’illustrer son film en contant une histoire d’amour, sous forme de drame et non de comédie. On rit peu durant la projection mais c’est la tendresse pour les personnages et leur profonde humanité qui touche de façon évidente et surprend d’autant plus qu’on n’attendait ni  Hazanavicius ni Dujardin sur ce créneau. Un exercice de style casse gueule qui aboutit à un film ambitieux, généreux et d’une nostalgie ultra classe.

 

N°5 – « Shame » de Steve McQueen

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« Shame » est le second long métrage de Steve McQueen, à l’homonyme tellement classe que ce jeune réalisateur black britannique se devait d’exceller dans la mise en scène. Après avoir remporté la caméra d’or à Cannes en 2009 avec « Hunger« , permettant au monde de découvrir Michael Fassbender, McQueen revient avec son acteur sur un tout autre sujet, l’addiction au sexe.

Fassbender interprète un baiseur fou dont le train train est bouleversé quand sa petite soeur débarque en ville pour squatter chez lui.

Et comme à son habitude, McQueen va laisser le temps au récit de se construire, n’hésitant pas à substituer les silences et la gymnastique du corps et des regards à certains dialogues. Et de nous livrer un film d’atmosphères, un film à l’image très léchée.

Le film présente les couleurs pales d’un monde de limbes, ce purgatoire de la mythologie grecque. Pourquoi ce personnage s’est il perdu ? La couleur pâle des scènes, la couleur du vide, sera aussi celle de l’absence de personnalité du personnage.  Ce dernier n’a aucune passion à part le sexe, aucun ami, aucune famille à part cette soeur venue d’ailleurs, aucune racine. Il a créé sa bulle, son monde aseptisé, un appartement blanc et sans âme, mais qui lui sert de lieu d’isolation. C’est d ailleurs pour cette raison que la présence de sa soeur le gêne, elle viole son intimité et son quotidien de baise. Elle amène de l’affectif là où il a réussi à faire le vide. Steve McQueen aborde une critique détournée du consumérisme et de la société zapping, laissant derrière elles des gens isolés et perdus. Sans tant de fond que cela.

Mcqueen utilise admirablement le corps de Fassbender, corps qui exprime davantage la souffrance que la jouissance avec cette fuite en avant dans du sexe désincarné. On en vient à éprouver une profonde empathie pour cet être déconnecté de toute joie, qui s’accroche à sa seule éjaculation pour rythmer sa vie.

Le plaisir semble se focaliser de plus en plus sur la conquête, l’acte en lui même n’étant qu’un enchaînement mécanique. Comme si la virilité du personnage ne pouvait que s’exprimer en laissant l’animal prendre le dessus. Un être devenu asocial dans la société cynique d’aujourd’hui, qui cherche à se raccrocher aux branches de sa bestialité pour se prouver qu’il existe. Un constat d’échec des rapports humains assez alarmant. On sort du film un peu décontenancé et heureux d’avoir une vie sociale ancrée dans la réalité. Le danger qui guette l’homme moderne est d’oublier ce qui forme le tissu social, au delà des rapports futiles. C’est le message assez juste et universel que Steve Mcqueen réussit brillamment à démontrer dans ce film qui fera date.

 

N°4 – « Polisse » de Maiwenn

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Avec ce quotidien de la Brigade de Protection des Mineurs, Maiwenn s’attaque à des sujets sensibles que sont la pédophilie, l’inceste, le viol de mineurs, la maltraitance physique. Autrement dit, un sujet casse gueule qui peut verser très vite dans le pathos.

Maiwenn Le Besco confirme après « le bal des actrices » sont talent évident de mise en scène de personnages et de direction d’acteurs avec un naturel confondant. Karin Viard est décidément l’une des meilleures actrices de sa génération. Joey Star trouve à nouveau un rôle extrêmement touchant et charismatique, à mille lieux de l’image de la star incontrôlable qu’il fut, il est très juste. On s’y croirait et l’aspect pseudo documentaire fait évidemment penser au brillant « L. 627 » de Bertrand Tavernier. Notamment parce que Maiwenn s’est inspirée de faits réels et que cette réalité dépasse la fiction et nous explose à la gueule dans certaines scènes déchirantes, lourdes d’émotions mais jamais de misérabilisme. Ces flics trop humains qui font face à des affaires extrêmement dures sur enfants, nous redonnent de l’humain en intraveineuse à travers leur quotidien.

Alors on peut reprocher à Maiwenn d’être une fausse modeste. Elle ne peut s’empêcher de se mettre en avant et de tomber dans le narcissisme en créant un rôle taillé pour elle, égocentré et caricatural, assez inutile et même agaçant. Allant jusqu’à nous montrer toute sa famille…sans grand intérêt pour l’histoire. Il est possible aussi de ne pas adhérer à ce patchwork d’histoires que l’on suit sans aller au bout, sous forme d’un espèce de zapping du glauque. Mais ce serait un peu se gâcher le plaisir d’un film choral très réussi, bien documenté et crédible et surtout très bien interprété, ponctué de scènes très drôles au demeurant.

Le film est violent par les mots et les situations mais il donne à voir systématiquement l’ambivalence de chacun de ces flics. Leur côté obscur, leurs contradictions, les traumas sécrétés par leur métier et le débordement de ce dernier sur leur vie personnelle, tout ceci permet d’embraser le film, de lui donner un souffle et une vigueur qui force le respect.

N°3 – « J’ai rencontré le diable » de Kim Ji-Woon

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Kim Ji-Woon a engagé son fidèle acteur Lee Byung-hun, de tous ses films, sorte d’Alain Delon coréen époque « le samourai » et a confié le rôle du tueur à l’excellent acteur de « Old boy« , Choi Min-sik, au visage impressionnant de violence, une tête de tueur qui vous glace le sang.  Avec « J’ai rencontré le diable« , le réalisateur franchit une étape, une maturité dans son art. L’ensemble des festivals qui l’ont accueilli lui ont rendu un accueil à la hauteur de la qualité du film, esthétique certes mais surtout qui fait montre d’une patte, contrairement à ses précédents films, bien trop référencés.
Et pourtant, tous les codes du film d’horreur sont là ainsi que l’absence de retenue du cinéma coréen. Il se lâche l’animal. La violence du long métrage est assez insupportable par moments et le film n’est pas à montrer aux âmes sensibles. Le sang gicle de partout, certaines scènes sont bien crades et choquantes et Kim Jee-Woon ne se refuse rien.
Mais il a l’intelligence de se baser sur un scénario classique et malin, sans aucune interruption de rythme, la spirale infernale n’ayant jamais de pause. Le flic poursuit un monstre qui ne sera jamais rassasié de crimes. C’est un homme mauvais, irrécupérable et d’une dangerosité hallucinante. Et pourtant le bon, l’homme blessé cherche à se venger, à faire sa catharsis en décuplant sa haine pour punir. Sauf que contrairement à un film à la Charles Bronson, le film a un but, un propos, un final, que je vous laisserai découvrir de vous-même.
C’est trash et certains scènes vous clouent au fauteuil de terreur mais c’est diablement efficace et plus profond qu’il n’y parait. C’est triste, c’est froid, c’est glauque mais c’est scotchant d’intensité. Kim Jee-Woon se permet même des touches d’humour dans les situations les pires.
Le contact d’un diable, d’un être sans aucune humanité rend t il mauvais ou ramène t il juste le poursuivant justicier à l’état de chasseur qui guette la bête…et se prend au jeu inhumain du bourreau car c’est un jeu enivrant. Il est plus facile de se venger que d’accepter que l’ordre et la justice légale s’accomplissent. La vengeance est l’acte basique et barbare de l’homme non soumis aux règles sociales et qui décide d’écouter sa haine naturelle plutôt que la raison. Kim Ji-Woon réussit donc, derrière l’apparente débauche de violence jouissive et écoeurante à nous pondre un bon plaidoyer contre la peine de mort. Et c’est ce qui est très très fort dans sa mise en abîmes et son traitement de l’évolution des personnages. Le mal pur est vraiment flippant et il est contagieux. Le film est excellent mais encore une fois soyez avertis du résultat à l’écran.
N°2 – ex æquo - « Black Swan » de Darren Aronofsky
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Voici enfin le retour de Darren Aronofsky après son lion d’or pour « the wrestler« , où Mickey Rourke renaissait de ses cendres devant la caméra du cinéaste. Certes, Aronofsky est l’un de mes chouchous, j’ai adoré tous ses films. Mais aujourd’hui il entre dans la cour des grands, des très grands.
Le film est un parfait mélange des deux longs métrages les plus réussis du cinéaste.
La force du récit est appuyée par une mise en scène de plus en plus étouffante, qui va en crescendo à la manière de « Requiem for a dream« . Une force centrifuge emporte peu à peu le récit à une vitesse de plus en plus grande. Mais de la même manière que dans « the wrestler« , où Aronofsky suivait Mickey Rourke en catcheur sur le retour, le réalisateur abandonne quelques peu les effets de style qu’on lui reprochait au temps de « the fountain » et de « requiem for a dream ».  Il sait à présent s’emparer d’une histoire comme personne, et l’on constate la même évolution chez lui que chez Fincher avec son « the social Network ».
Ici, Aronofsky reprend la même technique que dans « the wrestler » où son cinéma ressemblait plus à celui des frères Dardenne ou de Ken Loach qu’à celui de sa génération de cinéastes indépendants très formalistes, à qui on reprochait la forme au détriment du fond.  Ainsi, limite caméra à l’épaule, il filme en gros plans son actrice pour ne jamais la lâcher.
En délaissant le trop plein qui pouvait rebuter certains dans ses premiers opus, Aronofsky opte pour l’épure, donnant au jeu de Natalie Portman la possibilité de nous émouvoir et d’en prendre le temps. La peur et l’angoisse se lisent sur son visage et son corps si fragiles. Et en parsemant son film de touches fantastiques, il maintient le long métrage dans un genre indéfini et inquiétant, à la manière d’un Polanski ou d’un Kubrick, il conserve en permanence une tension forte. Ce cadre permet à Natalie Portman de livrer une prestation remarquable. L’expérience de cette dernière dans la danse classique accentue le réalisme des meurtrissures du corps qui se propagent à l’âme, ne sachant jamais si l’on nage en pleine schizophrénie et à quel moment le cauchemar se détache t il de la réalité.
L’utilisation des codes d’un cinéma de genre fantastique pour mieux perdre les repères du spectateur, permettent de l’emmener plus violemment vers l’apogée du récit, en accélérant, à la manière d’une ballerine qui tourne sur elle même jusqu’à perdre connaissance, jusqu’à s’abandonner. On s’aperçoit alors que le formaliste est toujours là, il est simplement plus discret, plus fin, plus abouti.
Et puis il y a l’histoire, la solitude du personnage, son unique obsession étant de devenir quelqu’un, être admiré aux yeux de tous, atteindre la perfection dans son art au sacrifice de tout le reste, la vie n’étant plus liée qu’à cet objectif, pas d’amis et peu de famille qui compte…un film bien plus profond qu’il n’y parait car il touche à quelquechose d’universel. Que recherche ton à réussir dans une vie ? Quel est le but, l’ambition, et pourquoi ? pour qui ? Le personnage de Portman le fait-il pour soi ou pour sa mère ?

Pour se transcender et défier la vieillesse et la mort, exceller dans un domaine pour se démarquer et se sentir moins seul ? Autant de questions que le film pose sans y répondre forcément, ou bien par allégories. Darren Aronofsky livre donc un film extrêmement riche et puissant, une réussite majeure qui le place parmi les plus grands.

 

N°2 – ex æquo - « Drive » de Nicolas Winding Refn

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Il est toujours émouvant de voir un auteur au style unique se révéler au grand public et récolter les grands prix, monter une marche de plus et s’imposer comme un grand, un très grand.

Au dernier festival de cannes, on attendait le réalisateur suédois de la trilogie « pusher« , de l’excellent « bronson » et du barré « whalla rising, le guerrier silencieux« .
Mais ce fut une surprise tout de même. Car c’est avec un film d’action, son premier film hollywoodien, que Nicolas Winfing Refn réalise son meilleur opus, son premier chef d’oeuvre.

Il est rare d’être frappé d’une telle cohérence, d’une telle évidence. Et Winding Refn utilise pour cela tous les codes du genre qu’il a si bien digérés. J’ai pensé à David Cronenberg pour le brio de la mise en scène, le même qui m’avait éclaboussé sur « history of violence ». Une histoire très banale mais un film majeur.

Et puis à David Lynch pour ces temps ralentis bercés d’une bande originale de haute tenue et tailladés de saillies bien sanglantes. Et puis des courses poursuites de voitures comme les deux ou trois du film, on n’en n’avait pas vu depuis combien de temps ? Très honnêtement je ne me souviens plus. En fait les courses de voitures m’ennuient profondément tant elles sont des passages obligés désincarnés de certains films du genre. Ici la tension est prégnante tout au fil du long métrage mais elle suit la vitesse du véhicule.

Et puis « drive », c’est la mise en lumière d’un immense acteur qu’on annonce de films en films comme la révélation des 12 derniers mois. Ryan Gosling est impressionnant. Ses dialogues se résument à quinze phrases mais il  crève l écran. Pourtant, ce n’était pas gagné avec un blouson en cuir avec un scorpion dans le dos. Un rôle en or pour Nicolas Cage dans un de ses multiples nanars récents. Mais ici, Ryan Gosling est mâle, très mâle.

A star is born. Oui, il faudra compter avec Ryan Gosling et c’est tant mieux, pauvres cinéphiles que nous sommes, dépendant de la chance.

Bien que je sois un fan inconditionnel de Terrence Malick, la palme d’or n’aurait pas du revenir à son « tree of life » mais bien au « drive » de Nicolas Winding Refn.

 

And the winner is…

 

N°1 – « Rabbit Hole » de John Cameron Mitchell

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Avec « Rabbit Hole« , John Cameron Mitchell signe son meilleur film et le retour au sommet de Nicole Kidman, qui, vous ne serez pas surpris, nous livre une prestation magistrale. Je ne l’avais pas vue aussi fébrile et dure depuis le « Eyes wide shut » de Stanley Kubrick.

Mais face à elle, Aaron Eckhart trouve un rôle à la mesure de son talent et ne démérite pas un instant. Il s’agit peut être de son meilleur rôle jusqu’à présent.

Avec un sujet pareil, le réalisateur a choisi un thème casse gueule, rarement abordé au cinéma et davantage au petit écran via des téléfilms ou des séries dont certaines (comme six feet under) n’hésitaient pas à traiter de la chose bien qu’elle ne soit pas franchement attractive en terme d’audience.

Et John Cameron Mitchell retrouve la recette de ses deux précédents essais « Hedwig and the angry Inch... » et « Shortbus » à savoir poser des questions simples crument, sans tabous. Dans « Shortbus », le spectateur voyait les acteurs se livrer à des scènes de sexe pornographiques mais ne retenait non pas du voyeurisme mais plutôt de la joie, de la jouissance et l’explosion des émotions et des tourments des personnages, qui se posaient beaucoup de questions existentielles entre quelques scènes un peu crues. Un sentiment étrange qui faisait disparaitre très rapidement le côté mal à l’aise des premières minutes. C’est comme si la sincérité avec laquelle le réalisateur explosait les tabous permettait tout de suite de franchir une étape pour aller plus loin dans l’exploration des personnages, non sans pudeur, juste sans voiles inutiles. Ici, il n’existe pas de mise en abime de la tragédie. Le metteur en scène estime que vous avez lu le pitch et que vous êtes assez grand pour comprendre ce qui s’est passé. Pas la peine de mettre en scène la mort de l’enfant. Ceci pour le coup aurait été du voyeurisme.

Non, ici il est question de deuil ou plutôt d’absence de deuil définitif. Comment exprimer ses émotions lorsque le pire vous arrive à savoir perdre votre enfant, très jeune.

La retenue des personnages est toujours contrebalancée par une violence sous-jacente mais jamais par un jeu d’acteur cherchant la performance façon « actors studio ».

Non, John Cameron Mitchell préfère utiliser l’humour noir par ci par là, une musique douce, des couleurs vives car la vie se poursuit, qu’il continue de faire beau temps.

La vie continue et les autres avancent tandis que le temps est figé ou qu’il bégaie pour les parents. Le manque et la tristesse se rappelant toujours à la mémoire, devenant simplement différents, évoluant, se transformant.

Le long métrage ne cherche pas à démontrer quoique ce soit, juste à filmer l’évidence, on ne partage pas la peine des autres, les personnes qui entourent une famille endeuillée de cette façon ne peuvent pas apporter grand-chose. Et les « survivants » font mine d’accepter ces politesses comme réconfortantes mais ceci reste du lien social, rien de plus. La peine est bien encrée et ne disparaitra pas. Il faut l’accepter et vivre avec.

On est seul face au drame même en couple, même au milieu d’autres parents touchés par ce malheur. Chaque deuil est personnel.On peut se raccrocher à Dieu mais quand on n’y croit pas il faut trouver autre chose et c’est ce que fait le personnage de Nicole Kidman. Le film n’est pas sans espoir, il n’est pas noir et sombre, non, il est plus complexe, il montre justement comment évoluent ces sentiments et comment extirper quelquechose d’un tel drame pour poursuivre sa route, même blessé de manière irrémédiable. 

John Cameron Mitchell signe un film profondément universel et d’une grande finesse, d’une sensibilité touchante car non versée dans le pathos gratuit, une œuvre bouleversante qui n’utilise pas du tout les travers du mélo mais plutôt une approche psychanalytique du sujet. Un film où l’intellect est servi par des acteurs en état de grâce. L’un des grands moments de cinéma de cette année. Probablement.

 

Voilà, c’est finis pour cette année 2011 pleine de surprises, un excellent cru, contrairement à ce qu’écrivent certains sites. Les films de ce classement sont tous d’un excellent niveau et il m’a été délicat de les départager. Ce n’est pas tous les ans de la sorte. N’hésitez pas à découvrir vos oublis en dvd…

Je vous donne rendez-vous tous les jours bien entendu sur « De l’autre côté, perché avec le blanc lapin… » mais en particulier début janvier où je vous livrerai un avant goût de ce qui vous attend au cinéma en 2012 avec deux dossiers complets sur les films les plus attendus version blockbusters et version films d’auteurs.

Merci pour votre fidélité.

Le blanc lapin

Les meilleurs films de l’année 2011 du blanc lapin ! – Partie 1 : N°15 à N°8

22 décembre, 2011

 Après « les pires films de l’année » du blanc lapin, voici ceux qui m’ont le plus marqués en 2011. Je vous laisse une critique raccourcie écrite par mes soins pour ces numéros 15 à N°8.

Les premiers feront l’objet d’une seconde publication.

N°15 – « Fighter » de David O.Russel

Les meilleurs films de l'année 2011 du blanc lapin ! - Partie 1 : N°15 à N°8 dans Ce qui vous attend au cinéma (sélection du Blanc Lapin) fighter-david-o-russel-avec-mark-wahlberg-chr-L-TsCmw3-224x300

Avec « Fighter », David O.Russel, réalisateur « des rois du désert », reprend un projet avorté de Darren Aronofsky, et sauvé par Mark Wahlberg, croyant dur comme fer au scénario. L’acteur doit être fier de sa persévérance. Le résultat s’avère brillant. La qualité fondamentale du film repose sur la prestation de Christian Bale, qui nous rappelle qu’avant d’être Batman, il est surtout un acteur caméléon incroyable. Le film est donc un récit du lutte acharnée de deux frères, l’un ex-petite star ayant raté sa carrière à cause de la drogue et son cadet étant l’espoir de la famille, en passe de devenir une étoile terne et éteinte avant son apogée. Le premier voit dans son petit frère une seconde chance de rattraper sa fierté, de réparer son passé, mais la drogue est plus forte. Tout l’entourage familial, lourd car accroché au héros de la famille, permet de dresser un état des lieux de l’Amérique profonde des quartiers pauvres, une Amérique de gens gros et obèses, sans travail et sans talents, le contraire de l’image véhiculée par les médias américains. Et la peinture n’a rien de l’apitoiement puisque la plupart des personnages dont la mère et les sœurs sont soit intéressées et dans une relation malsaine à leur frère soit dans un rapport exclusif d’adoration castratrice. L’argent ne fait pas le bonheur mais quand on n’en n’a pas, on se raccroche au seul espoir, l’individu de la famille qui peut en gagner. Il représente l’espoir de faire manger tout le monde mais aussi un rêve, une ascension sociale impossible aux autres. Une fierté comme bouclier contre les misères du quotidien.

Les combats sont filmés sans ralentis inutiles et avec un réalisme des plus froids, à l’unisson, du reste du long métrage, cru. La sueur ça pue, David O.Russel la montre. Et c’est tant mieux. On ressort donc du film grogui et ému, en ayant vu l’un des meilleurs films du genre depuis longtemps, bien longtemps.

 

N°14 – « Même la pluie » de Iciar Bollain

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En 2000, une équipe de production vient en Bolivie tourner un film sur la conquête espagnole par Christophe Colomb. Le réalisateur est jeune et souhaite montrer l’horreur du génocide espagnol. Mais dans cette période antérieure à l’arrivée au pouvoir d’Evo Morales, la situation sociale sur place est tendue. Les indiens qu’ils engagent pour devenir figurants sont préocupés par un autre problème, la privatisation par le pouvoir du système de gestion de l’eau dans la ville de Cochabamba. Et très vite, ces derniers désertent le plateau de tournage pour aller manifester.

Paul Laverty est le scénariste attitré de nombre de films de Ken Loach et on retrouve bien sa pâte dans cette histoire de combat social auquel Iciar Bollain apporte un talent de mise en scène indéniable, moins documentariste que celui qu’aurait adopté Loach.

Le film montre à quel point la bonne conscience des occidentaux présente ses limites face au colonialisme et aux traces qu’il a laissé dans l’histoire. Les intellectuels et défenseurs des droits de l’homme s’indignent du sort des Quechuas et autres peuples mayas ou incas massacrés par Pizzaro, Cortez ou Colomb. Mais quand il s’agit s’assumer ce passé, de se confronter à la pratique, à la réalité d’un peuple qui subit toujours l’exploitation des blancs, le discours reste théorique. Les individus se réfugient derrière la non-ingérence, derrière le fait que la mondialisation est un fait et que donc payer 2 $ par jour un figurant c’est normal et c’est tant mieux. Un gouvernement corrompu qui vend à la découpe les sociétés de gestion de l’eau à des multinationales, c’est certes le prolongement d’un long pillage et d’une longue exploitation des terres et d’un peuple d’amérique latine. Mais que peut on y faire ? C’est l’histoire…oui, mais l’histoire ne s’arrête pas aujourd’hui. On préfère fuir et se pencher sur les erreurs d’il y a plusieurs siècles, c’est plus confortable. Mais rassurez-vous, le film n’a rien de moralisateur, il fait juste un constat, pas très glorieux pour nous, certes. Iciar Bollain montre avec une grande finesse cette culpabilité qui s’exprime dans l’art mais pas dans les gestes car les vrais acteurs de leur vie, ce sont ceux qui crèvent de cette exploitation sur place, ceux qui se révoltent pour virer leurs dirigeants usurpateurs. Les personnages sont tous très bien interprétés de Gael Garcia Bernal à Luis Tosar, dont le visage buriné impose une force et un regard particulièrement à propos pour son personnage.

Le sujet du film comme son déroulé et sa mise en scène sont donc une excellente surprise, une bouffée d’émotion et d’humanité, une grande claque à notre hypocrisie et notre vision nombriliste du bien être de l’humanité.

 

N°13 – Animal kingdom de David Michôd

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David Michôd signe pour son premier long métrage un coup d’éclat, incisif et froid, comme la mentalité des individus qui composent cette famille de criminels, un long métrage récompensé par le 1er prix du festival de Sundance 2010, à juste titre.

En nous plongeant dans la vie quotidienne de ces fauves ni mafieux irlandais ni italiens, mais qui fonctionnent en clan, il nous montre à quel point le crime pour l’argent peut détruire ce lien familial justement et l’ériger en simple chaine qui lie des êtres seuls et perdus dans les tréfonds de leurs crimes. Car il n est pas question de sentiments fraternels ici, les hommes du clan ne s’aiment pas, ils chassent ensemble et se protègent car les forts ont besoin des faibles et inversement. L’humanité disparait pour laisser place au règne animal, le titre du film étant parfaitement choisi.

Et entre animaux, on sacrifie le plus faible pour sauver la meute en danger, sans regrets aucun. A ce titre le scénario fait froid dans le dos. Il n’y a pas d’honneur, de culpabilité et d’amour, juste un lien, l’argent, et une règle, survivre pour soit, ce qui nécessite l’unité.

Animal kingdom est un film choral porté par d’excellents comédiens aux caractères bien identifiés, centré sur une cellule familiale pervertie par l’intérêt commun, l’absence d’acte délibérément désintéressé vis à vis des siens et le poids des origines. Doit on les renier lorsque l’on sent qu’elles sont mauvaises et néfastes pour soit et pour les autres ? Dans les deux cas il s’agit du parcours d’indépendance d’un être que tout condamne à plonger dans la même marée que ses ainés. Un film sur l’identité, un excellent premier film australien, à ne pas manquer.

 

 N°12- « 127 heures » de Danny Boyle

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Avec « 127 heures » Danny Boyle prouve de nouveau qu’il est un touche à tout brillant puisqu’après l’adaptation de roman culte (« trainspotting »), le petit film noir très british (« petits meurtres entre amis »), le film de SF référencé (« Sunshine »), le film à oscars united colors of Bennetton (« slumdog millionaire ») ou le film de zombies décalé (« 28 jours plus tard »), il revient en très grande forme cette année et prouve de nouveau son éclectisme.

Ses détracteurs lui reprochent de privilégier la forme au fond. Il est vrai que question mise en scène, il atteint des niveaux de très haute facture. En utilisant tous les procédés, le split screen, le zoom à fond les vélos et toujours une caractéristique commune à tous ses longs métrages, une bande-originale décapante, au service de son histoire et du ressenti émotionnel du personnage.

Or au niveau de cet acteur quasi unique à l’écran, Boyle a fait la bonne pioche. James franco est tout simplement brillant. On ne voit que lui, on a très très peur de s’ennuyer durant son calvaire de 127 heures mais au final, l’animal dispose d’une palette de jeu riche et variée.

Boyle met en image l’immensité des paysages et la petitesse de l’homme de façon extrêmement simple, opposant sans cesse la bulle consumériste et technologique dans laquelle nous vivons aujourd’hui, détachés de la réalité, à la majesté de ces montagnes de l’Utah.

Danny Boyle dépeint au passage une manière d’appréhender la vie pour une génération de trentenaires globe-trotters, plus souvent portés vers ce type d’expérience que leurs ainés. Pour ma part, le film m’a touché particulièrement puisque j’ai connu ce sentiment d’abandon. Pas durant 127 heures, quatre seulement mais une éternité. C’était il y a quatre ans, dans un désert d’Argentine, la voiture embourbée dans le sable, sans eau, sans possibilité d’utiliser les portables, à marcher des heures pour trouver de l’aide dans un milieu où l’homme ne vit pas. J’ai vraiment connu le sentiment du personnage de « 127 heures », ce moment où l’on se dit que c’est très con mais que l’histoire va s’arrêter comme cela, pour un truc bête, pour ma part une erreur d’aiguillage. Tout d’un coup la nature devient hostile mais apaisante. L’idée fait son chemin. Et pourtant jusqu’au bout, l’instinct de survie est là, jusqu’au bout on cherche toutes les possibilités et on n’abandonne pas. On se résigne à la mort tout en gardant son sang froid et en tentant une issue. C’est très particulier comme expérience et ceci permet de mettre de la distance entre les contraintes du quotidien et les objectifs de vie, même si le stress revient au galop. Danny Boyle ne tombe à aucun moment dans le pathos gratuit. Il signe un film à la fois fun et détaché, certes tape à l’oeil mais pour ma part tout est question de virtuosité dans la mise en scène.

 

N°11- « Le discours d’un roi » de Tom Hooper

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Ce film du jeune Tom Hooper, conte une petite histoire dans le tumulte de la grande et un casting impressionnant.

C’est le genre de film qui m’exaspère et tombe très vite dans le sirop pour s’y engluer définitivement. Mais voilà, dans ce film, l’idée géniale du réalisateur est de justement profiter de ce quasi huit clos entre deux acteurs monstres (Colin Firth et Geoffrey Rush) pour raconter de façon fort originale un moment clé de l’histoire tout en livrant devant nous la naissance d’une très belle amitié.

Les rapports entre la royauté et le petit peuple sont parfaitement retranscrits, donnant à voir à quel point un monarque britannique peut se sentir dévoué à son « métier » mais très loin de la réalité, ne côtoyant jamais ses sujets et se sentant finalement extrêmement seul.

La truculence du médecin campé par Rush se confronte alors en permanence à la suffisance de ce roi. Un roi qui se refuse à perdre de sa superbe en acceptant d’avoir recours et besoin d’un prolétaire et surtout, de reconnaitre qu’il devient peu à peu son ami, son confident et un homme indispensable à sa fonction.

Le réalisateur arrive donc à dresser deux portraits des deux cotés de la barrière, à ciseler avec finesse ce qui fait qu’une amitié peut naitre entre deux individus que tout oppose. Mais surtout, il laisse aux deux acteurs la pleine mesure de leur talent, en optant volontairement pour une mise en scène très sobre et un choix de lieux limité et relativement épurés, afin que le spectateur se sente comme un patient, en confiance dans le décor. Ce film drôle et loufoque remporte donc tous les suffrages, même si d’élections, il n’est pas question ici, bien au contraire !

 

 N°10 – « the Tree of life » de Terrence Malick

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Terrence Malick était attendu pour ce long métrage tel le messie, le film ayant mis cinq ans à sortir des tiroirs et 35 à sortir de sa tête. Malick est un réalisateur rare et culte, respecté de tous pour son intégrité jusqueboutiste et son amour de la nature, pour la quasi perfection de ses oeuvres, des « moissons du ciel » au « nouveau monde« .

Son film a été accueilli par des sifflets lors de sa projection cannoise, symbole d’une attente cinéphile un peu trop forte et d’une réaction des critiques toujours aussi imbécile. On aime brûler ses icônes, quitte à le faire sans réfléchir.

Il faut dire que son film s’avère être d’une naïveté confondante, d’un lyrisme appuyé par une bande-son aux coeurs angéliques qui peut faire sourire pour un peu qu’on regarde son travail d’un air narquois.

Des chuchotements de phrases philosophico-religieuses ponctuent un récit au final ultra croyant en un dieu, EN un créateur, en cette nature si belle et si fragile. Un film qui rendra donc réfractaires les personnes athées et plus sensibles les croyants et les agnostics.

La mise en place de l’histoire est assez longue via une succession de tableaux de toute beauté sur la création du monde, comparable forcément à l’introduction culte de « 2001, l’Odyssée de l’espace » de Stanley Kubrick où l’on voyait des singes découvrir l’utilisation de l’outil et envoyer un os en l’air qui se transformait en vaisseau spatial.

Le film est déroutant à bien des titres. On est chez du pur Malick, son film le plus personnel, qu’il couve depuis qu’il a 30 ans, une ode à la nature et à la magie de la création, de l’évolution, de la vie et une relativisation des codes sociaux au regard de l’immensité de cette nature. L’homme et sa fierté, son égo, est bien peu de choses et passe à côté de l’essentiel.

Terrence Malick arrive à capter la construction d’un individu, d’un caractère par des sons et des images découpées de la vie quotidienne d’un jeune garçon des années 50. On le voit avec ses deux frères, sa mère douce et soumise et son père dur et soucieux d’élever des trois garçons à la baguette car la vie est pour lui une lutte où seuls les forts s’en sortent. Tiraillé entre les deux, entre la force et la douceur de cette même nature qui l’a créé, son père et sa mère, il va adorer l’une et détester l’autre avant d’en accepter la dualité, d’accepter la violence et la cruauté du destin, et de se tourner vers la foi en la création comme seul véritable réponse au sens de sa vie. « Père, mère, je vous porte en moi«   déclare Jack. Un beau résumé du film, un film sur l’acceptation de ses racines, et leur dépassement, qui est le sens même de l’évolution, au sein d’une espèce, au sein d’une vie d’homme, de l’infiniment grand à l’infiniment petit, tout est question de cycle.

La narration ou l’absence de narration est donc la clé de voute de ce poème, de cette prière qui divisera encore longtemps les critiques. Un vrai parcours spirituel vers Dieu. La mise en scène est sublime, les plans séquences contemplatifs, la photographie impeccable. Malick reste humble face à son propos. Son oeuvre est inclassable et lumineuse, de l’éveil à la mort tout comme à l’amour.

Il nous donne à voir un questionnement sur le sens de la vie et de l’évolution. Pourquoi connaitre tant de sentiments variés si c’est pour mourir de façon aussi rapide et vivre de façon aussi éphémère qu’un être moins évolué et moins doté de cette intelligence ? A quoi sert alors cet aboutissement supposé qu’est l’homme ?

 

 N°9 – « X-men first class » de Matthew Vaughn

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« X-men first class » est l’adaptation très attendue d’une série de comics books déclinant les célèbres X-men au tout début, lors de la création de l’école du professeur Xavier et l’histoire de l’amitié puis de la lutte entre Xavier et Magneto.

L’objectif clairement affiché du long métrage était de faire oublier les deux derniers films de la franchise, catastrophiques sur le plan artistique. Rassurez-vous, le pari est non seulement réussi mais dépasse même toutes les attentes.

En effet, l’équipe de production utilise habilement le contexte socio politique de l’époque des années 60. Le film est intelligent et surfe sur une uchronie à la manière des « Watchmen » pour marquer les racines des prises de consciences des mutants mais avec le fun et la nonchalance des sixties. La musique, les costumes et les codes couleurs ancrent la naissance de leur positionnement politique dans une période où les plus grands dangers et les plus grands espoirs se côtoyaient.

Le scenario prend le temps sur quelques scènes de rendre crédible l’amitié et le respect des deux personnages et parceque les acteurs ont un charisme évident. James McAvoy tord le cou au coté froid et intello de Xavier en montrant un homme brillant mais jeune et fêtard tout en restant « so british ». Michael Fassbender apporte à son Erik — Magneto une subtilité et une graduation dans la violence que même l’excellent Ian Mckellen restituait moins bien en vieux Magneto dans les premiers X-mens. L’acteur donne à son personnage assez de froideur et de masculinité bien frappée mais aussi de fêlures pour nous le rendre sympathique et comprendre son choix. Et quoi de plus idéal qu’un futur méchant que l’on comprend… Les effets spéciaux sont maitrisés et le scenario réserve son lot se surprises, y compris de trouvailles de mise en scène comme lors de l’entrainement.

Mais ce fond intelligent si rare dans un blockbuster n’est jamais développé au détriment de l’action. Tout comme dans un bon comic book, il n y a pas de lenteurs. Et comme Matthew Vaughn nous empile des scènes intimes et des vrais scènes dignes d’un James Bond, la sauce prend. Ici, l’aspect badass assumé et l’écriture des personnages permet au film d’atteindre un statut rare dans celui des films de supers héros, celui d’étalon. Il est à ce titre à classer du côté de « Batman, the dark knight« , « Watchmen« , ou « spiderman » même si perso Spiderman et son traitement patriotique par Sam Raimi me gonflèrent très sérieusement.

Bref, le film est très bon bien que tourné-monté en très peu de temps. Chapeau bas à Matthew Vaughn, Bryan Singer et leur équipe de production. X men va probablement repartir sur une nouvelle série fort sympathique.

 

N°8-  « Une séparation » d’Asghar Farhadi

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L’ours d’or  2011 est un film brillant et original sur la place de la femme en Iran mais aussi l’investissement de l’homme et son positionnement dans le cercle familial.

Une mention spéciale doit être faite au casting (Sareth Bayat, Sarina Farhadi, Leila Hatami, Kimia Hosseini, Shahab Hosseini) , irréprochable et récompensé par l’ours d’argent tant pour la distribution féminine que masculine. Il est vrai que le film repose énormément sur eux mais aussi sur son scénario, malin, qui part d’une situation banale pour embrasser une étude de moeurs originale car peu vue au cinéma, celle du couple en Iran aujourd’hui, vu de l’intérieur.

La comparaison est donc faite des rapports sociaux entre une classe moyenne qui s’en sort et vit confortablement et une classe sociale pauvre, davantage tournée vers la religion. Que veulent dire justice et morale dans chacun des couples et quelles en sont les limites quand la survie de la famille en dépend ? Ces thèmes vont se dessiner peu à peu à partir d’une histoire a priori simple qui va basculer à cause d’un accident.

Au-delà du drame et de la tension de l’excellent scénario, l’intérêt majeur est donc cette vision moderne qu’il renvoie de l’Iran. Le couple qui se sépare est ancré dans le 21ème siècle. Nader éduque sa fille pour qu’elle soit libre et indépendante, qu’elle fasse ses propres choix et ne dépende de personne et surtout pas des hommes. D’ailleurs c’est sa femme qui souhaite partir pour vivre à l’étranger et ne plus supporter les contraintes sociales et politiques. Mais il ne la retient pas, il la laisse libre. Et à trop vouloir jouer à cette modernité, elle qui voudrait qu’il la retienne et lui trop fier pour lui courir après, ne va t-on pas vers une désagrégation du couple plus inéluctable ? C’est qu’en milieu européannisé, on se sépare plus vite car les carcans religieux et sociaux ont bien moins d’emprise pour faire tenir un couple dans la tourmente.

Mais le réalisateur ne critique pas l’Occident, non, il tente de comparer les deux voies pour en faire ressortir les défauts inhérents. La voie religieuse du couple pauvre qui accuse n’est pas non plus la plus solide puisqu’au nom d’un honneur sur la base du Coran, on préfère mentir à son conjoint et travestir le tout. Au final, le mensonge et la peur de renoncer à sa fierté sont partout et aboutissent à la même chose. La liberté ou la contrainte de dogmes n’y font rien. Quand la confiance n’est plus là, que les règles propres au couple lui même sont violées, ce dernier explose.

« Une séparation » parle des tabous de ce grand pays et de leurs limites très rapidement atteintes. Il parle aussi de la fin de l’adolescence, de l’entrée dans l’âge adulte, dur, où il faut apprendre à vivre à plusieurs et séparément car les parents disparaissent, les couples ne sont pas éternels, et la fierté de l’individu reste au final un point de repère essentiel pour suivre une route, quelle qu’elle soit.

« Les pires films 2011 du blanc lapin ! », c’est parti pour le bilan côté sombre…

20 décembre, 2011

Pour la troisième année consécutive, sur « De l’autre côté, perché avec le blanc lapin…« , je vais vous dresser un petit bilan des pires films que j’ai vu au ciné en 2011. Vous trouverez une critique un peu plus courte que l’originale pour chaque film. Alors bien entendu, avec 50 films vus, j’en ai probablement zappé plein de très mauvais mais l’intérêt est aussi de reparler de certains longs métrages ayant recueilli d’excellentes critiques et qui m’ont sérieusement énervé !

N°11- « True Grit » de Joel et Ethan Coen

L’idée de voir Jeff Bridges retrouver les frères Coen 15 ans après «the big Lebowski», l’un de leurs chefs d’œuvre avait de quoi ravir. Le fait que les frangins les plus doués du cinéma s’attaquent à un genre aussi culte et vaste que le western était aussi gage d’excitation. D’autant que les Coen avaient annoncé un film sombre, violent, avec des vrais scalps, du sang…et au final, la seule chose sympa que je retiens ce sont que les cows boys se tiraient dans le dos…mais ce n’est pas nouveau…et c’est bien le problème. Ma déception est donc immense, les critiques sont enthousiastes de partout mais n’auraient-elles pas le syndrome habituel de sacrer systématiquement un auteur à partir du moment où il a aligné une petite dizaine de bijoux ? Car oui, ce western m’a particulièrement ennuyé. Entendons nous, Jeff Bridges est parfait dans le rôle du vieux briscard. La photo est magnifique, Matt Damon est bon, la jeune actrice aussi…mais le méchant est complètement fadasse, l’histoire ne réserve aucune surprise et ce consensualisme mou et attendu est relativement simple à expliquer. Il s’agit d’un remake de « 100 dollars pour un Shériff » avec John Wayne, film qui a non seulement mal vieilli mais qui était ringard et réac dès l’origine. Les Coen ont certes évacué les aspects hyper républicains de l’original mais n’y ont pas apporté leur touche, leur patte.

Si j’avais regardé ce film sans savoir qu’il s’agissait des Coen, je n’aurai pas été surpris de voir que Steven Spielberg avait produit…Disney aurait pu également filer des billes dans le projet tant le manque d’aspérité du tout m’a soufflé.

Mais où est passé le second degré légendaire des Coen ?

 

N°10- « the sound of noise »

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L’idée très sympathique et drôle est de voir des musiciens « ultra », réfractaires à la culture musicale considérée comme de bon ton, comme classique, se rebellant et commettant des attentats inoffensifs. La prouesse de leurs happenings est dans la première demi-heure assez jouissive puisqu’ils utilisent à peu près n’importe quel objet mais resitués dans un contexte particulier, une salle d’opération par exemple. On se dit alors qu’on tient peut être là un petit bijou d’humour décalé. Seulement voilà, passé cette idée ingénieuse de court métrage, le film patine et s’étire pour ne faire que renouveler des scènes du même acabit, marrantes certes, mais le problème et qu’on en attendait plus. On espère que le film va décoller, nous amener plus loin dans le délire. Or la surprise du début est trop forte pour permettre au scénario de rester sur la même tendance durant une heure supplémentaire. Et puis surtout, ces terroristes n’ont absolument aucun message culturel à faire passer. Organiser un concert en dehors d’un théâtre pour libérer l’art dans la rue, ce n’est pas nouveau, ça n’a rien de rebelle rebelle. C’est même limite consensuel. Le street art et les multiples festivals sont là pour cela. Ceci ressemble plutôt à un anarchisme bourgeois et bobo. Un film à voir par curiosité et pour vérifier si vous êtes bobos or not bobos…non là je vous taquine.

 

N°9 – « TRON l’héritage »

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« TRON l’héritage » est la suite du film TRON produit par les studios Disney en 1982 et où Jeff Bridges était happé par son jeu vidéo et confronté à un monde ultra hostile.

Que dire de cette suite ? Hum. Que je n’ai pas aimé…Si, au début puis lors du passage de « Derezzed » ou « End of line » du groupe Daft Punk.

En fait le film est un brillant clip du célèbre groupe et illustre avec grande classe et images somptueuses l’excellent album du groupe français, qui réussit là très haut la main son passage à la Bande-original de film. Les effets spéciaux sont magnifiques, aériens, et surtout la 3 D prend tout son sens, ce qui n’est que rarement le cas parmi tous les blockbusters sortis depuis Avatar.

Après ces quelques compliments, il m’est bien difficile de poursuivre même si le film s’est bien déroulé devant moi, sans trop d’ennui mais sans trop d’intérêt non plus. Le scénario tient sur un ticket de métro et la mise en scène est certes efficace mais pas suffisante pour emporter l’adhésion. Elle est juste « pas mal ». Mais avec une telle faiblesse de base, le film ne peut résister au ridicule de certaines scènes éculées qui font retomber comme un soufflet le film, à l’image de ces véhicules volants ou de ces motos du futur qui montent dans le ciel noir pour retomber de façon vertigineuse.

 

N°8- « Les chemins de la liberté » de Peter Weir

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L’adaptation du livre de Slawomir Rawicz, « A marche forcée » avait tout pour donner un grand film, épique, une grande aventure humaine.

En effet, l’auteur qui publia ce récit en 1956, racontait une histoire vraie, son histoire, puisqu’il avait lui même fuit le goulag pour atteindre l’Inde et traverser au passage une nature hostile avec ses compagnons, sur plusieurs milliers de kilomètres, à pied, le long lu lac Baikal, de la Mongolie, du désert de Gobi puis le Tibet et l’Himalaya.

Le réalisateur, Peter Weir, ce dernier a démontré avec « the truman show » ou « master and commander » qu’il savait jongler avec de très gros budgets sans perdre un talent bien réel pour appuyer sur les bonnes touches d’humanité et provoquer une émotion contenue mais pudique.

Or justement, c’est ici que le bât blesse, au niveau de la mise en scène de Peter Weir, qui ne décolle pas un seul instant, comme si ce dernier s’était contenté de filmer des paysages magnifiques, à la manière d’une longue pub pour des trecks organisés par « voyageurs du monde » ou « nouvelles frontières »… »…sauf qu’au bout d’un certain temps, un malaise nous prend…mais qu’est ce ? Un sentiment de linéarité, de déjà vu, dans la scène juste avant. Ah mais oui c’est cela ! J’ai finis par m’ennuyer, par me sentir un peu coupable de ne pas adhérer à cette histoire vraie, de ne pas avoir plus d’empathie pour ces individus qui ont existé. Peter Weir s’est donc laissé bercer par la beauté de cette aventure pour retranscrire gentiment son récit de manière extrêmement fidèle mais sans une once d’originalité. C’est qu’il n’est pas facile de ne pas se faire écraser par la nature non pas lorsqu’on y est confronté comme les personnages mais lorsqu’elle devient un personnage à part entière du film. Un film raté, qui s’épuise dans le froid ou sous le soleil de ces diverses contrées, qui s’assèche pour devenir anodin et déjà s’éloigner dans ma mémoire…

 

N°7- « Beginners » avec Ewan McGregor et Mélanie Laurent

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Beginners est le film parfait pour bobos. C’est tellement mignon cette histoire d’amour entre un très beau Ewan McGregor, So cute, et une si mystérieuse Mélanie Laurent, tellement à la mode en ce moment. Ils font des dessins, se cherchent, se trouvent, balancent deux trois phrases sur la vie, la mort…et puis il y a le personnage du père incarné par Christopher Plummer, seule réussite d’un film prétexte. En père s’étant découvert gay à 70 ans, l’acteur excelle et donne l’occasion de sourire. Mais passé cette bonne idée scénaristique, le reste est plat, ultra plat. Sans odeur, sans saveur. Une petite comédie légère qu’on oublie vite me direz-vous ? Et bien autant ne pas la produire. Il sort assez de films comme ceci chaque année pour éviter d’encombrer les cinémas de faux films underground qui se la jouent bohème.

 

N°6- « Captain America » de Joe Johnston

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Captain America avait tout pour être raté et pourtant, la presse fut bonne à la sortie. Il faut dire que les producteurs ont eu l’intelligence d’axer l’aspect patriotique du personnage au centre de l’histoire, à l’inverse de ce que tout énervé de l’Amérique bushiste aurait pu tolérer. Mais ils l’ont fait avec humour, assumant pleinement les origines de propagande guerrière pour introduire ensuite un film d’action plus classique. Sauf que dans cet exercice, il faut être doué pour ne pas sombrer dans ce que l’on veut éviter, et ne pas livrer un film justement bourré de clichés premier degré. Paul Verhoeven avait superbement réussit un film antimilitariste aux aspects fascistes avec son « starship troopers », faux film de propagande utilisant tous les codes du genre et n’indiquant que rarement au spectateurs qu’il était en face d’un fake.

Ici, les scénaristes se sont pris au sérieux et l’action très banale, basique et mille fois revue, emporte tout ce qu’il y avait d’intéressant dans quelques scènes de la première demi-heure. Au final, le film est sans aspérités. Un film effaçable du cerveau en dix minutes tellement il manque de chien, d’inventivité, de personnalité d’un vrai metteur en scène et non d’un faiseur comme Joe Johnston. Ce dernier nous avait déjà livré le pitoyable « wolfman » l’an dernier, qui figurait déjà en bonne place dans mes daubes des films de l’année 2010. Un habitué en somme !

 

N°5-  « World invasion – Los Angeles »

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« Battle Los Angeles« a réussi son marketing viral efficace avec des affiches et des bandes-annonces superbes. La fin du monde pouvait peut être s’illustrer d’un grand film de destruction massive ! Sauf que voilà, passé d l’idée de base de tourner l’invasion extra terrestre avec des caméras pourries, on s’aperçoit vite que le scénario n’existe pas, que les personnages n’ont aucune identité, que les dialogues sont simplistes et que les clichés s’accumulent comme si le réalisateur tentait d’obtenir un record dans le guiness book. On a droit à tout, absolument tout. Mais le problème c’est que ce n’est même pas drôle. Si au moins le film s’était transformé en nanar. Mais non, le long métrage se prend tellement au sérieux qu’on a vraiment l’impression de voir un court métrage distendu et pénible à regarder. Car s’ennuyer ferme devant un film d’action, c’est dur. On ne peut même pas dormir, le bruit des explosions vous réveille. Et d’un coup vous vous prenez à aimer « oncle boonmee », la palme d’or de l’an dernier, si chiante mais si bien adaptée à un sommeil réparateur. Non vraiment, la SF c’est pour des gens qui ont soit du pognon soit aucun budget. Entre les deux ça donne de mauvais faiseurs qui claquent tout dans trois pauvres effets. Tout le monde ne peut pas sortir un « District 9 » de sa petite tête…on le savait mais ça se confirme.

 

N°4- « Voir la mer » de Patrice Leconte

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J’adore Patrice Leconte lorsqu’il aborde des sujets casse-gueules et sait rester sur le fil du rasoir sans jamais se vautrer. Il a signé quelques chefs d’oeuvre avec Jean Rochefort, « le mari de la coiffeuse » ,  » Tandem » , « Ridicule » ou avec Michel Blanc dans  » Monsieur Hire » ou Daniel Auteuil et Vanessa Paradis dans « la fille sur le pont » .

Mais lui qui n’aime pas les critiques devrait parfois les écouter, car à verser dans l’autocaricature, on finit par pondre un mauvais film, puis deux puis que des mauvais films depuis dix ans. Mais où est passé Patrice Leconte ? Là où il aurait pu flirter avec la magie de « la fille sur le pont », il se plante totalement en oubliant l’essentiel de son cinéma au profit de simples postures. En effet, les dialogues ne sont plus travaillés et percutants, seule subsiste le côté naturel, décalé et impromptu des personnages. Sauf que ceci sonne creux et fabriqué. L’ex miss météo de Canal+, Pauline Lefèvre, est tout simplement à baffer. Elle minaude durant tout le film, regard en dessous, avec un jeu bien trop lisse et uniforme pour tenir la distance et surtout insuffler du souffle à une histoire uniquement basée sur le charisme du personnage féminin. Tout comme sur « l’homme du train » , Leconte part d’une bonne idée de départ, un bon pitch mais n’arrive pas à retrouver la verve de ses meilleurs longs métrages. Et comme si il était paresseux ou peu inspiré, il se contente de combler ce vide par un choix d’acteur principal non attendu, mais qu’on n’attendra plus. Cette impression de carrière en roue libre m’attriste vraiment de la part d’un artiste de son niveau. Le rêveur qui est en lui ne doit plus se laisser aller à tant de facilité et de mièvrerie du propos. Il a passé l’âge.

 

N°3 – « Les aventures de Tintin, le secret de la Licorne » de Steven Spielberg

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Merci, merci Steven Spielberg pour m’avoir enfin donné un avis tranché sur Tintin et Hergé !

Grâce à lui, j’en suis certain, je déteste ce personnage et tout l’univers qui l’entoure !

Je n’ai jamais été touché petit par le reporter belge et ses aventures qui me gavaient là où Indiana Jones, soit disant proche de Tintin, éveillait en moi un vrai goût de l’aventure. On peut reconnaitre à Spielberg d’avoir été très fidèle. Un peu trop même. Techniquement la motion capture est impressionnante même si la texture de la peau pose à mon avis problème. Quant aux personnages, je les trouve simplement vides d’intérêt. Haddock est à moitié con, les Dupondt agaçants de débilité et pas drôles du tout, ou d’un humour daté. Tintin est toujours aussi asexué et tête à claques, Milou trop fort, tellement qu’on l’enverrai bien sur la lune le clébard, pour avoir des vacances. Normal qu’Hergé y ait pensé par la suite. Et puis Spielberg enchaine scène d’action sur scène d’action sans aucune relâche. Probablement le fait d’avoir condensé plusieurs albums. Personnellement ceci m’a fatigué…au bout d’un quart d’heure. Aucune pause. Aucun travail des personnages, unidimensionnels. Pour un film en motion capture c’est embêtant. …quant à l’aventure, peut être séduira t-elle les tous petits ou les fans invétérés de Tintin, auquel cas tant mieux pour eux ! Mais moi je me suis profondément ennuyé. Tout est attendu et sans aucun souffle à part celui de mon voisin qui s’impatientait autant que moi. « Tintin et le secret de la licorne » était long, chiant et je n’irai pas voir la suite. Un des pires films de l’année. Venant de Spielberg, ca fait mal.

 

N°2 -  « Super  8 » de JJ Abrams

Avec « Super  8 », JJ Abrams revient deux ans après son reboot de « star trek » et toujours avec l’aura de ses succès télé « Lost » et « Alias ».

Le producteur du film est Steven Spielberg, dont Abrams est un grand fan et qu’il considère comme son exemple, son maitre à penser dans le cinéma de grand divertissement avec de gros effets spéciaux. JJ Abrams a clairement voulu rendre hommage à son mentor en filmant son blockbuster à la mode des années 80, même ambiance, même montée en puissance de la tension, même exposition des personnages, même générosité des effets spéciaux, même naïveté dans l’entertainment.

Sauf que son film ressemble justement aux productions Spielberg des années 80 et pas les plus fines, d’un point de vue scénaristique, justement. Rendre hommage c’est bien, mais réaliser un film que l’on a déjà vu cent fois, c’est moins bien, c’est même chiant, très chiant. Alors il est vrai que les gentils n’enfants n’ont pas de gentil toutou ou d’ami noir à sacrifier. On a évité ce cliché. Spielberg a prouvé qu’il savait réaliser des films adultes. En revanche il patauge en général dans le pathos dès qu’il s’agit de sentiments. Il confond sentimentalisme avec émotion. Le film semble daté et vieillot au fil du visionnage. A quoi servait il de produire ce mausolée du plus mauvais de la filmo de Spielberg ? A m’énerver peut être. Surtout que l’on compare d’autres films de monstres récents comme l’excellent « the host » du coréen Bong Joon-ho, qui lui a su s’inspirer de ses prédécesseur pour faire autre chose, insérer une vraie réflexion sociétale, un véritable humour décalé.

J’aimerais juste savoir ce que les critiques dithyrambiques qui ont porté aux nues ce navet ont pris comme substances illicites pour voir le film. Ceci m’intéresse véritablement. Ce qui m’agace donc c’est qu’on associe l’enfance à une période gnangnante et concon en gros. L’idée de départ de ces petits cinéastes en herbe est bonne. C’est le traitement qui est affligeant. Comme un papy qui gatouille devant un gamin. La même vision aseptisée de vieux qui ont décidément perdu leur âme d’enfant.

 

And the winner is …

N°1- « Sucker punch » de Zack Snyder

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Zack Snyder a beaucoup de détracteurs depuis son adaptation de la bande-dessinée « 300 » de Frank Miller  à l’imagerie crypto gay très belle certes mais vide de substance. Des combats s’enchainaient au ralentis avec une palette graphique des plus bluffantes mais le film était juste une démonstration avec de vrais acteurs qui aurait fait bonne figue en ouverture d’un jeu vidéo…

Mais était ce encore du cinéma ? Ensuite, il osa s’attaquer à la bande dessinée culte « Watchmen » et réussit l’impossible en restant ultra fidèle au comic book et en l’utilisant comme un storyboard de grand luxe.

Et bien pour « Sucker punch« , vous prenez les inconvénients des deux, vous secouez très fort, vous vous tappez quand même 2h30 à attendre, c’est long, très long. Vous ressortez super énervé, avec une envie curieuse de massacrer votre prochain, à l’image des héroines du film. Quel ennui ! Un ennui énervé…c’est un sentiment étrange. Son film est un prétexte, pour démontrer tout son talent de mise en scène d’action avec de très jolis effets spéciaux, une photographie superbe et une imagerie mixant steam punk, manga, jeu vidéos de combats…et puis ses fameux ralentis, là il se lâche. Mais passé la première scène de baston, toutes se ressemblent et deviennent de plus en plus creuses. Un film en manque total d’originalité pour gros machiste hétéro. Wahou !  J’attendais une scène lesbienne entre deux d’entre elles, on aurait été dans le cliché jusqu’au bout. Mais non, le film doit rester grand public. Les méchants sont tous des robots ou des êtres non humains. Dès lors il n’ y a pas une goutte de sang. Enfin si à un moment pour faire pleurer mais moi ça m’a fait rire, jaune… Des nanas pulpeuses avec des guns ! les scènes d’émotion pathétiques alternant avec des phrases philosophiques sur le sens de la vie…du grand n’importe quoi. Très adolescent. Je m’inquiète à ce stade pour l’état mental du réalisateur. Il est resté bloqué. Mais ses rêves d’enfants n’ont rien de poétiques, ils sont froids et font plus penser à un ado à la sexualité refoulée qu’à une boite de pandore à l’imaginaire débordant.

Non ma conclusion surtout est que Zack Snyder est un très bon faiseur, que ça lui a réussi sur « Watchmen » mais que pour ses autres films, il faut lui subtiliser le crayon ou la souris, comme ses héroines piquent des objets à droite à gauche. Mais surtout ne pas le laisser écrire, c’est une catastrophe. « Sucker punch » a autant à voir avec un film que moi avec le dressage d’éléphants. N’y allez pas ! Je vous aurez fait gagner 2h30. C’est précieux

 

C’est terminé pour ce troisième bilan annuel des pires daubes vues par votre serviteur, rdv dans quelques jours avec les meilleurs films 2011 du lapin blanc, en attendant de nous projeter dans un dossier spécial sur les sorties de 2012 et ce que nous réserve l’année prochaine…

Yvan

 

Deux ans de blog et 307 000 visiteurs ! Merci !!

23 novembre, 2011

Deux ans de blog et 307 000 visiteurs ! Merci !! dans Bandes-annonces Alice+in+Wonderland+Rabbit

307 000 visiteurs, 550 000 articles lus et deux ans de blog pour « de l’autre côté, perché avec le blanc lapin… » !

Autant dire que je suis ravi que vous soyez un certain nombre à venir régulièrement picorer des news du cinéma de demain, une critique ou une musique…

Je ne pensais pas pouvoir tenir le rythme d’une publication quotidienne…mais les lapins fous sont des stakhanovistes ! Surtout lorsqu’ils sont blancs avec des yeux rouges à force de taper frénétiquement à un doigt sur leur clavier…

Donc donc donc merci de passer de temps en temps ou régulièrement, en espérant que l’aventure se poursuive longtemps. Mais bon je n’ai pas prévu de décéder donc ceci devrait le faire. Ouais !

Les plus belles histoires sont celles qu’on partage. Comme le fromage ou les voyages. Ceci ne veut rien dire. Mais j’aime bien voyager quand même.

Merci

Yvan 

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Festival de Venise 2011 – ce qui vous attend – Dossier

29 août, 2011

Festival de Venise 2011 - ce qui vous attend - Dossier dans Dossiers Festival-de-Venise-2011-la-selection-complete-est-ici_image_article_paysage_new

La 68ème Mostra de Venise se tiendra du 31 août au 10 septembre 2011 et c’est mon chouchou Darren Aronofsky (black swan, requiem for a dream) qui en assurera la présidence. Classe ! Une fois n’est pas coutume, le festival va récupérer de très beaux moments de cinéma, qui n’étaient pas prêts à temps pour Cannes. Et le moins qu’on puisse dire est que cette année, la compétition pour le Lion d’Or a de la gueule ! Le premier festival au monde qu’est Cannes a joué de malchance à ce niveau cette année même si le cru fut au final excellent. Pour preuve les films qui sortent en ce moment comme le Lars Von Trier, « melancholia », le Pedro Almodovar « La peau que j’habite », « la guerre est déclarée » et bientôt « Drive » ou encore « the Artist ».

Concernant Venise, nous retrouverons donc Georges Clooney en tant que réalisateur, lui qui s’est fait respecter dans le méter grâce aux excellents « good night and good luck » ou encore « confessions d’un homme dangereux ». Pour « The Ides Of March », il endosse le premier rôle, qui lui va à merveille, lui l’acteur engagé politiquement, en jouant un candidat démocrate à la Présidence des Etats-Unis. Ryan Gosling, l’acteur qui monte et que sera du « Drive » de Nicolas Winding Refn en octobre, jouera son assistant de campagne, qui va déchanter sur la pureté des idéaux politiques.

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David Cronenberg est quant à lui très attendu après deux bijoux qu’étaient « les promesses de l’ombre » et « A history of violence « , tous deux avec Viggo Mortensen, auquel il confie le rôle de Sigmund Freud pour son nouveau long métrage « A dangerous method ». Pour interpréter Carl Jung, l’ami de Freud, il confie le rôle à Michael Fassbender, excellent acteur, omniprésent dans tous les grands projets du moment, de Tarantino à Alien de Ridley Scott en passant par Soderbergh ou Jarmusch, C’est l’un des rendez-vous très attendus de cette année.

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Abel Ferrarra tentera quant à lui de renouer avec le succès critique, lui dont la prise de coke l’a un peu perturbé ces dix dernières années. Avec « 4:44 Last Day On Earth », il racontera une fin du monde avec Willem Dafoe en premier rôle. C’est décidément très à la mode chez les grands auteurs après Lars Von Trier et son « melancholia ».

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Todd Solondz revient avec « Dark horse ». J’ai adoré son « Happiness » il y’a 14 ans et détesté son « life during wartime » sorti l’an dernier, que j’avais trouvé relativement glauque et écœurant. Le problème de ce trublion droopy du ciné indé Us, c’est qu’il pousse souvent la gêne jusqu’à des frontières pas forcément pertinentes, ou la provoque facile peut noyer une vision sarcastique du monde pourtant fort intéressante chez lui. Ici, il contera l’histoire d’un homme asocial souffrant d’une atrophie de la personnalité, pour changer de thématique et voir la vie en rose. Ses parents seront interprétés par les cultissimes Mia Farrow et Christopher Walken, trop rare au cinéma.

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Roman Polanski quant à lui profite de sa liberté et de l’accueil excellent de son dernier « ghost writer » pour tourner plus vite que son ombre l’adaptation de la pièce de Yasmina Reza, « le dieu du carnage » avec un casting quatre étoiles, Jodie Foster, très rare dans les années 2000 et qui revient en force, Kate Winslet, qui choisit toujours aussi bien ses rôles, John C. Reilly et Christoph Waltz (le génial nazi de Inglorious basterds). Là aussi, c’est l’un des films les plus attendus cette année.

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Après Persepolis, Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud reviennent avec l’adaptation d’une autre BD de Satrapi, « Poulet aux prunes ». Mais alors qu’on les attendait sur de l’animation, ils ont choisi de réaliser un film live avec des acteurs et des bons, dont Mathieu Amalric ou Jamel Debbouze. La bande-annonce est excellente.

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Enfin, l’autre film ultra attendu est celui de Thomas Alfredson, Tinker, Tailor, Soldier, Spy, ou « La taupe », en français. Cà sonne moins bien. Quels nazes ces traducteurs !. Parceque le réalisateur suédois du film de vampires ados « Morse » va peut être nous confirmer qu’il est brillant. Parcequ’il s’agit d’une adaptation de John Le Carré. Parceque le casting est impressionnant, Colin Firth (le discours d’un roi, A single Man), Tom Hardy, Gary Oldman, John Hurt. Enfin parceque les bandes-annonces sont excellentes et rappellent le meilleur des films d’espionnage des années 70. Probablement l’un des grands rendez-vous de début 2012.

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Steve McQueen présentera Shame, après « Hunger » qui dévoila son acteur fétiche Michael Fassbender, qu’il retrouve pour l’occasion.

Sono Sion et son Himizu sera à suivre, lui dont le « cold fish » a enchanté la critique internationale mais qui n’est toujours pas distribué en France !

Andrea Arnold tentera de confirmer tout l’espoir mis en elle sur « fish tank », prix du jury au festival de Cannes 2009.

Venise devrait donc nous donner un avant-goût de certains grands rendez-vous de fin 2011 et 2012 et je suis impatient d’avoir les premiers échos !

Et si la 3D échouait sur le long terme au cinéma …

25 juin, 2011

 Et si la 3D échouait sur le long terme au cinéma ... dans Dossiers pirates-des-caraibes-4

Personnellement la 3D m’emmerde beaucoup du fait de ses couleurs ternes liées au mauvais équipement des salles et aux affreuses lunettes inconfortables et sombres qui nous sont louées une fortune et augmentent d’un tiers le prix des places.

Et surtout, la 3D ne m’a véritablement impressionné que sur « Avatar« , film conçu pour.

Compte tenu de l’investissement dantesque des cinémas et des majors dans cette technologie, les chaines de télévision et les constructeurs de téléviseurs leur emboitant le pas, nous ne sommes pas prêts de voir un coup d’arrêt. Et pourtant…

 Il n’est pas certain que tous les gros films sortent à l’avenir sous ce format.

D’abord parceque certains réalisateurs ne veulent tout simplement pas. Au premier rang, Christopher Nolan, qui non seulement n’a pas cédé à la mode pour son « Inception« , qui, rappelons le, est l’un des plus gros cartons 2010, mais qui plus est ne souhaite pas utiliser la technologie pour son troisième Batman, « the dark knight rise« , soit l’un des films les plus attendus de 2012. Et la Warner dit oui à tout ce que souhaite Nolan le magicien.

Le courage de Nolan semble inspirer d’autres réalisateurs qui se réfugient derrière un constat simple, la 3D ne fait pas tant recette que celà et le public y est plus réticent qu’on pourrait le penser.

Plusieurs déceptions au box-office en sont la preuve. Le quatrième « Pirates des Caraibes » a réalisé plus de la moitié de ses recettes dans des salles en 2D. Pareil pour « Kung Fu Panda 2« , « Green lantern » et « Harry Potter« .

Le long métrage converti en 3D en post production alors que le film n’est pas tourné ainsi à l’origine est véritablement moche. Le « Alice au pays des merveilles » de Tim Burton n’était pas que mauvais artistiquement parlant. « Le choc des titans » provoquait lui outre un ennui certain, un bon mal de crâne.

Bref, la partie n’est pas gagnée pour la 3D mais surtout, bien que l’issue soit évidente, il serait bon que les salles s’équipent enfin dignement et que le prix des places diminue.

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200.000 visiteurs !

15 juin, 2011

Créé fin novembre 2009, « De l »autre côté perché avec le blanc lapin… » a été visité par plus de 200.000 personnes avec environ 380.000 articles lus. Ceci nous fait une moyenne actuelle de 700 à 800 personnes par jour et entre 20.000 et 25.000 par mois.

Et vous savez quoi ? Ben je suis content, forcément. C’est mieux d’être lu que pas du tout quand on se casse à écrire tous les jours sur sa passion, le cinéma.

Surtout ceci me montre que j’ai raison de poursuivre. Et plus ça va, plus ceci devient naturel.

Donc j’espère continuer à vous intéresser au cinéma de demain, à mes critiques et parfois un peu de musique. N’hésitez pas à laisser des commentaires, ça fait toujours plaisir. Et ceux d’insultes me font bien marrer en général.

Donc donc donc, le lapin blanc continue et vous remercie tous pour votre fidélité et les piles que vous m’insérez régulièrement dans les patounes pour persévérer.

bises à tous

Yvan

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Cannes 2011 : bilan des courses ! j’ai trouvé la palme…

20 mai, 2011

Comme je vous l’indiquais dimanche, « Polisse » de Maiwen et « The artist » de Michel Hazanavicius avec Jean Dujardin ont recueilli en excellent accueil, bien que Polisse ait moins séduit la presse internationale.

Sur la seconde partie de la compétition, de nombreux films ont été eux aussi ovationnés, le niveau cette année étant semble t-il de qualité.

« L’appollonide » du français Bertrand Bonello s’intéresse au quotidien d’une maison close du début du XXième siècle : un bon accueil mais pas de quoi décrocher un prix.

« Hanezu no trsuki » de Naomi Kawase déçoit. La réalisatrice de « la forêt de Mogari » est encore plus douce, sobre, lente…tellement qu’une partie de la presse s’est endormie.

 Cannes 2011 : bilan des courses ! j'ai trouvé la palme... dans Dossiers 708403_le-havre

Avec « Le Havre« , le finlandais Aki Kaurismaki a pour sa part séduit la presse dans son ensemble.  Avec cette histoire de cireur de chaussure qui se met à protéger un jeune africain menacé d’expulsion, Kaurismaki signe un film dans la droite ligne du ton de ses précédents à savoir ironique, absurde, avec une économie de mots, des plans larges et simples, et un conte social juste. La critique ne voit ici aucune originalité par rapport à sa filmographie mais si le jury souhaite couronner Kaurismaki, ce serait l’occasion et personne n’aurait rien à redire.

Vincent Lindon et son réalisateur octogénaire Alain Cavalier ont surpris la croisette avec « Pater« , film atypique qui a lui aussi de fortes chances même si il a davantage plu aux français qu’aux étrangers. Les deux hommes s’y filment en y interprétant leurs propres personnages, qui s’amusent à se filmer et à jouer aux hommes de pouvoir discutant de politique, sur la corde raide entre cinéma et documentaire. La presse française apprécie le jeu d’acteur, les dialogues, l’originalité et l’engagement. Pas sûr que ceci suffise.

  dans Films

« Hara kiri death of samurai » est le premier film en 3D présenté en compétition à Cannes.Takashi Miike, l’un des maitres asiatiques du film d’action, nous y présente l’histoire d’un samurai désargenté qui demande à pouvoir se suicider dans la résidence du clan Li. Plutôt bien accueilli lui aussi, le film n’emporte pas l’unanimité et s’avère peut-être trop un film de genre pour justifier d’un prix particulier, d’autant que la compétition est forte.

Lars von Trier a quant à lui suicidé son éventuelle palme d’or et n’en aura pas d’autre puisque suite à ses propos sur Hitler et les juifs, et le soulèvement de contestation et d’indignation de sa provocation, il sera banni du festival. Si son film « Melancholia« , qui raconte une histoire de fin du monde a reçu des critiques élogieuses, il est peu probable que le jury le choisisse. Notons quand même que comme à son habitude, Lars Von Trier divise la presse entre ceux qui crient au génie virtuose, avec des actrices en état de grâce, des images de toute beauté et une tristesse enivrante et puis  ceux qui se sont emmerdés et n’y ont vu que de la provocation gratuite d’un artiste qui n’a plus rien à dire.

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Même accueil ultra divisé pour Terrence Malick et son « Tree of life » avec Brad Pitt et Sean Penn (dont vous trouverez ma critique ici: http://dante7.unblog.fr/2011/05/17/the-tree-of-life-de-terrence-malick-avec-brad-pitt-critique/). La moitié de la presse estime qu’il s’agit d’un délire new age et du premier plantage de ce cinéaste culte et ultra attendu. On lui reproche la mièvrerie et l’innocence de son propos, l’aspect religieux sans aucun recul, le vide de scénario et la lenteur. J’ai pour ma part, comme l’autre moitié de la critique, adoré cet objet filmique unique, tendre, aérien et d’une beauté confondante, bercée de symbolisme naif certes, mais oh combien sublimé par la mise en scène de ce maestro, qui, si il repartait avec une palme, le mériterait amplement. Ce serait une palme polémique certes. Mais le film fera de plus en plus d’adeptes avec le temps. « 2001… » de Kubrick avait été reçu de la même manière…

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Pedro Almodovar a de nouveau une chance de remporter la palme avec « la piel que habito » puisque la critique estime dans son ensemble que c’est son meilleur long métrage depuis au choix « tout sur ma mère » ou « la mauvaise éducation ». Il retrouve Antonio Banderas 20 ans après « Attache-moi ». En s’intéressant au genre thriller horrifique mais sans montrer de sang, le maitre espagnol s’essaie à un exercice de style brillant tout en conservant les codes de son cinéma, vif, tourné vers l’action des personnages, les surprises de scénario et le culot, toujours. Mais comme Almodovar a toujours raté la palme, pourquoi pas une fois de plus ?

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Le film « this must be the place » de Paolo Sorrentino avec Sean Penn transfiguré en pseudo chanteur des Cure sur le retour, a en revanche planté sa sortie. La presse est globalement mauvaise pour ce pitch qui s’avérait plutôt excitant sur le papier. Très peu de chances de repartir primé.

Mais LA palme a peut être été trouvée ce vendredi puisqu’un film a mis tout le monde d’accord. Il s’agit de « Drive » du danois Nicolas Winding Refn. ce dernier avait conquis la critique avec « Bronson » et Tom Hardy puis interpellé autant que plu avec son film de vikings muet « Valhalla rising, le guerrier silencieux« .  Ultra courtisé par les studios et en passe d’en devenir une mascotte, Nicolas Winding Refn revient avec un film plus grand public, un film d’action. Ryan Gosling y interprète un cascadeur de cinéma qui bosse pour la pègre la nuit, comme chauffeur. Mais un jour, une jeune femme et son fils changent sa vie à jamais. Cette histoire de métamorphose d’un looser en justicier aurait pu tomber dans le n’importe quoi sauf que le danois a un style, bien à lui et qu’il subjugue son scénario, selon l’avis général. Le film fait l’unanimité. Il est fort probable que le film figure au palmarès de ce dimanche et peut être tout en haut. Ce serait le sacre d’un auteur en pleine ascension et qui devient bankable, un choix judicieux comme ceci avait été le cas avec Scorsese, Coppola, Lynch et bien d’autres.

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Il reste deux films en compétition mais les jeux sont probablement faits.

Alors moi je vais faire un pronostic puisque l’an dernier j’avais pile poil deviné la palme d’or avec l’ennuyeux « Oncle Boonmee« . Dans la mesure où Lars Von Trier est quasi hors piste du fait de ses propos injurieux, il nous reste dans l’ordre :

Le plus probable ; « Drive » de  Nicolas Winding Refn

Challengers : 

Pedro Almodovar et  « la piel que habito »

Terrence Malick et son « Tree of life »

Le Havre » du finlandais Aki Kaurismaki

« The artist » de Michel Hazanavicius

On parie combien que c’est l’un des cinq films ci-dessus ?

Cannes 2011 : Bilan des courses au premier tiers de la compétition – les français grands favoris !

15 mai, 2011

Alors que huit films ont été présentés ce dimanche soir pour la palme d’Or du festival de Cannes 2011, certains sont déjà hors course et d’autres grands favoris. Et la France est de nouveau très bien placée grâce à Jean Dujardin et Maiwen.

Avec « We need to talk about Kevin« , Lynne Ramsay parle de l’incommunicabilité entre une mère et son fils et de l’échec d’une éducation. Si Tilda Swinton est de nouveau saluée par la presse et le film plutôt bien accueilli, il est peu probable qu’il reparte avec un prix.

« Sleeping beauty  » s’intéresse à la prostitution de luxe mais la réalisatrice Julia Leigh a reçu un accueil glacial, son film étant considéré comme un bel écrin qui tourne à vide.

Cannes 2011 : Bilan des courses au premier tiers de la compétition - les français grands favoris ! dans Dossiers staragora11052011102910

Il a fallu attendre vendredi et Maiwen Le Besco pour déclencher la passion. Après son « bal des actrices » qui avait enthousiasmé la presse française en 2009, la jeune réalisatrice s’offre un accueil critique excellent. Avec un casting pour le moins original porté par Joey Starr, Karin Viard et Marina Foïs, le film « Polisse » s’intéresse à la brigade de protection des mineurs. Comparé au « L. 627″ de Tavernier pour son réalisme quasi documentaire, le film est apprécié pour son écriture, son mélange de comique et de tragique avec une aisance confondante. Il pourrait donc repartir avec un prix, mention spéciale à Joey Starr.

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Déception en revanche pour le « Habemus Papam » de Nanni Moretti. Si Michel Piccoli peut convoiter le prix d’interprétation de ce pape octogénaire fraichement élu et en proie au doute, le film en revanche divise entre certains voyant un tournant pour Moretti et d’autres frustrés de le voir si sage, livrer un film bien timide, oubliant la satyre et l’humour qui ont toujours fait sa marque de fabrique, surtout sur un sujet pareil.

Deux autres films ne devraient pas passer les prix puisque « Footnose » et « Michael« , sur l’histoire d’un enfant séquestré par un pédophile, ont visiblement agacé ou ennuyé fortement la croisette.

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Avec « Le gamin au vélo« , les frères Dardenne embauchent une de leur compatriote, Cécile de France, en coiffeuse qui va se prendre d’amitié pour un gamin de 12 ans abandonné par son père. Le film est bien accueilli, la presse estimant que les Dardenne livrent un film sobre et simple, dans la droite lignée de leur meilleur cinéma social. C’est sûr qu’on ne rigole toujours pas chez les Dardenne. Alors, peuvent-ils remporter une troisième palme d’or ? Oui, bien entendu mais ce serait agaçant, avouons le et pas très original comme choix.

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La bonne et excellente surprise est donc « the Artist » de Michel Hazanavicius avec Bérénice Béjo et Jean Dujardin. L’homme qui a réussi les meilleures comédies françaises des dix dernières années avec les « OSS 117″ et Dujardin fabuleux revient avec un projet ultra gonflé, tourner un film en noir et blanc totalement met.

Et si la bande-annonce arrivée il y a trois jours sur la toile laissait présager du meilleur, on comprend mieux pourquoi le film a été intégré en dernière minute à la compétition officielle alors qu’il devait initialement être présenté hors compétition. L’accueil critique est très bon, la mise en scène est louée pour sa fluidité, son inventivité dans le travail du cadre, des décors, son hommage émouvant au septième art et l’utilisation jouissive de l’homme élastic qu’est Jean Dujardin. Voir le film récompensé serait une excellente chose, un prix original pour un pari risqué et une réunion du grand public et du festival, enfin.

http://www.dailymotion.com/video/xioush 

Souvenons nous tout de même que deux ans d’affilée, la France a raté la palme d’or alors qu’elle était grande favorite en 2009 avec « Un prophète » de Jacques Audiard ou « des hommes et des dieux » de Xavier Beauvois en 2010. Jamais deux sans trois ?

Demain c’est « Tree of life  » de Terrence Malick qui sera présenté. Brad Pitt et Sean Penn vont monter les marches mais le réalisateur culte n’en sera probablement pas, lui qui fuit les sunlights. C’est LE film que j’attends le plus cette année de la part d’un monstre de cinéma. Je le vois demain en avant-première et je vous le critique dans la foulée !

Le festival de Cannes 2011 – Ce qui vous attend dans la plus grande vitrine du monde cinéphile !

11 mai, 2011

Le plus grand festival de cinéma au monde  c’est reparti !

Robert de Niro, président du jury, aura la lourde tâche de départager les 19 films en compétition pour la palme d or. Espérons qu’après « oncle boonmee » qui m’a laissé surtout des souvenirs soporifiques comme rarement j’en ai connus, le jury choisira cette fois-ci un film un peu moins élitiste et chiant, il faut bien l’avouer. Ce n’est pas gagné car cette année, plusieurs grands réalisateurs manquent à l’appel. La compétition s’en trouve plus ouverte mais moins glamour.

Le festival de Cannes 2011 - Ce qui vous attend dans la plus grande vitrine du monde cinéphile ! dans Dossiers antonio_banderas_la_piel_que_habito

Pedro Almodovar s’est laissé convaincre de présenter son « la piel que habito« , film de genre horrifique qui changera du reste de sa filmo et lui permettra de retrouver Antonio Banderas 20 ans après attache moi. Almodovar a hésité avant d’accepter. Il faut dire qu’il a de quoi être blasé de ne jamais avoir décroché la palme. Autres habitués, les frères Dardenne tenteront une troisième palme avec « le gamin au vélo« , dont Cécile de France et leur fidèle Jéremy Renier tiendront la tête d’affiche.
Le vétéran Alain Cavalier, 79 ans, auteur de « Thérèse », présentera « Pater » avec Vincent Lindon, un film qui devrait surprendre d’après Gilles Jacob.


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Lars Von Trier tentera une seconde palme après « Dancer in the dark » avec son « Melancholia« ,  dont le thème serait la fin du monde avec un casting classe, Charlotte Gainsbourg, Kirsten Dunst, Charlotte Rampling ou Kieffer Sutherland. Espérons que ce sera moins minable que son « Antichrist« , à la provoque gonflante. Von trier est un bon réal mais sa mégalomanie m’a toujours fatigué.
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Plus marrant, Aki Kaurismaki réussira peut être à monter les marches sans être raide beurré. « L’homme sans passé » avait reçu le grand prix du jury en 2002. Son nouveau long, « le havre » devrait encore témoigner d’un décalage certain voire d’un certain décalage.

Nuri Bilge Ceylan, après « les climats » et « les trois singes » revient avec « Il était une fois en Anatolie« . Le réalisateur turc m’a plutôt emmerdé jusqu’à présent.

La japonaise Naomi Kawase pourrait créer la surprise avec « Hanezu no tsuki » après « La forêt de Mogari » qui avait enchanté la croisette en 2007.

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La sélection de « Polisse » de Maiwenn est une bonne surprise puisque le réalisatrice de l’excellent « Le bal des actrices » retrouvera son franc filmé si jouissif avec Joey Starr et Karin Viard dans le milieu de la brigade policière des mineurs. La star du rap sera t-il un bon acteur pour la seconde fois après le précèdent long de Maiwenn?

Avec « la source des femmes« , le roumain Radu Mihaileanu se frottera à Cannes après son succès critique et public inattendu de 2010, « Le Concert« , avec Melanie Laurent.

Takashi Miike est généralement connu pour tourner plus vite que son ombre et plutôt dans des gunfights que dans du film danois en noir et blanc non sous titré. Cela tombe bien, son « hara kiri » devrait réveiller la croisette au beau milieu de tant de films aux sujets ultra sérieux voire contemplatifs.

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Nanni Moretti revient après sa palme d’or « la chambre du fils » avec un film sur un pape octogénaire fraichement élu. « Habemus papam » aura comme tête d’affiche un monstre sacré, Michel Piccoli, 85 ans, et bien là, pour notre plus grand plaisir de cinéphiles. Espérons que Moretti retrouvera le mordant de « Journal intime » et « la messe est finie« .

Après « il divo » en 2008, Paolo Sorrentino revient avec un tout autre style dans « this must be the place« . Il s’offre un casting super classe avec Sean Penn et Frances Mcdormand (« Fargo) ». Sean Penn sera une ex star de rock au look improbable gothique qui se lance dans un road movie à travers l’Amerique pour accomplir le souhait de son père défunt. Ca a l’air original !


Le danois Nicolas Winding Refn a la méga quote mondiale et se voit approché par Hollywood depuis son « Bronson » et son film de viking totalement perché, « Valhalla rising, le guerrier silencieux« . Son premier film américain, « Drive » sera donc en compétition. Il est très attendu. Ryan Gosling et Carrey Mulligan (« never let me go ») en sont les têtes d’affiche avec Ron Perlman.

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Sélectionné in extremis en compétition officielle alors qu’il avait été retenu hors compétition, « the artist » pourrait dérider la croisette et faire mouche, les films comiques étant rares à concourir pour la palme d’or. Mais souvenons nous que le M.A.S.H. de Robert Altman remporta la palme d’or…

Michel Hazanavicius réussira t-il à faire mouche de nouveau avec ses compères Bérènice Béjo et Jean Dujardin ? Leurs deux films « Oss 117 » ont montré qu’on pouvait réaliser des comédies ultra drôles et innovantes en France et qui attirent le public, au milieu des multiples navets qui ponctuent l’humour hexagonal, à base de stars du petit écran ou de duos éculés (clavier-Réno, Clavier-Depardieu, Dubosc, etc). Avec « the artist » il s’attaque au passage du cinema muet au cinéma parlant. Ce sera on l’espère bien meilleur que « cineman » question hommage comique au septième art et très loin du « sunset boulevard » de Billy Wilder.

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Enfin le film que j’attends le plus cette année le « Tree of life » du génial Terrence Malick, sera en compétition officielle et j’exulterais si il remportait la palme. Parceque Brad Pitt et Sean Penn en sont les deux acteurs, parceque Malick n’a signé que des bijoux, quatre seulement en 40 ans. Enfin parceque c’est son film le plus ambitieux, celui dont il rêve depuis ses débuts, un film sur le sens de l’existence, un trip qui je l’espère nous aménera encore plus loin que « badlands« , « les moissons du ciel« , « la ligne rouge » et « le nouveau monde« . Très grosse attente du blanc lapin.

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Hors compétition, nous verrons en même temps qu’en salles « la conquête » de Xavier Duringer sur l’ascension de Nicolas Sarkozy, film qui fera la polémique cannoise, ou retombera comme un soufflet. Il n y aura pas que Carla sur les marches, pour le prochain Woody Allen, « midnight in Paris« .

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En sélection parallèle, nous retrouverons divers grands noms qui donneront une patine supplémentaire à « Un certain regard » puisqu’il y aura tout de même le « Restless » de Gus Van Sant, le « Hors Satan » de Bruno Dumont, « Les Neiges Du Kilimandjaro » de Robert Guédiguian, « The Day He Arrives » de Hong Sangsoo, « Tatsumi » d’Eric Khoo, ou « Arirang » de Kim Ki-Duk.Au final, cette sélection est plus internationale que d’habitude, elle a des chances de terminer sur la consécration de nouveaux talents ou au contraire de palmer les auteurs attendus (Lars Lon Trier, Terrence Malick, Pedro Almodovar, Nanni Moretti, les Dardenne). La sélection manque pour moi de paillettes, de noms plus classes mais David Cronenberg, Wong Kar Wai ou Francis Ford Coppola n’étaient pas prêts et ce n’est pas la faute de Thierry Frémaux ou de Gilles Jacob. La compétition est ouverte et les cinéphiles du monde entier sont ont les yeux grands ouverts !

Festival de Cannes 2011 : les films sélectionnés – analyse critique du blanc lapin

17 avril, 2011

Le plus grand festival de cinéma au monde  c’est reparti ! Il se tiendra a partir du 11 mai prochain et Thierry Frémaux en a dévoilé la sélection officielle.

Robert de Niro, président du jury, aura la lourde tâche de départager les 19 films en compétition pour la palme d or. Espérons qu’après « oncle boonmee » qui m’a laissé surtout des souvenirs soporifiques comme rarement j’en ai connus, le jury choisira cette fois-ci un film un peu moins élitiste et chiant, il faut bien l’avouer. Ce n’est pas gagné car cette année, plusieurs grands réalisateurs manquent à l’appel. La compétition s’en trouve plus ouverte mais moins glamour.

Festival de Cannes 2011 : les films sélectionnés - analyse critique du blanc lapin dans Dossiers antonio_banderas_la_piel_que_habito
Pedro Almodovar
s’est laissé convaincre de présenter son « la piel que habito« , film de genre horrifique qui changera du reste de sa filmo et lui permettra de retrouver Antonio Banderas 20 ans après attache moi. Almodovar a hésité avant d’accepter. Il faut dire qu’il a de quoi être blasé de ne jamais avoir décroché la palme. Autres habitués, les frères Dardenne tenteront une troisième palme avec « le gamin au vélo« , dont Cécile de France et leur fidèle Jéremy Renier tiendront la tête d’affiche.
Le vétéran Alain Cavalier, 79 ans, auteur de « Thérèse », présentera « Pater » avec Vincent Lindon, un film qui devrait surprendre d’après Gilles Jacob.
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Lars Von Trier tentera une seconde palme après « Dancer in the dark » avec son « Melancholia« ,  dont le thème serait la fin du monde avec un casting classe, Charlotte Gainsbourg, Kirsten Dunst, Charlotte Rampling ou Kieffer Sutherland. Espérons que ce sera moins minable que son « Antichrist« , à la provoque gonflante. Von trier est un bon réal mais sa mégalomanie m’a toujours fatigué.
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Plus marrant, Aki Kaurismaki réussira peut être à monter les marches sans être raide beurré. « L’homme sans passé » avait reçu le grand prix du jury en 2002. Son nouveau long, « le havre » devrait encore témoigner d’un décalage certain voire d’un certain décalage.

Nuri Bilge Ceylan, après « les climats » et « les trois singes » revient avec « Il était une fois en Anatolie« . Le réalisateur turc m’a plutôt emmerdé jusqu’à présent.

La japonaise Naomi Kawase pourrait créer la surprise avec « Hanezu no tsuki » après « La forêt de Mogari » qui avait enchanté la croisette en 2007.

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La sélection de « Polisse » de Maiwenn est une bonne surprise puisque le réalisatrice de l’excellent « Le bal des actrices » retrouvera son franc filmé si jouissif avec Joey Starr et Karin Viard dans le milieu de la brigade policière des mineurs. La star du rap sera t-il un bon acteur pour la seconde fois après le précèdent long de Maiwenn?

Avec « la source des femmes« , le roumain Radu Mihaileanu se frottera à Cannes après son succès critique et public inattendu de 2010, « Le Concert« , avec Melanie Laurent.

Takashi Miike est généralement connu pour tourner plus vite que son ombre et plutôt dans des gunfights que dans du film danois en noir et blanc non sous titré. Cela tombe bien, son « hara kiri » devrait réveiller la croisette au beau milieu de tant de films aux sujets ultra sérieux voire contemplatifs.

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Nanni Moretti revient après sa palme d’or « la chambre du fils » avec un film sur un pape octogénaire fraichement élu. « Habemus papam » aura comme tête d’affiche un monstre sacré, Michel Piccoli, 85 ans, et bien là, pour notre plus grand plaisir de cinéphiles. Espérons que Moretti retrouvera le mordant de « Journal intime » et « la messe est finie« .

Après « il divo » en 2008, Paolo Sorrentino revient avec un tout autre style dans « this must be the place« . Il s’offre un casting super classe avec Sean Penn et Frances Mcdormand (« Fargo) ». Sean Penn sera une ex star de rock au look improbable gothique qui se lance dans un road movie à travers l’Amerique pour accomplir le souhait de son père défunt. Ca a l’air original !


Le danois Nicolas Winding Refn a la méga quote mondiale et se voit approché par Hollywood depuis son « Bronson » et son film de viking totalement perché, « Valhalla rising, le guerrier silencieux« . Son premier film américain, « Drive » sera donc en compétition. Il est très attendu. Ryan Gosling et Carrey Mulligan (« never let me go ») en sont les têtes d’affiche avec Ron Perlman.

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Enfin le film que j’attends le plus cette année le « Tree of life » du génial Terrence Malick, sera en compétition officielle et j’exulterais si il remportait la palme. Parceque Brad Pitt et Sean Penn en sont les deux acteurs, parceque Malick n’a signé que des bijoux, quatre seulement en 40 ans. Enfin parceque c’est son film le plus ambitieux, celui dont il rêve depuis ses débuts, un film sur le sens de l’existence, un trip qui je l’espère nous aménera encore plus loin que « badlands« , « les moissons du ciel« , « la ligne rouge » et « le nouveau monde« . Très grosse attente du blanc lapin.

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Hors compétition, nous verrons en même temps qu’en salles « la conquête » de Xavier Duringer sur l’ascension de Nicolas Sarkozy, film qui fera la polémique cannoise, ou retombera comme un soufflet. Il n y aura pas que Carla sur les marches, pour le prochain Woody Allen, « midnight in Paris« .

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Michel Hazanavicius réussira t-il à faire mouche de nouveau avec ses compères Bérènice Béjo et Jean Dujardin ? Leurs deux films « Oss 117 » ont montré qu’on pouvait réaliser des comédies ultra drôles et innovantes en France et qui attirent le public, au milieu des multiples navets qui ponctuent l’humour hexagonal, à base de stars du petit écran ou de duos éculés (clavier-Réno, Clavier-Depardieu, Dubosc, etc). Avec « the artist » il s’attaque au passage du cinema muet au cinéma parlant. Ce sera on l’espère bien meilleur que « cineman » question hommage comique au septième art et très loin du « sunset boulevard » de Billy Wilder.

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En sélection parallèle, nous retrouverons divers grands noms qui donneront une patine supplémentaire à « Un certain regard » puisqu’il y aura tout de même le « Restless » de Gus Van Sant, le « Hors Satan » de Bruno Dumont, « Les Neiges Du Kilimandjaro » de Robert Guédiguian, « The Day He Arrives » de Hong Sangsoo, « Tatsumi » d’Eric Khoo, ou « Arirang » de Kim Ki-Duk.

Au final, cette sélection est plus internationale que d’habitude, elle a des chances de terminer sur la consécration de nouveaux talents ou au contraire de palmer les auteurs attendus (Lars Lon Trier, Terrence Malick, Pedro Almodovar, Nanni Moretti, les Dardenne). La sélection manque pour moi de paillettes, de noms plus classes mais David Cronenberg, Wong Kar Wai ou Francis Ford Coppola n’étaient pas prêts et ce n’est pas la faute de Thierry Frémaux ou de Gilles Jacob. La compétition est ouverte et les cinéphiles du monde entier sont ont les yeux grands ouverts !

Sydney Lumet – hommage à retardement

17 avril, 2011

Le lapin blanc s’est fait piéger par une actualité bien triste. Parti en Ecosse 10 jours, j’avais prévu une mise à jour quotidienne mais pas pour le décès d’un grand comme Lumet. Je me rattrape donc avec une semaine de retard. Mais le lapin blanc a rarement du retard…

A 86 ans, Sidney Lumet, l’un des réalisateurs monstres sacrés des années 60 à 90 nous quitte, en nous laissant une filmo riche et une belle main de chefs d’oeuvres pour figurer en bonne place au panthéon des metteurs en scène qui laisseront une trace.

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Avec « 12 hommes en colère« , il donne en 1957 un nouveau souffle à un genre en lui même, celui du film de procès. Henri Fonda y mêne un jury d’assise chargé de décider de la culpabilité d’un homme pour meurtre sur la base d’une absence de preuve et d’un prévenu qui a la gueule de l’emploi. Par ce premier long métrage, Lumet récolte des louanges et pose une première pierre socio politique à ce qui sera par la suite son oeuvre, en tordant le cou à bien des préjugés.

Deux ans plus tard, il s’offre l’adaptation d’une oeuvre de Tennessee Williams avec le dieu des acteurs, Marlon Brando, en pleine gloire. « L’homme à la peau de serpent » divise encore mais reste comme tout Tennessee Williams un grand moment de tourments. Anna magnani trouve le rôle de sa vie.

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Avec « la colline des hommes perdus« , Lumet signe un brulôt anti militariste dans lequel il entame une collaboration fructueuse avec Sean Connery, cabot comme jamais. Il le retrouvera dans « le gang Anderson« , « the offence » (pas vu mais dont la presse est excellente)  ou encore l’adaptation d’Agatha Christi, »Le crime de l’orient express« .

« Prêteur sur gages » est parait il très bon lui aussi mais je ne l’ai pas vu.
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Avec « Serpico« , il offre à Al Pacino l’un des rôles qui vont créer sa légende, celui d’un flic démissionaire dégoûté par le système corrompu dans lequel il évolue.
Il retrouvera Pacino deux ans plus tard dans le chef d’oeuvre « Un après midi de chien« , prise d’otage sur fond de revendications seventies qui n’a pas pris une ride. Pacino au sommet.

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« Network » permettra à Lumet de s’intéresser aux coulisses du quatrième pouvoir, cette télèvision prise entre deux feux, celui de l’indépendance journalistique et de l’audience à tout prix.

« Le prince de new york » marque son retour au film de flics incorruptibles et « Le verdict » au film de procès, apportant un très beau rôle à un Paul Newman vieillissant mais toujours aussi classe.

Je n’ai pas vu « Piège mortel » avec Michael Caine en écrivain contraint au meurtre mais le film a très bonne presse. Avec « A bout de course« , Sydney Lumet termine les années 80 avec River Phoenix sur un film décrivant le revers de la médaille de l’engagement politique de certains militants écolos des années 70…on est proches des thématiques chéries du réalisateur dans un film peu connu mais touchant.
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Si les années 90 marqueront le déclin d’un grand réalisateur, commun à nombre de septuagénaires, ce dernier reviendra avec un somptueux chant du cygne en 2007 avec son dernier film, tourné à 83 ans. « 7h58 ce samedi là » met en scène deux frères joués par Ethan Hawke et Philip Seymour Hoffman qui vont commettre l’irréparable pour de l’argent (voir ma critique ici : http://dante7.unblog.fr/2010/05/21/7h58-ce-samedi-la-de-sidney-lumet-avec-ethan-hawke-et-philip-seymour-hoffman/).

Un film très sombre et déchirant, d’une vigueur et d’une précision incroyables, de la part d’un grand metteur en scène, qui a toujours su disséquer la psychologie de ses personnages avec talent sur 50 ans d’une carrière très classe. Avec plus d’une dizaine d’oeuvres majeures, Sydney Lumet a accompli un parcours brillant que peu de réalisateurs atteignent. Respect.

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