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Cannes 2013 : Palme d’Or à « La vie d’Adèle » d’Abdellatif Kechiche, Bérénice Bejo sacrée, Les Coen aussi, bon palmarès

26 mai, 2013

Cannes 2013 : Palme d'Or à

Bon, je ne veux pas me la jouer mais çà fait quand même la troisième fois  d’affilée que je devine la Palme d’Or !

Et elle fait plaisir car elle contentera la presse puisque le film a reçu des critiques excellentes. « La vie d’Adèle » offre une nouvelle palme d’Or française et sur un thème fort à propos en pleine manif contre le mariage gay puisqu’on y parle d’amour, entre deux jeunes femmes, lesbiennes et fières de l’être, sauf que le film insiste sur leur histoire d’amour et pas sur autre chose.

Abdellatif Kechiche reçoit donc une belle palme.

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Les frères Joel et Ethan Coen, qui sont bien entendu des chouchous de tous les cinéphiles, repartent avec le grand prix et c’est une heureuse surprise. Certes, « Inside Llewyn Davis » a reçu un superbe accueil, mais ces derniers n’ont pas toujours reçu une récompense vu le niveau très élevé de leurs films en général et leur sélection courante en compétition. J’ai hate de découvrir leur nouvel opus.

Votre Blanc Lapin serviteur avait aussi parié sur Bérénice Bejo pour le Prix d’interprétation féminine dans « Le Passé » de Asghar Farhadi (dont vous retrouverez la critique ici). Bien vu !

Bruce Dern reçoit le Prix d’interprétation masculine pour son rôle dans le film d’Alexander Payne, Nebraska. Le film suit un vieil homme de la middle class qui décide de partir chercher le gain d’une loterie qui a tout l’air d’une publicité fallacieuse. Son fils l’accompagne pour éviter un drame. Le film va se plonger dans l’Amérique post crise des subprimes, dans le quotidien d’américains qui se sont bien cassés les dents sur le rêve américain.

En revanche le Prix de la mise en scène pour Amat Escalante et le film Heli devrait moins plaire puisque le film a plutôt agacé la presse.

Un autre film qui a divisé, Tel père, tel fils de Koreeda Hirokazu repart avec le Prix du jury.

L’autre film asiat qui avait partagé la croisette, A touch of sin de Jia Zhang Ke reçoit le Prix du scénario.

Les grands oubliés :

« Ma vie avec liberace » de Steven Soderbergh

« La grande Bellezza » de Paolo Sorrentino. On y suit Jep Gamberdella, 65 ans, écrivain ayant écrit un succès il y a des dizaines d’années, et qui jouit de la vie et de Rome comme s’il était encore jeune.  Devenu journaliste, il fréquente les lieux mondains mais se trouve être devenu désabusé et cynique…L’envie d’écrire lui reprend…le film a reçu un accueil triomphal.

Voilà ! Cannes 2013 c’est finis, enfin pas tout à fait…car les nombreuses découvertes sortiront au cinéma tout au long de l’année, également les films présentés en section parallèles, dont j’ai peu parlé faute de temps mais que je ne manquerai pas de vous conseiller.

Prochain grand rendez-vous, la Mostra de Venise, avec cette année en film d’ouverture un certain Terry Gilliam, oui, mon Terry adoré et son « The Zero Theorem » avec Christoph Waltz…et tous les films qui n’ont pas pu figurer en compétition cannoise faute de temps…

Cannes 2013, Bilan et pronostics du Blanc Lapin pour la Palme d’Or

25 mai, 2013

Cannes 2013, Bilan et pronostics du Blanc Lapin pour la Palme d'Or dans Dossiers

Cannes 2013 c’est bientôt terminé ! Et nous aurons le palmarès demain soir à 20 h.

Le Blanc lapin, qui a suivi de très près l’accueil des différents films par la presse vous livre donc un résumé de l’accueil cannois de chacun et son pronostic pour le palmarès.

Dans mon premier bilan à mi parcours que vous pouvez retrouver ici, je vous indiquais que trois films se détachaient :

- A Touch of Sin » du chinois Jia Zhang-Ke avec tout de même de fervents détracteurs du long métrage.

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- »Le passé » de l’iranien Asghar Farhadi (dont vous retrouverez la critique ici), Berenice Bejo tenant une chance non négligeable de décrocher le prix d’interprétation…et le film l’un des prix les plus prestigieux

Inside_Llewyn_Davis dans Films - critiques perso

« Inside Llewyn Davis » de Joel et Ethan Coen qui marque le retour en super forme des géniaux frangins, papes du ciné indépendant américain…mais en général les Coen présentent leur film le dimanche à Cannes, repartent bredouillent, sortent leur film en automne avec une presse élogieuse et font un carton…

 

MAIS la seconde semaine de festival a réservé des surprises…

Alors d’abord il y a ceux qui sont quasi certains de ne pas figurer au palmarès. En première semaine, on a compris que François Ozon et Arnaud Despleschin étaient out de la compétition.

Mais Takashi Miike et son Shield of Straw lui c’est carrément fait siffler et à reçu le plus mauvais accueil de la semaine. Valeria Bruni-Tedeschi et son « Un château en Italie » a reçu une bonne presse pour ce récit autobiographique autour de sa riche famille d’industriels, de laquelle elle a retiré sa sœur Carla. Un prix du scénario n’est pas exclu mais peu probable.

Mahamat-Saleh Haroun et son « Grisgris » a plu à certains mais emmerdé beaucoup de monde au final.

 

Arnaud des Pallières et son « Michael Kolhaas » a fortement divisé la presse entre l’ennui profond et le profond respect avec une unanimité sur son acteur Mads Mikklesn, visiblement excellent. Mais l’animal a déjà reçu le prix d’interprétation l’an dernier pour « La chasse » de Thomas Vinterberg…Cette histoire de marchand de chevaux des Cévennes du 16ème siècle m’intrigue cependant et l’accueil tranché aussi, j’irai le voir.

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James Gray et son film historique « The immigrant » s’est quant à lui fait accueillir froidement avec beaucoup de critiques déçues, certaines par l’interprétation plutôt robotique de Marion Cotillard et d’autres par une mise en scène trop classique pour le réalisateur des superbes « Two lovers » ou « Little Odessa« . Gray n’étant pas apprécié ni connu aux Etats-Unis, un jury présidé par Spielberg ne lui sera donc pas favorable. Précisons tout de même que James Gray provoque toujours une déception à Cannes suivies de meilleures critiques lorsque le film sort en automne mais j’ai bien peur qu’il soit éliminé.

« Only Lovers left alive » marque le retour de Jim Jarmusch, grand habitué de Cannes, avec un film de vampires porté par la géniale Tilda Swinton, Tom Hiddleston et Mia Wasikowska. L’accueil est ici plus froid que pour son « Broken Flowers » et plutôt partagé entre les aficionados qui louent un retour en forme après « Limits of control » qui était assez chiant. Et ceux qui n’aiment pas la lenteur de Jarmusch n’aiment toujours pas. Bref, film à voir probablement mais zéro chance de repartir avec un prix…

« La vénus à la fourrure » de Roman Polanski marque le retour du maitre à un film aux thématiques sexuelles voir masochistes et l’accueil est plutôt bon mais là aussi, un peu en mode film sympathique mais mineur dans la filmographie du cinéaste.

 

Alors passons aux choses sérieuses….

 

Nicolas Winding Refn ne repartira probablement avec rien pour son « Only god Forgives » (critique ici), que j’ai adoré mais qui n’a pas du tout reçu un accueil aussi enthousiaste que « Drive« . La presse est scindée en deux sur ce film d’ambiance et de pure mise en scène. Là aussi, j’espère mais je ne crois pas du tout à une récompense de la part d’un jury Spielberguien.

 

Alexander Payne et son « Nebraska » n’a pas fait l’unanimité, mais a créé la surprise. Depuis « Sideways » et « Mr Schmidt », le réalisateur n’avait pas particulièrement brillé. Et pour ma part, même ces deux films ne m’ont pas du tout convaincu. Visiblement, certains critiques sont plus qu’élogieux sur ce nouvel opus. Un prix du scénario ne serait pas surprenant pour ce film qui suit un vieil homme de la middle class qui décide de partir chercher le gain d’une loterie qui a tout l’air d’une publicité fallacieuse. Son fils l’accompagne pour éviter un drame. Le film va se plonger dans l’Amérique post crise des subprimes, dans le quotidien d’américains qui se sont bien cassés les dents sur le rêve américain. Une vision de l’Amérique qui pourrait emporter les faveurs du jury par son actualité et la qualité du scénario.

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Steven Soderbergh a lui aussi plutôt réussi la présentation de son soit disant dernier long métrage avant la retraite. « Ma vie avec liberace » offre à Matt Damon et surtout à Michael Douglas, donné mourant il y a deux ans, un rôle en or, celui du célèbre pianiste kitchissime des années 60. Une partie de la presse a cependant regretté le classicisme de la mise en scène et le regard narquois un peu facile de Soderbergh sur cet animal de spectacle au masque de vie un peu trop évident. Mais un prix d’interprétation masculine ne serait pas surprenant.

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Enfin les deux favoris pour la palme d’or sont :

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- « La vie d’Adèle » Abdellatif Kechiche, favori de la presse et qui suit les amours de deux jeunes femmes sur plusieurs années, de la rencontre à la déliquescence, sans en faire une histoire de lesbiennes mais une histoire d’amour, bouleversante selon nombre de festivaliers.

Un prix d’interprétation est toujours possible pour Léa Seydoux ou Adèle Exarchopoulos si le film ne remporte pas la palme d’or.

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-  »La grande Bellezza » de Paolo Sorrentino figure comme l’autre favori et toutes les critiques soulignent le saut artistique du réalisateur italien depuis son dernier film avec Sean Penn « This must be the place« . On y suit Jep Gamberdella, 65 ans, écrivain ayant écrit un succès il y a des dizaines d’années, et qui jouit de la vie et de Rome comme s’il était encore jeune.  Devenu journaliste, il fréquente les lieux mondains mais se trouve être devenu désabusé et cynique…L’envie d’écrire lui reprend…le film a reçu un accueil triomphal.

 

Alors mon pronostic annuel serait donc le suivant :

Prix d’interprétation masculine : Michael Douglas pour « Ma vie avec Liberace » de Steven Soderbergh OU d’Oscar Isaac pour  « Inside Llewyn Davis » de Ethan Coen & Joel Coen

Prix d’interprétation féminine : Bérénice Bejo pour « Le passé » d’Asghar Farhadi

Prix du scénario : « A touch of Sin  » du chinois Jia Zhang-Ke OU « Nebraska » d’Alexander Payne mais je parie sur Jia Zhang-Ke …avec Caméra d’or ou prix de la mise en scène pour  Payne

Prix du jury : « Le passé » d’Asghar Farhadi OU   »Ma vie avec liberace » de Steven Soderbergh  mais je parie sur Farhadi…

PALME d’Or : « La vie d’Adèle » Abdellatif Kechiche OU « La grande Bellezza » de Paolo Sorrentino, mais je parie sur le Kechiche

Allez, rendez-vous demain chers cinéphiles !

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Cannes 2013, Bilan à mi parcours

20 mai, 2013

Voici un premier bilan à mi parcours de l accueil critique des films présentés au festival de Cannes cette année. Votre blanc lapin préferé s’est fait fort de regarder à droite à gauche ce qu »on pensé les chanceux critiques présents sur place…car quand on lit de loin tout celà, on a du mal à comprendre qui a des chances de remporter la palme et quels bons films nous seront servis dans l’année…à la suite de ce qui reste le plus complet et prestigieux festival de cinéma au monde.

Quatre des huits films déjà présentés ont peu de chances de repartir avec un prix.

« Heli « de Amat Escalante a séduit quelques critiques mais recueille globalement les pires notes de la presse internationale.
François Ozon subit un peu le même accueil réservé aux premiers films en compétition. Son « Jeune et jolie« , sur une jeune femme de 17 ans qui se prostitue pour le plaisir, a dérouté. Moins provocateur que prévu, le film a ému mais aussi déçu certains. D’autres considérent que c est le meilleur Ozon. Ca sent l’absence totale au palmarès et des critiques qui se rattraperont de leur dureté lors de la sortie fin août, comme c est hélas souvent le cas.
« Jimmy P » de Arnaud Desplechin avait tout pour séduire. Une histoire et un casting de luxe avec Mathieu Amalric en thérapeute d’un indien campé par Benicio Del Toro. Hélas le film laisse de marbre la presse et reproche à Desplechin de livrer une chronique un peu trop désincarnée, théorique et parfois ennuyeuse.

Enfin « Borgman » raconte l’histoire d’un type qui débarque dans les rues d’une banlieue bourgeoise et sonne à une porte. Qui est il ? On n’en sait rien mais il va apporter le trouble, la peur avec un humour noir qui a plu à certaines critiques, dont quelques unes osant le parallèle avec le « Funny Games » de Haneke. Mais la plupart trouvent que le film s’essouffle et ne tient pas les promesses d’un début ambalant.

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Le premier film ayant un chance de figurer au palmarès est « Tel père, tel fils » du Japonais Hirokazu Kore-eda (Nobody Knows, Still Walking). Son film n’a pas fait l’unanimité mais pourrait bien plaire à Steven Spielberg. Un architecte obsédé par sa reussite professionnelle est père d’un enfant de 6 ans qu’il élève heureux avec son épouse, jusqu’au jour où il apprend que son vrai fils a été échangé à la maternité avec l’enfant qu’il croit être le sien. La douceur de Kore Eda a touché certains critiques mais en a agacé d’autres qui voient beaucoup de clichés et de facilité dans ce film un peu trop consensuel. Le film a clairement divisé mais Nicole Kidman semble avoir adoré et Spielberg est quand même balaise en sirop quand il s’agit d’émotions, les reproches ne devraient donc pas l’empecher de récompenser ce film.

« A Touch of Sin » du chinois Jia Zhang-Ke recueille la meilleure moyenne du panel de journalistes du magazine Screen. Mais là aussi aucune unanimité avec de fervents détracteurs du long métrage.

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En fait deux films font pour l’instant l’unanimité. « Le passé » de l’iranien Asghar Farhadi (dont vous retrouverez la critique ici dès demain), confirme qu’apres son ourse d’or il y a deux ans pour « Une Séparation« , le réalisateur n’a rien perdu de sa force en tournant en France avec Berenice Bejo, apparamment excellente et Tahar Rahim.

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« INSIDE LLEWYN DAVIS » de Joel et Ethan Coen marque le retour en super forme des géniaux frangins, papes du ciné indépendant américain et chouchous du festival depuis leur palme d’or pour « Barton Fink ». Alors peuvent ils renouveler l’exploit ? Tout dépendra des films presentés dans les jours qui viennent car pour l’instant, la presse est dithyrambique.
Les Coen s’intéressent à un chanteur folk du Greenwich village des années 60, qui tente de percer. Oscar Isaac est visiblement brillant et chante très bien car oui, les Coen font chanter leurs acteurs, pour de vrai ! Alors bien sur il s agit d’un looser magnifique comme toujours chez les Coen mais la presse relève que l’humour est toujours aussi corrosif, malgré une bande annonce assez terne.
Justin Timberlake confirme lui aussi ses choix de qualité en tant qu’acteur aux cotés du fidele John Goodman ou de la fort charmante Carey Mulligan. Bref, les Coen arrivent à surprendre, à toujours être à un niveau excellent d’ériture.

Mais la compétition continue et réservera probablement des surprises et bouleversements dans ce classement avec le dernier Soderbergh, BEHIND THE CANDELABRA, l’ultra attendu ONLY GOD FORGIVES de Nicolas Winding Refn, de retour avec Ryan Gosling, deux ans apres Drive, le film de vampires du trop rare Jim Jarmusch avec Tilda Swinton, ONLY LOVERS LEFT ALIVE, le NEBRASKA d’Alexander Payne, que je trouve surestimé, le possible challenger MICHAEL KOHLHAAS d’Arnaud des Pallières, « La Venus à la fourure » de Polanski et enfin le premier film historique du génial James Gray, « The immigrant ».

Section Un certain regard, on notera que « the bling ring » de Sophia Coppola a divisé comme habitude entre les afficionados et ceux agacés par les pauses de la réalisatrice et ses sujets qui tournent en rond autour de gosses de riches largués.   »L’inconnu du Lac » d’Alain Guiraudie semble être un thriller gay noir et très sexe qui a bluffé pas mal de festivaliers. Il traite de la fascination d’un homme pour un plus jeune qui pourrait bien être un serial killer.

Niveau Quinzaine des réalisateurs, « Le congrés » de Ari Folman a très fortement déçu, le retour du réal de Valse avec Bachir, semblant donc ampoulé et confus, après une première partie pourtant inspirée.

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Autre excellente surprise, le documentaire sur le Dune de Jodorowsky qu’il a failli adapter dans les années 70 (voir ici mon papier sur le sujet). J’adore la série de livres Dune et je n’ai pas aimé la version de Lynch…alors découvrir ce que ceci aurait donné avec Salvador Dali, Orson Welles, Mick Jagger, les Pink Floyd, ou Moebius, forcément, ca intrigue. Et visiblement le documentaire est passionnant et très drôle. Après « Lost in la mancha » et « L’enfer d’Henri Georges Clouzot« , voici un autre très bon docu sur un film fantasmé qui ne verra jamais le jour !

Voilà, le blanc lapin vous fera un second point sur l’accueil des candidats à la palme d’or dans la semaine…

Cannes 2013, la sélection commentée par le blanc lapin

18 avril, 2013

Cannes 2013, la sélection commentée par le blanc lapin dans Dossiers cannes2013

Thierry Frémaux et Gilles Jacob ont annoncé la sélection des films en compétition pour l’évènement cinématographique de l’année, la compétition la plus prestigieuse au monde, le festival de Cannes 2013 !

Cette année la France et les Etats-Unis sont sur représentés avec quelques surprises comme la sélection de l’actrice Valérie Bruni-Tedeschi en tant que réalisatrice avec Un château en Italie, ou même François Ozon qu’on n’attendait pas avec Jeune et jolie qui traitera d’une prostituée qui fait son métier pour le plaisir. Roman Polanski présentera son « Venus à la fourrure« , adaptation d’une pièce qui traite de domination masochiste avec Mathieu Amalric et Emmanuelle Seigner.

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Arnaud Despleschin était en revanche attendu avec son Jimmy P. porté par l’immense Benicio del Toro et Mathieu Amalric, sur l’amitié entre un indien névrosé et son psychanaliste.

Abdellatif Kechiche, découvert avec « L’esquive » il y a quelques années adapte quant à lui la bande-dessinée « Le bleu est une couleur chaude », histoire d’amour lesbien retitré La Vie d’Adèle.

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Arnaud Despallières présentera Michael Kohlhaas avec Mads Mikkelsen (prix d’interprétation l’an dernier pour La Chasse) sur un marchand de chevaux dans la France du 16ème siècle.

Le Tchadien Mahamat Saleh Haroun reviendra avec « Grisgris », après « Un homme qui crie » présenté il y a deux ans, et suivra un homme paralysé de la jambe qui rêve d’être danseur. Bon, çà risque d’être moyennement fun.

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L’Iranien Asghar Farhadi était lui aussi attendu avec « Le Passé » qui sort en salles dans la foulée, film tourné en France avec Bérénice Béjo et Tahar Rahim. Après le succès critique et public de son ours d’Or, « Une séparation« , le film est un poids lourd de la compétition.

Le japonais Hirokazu Kore-Eda sera présent avec « Like father like son », après avoir enchanté la critique mondiale l’an dernier avec son « I wish« .

Paolo Sorrentino est un habitué de Cannes et malgré l’accueil glacial de « This must be the place » il y a deux ans avec Sean Penn en rock star has been, sera de nouveau en compétition pour « La Grande Bellezza« .

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Enfin trois réalisateurs cultes étaient attendus et seront présents. Nicolas Winding Refn qui après « Drive » et son carton plein critique et public, revient, toujours avec Ryan Gosling, dans « Only God Forgives« , l’un des films les plus attendus de cette année, qui s’annonce comme bien violent.

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James Gray revient après « La nuit nous appartient » et « Two Lovers » avec toujours son fidèle et génial acteur Joaquin Phoenix. Marion Cotillard interprète dans « The immigrant«   une émiggrée  polonaise qui débarque aux USA dans les années 20 et se voit forcée de se prostituer pour survivre. Gray est bien entendu l’un de mes chouchous pour la palme avec Winding Refn.

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Les géniaux Ethan et Joel Coen reviennent pour la huitième fois au moins avec « Inside Llewyn Davis« , et se plongent dans la scène folk et rock des années 60 à New York. Ils n’ont eu la palme d’or qu’une fois pour le brillant « Barton Fink » et deux fois le prix de la mise en scène pour « the barber » et « No Country for bold men ». A noter que leurs deux derniers films, « True Grit » et « A single man » n’étaient pas passés par Cannes.

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Steven Soderbergh qui a annoncé sa retraite et vient de sortir l’excellent « Effets secondaires », n’était pas attendu puisque ce qui doit être son dernier film de sa carrière, « Behind the Candelabra » devait être diffusé en téléfilm sur la chaine HBO. Porté par un Michael Douglas en musicien Liberace et Matt Damon dans celui de son amant, le film a visiblement plu aux sélectionneurs et pourrait de fait sortir en salles.

 

 En sélection « Un certain regard« , nous surveillerons « The bling Ring » de Sophia Coppola, ou « As i lay dying« , adaptation de « Tandis que j’agonise » par James Franco. L’acteur hyperactif est il un bon réalisateur en se frottant à William Faulkner ? Claire Denis et « Les salauds » avec Vincent Lindon et Chiara Mastroianni sera aussi attendue.

Hors compétition, nous aurons droit à « Gatsby le magnifique » par Baz Luhrmann avec Léonardo Di Caprio ! Et ça risque d’être une sacrée montée des marches en ouverture du festival. Guillaume Canet présentera son premier film américain, « Blood ties« , co-écrit avec James Gray et avec Clive Owen, Billy Crudup, Marion Cotillard, Mila Kunis, Matthias Schoenaerts.

Egalement interessant le téléfilm sur Mohamed Ali, par le brillant Stephen Frears, dans « Muhammad Ali’s Greatest Fight« .

 

Alors évidemment il y a des absents, Steve McQueen et son « Twelve Years a slave » avec Brad Pitt et Michael Fassbender, le film de vampires de Jim Jarmusch, « Only lovers left alive » avec Tilda Swinton, ou encore l’adaptation de la Bd « Le tranceperceneige » par le génial Bong Joon-ho, auteur de « Memories of murder » et « Mother ».

Mais peut-être ces derniers ne sont-ils pas prêts et peut être les sélectionneurs nous annonceront ils une sélection in extremis si le montage est terminé à temps.

En effet, il est courant que mi avril, 19 films soient annoncés et qu’il y ait un rajout de un à trois films au dernier moment, comme ce fut le cas pour « The artist » par exemple.

En tout cas, on a hate que ça débute !!!!!

 

 

« Jack le chasseur de géants » de Bryan Singer – critique du blanc lapin

30 mars, 2013

 

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Bryan Singer nous a habitué à ses scénari malins et retords avec « Usual suspects » ou « Un élève doué » et s’est illustré dans le grand spectacle avec brio dans les deux premiers X-men, et avec moins de brio dans Superman.

Il était donc intéressant de voir ce qu’il allait faire de ce vieux conte de « Jack et haricot magique« , très enfantin et pas le plus hype du moment. A Hollywood aujourd’hui, c’est la mode de revisiter avec de vrais acteurs tous les grands classiques depuis le carton du « Alice au pays des merveilles » de Tim Burton. On aura droit à un Cendrillon par Kenneth Branagh, un Maleficient sur la sorcière de La belle au bois dormants avec Angelina Jolie et on a déjà eu droit à deux Blanche neige l’an dernier. Pour ne pas parler du très vilain « Le monde fantastique d’Oz » de Sam Raimi sorti il y’a quinze jours.

J’ai detesté « Alice au pays des merveilles » pour son scénario baclé, l’autocaricature que Burton faisait de son style et l’aspect jeu vidéo du film avec une absence totale de féérie. Quant à « Blanche neige et le chasseur« , disons que mis à part les effets spéciaux, l’histoire était navrante.

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Ce « Jack le chasseur de géants » n’est pas un grand film, une méga réussite. Mais il a deux mérites par rapport au films précités, il est humble et il est fun. A aucun moment Singer ne se prend au sérieux dans ce long métrtage où il assume parfaitement que son scénario est bateau et tient sur un ticket de métro. Mais plutôt que d’essayer d’assombrir des personnages, Singer tient son cahier des charges en livrant un film très grand public, pour petit et grands, avec pas un seul ralentissement de rythme. Le film fait ainsi penser aux vieilles productions épiques des années 50 où l’objectif de divertissement pur était assumé quite à conserver une certaine naiveté.

Les géants peuvent déplaire à certains spectateurs par leur aspect peu réaliste et cartoonesque mais la façon dont ils sont emmenés permet de très vite passer sur ces légers défauts. Surtout, le casting est porté par deux acteurs au charme britannique de haute volée, le jeune Nicolas Hoult et Ewan McGregor. Si Hoult est certes un de mes chouchous dans la jeune génération d’acteurs (A single man, la série Skins, X men first class), le fait de donner du contrepoids à son personnage grace à McGregor est une très bonne idée. L’aventure de Jack était trop fragile pour sufir à elle seule à tenir haleine. Mais les seconds rôle du roi campé par Ian McShane et du méchant par Stanley Tucci finissent de compléter un casting plutôt attachant.

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Alors bien sur, le film sera vite oublié, d’autant qu’il a couté plus 195 M$ et n’en n’a rapporté que 60 M$ aux Usa et à peine le double, pour l’instant, niveau monde. Un sacré four pour Bryan Singer qui fort heureusement est retourné à la franchise X men. Mais cet accueil est injuste pour ce film frais, ce bon moment que vous pourrez passer en famille avec vos enfants sans avoir l’impression d’avoir été dupés par la promotion ou la marque d’un Tim Burton, qui ne nous livre que des coquilles vides. Le film est simple, efficace et redonne à l’héroic fantasy un petit coté suranné fort sympathique.

81 films pour vivre 2013 dans les salles obscures !

4 janvier, 2013

Pour conclure les dossiers sur les films attendus du Blanc Lapin cette année, j’ai opté pour une trilogie, un troisième dossier, à base de tableaux qui reprennent :

- la date de sortie du film, le nom du réalisateur et le casting

- et le degré d’attente…plus il y a de lapins blancs plus je suis surexcité à l’idée de découvrir le long métrage…quand il y a des « pan! » « pan! »…ben, ce n’est point ma tasse de thé !

Vous cliquez sur l’image et elle s’agrandit ! C’est MagiK !

Et toujours les deux premiers volets ici (en cliquant sur les liens) :

Ce qui vous attend au cinéma en 2013 – Partie 1 : Les blockbusters et comédies

Ce qui vous attend au cinéma en 2013 – Partie 2 : « le cinéma d’auteur et cinéma indépendant »

81 films pour vivre 2013 dans les salles obscures ! dans Bandes-annonces 2013-1-a-13-300x268

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Ce qui vous attend au cinéma en 2013 – Partie 2 : « le cinéma d’auteur et cinéma indépendant »

3 janvier, 2013

Voici la suite du dossier sur ce qui vous attend en 2013 au cinéma !

Bon je vous remets le pitch précèdent parcequ’il convient aussi en fait : « Comme chaque année, le Blanc lapin s’est cassé la tête à retrouver les films qui sortiront en 2013 et qui présentent à mon avis un intérêt ou feront parler d’eux.

Exercice pas facile car même les revues spécialisées font des oublis de films très attendus…j’en ferai aussi, probablement et puis les festivals nous permettront d’être surpris et de voir poindre des films pas du tout attendus.« 

Vous pouvez retrouver ici la première partie…

Partie 1 : Les blockbusters et comédies

Vous aurez droit à une bande-annonce quand cette dernière est déjà sur la toile.

Enfin, le blanc lapin vous fournira des tableaux de synthèse croisés dynamiques avec les attentes plus ou moins fortes du blanc lapin et un calendrier de sorties.

Bonne lecture et bonne année cinéma 2013 !

« Foxfire : confessions d’un gang de filles » de Laurent Cantet

Ce qui vous attend au cinéma en 2013 - Partie 2 :

Le pitch : Dans une petite ville ouvrière , dans les années cinquante, cinq lycéennes forment la bande Foxfire, vouée à l’orgueil, au pouvoir, et à la vengeance dans un monde que ces filles n’ont jamais intégré, un monde qui leur semble fait pour les mépriser et les détruire.

Après la palme d’or de « Entre les murs« , Laurent Cantet est attendu. Mais je ne fais aucun souci pour le résultat car Cantet n’a jamais planté un seul film, « Vers le sud« , « L’emploi du temps » et « Ressources humaines » sont tous d’un très haut niveau.

Sortie le 2 janvier

« Only Lovers Left Alive » de Jim Jarmusch avec Tilda Swinton, Mia Wasikowska, Tom Hiddleston, John Hurt, Anton Yelchin

Le prochain film de Jim Jarmusch est tellement discret que personne n’en parle dans la presse ou sur les webzines…et pourtant, après « The limits of control » passées inaperçues il y a 3 ans, le maitre reviendra bel et bien en 2013 et avec un film de vampires, tout comme Neil Jordan et son « Byzantium » (voir ci-après).

Aucune info n’a filtrée sur le pitch mais il serait logique de voir Jarmusch sélectionné à Cannes, d’autant qu’il va s’intéresser pour la première fois à une histoire fantastique.

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« The Iceman » d’Ariel Vromen

Adapté d’une histoire vraie, « The Iceman » suit la terrible carrière d’un tueur à gages ayant avoué 200 meurtres et ayant été engagé par la mafia. Le tueur est mort en 2006. Ce dernier est interprété par Michael Shannon, l’un des nouveaux acteurs chouchous d’Hollywood puisqu’il sera aussi le grand méchant de Superman. Il sera entouré de Chris Evans, qui tente intelligemment d’avoir une carrière hors Captain America et de Wynona Ryder, qui tout doucement remonte la pente.

Sortie en octobre 2013

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« The bling Ring » de Sophia Coppola

Sophia Coppola poursuit sa filmographie d’enfant gâtée d’Hollywood puisque le thème de son prochain film sera de nouveau pas très éloigné de son quotidien. « The bling ring » suivra des adolescents californiens qui cambriolent des maisons de stars pour voler des objets de valeur. L’histoire est inspirée d’un vrai gang, The Burglar Bunch, qui a visité les demeures de Paris Hilton, Megan Fox ou Orlando Bloom en 2008 / 2009. Des vrais stars quoi !

Elle n’est pas prête de faire du Dardenne…encore à s’intéresser à des gamins aisés. Emma Watson se reconvertira de son rôle d’Hermione dans Harry Potter en intégrant le casting.

Enfin moi, Sophia Coppola n’est pas prête de me faire rêver…je préfère de loin son gros papa !

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« Happiness Therapy » de David O.Russellavec Bradley Cooper et Robert De Niro

Le réalisateur des « Rois du désert » a acquis un certain respect avec « The Fighter » en 2011. Ici il revient avec un film de nouveau précédé d’excellentes critiques et probablement nominé pour l’oscar. Bradley Cooper incarne un homme revenant d’un établissement psychiatrique, séjour durant lequel il a perdu ses repères, sa femme, et son job. Obligé de loger chez ses parents, il va devoir se rapprocher de son père, incarné par Robert De Niro.

Sortie le 30 janvier 2013

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« Frances Ha » de Noah Baumbach

Après « Greenberg« , Noah Baumbach rend hommage au Manhattan de Woody Allen, retraçant le portrait de Frances, danseuse New Yorkaise qui galère pas mal. Lorsque sa colloc la laisse pour emmenégger avec son mec, Frances décide de se bouger et de reprendre sa vie en main. Frances est un peu fofolle, maligne et joyeuse, elle a décidé de positiver !

Noah Baumbach est l’un des réals indépendants américains à suivre de très près, on attend donc qu’il nous surprenne. Les premières critiques du film présenté lors de divers festivals, sont élogieuses.

Sortie juin 2013

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« UPSIDE DOWN » de Juan Diego Solanas

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Situé dans un monde féérique, cette histoire d’amour présente un concept marrant qui peut s’avérer soit ultra kitch et sirop soit très originale. Un jeune homme, Adam, tente de s’en sortir dans un monde détruit par la guerre. Il rêve d’une jeune femme vivant dans un monde d’abondance, Eden. En fait ce monde se trouve au dessus du sien, dans le ciel. Mais il est très périlleux de tenter de passer d’un monde à l’autre. Jim Sturgess et Kirsten Dunst sont les héros.

Voyez plutôt la bande-annonce :

Le film sort le 17 avril

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« The Zero Theorem » de Terry Gilliam avec Christoph Waltz, Mélanie Thierry, David Thewlis, Tilda Swinton, Matt Damon, Ben Whishaw

Terry Gilliam, mon chouchou, a terminé le tournage de son prochain film, qu’il compte avoir terminé de monter pour mai ou juin, dont dependra une sélection à Cannes ou à Venise. Moi je crois plutôt à Venise, Cannes n’a jamais été très accueillante avec Terry.

Après les mésaventures de Don Quichotte, et la trahison de Johnny Depp, et toujours autant de mal à monter ses projets, l’annonce de son nouveau projet  m’a propulsé dans la stratosphère .

L’auteur de « Brazil« , « L’armée des 12 singes« , « Las Vegas parano« , « Sacré Graal » et « Les aventures du Baron de Munchausen » présentera donc « The Zero Theorem« , qui suivra un génie informatique tentant de percer le sens de la vie dans un univers orwelien. Gilliam a lui même dit que le projet se rapprocherait de Brazil et L’armée des 12 singes, whouf !

L’immense Christoph Waltz tient le rôle principal, lui qui fut découvert en allemand sadique dans « Inglorious basterds » de Quentin Tarantino.

Le casting se complète joliment de la française Mélanie Thierry, qui campera le personnage féminin et tentateur sexuel envoyé par le big brother du film, pour enquêter sur les recherches du génie.

Tilda Swinton, que j’adore aussi, aura un petit rôle mais c’est toujours çà…David Thewlis est au casting ainsi que Peter Stormare.

Matt Damon retrouve Gilliam après « Les frères Grimm« , pour un second rôle…quant à Ben Whishaw, il endossera aussi un petit rôle…l’acteur a été révélé par « Le parfum » et sera du prochain « Cloud atlas » des Wachowski, ou il a fait sensation dans le dernier James Bond, « Skyfall« .

Yes yes yes !!!!!!!! Terry is back !

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« Byzantium » de Neil Jordan avec Gemma Arterton et Saoirse Ronan et Sam Riley

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Neil Jordan n’a jamais retrouvé le succès public et critique de « Entretiens avec un vampire ». Et bien il retrouvera les vampires pour « Byzantium », adapté d’une pièce de Moira Buffini, scénariste de la bande-dessinée « tamara Drewe », elle-même adaptée par Stephen Frears.

Et c’est l’actrice principale de « tamara drewe », Gemma Arterton, qui campera une jeune vampire qui décide de se dévoiler aux habitants de la petite ville dans laquelle elle s’installe avec une autre vampire campée par Saoirse Ronan. Le très bon Sam Riley, vu dans « Sur la route » cette année, complète le casting.

 

« Horn » de Alexandre Aja avec Daniel Radcliffe

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Alors qu’il bosse toujours sur l’adaptation du dessin animé « Cobra« , le frenchie Alexandre Aja poursuivra sa carrière hollywoodienne en adaptant « Horn« , bouquin sorti l’an dernier sous la plume du fils de Stephen King, Joe hill.
Il s’agirait d’un film fantastique dans lequel un jeune homme se réveille un matin avec des cornes sur la tête, alors même que sa petite amie est morte assassinée un an plus tôt….et un nouveau pouvoir va lui permettre de traquer l’assassin de sa bien aimée. Ses cornes obligent les gens à avouer leurs péchés…la vengeance débute.
C’est Daniel Radcliffe, qui endossera le rôle et poursuivra donc une carrière post Harry Potter plutôt intelligente à ce stade. « La dame en noir » a été très bien reçu et « Kill your darlings » lui permettra d’interpréter Allen Ginsberg dans un thriller aux côtés de Michael C. Hall (Dexter) et Ben Foster (six feet under).  Pas mal…
Après les succès de « haute tension », « Piranha 3D« , « Mirrors« , ou « la Colline a des yeux« , Alexandre Aja poursuit donc son petit bonhomme de chemin sans embuches et dans le cinéma de genre. Plutôt la classe !

« Lovelace » de Rob Epstein et Jeffrey Friedman avec Juno Temple, Wes Bentley, Sharon Stone, Chris North, Robert Patrick et James Franco

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« Lovelace » sera un biopic sur Linda Lovelace, star du porno et plus particulièrement de « Gorge profonde », adapté du livre « the complete Linda Lovelace« .

Amanda Seyfried tiendra le rôle titre, Peter Sarsgaard sera son mari abusif et le casting qui l’entoure est assez classe avec Juno Temple, Wes Bentley, Sharon Stone, Chris North, Robert Patrick et James Franco en petit rôle.

Demi Moore devrait quant à elle jouer Gloria Steinem, activite féministe et amie de Linda qui écrivit le prologue de ses mémoires.

Alors, le film arrivera t -il à la cheville du brillant « Larry Flynt » de Milos Forman, créateur de « hustler » ou de « boogie nights » de Paul Thomas Anderson…les biopics sur des personnages ayant connu le succès dans le sexe sont parfois brillants mais pas toujours…

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« The Third Person » Paul Haggisavec Mila Kunis, Olivia Wilde and Liam Neeson, Casey Affleck, James Franco

Paul Haggis est surtout connu pour ses scénari, « Million dollar baby« , « Mémoires de nos pères » et « Lettres d’Iwo Jima » de Clint Eastwood mais aussi le retour en grâce critique de 007 avec « Casino Royale« .

Niveau réalisation, son « Collision » avait été un premier jet excellent mais avec quelques touches clichées comme dans Million dollar baby. Puis son second, « Dans la vallée d’Elah » était un peu en dessous. Mais bon, l’animal reste un bon metteur en scène et un bon scénariste bien que ses tendances au larmoyant doivent être, à mon goût, un peu cernées.

Dans « Third person« , son troisième long, qu’il a tourné cet automne 2012, il a réuni un casting ultra classe avec Liam Neeson, Olivia Wilde, Mila Kunis (Black Swan), le rare et génial Casey Affleck (l’assassinat de Jesse James) et le très prometteur James Franco (127 heures). Le film suivra trois couples qui se croisent dans trois villes, Rome, New York et Paris. L’objectif serait de voir l’évolution de chaque couple du début à la fin..ambitieux !

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« Her » de Spike Jonze avec Joaquin Phoenix, Olivia Wilde, Rooney Mara, Amy Adams

Le prochain délire de Spike Jonze (Dans la peau de John Malkovich) et de son scénariste Charlie Kaufman réunira Joaquin Phoenix, Olivia Wilde, Rooney Mara, Amy Adams et un casting quasi exclusivement féminin.

Le pitch est plutôt spé puisque c’est l’histoire d’un type qui tombe amoureux de la voix de son ordinateur…hum, hum, va t il passer à travers l’écran ?

Joaquin Phoenix tourne avec de très grands puisqu’il a mis en boite « The Master » de Paul Thomas Anderson, « Low life » de James Gray qu’il retrouve une quatrième fois et donc ce projet là !

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« The rover » de David Michôd avec Guy Pearce et Robert Pattinson

Le nouveau film du très remarqué David Michôd, réalisateur australien de « Animal kingdom« , l’un des meilleurs films de 2011.

L’histoire de « Rover » suivra un homme interprété par Guy Pearce, qui cherche à retrouver à tout prix sa voiture volée et plus particulièrement un objet caché dedans. Un objet dont on ne sait rien. Robert Pattinson interpréterait le rôle du frère du gang ayant volé le véhicule et qui s’est fait lâcher par sa bande au moment où la police les a poursuivis.

On peut dire ce qu’on veut de Robert Pattinson, il a au moins le mérite de vouloir se construire une carrière, signe d’intelligence, en attendant le talent. Un pitch intriguant pour un film fort attendu puisque nous verrons si le réal transforme l’essai…

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  »The nightingale » de James Gray avec Joaquin Phoénix et Marion Cotillard

James Gray est l’un de mes réalisateurs préférés dans sa génération de quarantenaires, de « Little odessa » à « La nuit nous appartient » en passant par « Two lovers« , le style de Gray est unique, d’un déterminisme et d’une mélancolie telle que ses flics ou ses gangsters ne peuvent vous laisser de marbre. Il devait trouver Brad Pitt sur « the lost city of Z » et changer radicalement de style pour suivre un aventurier des années 20 à la recherche d’une cité Maya. Le projet s’est hélas enlisé dans des problématiques de production, Brad Pitt ayant retenté un second projet avec lui, toujours en stand bye. Et alors que Guillaume Canet bossait avec le maitre sur un scénario pour un film qui est mis en scène par Canet, c’est sa meuf qui se retrouve au casting du prochain James Gray.

Marion Cotillard poursuit donc son impressionnante carrière Hollywoodienne après Christopher Nolan deux fois (Inception et Batman 3), Soderbergh (Contagion), Woody Allen (Minuit à Paris), Michael Mann (Public ennemies), Ridley Scott (une grande année), ou Tim Burton (Big fish).

« The nightingale » racontera l’histoire d’une polonaise interprétée par Cotillard, prostituée de New York et tiraillée entre deux hommes, Jeremy Renner et Joaquin Phoénix. L’acteur phare de James Gray revient à son métier d’acteur après un faux abandon de carrière.

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« The counselor » de Ridley Scott avec Brad Pitt, Michael Fassbender, Cameron Diaz, Javier Bardem, Penelope Cruz

Le prochain Ridley Scott après son « Prometheus » devrait réunir LE casting de malade de 2013.

Ridley Scott adapte un scénario de Cormac McCarthy (La route, No country for old men).

Dans « the counselor« , Michael Fassbender retrouvera Scott juste après avoir tourné dans son Prometheus et y sera un avocat qui décide de devenir trafiquant de drogue. Javier Bardem tient le rôle d’un criminel qui introduit le personnage principal dans le milieu.  Cameron Diaz et Penelope Cruz assurent les rôles féminins.

Fassbender et Brad Pitt viennent de tourner ensemble dans « twelve years a slave » de Steve McQueen. Ces deux grands acteurs aux choix toujours aussi intelligents sont potes, que demande de plus le peuple ?

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  »Twelve Years a Slave » de Steve McQueen avec Brad Pitt et Michael Fassbender

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Le réalisateur britannique Steve McQueen retrouve une troisième fois Michael Fassbender, à qui il a permit de rencontrer un succès critique international avec « Hunger » et « Shame« .

Fassbender explose à Hollywood avec « X men le commencement« , « Inglorious basterds« , « Prometheus«  .

« Twelve years of slave » suit un fils d’esclave affranchi qui se fait kidnapper par des blancs et redevient esclave durant 12 ans, son seul espoir étant un bucheron canadien. Fassbender jouera donc soit le salaud soit le sauveur mais on le voit bien en bucheron. Brad Pitt, qui se contentait de produire, a décidé d’intégrer le casting.

Et il n’y a rien d’étonnant car Brad Pitt mène une carrière exemplaire depuis 10 ans, enchainant des rôles variés avec de grands réalisateurs.

C’est passionnant de voir un bon acteur star bien vieillir…Johnny Depp devrait s’en inspirer…

 

« Autobiographie d’un menteur »de Bill Jones avec John Cleese, Michael Palin, Terry Gilliam et Terry Jones and Graham Chapman

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Voici enfin l’adaptation du livre « Autobiographie d’un menteur » !

Graham Chapman, le seul Monty Python décédé, en 1989, avait pondu en 1980 une fausse autobiographie très drôle, cynique, non-sensique, qui s’appelle « Autobiographie d’un menteur » et que vous devez lire de toute urgence. L’homosexuel alcoolique qu’il était nous raconte des tranches de vies toutes aussi débiles et farfelues les unes que les autres mais surtout nous montre sans le vouloir, à quel point il était le coeur de la troupe. L’esprit des Monty Python, c’était lui.

D’ailleurs, ses copains lui rendent hommage régulièrement en se foutant de sa gueule et de sa mort et en l’insultant. Ils vont aller plus loin en prêtant leurs voix aux différents personnages de l’adaptation cinématographique et animée du livre. Ils seront tour à tour eux-mêmes ou d’autres personnages. John Cleese, Michael Palin, Terry Gilliam et Terry Jones ont donc travaillé sur le projet.

Mais Graham Chapman participera à l’aventure de façon posthume puisqu’il avait enregistré un audio-book de son propre livre et que sa voix sera donc inclue au long métrage. C’est ce qu’on appelle la magie du cinéma…faire revivre un artiste majeur 20 ans après sa mort.  Je laisse la parole à Terry Jones, toujours aussi débile : « Jusqu’à récemment, j’ignorais que Graham Chapman était vraiment mort. Je pensais qu’il avait simplement la flemme. Je suis toutefois ravi de travailler de nouveau avec lui sur cet excitant projet. »

Et c’est le fils de Terry Jones qui a réalisé le film, coupé en 13 parties animées et dont la confection a été confiée à 13 studios d’animation différents qui ont chacun réalisé une scène de trois à douze minutes.

C’est donc en animation que reviendront les comiques anglais en 2013 ! Enjoy !

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« Trance » de Danny Boyle avec James McAvoy, Rosario Dawson et Vincent Cassel

Remis de sa « pause » cinéma pour s’occuper de la cérémonie d’ouverture des JO, le réalisateur de « Petits meurtres entre amis », « Trainspotting« , « 28 jours plus tard« , « Slumdog millionaire » et « 127 heures » a poursuivi le tournage de son nouveau film, débuté avant les JO et qu’il termine actuellement.

Il a repoussé son film de loups-garous se déroulant à Los Angeles (voir ici) , ainsi que « 28 mois plus tard » pour se pencher sur le thriller « Trance« .

Ce film serait dans la veine de « trainspotting » ou « petits meurtres entre amis », premiers opus du réalisateur. L’histoire sera celle d’un assistant de vente d’une salle d’enchères qui organise le vol d’une oeuvre avec un gang de cambrioleurs. Mais il se prend un choc à la tête et devient amnésique. Sauf que ses associés ne le sont pas et pensent qu’il se fout de leur gueule. Ces derniers engagent alors une femme pour qu’elle l’hypnotise et pénètre son cerveau.

James McAvoy, Rosario Dawson et Vincent Cassel sont les anti-héros de ce nouvel opus.

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« Le Transperceneige » de Bong Joon-ho avec Chris Evans, Jamie Bell, Tilda Swinton

Le prochain film du brillant Bong Joon-ho se précise. Après son excellent « memories of murder« , son très drôle film de monstres « the Host » et son superbe « Mother« , où il atteignait un niveau supérieur dans le mixage des genres, le réalisateur coréen va diriger des acteurs américano-européens pour la première fois.

Il s’agira d’un film post apocalyptique et d’une adaptation de la bande-dessinée « Le Transperceneige« . Editée dans les années 80 et signée par Jacques Lob et Jean-Marc Rochette, le film serait produit par l’autre cinéastes coréen star internationale, Park Chan-wook. Ce qui rajoute à l’intérêt du projet car ce dernier ne produit pas n’importe quoi.

Il s’agira d’une co-production américano-franco-coréenne au budget moyen de 35 M$, tourné en République Tchèque.

Chris Evans, le Capt’ain America est têt d’affiche, l’acteur ne souhaitant pas être enfermé dans des blockbusters.

Jamie Bell lui aussi sera du voyage en train, découvert gamin dans « Billy Elliot« , il a su grandir et devenir un jeune talent qui compte…

Enfin Tilda Swinton, une des meilleurs actrices de sa génération apportera son visage énigmatique à l’ensemble, confirmant sa carrière éclectique et parsemée de succès (« We need to talk about Kevin« , « broken Flowers« , « Julia » de Eric Zonca, « Burn after reading » des Coen, « Benjamin Button » de David Fincher, « Amore« …).

Voici le pitchde la BD : « Le transperceneige. Un univers blanc, glacé, mortel. Ce qui reste d’humanité enfermé dans un train qui roule éternellement. Le destin de Proloff venu de la queue du convoi et, qui en remontant vers la loco découvre les arcanes du train… L’absurdité de la destinée humaine livrée à la vanité du pouvoir. L’histoire conçue par Jacques Lob reste un modèle du genre, un récit ù se mêlent drame, conflits politiques, amour, désespoir et poésie.« 

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« Tom à la ferme » de Xavier Dolan

Après « J’ai tué ma mère« , « Les amours imaginaires« , et « Laurence anyways« , le jeune québécois, Xavier Dolan, poursuivra sa carrière avec « Tom à la ferme ». L’histoire sera celle de Tom, qui part à la rencontre de la famille de son homme, ce dernier venant de mourir dans un accident de voiture. On pensera au « A single Man » de Tom Ford que Dolan doit apprécier pour la virtuosité de sa mise en scène et de ses choix colorimétriques et esthétiques. Mais ici, le garçon va tomber sur la mère de son amant disparu, qui à sa grande surprise, n’est pas au courant ni de leur relation ni du fait que son fils était homosexuel. Le frère du défunt veut alors forcer Tom à se taire.

Xavier Dolan adaptera un scénario de Michel Marc Bouchard d’après une pièce de théâtre de ce dernier. Dolan co-écrira.

Pour interpréter Tom, il vient d’embaucher Eric Bruneau, lui jouera le défunt et Caleb Landry Jones complète le casting, peut être dans le rôle du beau-frère… on attend l’actrice qui interprétera la mère du copain décédé.

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« Quai d’Orsay » de Bertrand Tavernier

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Bertrand Tavernier, l’un des grands réalisateurs français, est l’un de mes cinéastes favoris.  « La princesse de Montpensier » a hélas reçu un accueil critique assez partagé alors que le film s’avère au final très beau et prouve que Tavernier est toujours aussi fort dans le film en costumes, que ce soit « Que la fête commence » ou « Capitaine Conan« .

Son prochain projet qu’il développe en secret n’est autre que l’adaptation d’une bande-dessinée en deux tomes qui a cartonné, « Quai d’Orsay » !

Abel Lanzac et Christophe Blain, le scénariste et le dessinateur de cette bande-dessinée participent à l’écriture.

L’histoire décrit l’envers du décors de la diplomatie française via un double littéraire de Dominique de Villepin. On y suit Arthur Vlaminck, chargé d’écrire les discours du ministre des Affaires étrangères. Tiraillé entre les jeux de pouvoirs des uns et des autres, les pièges sont nombreux à éviter.

Thierry Lhermitte jouera le rôle du ministre des affaires étrangères, Julie Gayet, Thierry Frémont et Niels Arestrup complèteront le casting. Le premier rôle, celui du héros, chargé d’écrire les discours du ministre, sera tenu par Raphaël Personnaz, que j’ai découvert dans le précédent Tavernier, « La princesse de Montpensier« , où il jouait le jeune roi. Et il était plutôt très bon.

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« Hitchcock »  de Sacha Gervasi avec Anthony Hopkins, Helen Mirren, Scarlett Johansson

Anthony Hopkins interprétera Alfred Hitchcock dans « Hitchcock » anciennement intitulé « the making of Psycho ».

Il s’agira de l’histoire d’un film, l’un des plus célèbres du maitre, « Psychose » !

Scarlett Johansson jouera le rôle de Janet LeighHelen Mirren celui de son épouse et James D’Arcy celui d’Anthony Perkins. Le film est réalisé par Sacha Gervasi, connu pur le documentaire ANVIL, que je n’ai pas vu mais qui a reçu une très bonne presse…c’est son premier film de fiction.

Sortie le 6 février 2013

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« Only God Forgives » de Nicolas Winding Refn avec Ryan Gosling et Kristin Scott Thomas

Nicolas Winding Refn est très attendu depuis le succès public et critique de  « Drive« . Dans « Only God Forgives« , il retrouvera Ryan Gosling avec une histoire de box thaïlandaise aux cotés de Kristin Scott Thomas. Son film sortira en mai 2013 et s’avère un candidat idéal pour la palme d’or.

Gosling jouera Julian, un anglais devenu l’un des membres de la pègre de Bangkok. Son frère et lui dirigent un club de boxe thaï, qui sert de couverture à un trafic de drogue vers l’Europe. Mais son frère meurt assassiné et leur mère, interprétée par  Kristin Scott Thomas, débarque à Bangkok. Cette dernière est elle même le parrain d’une organisation mafieuse et souhaite se venger…

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  »Gatsby le magnifique » de Baz Luhrmann avec Leonardo DiCaprio

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Voici le remake du célèbre film avec Robert Redford et Mia Farrow que j’ai personnellement trouvé toujours horriblement ennuyeux. Dès lors, pourquoi en faire un remake ? Pour que Di Caprio retrouve son réalisateur de « Roméo+Juliette« , 15 ans après ? Why not ? Et puis le réalisateur australien doit se remettre de son four mondial avec Nicole Kidman, « Australia« , que tout le monde a oublié, pour ceux qui l’ont vu. Alors ? Di Caprio étant un acteur brillant aux bons choix de carrière, Baz Luhrmann réussira t il à revenir au niveau de « Moulin rouge » ? Disons que le thème ne l’aidera pas à calmer ses ardeurs tappe à l’oeil…

Sortant le 15 mai, il est très fort probable de retrouvertoute l’équipe en compétition à Cannes ! Ceci ferait un beau tapis rouge.

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« L’écume des jours » de Michel Gondry avec Romain Duris, Audrey Tautou, Omar Sy, Gad Elmaleh, Jean-Pierre Darroussin, Alain Chabat, Philippe Torreton

Michel Gondry s’attaque à « L’écume des jours« , adaptation du chef d’oeuvre de Boris Vian. Le couple vedette sera composé de Audrey Tautou dans le rôle de Chloé et Romain Duris dans celui de Colin, tandis que Gad Elmaleh jouera Chick. Omar Sy, fort du succès de « intouchables« , jouera Nicolas, meilleur ami de Colin. On retrouvera aussi Jean-Pierre Darroussin, Alain Chabat, son pote avec qui il a tourné « la science des rêves« , Philippe Torreton en Jean Pol Partre, ou encore Natacha Rénier.

Gondry tentera de donner vie à ce roman, réputé inadaptable. Gondry ne m’a toujours pas convaincu sur sa capacité à tenir la longueur sur tout un film. Il se laisse souvent aller comme dans « the green hornet«  ou « rembobinez soyez sympas« . Mais j’avais adoré « la science des rêves » et « eternal sunshine of the spotless mind« .

Inutile de préciser que c’est l’un des gros morceaux du cinéma français cette année !

Sortie le 24 avril 2013

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« Mud » de Jeff Nichols avec Matthew McConaughey

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Bon j’ai detesté son « Take Shelter » sorti en 2012 mais bon, restons open ! Etant donné que la presse était très bonne lors du dernier festival de Cannes pour ce « Mud »…sauf qu’elle l’était aussi pour « Take shelter »…allez ! je tente une autre fois…

Le pitch : Ellis et Neckbone, 14 ans, découvrent, un homme réfugié sur une île au milieu du Mississipi. C’est Mud : un serpent tatoué sur le bras, un flingue et une chemise porte-bonheur. C’est aussi un homme qui croit en l’amour, une croyance à laquelle Ellis a désespérément besoin de se raccrocher, pour tenter d’oublier les tensions quotidiennes entre ses parents. Très vite, Mud met les deux adolescents à contribution pour réparer un bateau qui lui permettra de quitter l’île.

Sortie le 17 avril

 

« Effets secondaires » de Steven Soderbergh avec Rooney Mara, Channing Tatum, Catherine Zeta-Jones et Jude Law

Le stakhanoviste et inégal Steven Soderbergh, après deux films sortis cette année, un fou (Haywire) et un succès surprise outre atlantique mais pas chez nous (son film de strip teasers « Magic mike »), présente déjà son film suivant, soit le quatrième en deux ans…

Sachant qu’il a annoncé vouloir prendre sa retraite alors qu’il aura 50 ans l’an prochain, on imagine qu’il est pressé de partir se mettre au vert.

« Side effects » réunira donc Rooney Mara, Channing Tatum, Catherine Zeta-Jones et Jude Law soit un joli casting, comme il en a l’habitude depuis quelques années.

Une femme voit son mari sortir de prison et devient très anxieuse à cette idée, au point de se « soigner » en prenant beaucoup trop de cachets…

Le film sortira le 3 avril

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« Les Amants passagers » de Pedro Almodóvar

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Après « La peau que j’habite« , Pedro Almodovar prévoit de retourner à la comédie, style qu’il a abandonné depuis fort longtemps. Pour « Los Amantes pasajeros« , il retrouvera Antonio Banderas une nouvelle fois d’affilée, alors qu’ils n’avaient plus bossé ensemble depuis « Attache moi ! » en 1989. L’expérience « La peau que j’habite » a donc plu aux deux artistes.

Penélope Cruz sera aussi de la partie…ainsi que d’autres fidèles de Pedro, Cecilia Roth (Tout sur ma mère), Javier Camara (Parle avec elle, La Mauvaise éducation), Jose Maria Yazpik et Lola Duenas.

Le film verra des passagers d’un avion en perdition au dessus du Mexique, se raconter leurs vies amoureuses…

Sortie le 27 mars !

 

« The Place beyond the pines » de Derek Cianfrance avec Ryan Gosling, Bradley Cooper

Le réalisateur de « Blue valentine » est devenu chouchou des critiques côté presse indé Us. Il retrouve Ryan Gosling. Un cascadeur braque des banques pour subvenir aux besoins de sa femme et de son fils. Un ancien policier devenu politicien se lance alors sur ses traces.

Sortie le 20 mars 2013

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« Promised Land » de Gus Van Sant avec John Krasinski, Matt Damon, Frances McDormand

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Matt Damon devait réaliser son premier film, où il jouerait un VRP mais son emploi du temps ultra chargé l’oblige à passer la main et pas à n’importe qui puisque son ami Gus Van Sant reprend le flambeau. Et voir Van Sant se contenter d’un petit budget de 15 M$ est intéressant…quand on lui file trop de fric, il n’est pas forcément bon, le réal de « Elephant » et « my own private Idaho« .

John Krasinski et Matt Damon joueront deux hommes d’affaire concurrents dont l’un arrive dans une petite ville et après on ne sait pas. Ca s’est du pitch !

Frances McDormand complète le cast…Damon et Van Sant c’est une longue histoire, « will hunting« , qui fit connaitre Damon et Affleck puis « Gerry« …

Bon ce qui rassure moyen c’est que le film serait un conte à la Frank Capra…or je déteste la mièvrerie de Capra…et Gus Van Sant a ce gros défaut de tomber dans le consensuel dès qu’il touche à des sujets qui s’approchent de « belles histoires vraies » genre le très mauvais « A la recherche de Forester« , qu’on aurait préféré qu’il ne trouve pas ou le très agaçant « will hunting« …

Bof bof…

Sortie le 13 mars 2013

 

« L’Artiste et son modèle » de Fernando Trueba avec Jean Rochefort, Claudia Cardinale

Le réalisateur espagnol Fernando Trueba, vient de remporter le coquillage d’argent du festival de San Sebastien pour « L’artiste et son modèle » dans lequel Jean Rochefort interprète un sculpteur inspiré librement de Aristide Maillol. Claudia Cardinale y joue son épouse et Jean-Clude Carrière en est le co-scénariste.

Dans une France occupée par les nazis, le sculpteur cherche et trouve une nouvelle muse via une jeune républicaine qui vient de fuir la dictature franquiste.

Tourné en noir et blanc, le film est donc, je l’espère, aussi réussi que les critiques l’annoncent. Jean Rochefort fut un de mes acteurs préférés, sa classe et son timbre de voix son inimitables, vous pouvez lire ici toute l’admiration que j’ai pour lui. Hélas, depuis 15 ans, peu d’occasions lui furent données de briller, et aujourd’hui il se fait vieux, très vieux le jeannot, à 82 ans…un beau film pour conclure sa carrière serait vraiment plaisant…en espérant toujours qu’Edouard Baer lui fasse tourner sa comédie déjantée sur Ingrid Betancourt…

Le film sortira le 13 mars 2013…

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« No » de Pablo Larrain avec Gael Garcia Bernal

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Gael Garcia Bernal interprétera le premier rôle de « No », film sur le référendum de 1988 au Chili, qui assura la transition du pays vers la démocratie. Il s’agira d’une satire politique signée par Pablo Larrain, inconnu au bataillon. Gael Garcia Bernal y jouera un publicitaire ayant bossé sur la campagne du « non »au général Pinochet. Cette campagne avait mis l’accent sur l’avenir plutôt que sur le passé sanglant du dictateur et sur l’assassinat d’Allende par la junte.

Le film a fait le tour des festivals et a reçu un accueil excellent !

Sortie le 6 mars

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« Au bout du conte » de Agnès Jaoui avec Agnès Jaoui, Jean-Pierre Bacri, Agathe Bonitzer et Arthur Dupont

Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri sont restés assez discrets dans leur filmo depuis « Parlez-moi de la pluie« , film sympathique mais il est vrai loin de leurs précédents opus que ce soit en tant que réalisatrice pour Jaoui (le goût des autres, comme une image) ou les BaJac en tant qu’auteurs / acteurs (On connait la chanson, Un air de famille, Smoking, No Smoking, Cuisine et dépendance).

Avec « Au bout du conte« , ils reviendront devant la caméra et Agnès Jaoui derrière. On ne sait pas grand chose du script si ce n’est que «Cette histoire utilise les grandes figures du conte pour faire un portrait de groupe où chaque personnage cherche un sens à sa vie, de manière plus ou moins rationnelle»  selon le producteur, Alexandre Mallet-Guy…

Les deux acteurs donneront la réplique à deux jeunes espoirs, Agathe Bonitzer et Arthur Dupont

Sortie du nouvel opus Bacri / Jaoui le 6 mars 2013 !

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« Week-end Royal » de Roger Michell avec Bill Murray

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Juin 1939, le Président Franklin D. Roosevelt attend la visite du roi George VI et de son épouse Elizabeth, invités à passer le week-end dans sa propriété à la campagne. C’est la première visite d’un monarque britannique aux Etats-Unis.

Bill Murray en Roosevelt c’est pour le 27 février !

 

« Spring Breakers » de Harmony Korine avec James Franco

Harmony Korine, auteur indé de “Gummo” et “Mister lonely” s’attaquera avec “Spring Breakers” à l’histoire de quatre jeunes filles parties en vacances une semaine et qui décident de braquer un restaurant. Un dealer proxénète joué par James Franco, leur paie la caution en échange de leurs services. Sachant que Harmony Korine est aussi scénariste de “Kids” et “Ken park” de Larry Clark, on peut s’attendre à du glauque…  

Sortie le 27 février

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« Mobius » de Eric Rochant avec Jean Dujardin, Cécile De France, Tim Roth

Eric Rochant revient enfin au cinéma après son passage réussi par la case série Tv de prestige avec « Mafiosa« .

Pour les besoins de « Mobius« , il s’attaquera à la haute finance internationale, ce qui promet de la part du réal de « Un monde sans pitié » et « Vive la république« . Jean Dujardin sera un agent des renseignements épaulé par une trader ayant les traits de Cécile De France. Les deux surveilleront le patron d’une banque russe, susceptible de blanchir de l’argent. Et Tim Roth retrouvera ses rôles de grand salopard.

Le film sortira le 27 février sur vos écrans.

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« Passion » de Brian De Palma avec Noomi Rapace et  Rachel McAdams

A 70 ans, et après une décennie pas terrible, le maitre Brian De Palma revient avec le remake du dernier film de notre regretté Alain Corneau, à savoir « Crime d’Amour« . Étonnant compte tenu de la faiblesse de ce long métrage. Rachel McAdams  reprendra le rôle de Ludivine Sagnier et Noomi Rapace celui de Kristin Scott Thomas.

Ce qui rassure c’est la présence de Noomi Rapace, qui choisit très méticuleusement ses projets.

De Palma espère « combiner érotisme, suspense, mystère et meurtre en une expérience cinématographique unique et cohérente » et fait référence à l’un de ses bijoux, « Pulsions« . Croisons les doigts.

Sortie le 13 février

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« Zero dark thirty » de Kathryn Bigelow

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Kathryn Bigelow, oscarisée pour « Démineurs« ,  voulait tourner en 2010 un film sur la traque de Ben Laden par les services secrets américains…sauf que son projet avait été mis en production avant la mort de ce dernier en 2011 et avant même qu’on connaisse comment ceci se finirait. Hollywood a beau digérer très vite son histoire, là c’était carrément de l’anticipation. D’où la mise en stand bye du film puis sa remise en route rapide, les dollars ayant passé par les yeux des producteurs vitesse grand V !

Pour son « Zero dark thirty« , Bigelow a du réécrire son scénario, forcément, puisque à l’origine la traque du chef d’Al Qaïda se soldait par un échec.

Pour la petite histoire, certains membres du Congrés américain ont accusé les producteurs du film d’avoir utilisé des documents secrets défense qui seraient sortis grâce à des liens avec l’administration Obama. Les républicains ont réussi à déclencher une enquête du Pentagone sur le sujet. Les républicains ont accusé Kathryn Bigelow, connue pour ses positions démocrates, de vouloir sortir le film avant les élections de fin d’année 2012 pour servir à la réélection de Barack Obama.

Et c’est Megan Ellison, milliardaire cinéphile, qui produit. Ellison se porte de plus en plus en Robin des bois de projets casse gueule après avoir sauvé le film sur la scientologie de Paul Thomas Anderson, « the master« …intéressant tout ça…

Le film sort le 23 janvier en France !

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« Django unchained » de Quentin Tarantino, avec Jamie Fox, Christopher Waltz, Léonardo Di Caprio, Samuel L. Jackson

Quentin Tarantino fait monter la pression pour son son western qui sortira  le 16 janvier en France.

Tarantino s’attaque à nouveau à un cinéma de genre, le western spaghetti, avec un casting de stars masculines très classe, Christopher Waltz, Léonardo Di Caprio, Jamie Fox ou encore Samuel L. Jackson.

Léonardo DiCaprio sera le méchant de service, propriétaire d’une plantation qui exploite des esclaves dont l’un d’entre eux, Django, s’échappe. Ce dernier aura les traits de l’excellent et trop rare Jamie Foxx. Il tentera de libérer sa femme avec l’aide d’un mercenaire allemand joué par le nazi génial de « Inglorious Basterds », Chritoph Waltz.

C’est bien entendu l’un des films les plus attendus et les premières critiques sont très positives.

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 » Le Dernier rempart » de Kim Jee-Woon avec Arnold Schwarzenegger et Eduardo Noriega, Forest Whitaker

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Kim Jee Woon a marqué les esprits en 2011 avec « J’ai rencontré le diable », bijou de sadisme de noirceur. Le coréen passe enfin faire un tour à Hollywood comme tous ses homologues asiatiques le font un jour.

Et c’est Arnold Schwarzenegger, tout juste sorti de sa retraite avec Expendables 2, qui tient le rôle titre de ce film visiblement bourré d’action, comme le montre la première bande-annonce. « The last stand » suit un shérif qui vit à la frontière du Mexique et décide d’arrêter un chef de cartel tentant de fuir les Etats-Unis. Eduardo Noriega poursuit sa carrière hors de son Espagne natale, Forest Whitaker et Johnny Knoxville complètent le casting.

Le film sort le 23 janvier, espérons qu’il soit réussi. La BA fait très film d’action ricain basique, maintenant Kim Jee-Woon est ultra doué dans le genre et apporte une touche que l’on espère salvatrice et pour lui et pour Schwartzie et pour nous…

Bande-annonce :

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« A la merveille » de Terrence Malick avec Ben Affleck, Rachel McAdams, Racheil Weisz, Javier Bardem, Jessica Chastain

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Après la palme d’or pour « Tree of life » et malgré une sortie partagée des critiques, un bon bilan pour son film, Terrence Malick, qui tourne si peu, et a mis 20 ans entre son deuxième et son troisième film, est décidé à rattraper le temps ! Il tourne actuellement deux films coup sur coup avec Christian Bale, qu’il retrouve après « le nouveau monde » mais aussi avec l’acteur qui a explosé cette année, Ryan Gosling !

Mais avant cela, il avait mis en boite « the burial » avec Ben Affleck, de retour en grâce à Hollywood mais aussi l’immense Javier Bardem, qui complète de façon très classe sa filmo. Côté féminin, Rachel Weisz, Jessica Chastain et Rachel McAdams vont rivaliser de talent, les trois étant brillantes. L’histoire est celle d’un coureur de jupons …le film est semble t il dans la veine de Tree of life et a divisé le dernier festival de Venise !

Sortie le 6 mars 2013

 

« The grandmasters » de Won Kar-Wai avec Tony Leung et Zhang Ziyi

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Wong Kar Wai a terminé son « The grandmaster« , film sur l’un des maitres des arts martiaux, dont Bruce Lee fut le disciple. Réunissant les deux stars Tony Leung et Zhang Ziyi, il est attendu depuis deux ans et met comme d’habitude un temps fou à finaliser son film, initialement attendu à Cannes 2011 !

Date de sortie le 17 avril 2013 !

Voici la superbe première bande-annonce !

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« The master » de Paul Thomas Anderson avec Joaquin Phoenix et Philip Seymour Hoffman

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L’auteur de « Boogie nights » et « There will be blood » a eu un mal fou à monter son film sur la création d’une secte dans les années 50 aux Etats-Unis. Il faut dire que malgré les démentis, la scientologie semble visée à bien des aspects d’après les critiques ayant vu le film et connaissant les pratiques de la secte. Philip Seymour Hoffman incarne le gourou et Joaquin Phoenix son premier disciple. Les deux repartent avec la coupe Volpi du meilleur acteur, méritée pour ces deux monstres du septième art.

Et retour en grande forme du frère de River, après son faux abandon de carrière il y a trois ans. La presse est excellente même si certains reprochent à Anderson d’être un maniaque de la réalisation soignée, classique et sans reproches, trop précise et maligne pour vraiment surprendre. Moi perso, j’adhère à cet artiste donc wellcome !

Le film sortira le 9 janvier 2013 et sera le premier grand rendez-vous cinéphile de l’an prochain.

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« Stoker » de Park Chan-Wook avec Nicole Kidman, Mia Wasikowska, Matthew Goode, Jacki Weaver, Lucas Till, et Alden Ehrenreich

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L’un des évènements de l’année ciné ! L’un des projets les plus sympas du moment est le premier film en langue anglaise de Park Chan-Wook, auteur coréen culte de « Old boy », « sympathy for Mister Vengeance », « sympathy for Lady Vengeance » et « Thirst ».

Le casting réunit Nicole Kidman et Mia Wasikowska (« Alice au pays des Merveilles« ) qui joueront une mère et sa fille. Ces dernières reçoivent la visite d’un oncle, dans le quartier où elles viennent de s’installer.

Mais de nombreux voisins disparaissent. L’oncle mystérieux sera campé par Matthew Goode, qui s’est fait connaître dans « matchpoint », « Watchmen » en Ozymandias mais aussi dans « A single Man », excellent premier film du couturier Tom Ford.  Le casting compte de très beaux seconds rôles avec Jacki Weaver, la glaçante mère dans « Animal kingdom« , Lucas Till, vu en Havock dans « X-men first class » et Alden Ehrenreich, personnage principal du magnifique « Tetro » de Francis Ford Coppola.

Wentworth Miller, de la série Prison break, est le scénariste du film. Son scénario était considéré comme l’un des 10 meilleurs de 2010…

Le film sortira en France le 20 mars 2013. Ce sera l’un des grands rendez-vous de 2013…

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« Inside Llewyn Davis » de Joel et Ethan Coen avec Oscar Isaac, Carey Mulligan, Justin Timberlake et John Goodman

John Goodman, inoubliable dans « Barton Fink », « the big lebowski » ou « Arizona junior » retrouvera ses réalisateurs fétiches dans leur projet sur Dave Van Ronk, pygmalion de la scène folk new-yorkaise des années 60. Ce dernier lança notamment Bob Dylan.

Les rôles titres sont tenus par un acteur qui monte, Oscar Isaac et Carey Mulligan. La jeune actrice enchaine les bons projets après le brillant « Drive », et le prochain « shame » de Steve McQueen aux côtés de Michael Fassbender, qui sort le 7 décembre prochain, précédé d’une critique élogieuse.

Mais pour renouveler les têtes d’affiches habituelles, les Coen osent proposer Justin Timberlake dans un second rôle. La pop star négocie bien son virage cinématographique après « Alpha dog » et l’excellent « the social Network » de David Fincher.

« Inside Llewyn Davis » devient donc de plus en plus excitant, les Coen changeant à nouveau de style. J’avais trouvé leur hommage au western raté avec le surestimé « true grit », sorti en février 2011, film manquant cruellement d’originalité, ce qui est un comble pour les deux frangins. Espérons donc qu’avec un casting pareil, ils retrouvent le meilleur de leur inspiration.

Le film ayant été repoussé en décembre 2013, il est fort propable que les Coen retrouvent la Croisette en Mai !

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Ce qui vous attend au cinéma en 2013 – Partie 1 : Les blockbusters et comédies

1 janvier, 2013

Comme chaque année, le Blanc lapin s’est cassé la tête à retrouver les films qui sortiront en 2013 et qui présentent à mon avis un intérêt ou feront parler d’eux.

Exercice pas facile car même les revues spécialisées font des oublis de films très attendus…j’en ferai aussi, probablement et puis les festivals nous permettront d’être surpris et de voir poindre des films pas du tout attendus.

Alors cette année je vous le fais en deux parties :

Partie 1 : Les blockbusters et comédies

Partie 2 : « Les films d’auteurs et films indépendants »

Sachant que dans la Partie 2, il y a aussi de la science fiction car un Terry Gilliam, un Jim Jarmusch ou un Neil Jordan ont beau aborder un univers orwelien ou des vampires, leurs budgets et leurs galères pour produire en font tout de même des films indépendants…

Vous aurez droit à une bande-annonce quand cette dernière est déjà sur la toile.

Enfin, le blanc lapin vous fournira des tableaux de synthèse croisés dynamiques avec les attentes plus ou moins fortes du blanc lapin et un calendrier de sorties.

Bonne lecture et bonne année 2013 !

 

« Au bonheur des ogres » de Nicolas Bary

Inspiré des romans de Daniel Pennac, le film suit la « tribu » des Malaussène et plus particulièrement du fils ainé, Benjamin, auquel Raphael Personnaz prête ses traits. Le jeune acteur vu chez Tavernier dans « La princesse de Montpensier » et bientôt dans « Quai d’Orsay » du maitre également ou en Marius chez Daniel Auteuil, commence à tourner beaucoup et à faire son trou. Normal, il est brillant. Benjamin est donc chargé d’amadouer les clients mécontents d’un service de réclamations d’un grand magasin. Un jour une bombe explose et il devient immédiatement le coupable idéal. Avec également Bérénice BejoEmir Kusturica, Thierry Neuvic

Sortie le 10 avril 2013

Ce qui vous attend au cinéma en 2013 - Partie 1 : Les blockbusters et comédies dans Bandes-annonces au-bonheur-des-ogres

 

« Jack Ryan » de Kenneth Branagh

Kenneth Branagh a visiblement pris goût aux blockbusters et ne revient donc pas à Shakespeare, pour l’instant. Ayant refusé de donner suite à « Thor« , film Marvel plutôt réussi, Branagh s’intéresse donc au célèbre agent secret de Tom Clancy, interprété par Harrison Ford, Alec Baldwin ou Ben Affleck par le passé. Ici, coup de jeune puisque c’est Chris Pine qui endosse le rôle au moment où Jack Ryan quite les marines pour rejoindre la CIA. Kevin Costner endosse le second rôle et semble revenir au premier plan puisqu’on le verra dans Superman également…

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« Les Misérables » de Tom Hooper avec Hugh Jackman, Russell Crowe, Sacha Baron Cohen, Anne Hathaway, Hélèna Bonham Carter

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Voici l’adaptation de la célèbre comédie musicale londonienne adaptée elle même de Victor Hugo.

Hugh Jackman joue Jean Valjean, Russell Crowe joue Javert, Sacha Baron Cohen est Thénardier, Anne Hathaway est fantine, et c’est le réalisateur de « Le discours d’un roi » qui est à la manoeuvre. Bref, ça présente tous les ingrédients pour les oscars et pour me gonfler sévèrement…mais qui sait ? La comédie musicale de Londres est géniale …

Sortie le 13 février

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« Star Trek Into Darkness » de J.J. Abrams

Le second Star trek arrive après le carton plein du reboot de la franchise par JJ Abrams. Le premier m’avait sérieusement gonflé et avait reçu une critique de ouf pour un résultat pitoyable de consensualisme. Le film suivant d’Abrams, « Super 8« , figurait en bonne place dans mes pires films de l’année 2011. Celui ci provoque donc en moi à peu près rien, voilà.

Sortie le 12 juin 2013

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« After Earth » de M. Night Shyamalan avec Will Smith

M. Night Shyamalan est bien loin de ses cartons « Incassable » et « Sixième sens » car depuis « signes« , il aligne les échecs commerciaux, qui sont même de plus en plus violents en terme de fours.

Il faut dire que « le village » et « signes » montraient trop les ficelles répétitives de ses histoires et annonçaient le déclin et les limites de « la jeune fille de l’eau » et de « phénomènes« , avec le four ultime du « dernier maitre de l’air« , très grosse production (150 M$) pour adapter un bon dessin animé….mais qui s’est vautré (131 M$ aux Usa) avec un casting plutôt mauvais, au sein d’une histoire d’une niaiserie écœurante. Ron Howard ou Spielberg dans ses pires moments, peuvent aller se rhabiller.

Alors pour se refaire, Shyamalan cherche de la star, avec Will Smith et son fils…bof…et un film de SF se situant dans 1000 ans sur une planète abandonnée par l’homme où un gamin recherche son père suite au crash de leur vaisseau.

Aie aie aie, ça ne sent pas bon comme idée ça Monsieur Shyamalan…le cercle vicieux du manque d’inspiration ne risque pas de se rompre, surtout si c’est pour nous trouver des rebondissements aussi nazes que dans vos derniers films…M’enfin, avec Will Smith et son rejeton, ça aura peut être du succès, ce qui semble la priorité de Shyamalan si il veut survivre à Hollywood.

Sortie le 5 juin 2013

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 dans Films - critiques perso

 

« Gravity » de Alfonso Cuaron avec Georges Clooney et Sandra Bullock

clooney dans Films series - News de tournage

Le brillant réalisateur mexicain de « harry Potter et le prisonnier d’Askaban » ou du très beau film de SF « les fils de l’homme » revient avec un projet qui a failli ne pas se faire, suite à l’abandon successif de son actrice principale, Angelina Jolie puis Natalie Portman. C’est finalement Sandra Bullock qui partagera l’affiche avec Georges Clooney, qui choisit en général bien ses projets. Le film ne comportera que deux personnages, deux astronautes rescapés de leur station spatiale qui a explosé, et qui tentent de revenir sur terre. James Cameron aurait été très impressionné par la technologie développée sur le film, composé à 60% d’images générées par ordinateur. Cuaron tenait particulièrement à ce film dont le scénario est selon lui génial. Compte tenu de son passif, on peut être enthousiastes.

Le film devait sortir en 2012 mais a été repoussé compte tenu d’une post production bien plus lourde que prévue…les premiers échos de grands réalisateurs comme James Cameron ou Guillermo del Toro sont très encourageants !

 

« Mad Max Fury road » de George Miller avec Tom Hardy, Charlize Theron, Nicolas Hoult

Mad Max 4, c’est une belle Arlésienne. George Miller cherche à relancer la franchise « Mad max » depuis plus de dix ans avec Tom Hardy dans le rôle titre et de nouvelles aventures du héros.

Il ne s’agira pas de remake et Mel Gibson ne fera pas partie de l’aventure. Le film devait se tourner en 2011 mais fut ajourné pour des raisons d’intempéries avec un casting très classe réunissant l’excellent Nicolas Hoult (la série « skins« , »A single Man » de Tom Ford » ou « X men first class« ) ainsi que la sublime Charlize Theron (« Monster« , « the yards« , « Prometheus » de Ridley Scott).

Le tournage du film « Mad Max Fury Road » a eu lieu en Namibie entre juillet et décembre 2012 et sortir à l’été 2013 !

Charlize Theron confirme qu’il s’agira d’une trilogie mais que les deux suivants ne seront pas tournés dans l’immédiat, on attendra de voir si Mad Max attire toujours les foules…

Le budget semble confortable puisque supérieur à 100 M$ et le film est tourné en 3D mais avec une ancienne méthode.

Les deux premiers volets sont devenus un étalon du film post apocalyptique jamais surpassé depuis. Ce Mad Max Fury Road sera en revanche plus proche du second et troisième volet que du premier, moins SF.

Débuté en juillet, des retards de tournage ont provoqué une sorte de mise sous tutelle du vieux réalisateur par la production pour s’assurer que les retards ne s’accumulent pas trop…alors le film sortira t il comme prévu cet été ?

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« Absolutely Fabulous » de Jennifer Saunders avec Joanna Lumley et Jennifer Saunders

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Dix ans après l’affreuse adaptation de la série Absolutely Fabulous par Gabriel Aghion, homme régulier dans le niveau de ses mises en scène, un nouveau film verra le jour !

Et la bonne nouvelle, c’est que ce sont les actrices du film qui joueront leurs propres rôles à savoir Edina en directrice de relations publiques et Patsy, journaliste de mode, les deux ayant comme point commun de baiser tout ce qui bouge, de se fringuer très très cher et de picoler comme des dingues. C’est Jennifer Saunders, l’actrice qui joue Edina et la créatrice du show, qui se chargera de la réalisation et retrouvera sa copine, Joanna Lumley. Au moins grâce à Aghion, on ne s’attend qu’à mieux !

 

« Robocop » de José Padilha

Le projet de remake du film de Verhoeven traine depuis 5 à 6 ans et devait être mis en scène par l’un de mes choucous, Darren Aronofsky, qui vient d’atteindre des sommets avec « Black Swan » et va passer au blockbuster avec « Noé ».

Mais voilà, la MGM a failli déposer le bilan en 2010 et a bloqué James Bond 23 ainsi que « the Hobitt » avant de reprendre la production passée la crise. Il en fut de même pour Robocop mais sans Aronofsky.

Et la MGM mise sur un auteur,  le brésilien José Padilha, qui fit sensation il y a trois ans avec l’excellent « troupe d’élite« .

Padilha a évoqué l’enfer du tournage et des contraintes imposées par le studio, un calvaire pour lui. Nous verrons si le résultat s’en ressent !

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« 100 % cachemire » de Valérie Lemercier

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Après « Quadrille« , « Le derrière » et « Palais Royal » en 2005, Valérie Lemercier s’apprête à retourner derrière la caméra en tant que réalisatrice. « 100% cachemire » vient de débuter son tournage début juillet et réunit Gilles Lellouche, Marina Fois, Bruno Podalydès, et Chantal Ladesou. L’histoire suivra un couple de bobos parisiens très tendance, très « in », et riches, qui décident d’adopter un petit russe de 7 ans. Et l’adoption ne va pas franchement correspondre à ce qu’ils en attendaient…

Sortie le 11 décembre 2013

 

« Le Hobbit : la Désolation de Smaug » de Peter Jackson

Bon soyons francs, ça ne m’intéresse pas cette trilogie. Les Hobbits m’énervent…J’attend surtout la saison 3 de « Games of throne, Le trône de fer », là au moins les persos ont du vrai relief…

Sortie le 11 décembre

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« Thor : Le Monde des ténèbres » de Alan Taylor

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Suite du premier opus réussi, Kenneth Branagh ne rempile pas.

Sortie le 6 novembre

 

« La Stratégie Ender » de Gavin Hood avec Harrison Ford, Ben sley, Asa utterfield

Gros blockbuster à destination des ados de Twilight et Hunger Games.

Le pitch : Dans un futur proche, des extraterrestres hostiles, les Formics, ont attaqué la Terre. Sans l’héroïsme de Mazer Rackham, le commandant de la Flotte Internationale, le combat aurait été perdu. Depuis, le très respecté colonel Graff et les forces militaires terriennes entraînent les enfants les plus doués dès leur plus jeune âge, afin de découvrir dans leurs rangs celui qui pourra faire face à la prochaine attaque.

Sortie  le 6 novembre

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« Hunger Games – L’embrasement » de Francis Lawrence

Suite du carton de l’an dernier…

Sortie le 27 novembre

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« Les Âmes Vagabondes » de Andrew Niccol

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Autre adaptation de Stephenie Meyer,  Responsable de Twilight. Cà a l’air aussi naze que les vampires, aussi cruche et inintéressant.

Je vous ai mis la bande-annonce car elle vaut le détour !

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« Malavita » de Luc Besson avec Robert De Niro, Michelle Pfeiffer et Tommee Lee Jones

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Après avoir dirigé Michelle Yeoh en Aung San Suu Kyi dans « The Lady« , Luc Besson poursuit sa production- réalisation en tapant dans de la star internationale. Et pour le coup il frappe fort en embauchant Robert De Niro, Michelle Pfeiffer et Tommee Lee Jones. « Malavita » racontera l’histoire d’une famille mafieuse à la tête de laquelle De Niro endossera pour la 1000ème fois le rôle du pater. Pas très original me direz-vous…d’un autre côté je n’attend pas spécialement d’originalité du côté de Besson.

Ce qui peut rassurer c’est que pour une fois, Luc Besson, très mauvais scénariste, adapte un livre de Tonino Benacquista. Ce qui peut faire peur, c’est que l’œuvre de Benacquista n’a donné aucun film mémorable…La débandade de Claude Berry, Les Morsures de l’Aube d’Antoine de Caunes, l’Outremangeur avec Eric Cantona ou La boîte de noire de Richard Berry.

Besson m’énerve car il a produit des merdes en criant au snobisme des critiques et revendique des films « cools » et funs alors qu’il est bon metteur en scène. Mais il est nul pour écrire des histoires et des dialogues. Mais bon, l’espoir fait vivre…

Sortie le 23 octobre 2013

 

« L’Extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet » de Jean-Pierre Jeunet

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Jean-Pierre Jeunet tourne en Amérique son second film en anglais, « l’extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet« .

Si « Amélie Poulain » cartonna, les deux films suivants furent artistiquement moins inspirés, surtout « MicMacs à tires larigot« , sorte d’autocaricature involontaire.

Le roman de Reif Larsen ici adapté suit un enfant prodige de douze ans passionné de cartographie. Il décide de quitter son ranch du Montana pour traverser les Etats-Unis jusqu’à Washington où un prix prestigieux lui a été attribué par un musée.

Le film sera français à 100% dans sa production mais tourné en anglais et en 3D. Il a été tourné courant 2012 aux Etats-Unis et au Canada.

L’histoire sent hélas le film très grand public et familial. Jeunet y exercera encore son talent pour nous livrer un film ingénieux. Helena Bonham-Carter, Kathy Bates et Callum Keith Rennie se partagent l’affiche avec le toujours fidèle Dominique Pinon.

Sortie le 23 octobre

 

« Casse tête chinois » de Cédric Klapisch avec Romain Duris, Audrey Tautou, Cécile de France

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Cédric Klapisch retrouve une troisième fois sa bande d’acteur de « L’auberge Espagnole » et « Les poupées russes ».

Sortie le 16 octobre 2013

 

« Elysium » de Neill Blomkamp avec Matt Damon et Jodie Foster

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Matt Damon et Jodie Foster se partagent l’affiche du mystérieux projet de SF de Neil Blomkamp, réalisateur de « District9 ».

Cette superbe et intelligente actrice, qui s’était écartée volontairement des plateaux et avait fait de rares incursions au grand écran dans les années 2000, retrouve donc le chemin des tournages.

Concernant le projet, on sait juste que Blomkamp estime avoir une idée novatrice jamais utilisée dans le genre avec une situation se passant sur une autre planète où deux peuples s’affrontent.

c’est l’un des paris de l’année puisque Distric 9 était une bonne surprise.

Sortie le 14 août pour clôturer la saison des blockbusters !

 

« The Lone Ranger » de Gore Verbinski avec Johnny Depp

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Sortie le 7 août 2013

Depp semble alterner d’un Burton à un Disney en permanence puisqu’il retrouve la firme sur « Lone ranger« , adaptation d’une série tv également, comme Dark shadows. Il y sera un indien, Tonto, fidèle compagnon d’un texas ranger devenu redresseur de tords dans un ouest américain revisité. Armie Hammer jouera le cow boy après avoir été les jumeaux de « the social Network » puis le petit copain de Di Caprio, affreusement grimmé dans « J. Edgar » .

Depp retrouve Disney et Jerry Bruckheimer, producteur de la franchise « Pirate des Caraibes« et le réalisateur des trois premiers, Gore Verbinski. Ca fixe tout de suite le niveau. Autant dire que si ça cartonne, on n’est pas prêt d’arrêter d’en bouffer du Depp peinturluré !

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« R.I.P.D. » de Robert Schwentke Ryan Reynolds, Jeff Bridges

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Adaptation du comic book « R.I.P.D.« , nous retrouverons Ryan Reynolds en agent décédé aux côtés de Jeff Bridges pour un film lorgnant vers « Sos fantômes« .

Sortie le 31 juillet

 

« The Wolverine » de James Mangold avec Hugh Jackman

Après de gros retards de production liés à la recherche d’un bon réalisateur (Aronofsky s’étant engagé puis ayant quité le navire), il semble que le second film sur Wolverine soit sur la bonne voie. Prévu pour le 24 juillet, l’objectif clairement affiché de Hugh Jackman est de faire oublier le premier film, assez navrant. C’est James Mangold qui est à la barre et l’histoire se situera au Japon, d’après une histoire de Frank Miller, ce qui est gage de qualité.

Le film ne peut pas être pire que le premier…

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« Pacific Rim » de Guillermo del Toro

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Guillermo Del Toro a dû abandonner « les montagnes hallucinées« , faute de budget, après avoir passé la main à Peter Jackson sur « the hobbit« , prequel du « seigneur des anneaux« , le film ayant eu de gros soucis de production en 2010 du fait de la situation financière de la MGM. Deux films abandonnés, c’est lourd.

Mais le réalisateur mexicain a un autre projet sous la main qui sortira le 17 juillet. Il s’agira de « Pacific Rim« , un film d’invasion d’extra-terrestres venus du fond des océans. Ces derniers vont être combattus avec des putains de robots que même les Transformers passeront pour des jouets ! Euh…c’est une blague ? Qui a pondu ce pitch ?

Le scénario est minable mais on espère que l’entreprise donnera quelquechose…

Sortie le 17 juillet 2013

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« Monstres Academy » de Dan Scanlon

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Monstres Academy sortira seulement le 10 juillet 2013 et c’est le prequel très attendu de Monstres et cie, l’excellent film d’animation Pixar sorti en 2002.

C’est la première fois que Pixar s’adonne au  prequel plutôt qu’à une suite. On suivra ainsi Bob et Sulli durant leurs études à l’academy des Monstres.

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« World war Z » de Marc Forster avec Brad Pitt

Ce blockbuster a fait beaucoup parler de lui durant sa production puisque Marc Foster, le réalisateur, s’est vu mis sous tutelle et toute l’équipe a du retourner des scènes suite aux rushes qui ne plaisaient pas du tout au studio.

Le livre de Max Brooks adapté raconte une épidémie transformant la population mondiale en zombies et comment un employé des Etats-Unis tente de s’en sortir.

Le film sortira de 3 juillet 2013 et nous verrons si la prod a réussi à sauver « artistiquement » le film du naufrage. La Ba est super bien montée en tout cas !

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« Man of Steel » de Zack Snyder avec Henri Cavill

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Si l’adaptation du comic book cultissime « The watchmen » était très réussie, elle n’a pas rapporté grand chose au box-office…et ce n’est pas le très mauvais et indigeste « Sucker punch » qui a remonté la côte de Zack Snyder.

Heureusement pour lui, il a décroché la réalisation du nouveau Superman, « the man of steels« . On y trouvera Henri Cavill, le beau gosse découvert dans la série « the tudors » en nouveau superman. Espérons pour lui que ça marche car pour l’instant, les quelques films sortis avec lui ont fait des fours, dont « Immortels« .

Un premier reboot du film de 1978 de Richard Donner eut lieu en 2006 sous l’égide de Bryan Singer. Ce dernier avait très bien réussi à donner vie aux X-men sur grand écran et aurait mieux fait d’accepter le troisième X-men plutôt que de laisser un tâcheron comme Brett Ratner plomber la série avant que cette dernière renaisse avec « X-men first class« .

Ici pour le scénar et la prod, c’est un autre golden boy du film de super héros puisqu’il s’agit de Christopher Nolan, auteur de « Batman, begins« , « The dark knight » et « The dark knight rises« . Etant donné le succès critique et public de la trilogie du caped crusader, on peut espérer un reboot de haute volée pour l’homme aux collants les plus ridicules du septième art, avant Robin des bois.

Sortie le 19 juin 2013 !

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« Iron Man 3″ de Shane Black avec Robert Downey Junior

Pour info car je déteste…

Sortie le 1er mai

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« Oblivion » de Joseph Kosinski avec Tom Cruise

Après un passage à vide niveau box-office pendant 5 bonnes années, Tom Cruise a redressé la barre avec Mission impossible 4.

Alors que son « Jack reacher » sort ces jours ci, il reviendra deux fois en 2013 dans deux films de science-fiction,  « All you need is kill » de Doug Liman et « Oblivion » de Joseph Kosinski, réalisateur de « Tron, l’héritage« .

Ce dernier sortira le 13 avril prochain et voici la première bande-annonce, plutôt bien faite.

Le pitch est intriguant : un soldat est condamné par une cour martiale à vivre sur une planète désertée des hommes. Il patrouille et espère trouver une vie extraterrestre à détruire. Mais un voyageurdébarque et l’homme va constater que son exhil n’est pas aussi déterminé que celà.

Sortie le 10 avril 2013

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« Le Monde fantastique d’Oz » de Sam Raimi avec James Franco

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Sam Raimi nous dévoile sa seconde bande-annonce de son blockbuster « Le monde fantastique du Magicien d’Oz« .

Le prequel du Magicien d’Oz, produit par Disney, sortira le 3 avril 2013.

Le personnage principal est un charlatant travaillant dans un cirque ambulant qui se voit transporté en montgolfière jusqu’au pays d’Oz, 50 ans avant l’arrivée de Dorothy. Ce dernier va devenir le fameux magicien d’Oz.

Disney tient particulièrement à ce blockbuster.

C’est James Franco qui tiendra le rôle titre aux côtés de trois sorcières campées par Mila Kunis, Michelle Williams et Rachel Weisz. Raimi avait dirigé James Franco dans ses trois Spider Man puisqu’il y interprétait Harry Osborn, le meilleur ami-ennemi de Peter Parker (alias Spider Man). Si à l’époque, Franco n’était pas connu, ce dernier est devenu particulièrement bankable après « Harvey Milk » et « 127 hours » de Danny Boyle puis « la planète des singes : les origines« .

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« Cloud Atlas » de Andy Wachowski, Larry Wachowski, Tom Tykwer

Les frangins Wachowski, à l’origine de « Matrix » présenteront bientôt  « Cloud Atlas« , difficile adaptation du livre de David Mitchell. On y suit des personnages sur six histoires se déroulant à des époques différentes, dans le passé et dans un futur de SF. Les acteurs joueront plusieurs rôles, féminins ou masculins. Le thème est l’impact des agissements individuels sur ceux qui viendront après nous. C’est un gros projet puisqu’il intégrera un casting cinq étoiles. Hugh Grant, Tom Hanks, Halle Berry, Susan Sarandon, Hugo Weaving (Matrix) et Ben Whishaw (la Parfum) seront les divers protagonistes. Les acteurs devraient jouer plusieurs rôles, à la fois féminins et masculins.

Les frères Wachowski partagent la réalisation avec Tom Tykwer, réalisateur allemand du film « le parfum », tiré du roman de Patrick Süskind (avec le jeune Ben Whishaw).

Avec un budget de 150 millions de dollars, en hausse de 50% par rapport au budget annoncé, les frères Wachowski avaient intérêt à ne pas se planter et à ce jour, ils se sont plantés, tout du moins aux USA. D’autant plus que leur précédent film,  « Speed Racer » était un four historique ! Il est loin le temps de Néo et de la Matrice.

Les premières critiques provenues du festival de Toronto sont très partagées…Slashfilms apprécie l’ambition du projet. Variety et The Guardioan aiment plutôt la mise en scène et le jeu d’acteurs mais d’autres critiques comme the Hollywood Reporter reprochent justement un assemblage des multiples histoires pas si novateur que cela et un peu brouillon. The playlist semble s’ennuyer de la longueur du film et de la répétition des thèmes.

Sortie le 13 mars 2013

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« Jack le tueur de géants » de Brian Singer avec Nicholas Hoult et Ewan Mcgregor

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Brian Singer n’est pas revenu en tant que réalisateur sur la franchise X-men mais a été très impliqué dans le scénario et la production de « X-men first class« .

L’ex petit génie qui avait bluffé son monde avec son premier film, « Usual suspects« , a connu un sérieux revers avec l’échec de son Superman avant de rebondir avec « Valkyrie« .

Pour son prochain film, il adapte le célèbre conte « Jack et haricot magique » mais dans une version plus sombre et adulte. On attend de voir ce curieux résultat car, comme histoire de base, il y a difficilement plus con…et la vision de Singer est souvent tordue. Ian McShane et Ewan Mcgregor entourent Nicholas Hoult en rôle titre. Le jeune anglais issu de la série « Skins » poursuit son début de carrière sans fautes à Hollywood après le très bon « A single man » de Tom ford, le réussi « X-men first class » de Matthew Vaughn et avant d’aller tourner « Mad max furry road », quatrième volet de la franchise post apocalyptique de Georges Miller, aux côtés de Tom Hardy en Mad Max.

Sortie le 6 mars

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« Le grand méchant loup » de Nicolas et Bruno avec Kad Merad, Fred Testot et Benoit Poelvoorde

Nicolas et Bruno avaient réussi à moitié « la personne aux deux personnes » avec Alain Chabat. On y retrouvait l’humour de leurs « messages à caractère informatif » qui furent diffusés sur Canal. Avec « le Grand Méchant Loup« , ils réuniront Kad Merad, Fred Testot et Benoit Poelvoorde. Ces derniers seront trois frères confrontés au grand méchant loup après la chute de leur mère dans le coma.

On suppose que leur film sera basé sur un concept mêlant plus ou moins conte et non sens…en espérant que le résultat soit d’un niveau légèrement supérieur à leur premier film, quelques peu décevant même si il s’avérait marrant…

Sortie le 27 février

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« Die Hard : belle journée pour mourir » de John Moore

Après un quatrième volet râté, Bruce Willis reviendra dans un cinquième « Die Hard » en 2013, mis en scène par John Moore, pas forcément une référence puisqu’il est l’auteur du assez naze « Max paine« …en, attendant, on peut espérer que le film soit jouissif…

Sortie le 20 février

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« Seven Psychopaths » de  Martin McDonagh, réal de « bons baisers de Bruges », avec Colin Farrell, Sam Rockwell, Christopher Walken et Woody Harrelson

« Seven Psychopaths » de  Martin McDonagh marque le retour du réalisateur du très drôle et très réussi « Bons baisers de Bruges » . Pour l’occasion, le réalisateur britannique retrouve Colin Farrell. Le casting est ultra classe puisque  Sam Rockwell et Christopher Walken campent deux amis d’un scénariste en panne d’inspiration  (Colin Farrell), bras cassés devant l’éternel , qui enlèvent  le chien d’un gangster psychopathe (Woody Harrelson) pour demander une rançon.

Le film sort le 30 janvier !

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« Lincoln » de Steven Spielberg avec Daniel-Day Lewis, Joseph Gordon-Levitt, Tommy Lee Jones et James Spader

Le prochain de Steven Spielberg sera centré sur les quatre derniers mois du 16ème président des Etats-Unis, l’un des plus célèbres, « Lincoln« .

Dix ans de gestation, Harrison Ford puis Liam Neeson envisagés pour déboucher sur l’un des meilleurs acteurs au monde dans le rôle d’Abraham Lincoln, à savoir l’excellent Daniel-Day Lewis.

Joseph Gordon-Levitt, Tommy Lee Jones et James Spader viennent s’ajouter au casting ultra classe, Tommy Lee Jones étant un vétéran respecté de tous et Gordon-Levitt l’un des jeunes acteurs qui explose à Hollywood (vu dans Inception et dans The dark knight Rises).

Hélas, ça sent grave le sirop et un mauvais souvenir concernant deux précédents films qui traitaient l’un aussi de l’esclavagisme, son pire film, « Amistad« , un pensum poussif et balourd et l’autre,  « La couleur pourpre« , dont les personnages étaient des noirs travaillant dans une plantation de coton après l’abolition de l’esclavage. Whoopi Goldberg y était vraiment gonflante et Spielberg pataugeait dans un mélo cliché à souhait, je me souviens avoir failli arrêter avant la fin…ce qui est extrêmement rare chez moi.

Bref bref, regardez plutôt mais la bande-annonce très démonstrative fait très « regardez le grand acteur et le grand président, c’est l’oscar 2013 !« …et un peu aussi « comme le message il est beau et comme on peut être fier d’avoir aboli l’esclavage…« des portes ouvertes quoi…pas sûr que Spielberg remonte la pente de son terrible et ennuyeux « Tintin et le secret de la Licorne » ou de son Indy 4 raté…

Sortie le 30 janvier !

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Bonne année 2013 !

1 janvier, 2013

Bonne année 2013 !

Qu’elle soit pétillante et exaltante pour tous !

Niveau cinéma et musique, le programme devrait être varié et plus riche que l’an dernier.

Je vous poste dans la foulée la première partie des films attendus en 2013 ! Un travail de ouf…

Bonne année 2013 ! dans Dossiers louest-americain-1941-199x300

 

Les meilleurs films du Blanc lapin 2012 – Partie 2 – N°7 à N°1

23 décembre, 2012

Après la première partie (Les meilleurs films du Blanc lapin 2012 – Partie 1), suite et fin du classement subjectif des meilleurs films du Blanc Lapin vus en 2012 avec ma critique à chaque fois…

 

N°7 – « The dark Knight Rises » de Christopher Nolan

Les meilleurs films du Blanc lapin 2012 – Partie 2 – N°7 à N°1 dans Dossiers 2096848-the_dark_knight_rises

Quatre ans après avoir scotché la presse et remporté le troisième plus grand succès de tous les temps au box office, Christopher Nolan conclut sa trilogie autour de son Batman réaliste et adulte.

Certains ont été déçus, peut être parceque « The dark knight rises » n’est pas exactement dans la continuité de style que « The dark knight » mais plutôt dans un mixte de « Batman begins » et du second volet. Car ce qui frappe c’est évidemment la cohérence de l’ensemble des trois films, les renvois aux deux précédents et la logique implacable de la trilogie. Bruce Wayne / Batman se construit par rapport à la mort de ses parents et l’évolution de Gotham city. Et les méchants qui s’attaquent à la ville, l’agressent comme un individu et se construisent eux aussi en creux par rapport à Gotham. Dès lors il serait injuste de passer au second plan le super méchant de cette histoire, Bane, joué par l’excellent Tom Hardy, au prétexte que le joker d’Heath Ledger était parfait. Bane est lui aussi un terroriste mais pas pour les mêmes raisons. Il est intelligent et bien plus dangereux physiquement. Mais il ne souhaite pas jouer avec batman, contrairement au Joker. Ce dernier était le nemesis de Batman, il avait besoin de Batman, et besoin du chaos et de l’anarchie comme toile de fond permanente pour satisfaire sa folie. Bane au contraire est encore plus flippant car il veut tout détruire, tout raser et ne pas laisser Batman survivre. C’est un méchant ultra violent et qui fait peur lui aussi car il a un but clairement avoué d’entrée et fonctionne comme un rouleau compresseur. En ce sens, Christopher Nolan a tès bien sélectionné l’ennemi du caped crusader.

Catwoman est quant elle campée par une Anne Hathaway très éloignée de la sulfureuse Michelle Pfeiffer de Tim Burton. Tellement éloignée que la comparaison ne vient pas à l’esprit. Son rôle s’imbrique parfaitement dans le scénario et rejoint plutôt le personnage du comic book, très ambivalent et inclassable entre alliée ou ennemie.

La relation entre Bruce wayne et Alfred (excellent Michael Caine) prend quant à elle une tournure touchante, une relation tout en délicatesse à comparer à la brutalité du long métrage. Mais la surprise vient de l’un de mes chouchous, le jeune Joseph-Gordon Levitt, dont la présence est importante à l’écran. Il apporte l’espoir, la lumière dans un Gotham en perdition, menacé d’être ravagé par Bane. Il incarne l’intégrité et le courage de jeunes de Gotham qui ont toujours cru en Batman et ne se sont pas laissés bernés par le sacrifice de ce dernier et de Gordon à la fin de l’opus précédent. C’est là aussi un choix de personnage et de casting inspiré qui fait prendre tout son sens à la naissance d’une légende et de ce qu’est un super héros dans l’imaginaire collectif. Joseph Gordon-Levitt apporte toute sa nuance de jeu à ce personnage clé, sans qui cet épisode n’aurait peu être pas atteint un tel niveau.

Christopher Nolan exploite aussi l’actualité et s’inspire des dérives criantes du capitalisme pour donner un peu de morale à tout cela. Pas une morale donneuse de leçon mais une humanisation des convictions et motivations des terroristes. Ca ne les rend pas moins effrayants mais c’est moins binaire qu’à l’accoutumée.

Et puis pour terminer cette critique plus que positive de ce petit bijou, Nolan a eu l’intelligence de terminer sa trilogie sur un final comme j’en ai rarement vu, une fin véritablement à la hauteur des promesses. Il va être très difficile pour un autre réalisateur de passer derrière Nolan et de donner une autre vision tout aussi pertinente de Batman. Personnellement je ne pouvais pas attendre mieux, c’est pourquoi je mets 5 blancs lapins. Nolan ne s’est pas répété, il s’est renouvelé et a imbriqué les trois films ensemble, c’est classe, très très classe.

 

N°6 – « La chasse » de Thomas Vinterberg

 dans Films

14 ans après son chef d’oeuvre, « Festen« , et deux ans après son retour artistique réussi avec « Submarino« , Thomas Vinterberg confirme qu’il a retrouvé l’inspiration et le talent qui lui a manqué pendant les années 2000, écrasé par son ultra succès très jeune.

« La chasse » a divisé la presse tant à Cannes qu’aujourd’hui lors de sa sortie en salles. Seule le prix d’interprétation masculine à Cannes pour Mads Nikkelsen ne suscite pas de controverse, tant son jeu est parfait.

Pour ma part, je suis de ceux qui ont adoré ce nouvel opus, et ne comprends pas le rejet d’une partie de cette presse ou l’affirmaton que Vinterberg opte pour la facilité, la lourdeur du propos, caricatural, offrant un film maladroit et malhonnète….n’en jetez plus ! Le snobisme de certains critiques a encore frappé, comme si ces derniers étaient incapables de pardonner à Vinterberg de ne pas avoir eu la carrière qu’on lui prêtait.

Ici, il  choisit de réaliser une sorte de double négatif de « Festen » à bien des égards. Son film n’atteint pas le niveau de cet illustre prédecesseur mais il frappe fort et juste sur une thématique souvent abordée au cinéma. Ici il est question du rejet de la foule, de la société mais cette fois l’injustice qui touche le personnage s’ancre dans une période où les scandales pédophiles ont parsemé l’actualité de blessures très vives et d’inquiètudes bien normales de tout parent normalement constitué.

L’homme que l’on observe est donc accusé par une fillette d’attouchements sexuels et cette fillette n’est autre que la fille de son meilleur ami. Il n’ y a pas de preuve de l’affirmation de l’enfant mais juste la parole de cette dernière et l’impossibilité pour l’adulte de se défendre. Vinterberg va nous montrer comment sur un rien, un mensonge d’enfant, toute la vie de ce type va basculer suite à l’engrenage du doute.

Une fois qu’un adulte se fait sa propre opinion sans fait objectif pour la valider, tous vont se mettre à croire au monstre, qu’ils ont vus partout dans les médias et qui pourrait donc se tapir auprès d’eux, parmi eux. Le déterminisme de ce jeu de massacre, d’exclusion et d’autopersuasion dans la haine et le rejet est finement abordé. Par quelques évènements, l’adulte va mettre la parole de l’enfant au dessus de tout et va même jusqu’à ne pas croire ce dernier lorsqu’il fait marche arrière et avoue son mensonge. On pense évidemment à l’affaire d’Outreau mais pas pour les erreurs judiciaires puisqu’ici la justice fait très bien son travail. « La chasse » montre les conséquences inaltérables de la rumeur, de l’opprobre, l’impossibilité de laver ces accusations, qui resteront quoiqu’il advienne.

L’homme se trouve traqué et dans l’impossibilité de prouver l’improuvable, un cercle vicieux qui donne le tournis et fait froid dans le dos, car ceci peut arriver à n’importe qui.

Il y a certes des clichés dans « La chasse » mais ils ne m’ont en rien gêné, l’objectif n’est pas là. Le fait que le héros soit clairement innocent est au contraire un choix scénaristique intelligent pour démonter un mécanisme. Le choix peut ne pas plaire à certains, moi je le trouve cohérent et bienvenu. Le trouble n’aurait pas été le même dans cette option de scénario.

Contrairement à « Festen » et davantage dans la veine de « Submarino« , Vinterberg choisit la lumière et l’espoir via ces quelques personnes qui décident de croire en l’humain qu’ils connaissaient et le soutiennent jusqu’au bout. Le personnage du cousin et celui du fils de l’accusé amènent une bouffée d’espoir, dressant au passage une belle image de l’amour père-fils et du lien familial.  « La chasse » parle aussi de la confiance dans un ami d’enfance, qui ne peut se prouver par rien de concret, juste par une connaissance de l’autre, de son « moi intérieur », de son humanité. Le film parle aussi de pardon, de communauté, et regarde de l’avant avec une fin tout de même très maligne et dénuée du cynisme que les détracteurs lui prêtent. Nous n’avons probablement pas vu le même long métrage.

La chasse est un grand film, implacable, glaçant, traversé de très belles touches d’humanité, d’émotion, sans pathos et avec le recul et la froideur nécessaire à ce type de sujet.

Une des grandes réussites de cette année.

 

N°5 – « A dangerous method » de David Cronenberg

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Après deux chefs d’oeuvre, « A history of violence » et « Les promesses de l’ombre« , David Cronenberg revient avec un film plus âpre et moins facile d’accès.

Faisant preuve d’un Grand classicisme dans la réalisation, le maitre prend son temps pour installer ses personnages et les laisser se livrer à leurs échanges intellectuels, au demeurant passionnants.
La relation entre Carl Jung et Sigmund Freud est alors disséquée par échanges verbaux et lectures épistolaires sur leur approche respective de la psychanalyse.

Une confrontation du père au fils spirituel va dès lors avoir lieu sous nos yeux…il faut tuer le père pour prendre son envol, illustration !Jung s’éloigne des théories de Freud tout en respectant son impact et son apport, il souhaite aborder la parapsychologie, apporter une réponse au patient, lui indiquer le chemin qu’il devrait suivre pour être épanoui en fonction de ses attentes. Freud souhaite quant à lui se limiter à la définition des causes d’un trauma. Il ne veut pas se transformer en dieu qui indique au patient que faire. Il reproche d’ailleurs à Jung ses origines ariennes et fait une remarque surprenante à la disciple de Jung qui est juive comme lui.

Il estime que Jung étant arien, il faut se méfier de son approche « supérieure » et influencée par la haute opinion qu’un arien a de lui-même. Réflexion rapide mais d’autant plus significative que Jung, sur le même sujet, ne comprend pas pourquoi faire une distinction d’origines et de religions, et n’adhère absolument pas au racisme de ces temps troublés.

Un bel exemple de la richesse et de la profondeur du propos, à savoir les limites du chercheur et de sa raison, même pour les découvreurs de cette discipline. Limites qui trouvent racine dans les rapports de classe, les règles sociales qui font tenir une organisation humaine, règles morales ou idées préconçues qui préservent de l’anarchie. Qui évitent et classent certains sujets pour ne pas mettre en péril les fondements d’un système d’organisation politique humain.

Freud souhaite d’ailleurs exclure la religion de leurs réflexion pour ne pas polluer leurs recherches mais se trouve tout de même rattrapé par un a priori, issu de l’oppression millénaire juive et du climat antisémite d’avant guerre.
Le personnage de Vincent Cassel est excellent car il montre un psychiatre lui même en fin de psychanalyse et qui s’est libéré de tous les carcans sociaux et moraux pour retrouver sa liberté totale, sexuelle en premier lieu. Un véritable anarchiste, très différent d’un révolutionnaire…
Il est donc question de sexe, de désir et d’amour, de la définition de la limite entre le désir pur et davantage, de l’impossibilité même pour ces éminents chercheurs de se départir de leur passions, même sur la longue durée. Cronenberg réussit donc une oeuvre certes aride mais d’une telle exigence intellectuelle qu’elle force l’intérêt et captive. Viggo Mortensen est brillant mais Michael Fassbender lui vole la vedette. L’acteur est un caméléon et prouve après « shame« , « hunger« , « fish tank » et « x-men first class » qu’il peut tout jouer. Quel plaisir qu’un tel acteur rencontre ce succès et soit aussi pertinent dans ses choix. En 2012, nous le verrons dans « Prometheus« , prequel d’Alien de Ridley Scott et nous verrons Cronenberg dans un tout autre style avec Robert Pattinson, de Twilight, un sacré défi pour le jeune homme et un pari gonflé pour le maitre canadien. « A dangerous method » est en tout cas une belle réussite, mais moins évidente à premier abord que d’autres longs de Cronenberg…

 

 N°4 – « Holy motors » de Léos Carax

holy-motors-affiche-4fc3749015757 dans Les meilleurs films du Blanc Lapin

Léos Carax est l’auteur maudit par excellence, une image un peu agaçante parfois mais pourtant bien vraie. Alors que « Mauvais sang » l’avait propulsé comme un jeune prodige estimé de tous, « Les amants du pont neuf » avaient créé le scandale par le coût faramineux du long métrage et le four au box-office qui s’en suivit, faisant oublier au passage la qualité du film. Puis ce fut un long désert, un « Pola X » pas terrible, et pas grand chose en vingt ans.

Dès lors, que ce soit le réalisateur lui-même qui ouvre la première scène de « Holy Motors » et nous invite à entrer dans son imaginaire est chargé de sens et de promesses.

Seulement voilà, pour celles et ceux qui voudraient de la cohérence et du scénario linéaire, il faudra repasser une autre fois. Car très honnêtement, on ne comprend pas tout. Et c’est tant mieux. L’acteur fétiche de Carax, Denis Lavant, endosse avec brio un rôle protéiforme, celui de Monsieur Oscar, un homme payé pour jouer des rôles et entrer dans la peau de vrais personnages. Edith Scob joue la conductrice de l’énorme Cadillac dans laquelle il se change et se maquille. Elle l’emmène d’histoires en histoires. Il faut bien évidemment y voir une métaphore ou plusieurs mêmes, dont celle du métier d’acteur, qui n’aide pas franchement à avoir des racines mais se résume plutôt à devenir un passeur de vies.

Cette très belle idée est particulièrement bien rendue et donne lieu à des scènes relativement perchées. Le danger de ce genre de film, c’est ne pas adhérer et de s’emmerder ferme. Pour ma part, ceci m’a touché, pas au point de crier au génie comme l’on fait certaines critiques à Cannes. Mais j’avoue avoir été bluffé à plusieurs reprises. Le film n’est pas prétentieux, il est juste décousu, volontairement, sans ligne directrice, ce qui s’avère perturbant mais pas chiant. On se retrouve simplement frustré de ne pas tout saisir tout le temps. Voir Kylie Minogue chanter avec mélancolie son amour gâché en pleine Samaritaine en ruine a quelquechose de kitsch et de poétique.

L’autre force du film est son humour, chose surprenante mais oui, Léos Carax s’amuse avec son spectateur, avec qui, dès le départ, il assume le côté toc du film. Il regarde la salle et l’invite à passer de morceaux d’histoires en morceaux d’histoire, comme dans un envers du décor surréaliste où les vrais gens seraient pour certains des acteurs qui se croisent et vivent de multiples vies. Le film se métamorphose, Carax s’autocite que ce soit en explorant cette samaritaine si proche de son fameux Pont Neuf ou en faisant revenir le personnage de Piccoli de « Mauvais sang ». C’est sûr que pour les non cinéphiles, ceci vous laissera de marbre.

Et puis grâce à ce choix sans concession, Léos Carax arrive à tourner plusieurs films et non un seul, laissant libre court à son talent de mise en scène, à la forme plutôt qu’au fond, le fond étant un long murmure délirant…

C’est une manière d’autoparodier sa propre vie d’artiste, cinéastes incapable de faire un choix sur une histoire à raconter et voguant de projets avortés en projets avortés depuis 15 ans. On ne comprend pas toujours un poème et ce n’est pas bien grave au final, le tout est d’en ressortir ému, transpercé de diverses sensations, de bribes d’histoires et de visuels fantaisistes, un film détonant par la liberté qu’il s’offre.

Un objet filmique non identifié et unique. Merci Monsieur Carax d’être revenu passer nous faire un clin d’oeil. Vous serez toujours le bienvenu.

 

N°3 – « Moonrise Kingdom » de Wes Anderson

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Voici enfin « Moonrise Kingdom« , première incursion en compétition officielle à Cannes pour l’un des meilleurs réalisateurs quadras hollywoodiens.
Il y a peu de metteurs en scène dont on reconnait la pate au premier plan. Comme dans « La vie aquatique« , Wes Anderson commence son film par des travellings virtuoses de camera au travers du  décor de la maison familiale des protagonistes. En accentuant cet aspect carton pate et décorum de cinéma, il nous insère avec brio dans ce cocon familial clos, maison isolée elle même sur une ile et, au passage, nous livre un clin œil, une invitation à entrer dans son petit univers.

Les couleurs jaunies très sixties sont complétées par un montage, un séquençage des scènes très efficace et d’un niveau bluffant. On ne sait pas où on va mais on y va en rythme ! Certains critiques reprochent à Wes Anderson de ne pas se renouveler, de toujours raconter une histoire de famille sur un ton situé entre nostalgie, absurde et déconnexion lunaire. Mais contrairement à un Tim Burton qui ne fait que « copier coller » sans âme ses marques visuelles, Anderson construit bien une autre histoire, différente des précédentes. La thématique est toujours familiale, une famille qu’on ne choisit pas, une adolescence qui laisse des traces, mais c’est le cas de la plupart des réalisateurs que de retourner à des sujets fétiches.

Ce qui interpelle dans ce nouvel opus, au-delà du jeu de cette brochette d’acteurs (Bruce Willis, Frances McDormand, Edward Norton, Bill Murray), c’est ce souci du détail dans chaque plan, cette délicatesse dans l’expression des  états d’âme de chaque personnage, tout en survolant l’ensemble avec un second degré permanent. Une légèreté qui prend racine dans une dérision assumée, qui pourtant traite de sujets bien en relief. L’image, la colorimétrie sont là pour accentuer cet espace isolé où cohabitent des protagonistes tous un peu perchés. Mais ces thématiques  n’en demeurent pas moins universelles et il serait dommage d’en zapper la profondeur.

« Moonrise kingdom » c’est un peu l’aventure et l’imaginaire de l’enfance qui rencontre la frontière de l’âge adulte.

Ces adultes sont tristes, dépressifs et n’ont plus de projets, plus d’entrain, ils restent coincés dans leur vie de famille comme Bill Murray et Frances MacDormand, couple qui ne se s’aime plus mais reste ensemble par commodité, pour les enfants.
Le burlesque des situations provoque des rires mais jamais des éclats car la tendresse qu’a Wes Anderson pour ses personnages est incroyablement communicative. Elle vous donne la patate car on se reconnaitra tous dans les errements de ces gamins qui cherchent à échapper à cette destinée peu reluisante et figée du monde des adultes.
Les enfants cherchent à être des grands et les adultes à jouer aux scouts ou aux amoureux adolescents plutôt que de prendre des décisions concrètes et engageantes. Un film sur le pouvoir de la naïveté. Les enfants veulent être libres et adultes le plus vite possible alors que les adultes cherchent à retourner dans cette période si particulière. Un chassé croisé drôle et rocambolesque.
Anderson est timide et cache ses messages derrière son drôle de style qui n’appartient qu’à lui mais qui en fait décidément un des très grands auteurs mondiaux d’aujourd’hui.

 

N°2- « Bullhead » de Michael R. Roskam

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Les belges sont décidément un peuple surprenant. Non contents de nous apporter régulièrement des artistes majeurs, du cinéma des frères Dardenne à Benoit Poelvoorde en passant Bouli Lanners, c’est cette fois-ci à un cinéaste flamand de faire une entrée fracassante avec « Bullhead« .

Ici point de comédie ni de chronique sociale, plutôt un exercice de style avec une approche cinéma de genre particulièrement inspirée, entre western et polar.

En nous plongeant dans le milieu des éleveurs de viande bovine mêlés au trafic d’hormones, Michael R. Roskam brasse les styles. Entre film de mafieux et chronique d’une enfance détruite , le réalisateur va suivre un jeune homme brutal, proche des animaux qu’il élève et abat. Tellement proche qu’il prend des stéroïdes et de la testostérone comme il injecte des produits chimiques à ses animaux.

Matthias Schoenaerts trouve ici un rôle difficile car quasi muet. Et ce dernier va exploser à n’en pas douter. Jacques Audiard vient d’ailleurs de le faire tourner dans son prochain film, « un goût de rouille et d’os » aux côtés de Marion Cotillard. L’année 2012 devrait donc faire connaitre cet acteur au grand public.

Mais c’est surtout un homme seul que l’on suit, un homme coupé du monde par son milieu rural, par l’aspect clanique de sa famille, par la chape mafieuse des hommes avec qui sa famille travaille, par l’infirmité qu’il essaie de combattre en devenant un sur-homme, en cherchant à réparer sa masculinité par l’ apparence de son corps. On se prend bien entendu d’empathie pour cette bête blessée et maladroite, cet homme rustre qui n’a d’humain que ses souvenirs mais dont le trauma originel explique tout le reste. Au-delà de cela, son amitié d’enfant coupée en plein vol avec un garçon qui reparait dans sa vie à l’âge adulte, rajoute une dimension supplémentaire à cette tragédie. Les parallèles entre passé et présent permettent alors au film de décoller vers des niveaux de dramaturgie très très hauts perchés.

Que dire aussi de la mise en scène ? Michael R. Roskam montre dès le départ son parti pris, en filmant la première scène par une caméra frolant la portière d’une voiture qui s’arrête et ne s’attardant pas sur le personnage principal mais sur l’homme avec qui il vient régler des comptes. Une façon d’introduire de nombreuses scènes. Il plante d’abord le décors et les protagonistes extérieurs pour mieux faire ressortir l’immixtion brute et violente du personnage dans un univers où il est forcément perçu avec crainte et interrogation, même par ses proches. L’image est léchée, le montage incisif, la lumière crépusculaire.

La vie peut faire d’un être un monstre et c’est toute la force du film que d’entrer dans cette origine du mal et d’en revenir bluffés par la qualité du récit, sans un gramme de graisse en trop, que de la chair brute et efficace, rien de plus. Un film saisissant sur le déterminisme social, un film noir comme rarement on a l’occasion d’en découvrir et une réussite évidente.

Après ce premier film très référencé, Michael R. Roskam va être très attendu pour la suite de sa carrière.

 

N°1 – « Amour » de Michael Haneke

 

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Voici une palme d’or évidente pour l’autrichien Mickael Haneke, trois ans après sa première palme pour un « Ruban blanc » un peu austère et auteuriste par rapport au reste de sa carrière.

L’homme a toujours eu un regard clinique, notamment sur la violence, d’où ces coups de poings comme « Funny games » ou « La pianiste« .

Mais cette fois-ci, il choisit un thème assez rare au cinéma et abordé de façon différente, que ce soit par exemple chez Julien Duvivier dans « La fin du jour » ou Ingmar Bergman dans « Les fraises sauvages« . Il nous parle de la fin de vie, de la vieillesse et de la mort, mais pas pour la confronter aux regrets, aux souvenirs ou à la jeunesse comme dans les deux chefs d’œuvre précités. Non, Haneke choisit de nous parler d’Amour, de l’amour d’un couple qui a vécu 60 ans ensemble, et de ce qui se passe quand la vieillesse s’empare d’une telle union, d’une telle proximité, d’une telle intimité. Il nous parle de ce qu’il reste d’un couple qui a traversé tant d’épreuves et se trouve au crépuscule de sa vie. Et contrairement à ce qu’on pouvait attendre de l’autrichien froid et distant, « Amour » porte très bien son nom et nous parle de cette tendresse profonde et de ce lien qui fait que ces deux personnes octogénaires ne peuvent vivre l’une sans l’autre comme mourir l’une sans l’autre.

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C’est un film beau et sublime car dépourvu de pathos, de sentimentalisme et bénéficiant du regard sensible d’un réalisateur connu pour son recul et du jeu tout en nuances et en retenue de deux immenses acteurs, Emmanuelle Riva et Jean-Louis Trintignant. Les deux auraient mérité le prix d’interprétation à Cannes mais le règlement du festival interdit au jury d’attribuer ces prix si la palme revient au film. Et pourtant, le film n’existerait pas tel quel sans eux. D’ailleurs Haneke a écrit le film pour Trintignant et a réussit un exploit, celui de faire sortir de sa retraite de 15 ans l’un des plus grands acteurs français, d’abord lassé de jouer autrement qu’au théâtre puis pour les raisons qu’on connait et la disparition de sa fille Marie.

Trintignant est majestueux, sa voix énonce avec clarté son texte avec le ton si particulier qu’on lui connait, face à une Emmanuelle Riva tout aussi classieuse et dont le rôle et loin d’être évident. Les deux acteurs arrivent à faire passer autant la dureté de ces deux êtres qui se connaissent par cœur et ont tout vécu ensemble que la tendresse dans des regards, des petits gestes qui lors de certaines scènes m’ont véritablement ému aux larmes.

Ils sont beaux tous les deux à l’écran et donnent à ce couple et cette marche vers la mort une dimension tragique, fataliste mais finalement pas si morbide que cela. « Amour » est un film parfois dur à regarder car il nous confronte à ce qui nous attend tous, au fait que nous sommes seuls face à la mort quoiqu’il arrive, quelque soit votre entourage. Le film rappelle et pose cette évidence dans une société où le jeunisme n’a jamais été aussi fort et la volonté d’être immortel jamais été autant bercée d’illusion par notre société marchande de rêve.  La sobriété et l’unité de lieu du récit, la froideur et la retenue de leur fille  interprétée par Isabelle Huppert, l’absence d’enfants et quasiment d’intervention extérieure, permettent justement d’isoler le couple dans un espace où le temps est suspendu. On imagine très bien tout ce qui a pu se passer dans leur appartement parisien, tous les livres qu’ils ont lu l’un à coté de l’autre, les moments où elle a joué du piano pour lui, les silences qu’ils ont su apprécier à deux. Les mots se font d’ailleurs économes à cet âge là car ils n’ont plus besoin d’exprimer le lien qui les unit, il se voit en les regardant se tenir la main et moduler le ton de leur voix pour parler plus doucement.

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La générosité d »Amour » est de nous livrer une belle leçon de vie, sur un sujet qu’on évite en général car on préfère ne pas le regarder en face. Un film pudique mais direct sur la fin de vie et le courage qu’il faut pour l’affronter dignement. Haneke a longtemps montré la cruauté de l’être humain dans toute sa profondeur et livre aujourd’hui une belle croyance dans ces mêmes individus et dans l’amour, qu’on définit si mal en général. Il démontre que la vie vaut d’être vécue ne serait-ce que pour ce type de lien, car même lorsque le corps vous lâche et qu’il se détruit, il peut rester cette tendresse jusqu’au bout. Haneke nous parle de ces vieillards qui s’en vont et en ont parfaitement conscience, qui ne veulent pas quitter la scène, qui ont toujours soif de culture, de savoir mais n’ont pas le choix et l’acceptent. Haneke aurait pu se contenter de filmer la déchéance mais il arrive à capter l’empathie, à filmer avec épure la fin d’une très belle aventure avec tout ce qu’elle projette de peur sur nous mais aussi de vérité.

C’est toujours un peu idiot de parler de chef d’œuvre mais pourtant, il y a des films qui sonnent tel quel dès leur première vision. Savoir que Jean-Louis Trintignant termine cette carrière sur cette brillante prestation est en soit un très bel adieu. Cette palme d’or était une évidence, oui.

 

Voilà, c’est finis pour les bilans 2012, place à 2013…vous retrouverez ici même d’ici peu ma sélection des 75 films que j’attend en 2013 avec crainte ou enthousiasme…

Les meilleurs films du Blanc lapin 2012 – Partie 1 – N°15 à N°8

16 décembre, 2012

Pour la quatrième fois, voici le classement des films préférés du Blanc Lapin vus en 2012.

C’est subjectif mais comme je le dis souvent, rares sont les grands films à côté desquels je passe tant je prend les tournages en amont, je veille aux accueils critiques et je regarde tout au bout d’un moment en Dvd ou autre.

Mais c’est vrai que par exemple l’an dernier, je suis passé à côté de « Blackthorn« , magnifique western sur Butch Cassidy, qui aurait figuré dans les premières places probablement.

Bien, je vous ai remis ma critique à chaque fois, parceque c’est pas tout çà mais c’est du boulot d’écrire ! Alors pour celles et ceux que ça intéresse…

Première partie donc, N°15 à N°8 !

 

N°15 – Ex Aequo – Chronicle de « Josh Trank

Les meilleurs films du Blanc lapin 2012 - Partie 1 - N°15 à N°8 dans Dossiers Chronicle_BENL_FA

« Chronicle » est LA surprise SF de ce début d’année puisqu’on ne l’attendait pas plus que cela. Enfin si, le buzz internet et l’excellente bande-annonce laissaient espérer une rencontre entre Cloverfield et le film de supers héros ados sympathique. Mais le nombre de déchets est tel dans le style que je reste toujours sur mes gardes.

Et bien le succès public (le film cartonne dans le monde) et critique est amplement mérité. En effet, le film de Josh Trank emprunte certes l’idée de Cloverfield appliquée au film de monstres ou de « Blair Witch »ou « paranormal activity » aux films d’horreur.

En ceci, rien d’original…sauf qu’une astuce assez maligne permet de rester dans le concept tout au long du film. Le réalisateur prend également soin de traiter les évènements extraordinaire au même niveau que les autres, ce que l’effet caméra à l’épaule du personnage principal souligne tout au long de l’histoire. Mais au delà du film concept, Chronicle reprend la thématique, chère aux supers-héros, de l’être incompris, pour la traiter de façon un peu différente. A la différence d’un Spiderman, nos trois « héros » ont certes des problèmes classiques liés à l’adolescence mais non seulement ils ne les vivent pas de la même manière mais en plus ils ne réagissent pas comme d’habitude, en cherchant à sauver le monde.

Non, ce sont des ados d’aujourd’hui, qui cherchent avant tout à plaire aux filles, à s’éclater, à porter de belles fringues et qui ne sont pas du tout adultes dans leur rapport au monde. Ils aiment une certaine futilité, un consumérisme assumé et faire la teuf. Mais leur conscience sociale est toute relative. Dès lors, pourquoi utiliser des pouvoirs pour aider les autres ? Bref, les trois branleurs que nous voyons ici se la jouent perso et c’est tout naturel chère Madame ! C’est con mais ceci donne un côté moins consensuel et gentillet. Et ça fait du bien. Alors on passe par certains clichés de l’ado rejeté de famille modeste, du mec sympa à qui tout réussit et qui est issu d’une famille bourgeoise, mais bon, ceci permet de construire une dramaturgie là où souvent dans le genre, elle se trouve expédiée en dix minutes.

Autres forces du récit, l’idée de la transmission de leurs supers pouvoirs et de leur découverte respective. C’est aussi jouissif que dans la série « Heroes » car nombreux sont ceux qui ont rêvé de posséder des pouvoirs à la Magneto et de voir comment ça fait et à quoi ça sert. Mais à la différence de la série pré-citée, on ne se perd ni dans les personnages ni dans une exposition trop longue de cette phase « découverte« . Bien entendu, la fin est classique et quelques peu décevante devant la fraicheur du début. L’essentiel est que Chronicle soit un bon divertissement, original dans son genre.

Enfin, comme tout bon film de SF, il faut un méchant pour qui on éprouve de l’empathie, qui ait des raisons et une histoire pour finir par être le bad guy. Et Dan Dehaan assure parfaitement le job. On reverra l’animal, très probablement.

Les effets spéciaux sont aussi une belle réussite. Ils restent utilisés à bon escient et de manière innovante, afin de rester des plus crédibles dans un quotidien très naturel.

Vous l’aurez compris, allez y ! C’est un film bien sympathique, efficace et plutôt malin.

 

N°15 – Ex Aequo – « Skyfall » de Sam Mendes

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La force des James Bond avec Daniel Craig c’est Daniel Craig lui même. Un type à la gueule bien virile, ultra classe et brut de décoffrage. C’est aussi le choix de coller à la réalité, de minimiser les cascades too much qui ont parfois fait virer certains films de la saga à la parodie, faisant perdre une certaine crédibilité et certains « effets boum boum » devenant lassants.
Mais c’est l’orientation du personnage qui fonctionne très bien. Le fait de vouloir briser l’image cliché de 007 et de dévoiler une face plus sombre que fun permet de rendre ce type attachant à défaut d’amusant. Ici, peu de place aux James Bond girls mais plus à l introspection du héros, façon « Batman begins« . Le rapport de Bond à son métier, à M, est au centre de l’intrigue. Judi Dench devient  le rôle secondaire au détriment salvateur des James Bond girls dont la présence reste homéopathique mais suffisante pour que le clin d’œil à la série soit présent. Depuis « Casino royale », il n’existe plus de romans de Ian Fleming à adapter. Et pour le coup, peut être que cette situation scénaristique permet d’offrir une nouvelle jeunesse au personnage.

Niveau casting, trois bons choix permettent au film d’avoir une personnalité différente des autres opus. Tout d’abord recruter Ralph Fiennes en supérieur de M était malin.
Quant à Ben Whishaw, découvert dans « Le parfum« , il interprète un nouveau Q, après une absence du personnage de plusieurs films, et il le fait avec beaucoup d’humour et de fraicheur. Le même second degré qui marque plusieurs scènes du film de références ciblées aux James Bond des années 70.
Et puis Pour réussir un bon film d’action ou de Sf, il faut un bon méchant, charismatique, humain, qui a de bonnes raisons et un passif pour expliquer sa hargne. Et en ce sens, choisir Javier Bardem, un des meilleurs acteurs au monde, est une idée géniale. On pense aux plus grands ennemis de Bond, ceux de Moonraker , le Docteur No ou encore Goldfinger. Il est impossible de ne pas tomber sous le charme de ce personnage déterminé, classieux et à fond dans sa propre mise en scène théâtrale. Bref, Bardem tente une nouvelle expérience capillaire après le « No country for old men » des frères Coen et livre un méchant mémorable, un point très fort du film.
Mais les acteurs ne font pas tout à cette réussite. Sur un scenario épuré et sans la surenchère qu’on a pu reprocher à certains films par le passé, Sam Mendes s’avère l’élément clé de la réussite de ce 23ème James Bond. C’est la première fois qu’un réalisateur de renom se colle à la franchise. Et après une filmographie variée et de très haute tenue, après même un bijou que sont « Les noces rebelles« , Sam Mendes arrive à s’emparer du mythe et l’amener vers une direction plus axée sur 007 lui même et ses questionnements, sans priver le tout de scènes d’action efficaces et directes. Il est donc possible que d’autres grands réalisateurs soient choisis par la production pour le futur. En tout cas, Skyfall m’a emballé, surpris par sa direction et sa façon de rendre hommage aux 50 ans du héros sans tomber dans la caricature. Un des meilleurs bond, assurément.

 

N°14- « De rouille et d’Os » de Jacques Audiard

 

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« De rouille et d’os » est le sixième long métrage de Jacques Audiard, attendu par nombre de cinéphiles tant sa filmographie impose le respect. De « Regardes les hommes tomber » à « Un prophète« , où il faillit remporter la palme d’or il y a trois ans, Audiard a toujours su créer l’évènement, par ses thèmes, sa direction d’acteur, son sens de la fluidité du récit, entre cinéma social et polar. Tout se déroule avec une telle mécanique dans un film d’Audiard, une telle maitrise de la technique et du rythme, que l’on se trouve bluffé à chaque fois.

Marion Cotillard interprète une jeune femme victime d’amputation des deux jambes, qui va s’accrocher à une brute, un homme dur sur qui les sentiments, les responsabilités et les questionnements existentiels n’ont aucune prise, ou si peu. Et pour interpréter ce bulldozer, Audiard a choisi Matthias Schoenaerts, acteur belge qui a explosé dans le récent et excellent « Bullhead« . C’est vrai que cette rencontre improbable a quelque chose de cinégénique. Deux êtres brisés vont apprendre à s’apprivoiser l’un l’autre, à reconstruire leur vie qui vient de s’effondrer. Attention, scénario casse gueule ! Même si c’est un grand classique du cinéma, même si l’histoire surprend moins que dans les précédents opus, Audiard réussit à maintenir une tension parsemée de petits moments de grâce, à l’image du visage de Marion Cotillard, blafard, qui renait peu à peu au contact du soleil et de cet homme montagne, qui ne la prend pas en pitié et la traite comme toute autre femme.

Que ce soit dans les scènes de combats de boxe ou celles de petits boulots pas très reluisants du personnage masculin, Audiard filme cette violence avec un esthétisme juste bien dosé. C’est que cette brute est délicate parfois et que cette écorchée mutilée fut une femme dure avant…exercice difficile que de le rendre à l’écran sans tomber dans des messages pompiers.

Lorsque l’on croise quelqu’un d’amputé, on évite de regarder trop directement, gêné de donner un tel regard à la personne…ici les membres coupés sont présents tout au long du film et bien exposés. Ils y sont montrés crument pour qu’ils finissent par être acceptés par le spectateur. Ce n’est plus une handicapée mais une survivante qui reprend gout à la vie. C’est bien la première fois qu’Audiard distille autant d’optimisme dans une histoire solaire, là où il nous avait habitués à du noir bien profond. Surprenant aussi de voir contée une histoire d’amour par cet artiste si pudique à son habitude. Audiard réussit haut la main cet exercice en évitant les clichés et en conservant l’âpreté de ses histoires tout en faisant avancer l’émotion par à-coups, par des événements forts. Le jeu de Cotillard et Schoenaerts y est pour beaucoup bien sur, comme toujours chez Audiard, l’acteur est dirigé avec grande classe et minutie.

« De rouille et d’os » est un très beau film, peut être pas mon préféré d’Audiard, mais à n’en pas douter l’un des grands films de l’année.

 

N°13- « Cosmopolis » de David Cronenberg

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David Cronenberg est au top depuis 10 ans après ses excellents « History of violence« , « Les promesses de l’ombre » et son passé inaperçu « A gangerous method« , pourtant brillant (voir classement 2012, N°7 à N°1).

Pour son nouveau film, il choisit d’adapter le roman de Don Delillo publié en 2003 avec pour star Robert Pattinson, acteur à midinettes des films Twilight, dans lesquels son personnage de vampire était totalement inexpressif au milieu de scénari proches du vide absolu.

Premier constat à la vision du film, le pari de Cronenberg et le choix qu’a fait Pattinson leur a été bénéfique mutuellement. Ils vont d’ailleurs retourner ensemble très bientôt. Pattinson est parfait dans le rôle de ce jeune milliardaire dont la vie va s’effondrer en une journée. Il est froid, blafard et juste dans le ton. Rien à redire, sa carrière est lancée chez les cinéastes qui comptent.

Cosmopolis est un film qui a surpris pas mal de critiques, tout simplement parcequ’on s’attendait à du sexe, de la violence et du Cronenberg des années 90. Or c’est plutôt le Cronenberg de Vidéodrome teinté de celui de « A dangerous method » qui nous revient. Son film est incroyablement bavard, comme sur son précèdent sur Carl Jung et Sigmund Freud. Dès lors, le spectateur se doit d’être attentif et concentré tout au long du film. Et certains discours n’ont pas forcément de sens ni de cohérence d’une scène à l’autre. Le film déroute aussi par sa quasi unité de lieu puisque ce milliardaire se rend chez son coiffeur dans sa limousine et reçoit un à un ses collaborateurs, ses maitresses, sa femme, avec qui il disserte du monde capitaliste dans lequel il vit, de sa vision du sexe, du pouvoir, de l’argent… En l’absence de lien fort entre chaque binôme et en présence d’un flot de paroles ininterrompu, sans tellement d’action, le spectateur risque de se retrouver exclu de la limousine. Ce côté abscons du long métrage, qui demande un effort qu’on fournit rarement au cinéma, laissera la moitié du public sur le bord.

Et pourtant, même si je n’ai pas tout compris, j’ai beaucoup apprécié Cosmopolis.

Après tout, qui peut se targuer, sans snobisme, de tout saisir d’un bon David Lynch ?

Mais surtout, l’important ici n’est pas tant le fond du discours, qu’on comprend assez vite, mais plutôt l’atmosphère qu’il créé. La vie de ces êtres supérieurement intelligents est morbide. Tout y est calculé au millimètre près, tout est logique, afin de ne rien laisser aux hasards de la vie. Gagner de l’argent est un jeu mais qui finit même par les lasser, par ne plus les rendre heureux, alors même qu’ils ont quitté depuis longtemps tout sens commun. A trop analyser le monde et les rapports humains comme des animaux au sang froid, pour réaliser du profit, ils ont finit par devenir des excroissances qui n’ont plus goût à rien, plus de projection possible à part une fuite en avant vers un ultra libéralisme sans bornes, sans normes, sans but que de croitre pour croitre. Allégorie pas très complexe à saisir de notre monde actuel mais message efficace.

Ce bouhaha de théories nihilistes dépeint quelques privilégiés qui évoluent lentement vers leur chute, les révoltés casseurs de ce système ultra libéral sont vus de manière peu réaliste à travers les vitres de cette limousine, de ce long corbillard qui amène le personnage de Robert Pattinson vers une mort annoncée et limite souhaitée. Cosmopolis est avant tout un film symbole de notre époque, d’un monde où la réussite et le succès ont dérapé et créé des individus totalement désensibilisés ou totalement perdus car incapables de gérer cette distanciation. Le personnage a peur de la mort mais la recherche comme une excitation, l’argent n’a pas d’importance pour lui, c’est un jeu, une logique implacable et une jouissance pure que de savoir créer de l’argent. Mais de conscience morale, d’empathie pour son prochain, il n’en n’a pas. Pour quoi faire ? Ceci ne lui apporte rien et une action doit avoir un impact immédiat. Au même titre qu’un monde où l’information circule sur la planète à la vitesse de l’éclair, sa fortune peut s’effondrer en une journée. Il est comme un joueur de roulettes dans un casino. Il vit de l’excitation de sa chute et de sa maitrise du risque. Seule la maladie peut l’emporter, dès lors il se contrôle quotidiennement par un check up. Il ne construit rien, il rejoue tout, il joue le tapis.

Quant le personnage essaie tant bien que mal de définir une relation amoureuse avec son épouse de convenance, tous les calculs mathématiques du monde n’apportent pas de solution. La naissance d’un sentiment amoureux partagé et réciproque ne se planifie pas. Tentant de s’accrocher à son passé enfantin l’espace d’une coupe de cheveux, le milliardaire golden boy retrouvera quelques minutes un sourire. Mais cette recherche perpétuelle du profit, rassurante car maitrisable, l’a rendu totalement déconnecté du monde, déconnecté de sens. Le personnage cherche donc sa mort, son assassin pour comprendre ce qui lui est arrivé, ce qui le rattacherait de nouveau à la vie. Mais l’a t il jamais su ? Cosmopolis montre les limites de cette culture du winner, cette  fuite effrénée, cette peur de mourir, peur de vieillir, cette volonté de se croire immortel en s’enfermant dans cette course contre soi, mais qui finit de la même manière, sans appel vers la mort, mais seul.

Cosmopolis fait preuve d’une mise en scène et d’une direction d’acteur digne des meilleurs opus de Cronenberg mais prend le parti pris de ne pas se livrer facilement. C’est typiquement le genre de film qui vieillira peut être très bien et grandira en qualité avec les visions. Son rejet comme son adhésion n’ont d’égal que la vitalité artistique dont Cronenberg fait preuve à 69 ans.

 

N°12- « Argo » de Ben Affleck

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Après un excellent premier film, « Gone baby gone » et un solide second, « The town », Ben Affleck confirme tout le bien qu’on pense de son choix de carrière, celui de devenir lui-même metteur en scène, et s’offrir des rôles intéressants qu’on lui boudait quelques peu.

« Argo » s’intéresse par ailleurs à un épisode historique peu connu et développé, la libération de six otages ayant fuit l’ambassade des Etats-unis à Téhéran au moment de la prise de cette même ambassade par une foule de militants iraniens soutenant Khomeini.

La première force du film est d’éviter de tomber dans les clichés du film « histoire vraie » en optant pour un traitement scénaristique très malin. Bien qu’on connaisse la fin, Affleck va nous raconter l’histoire comme un thriller, faisant monter la pression et le stress sur de petits détails. Pourtant, cette mission suicide ne s’intéresse pas au côté humain et aux histoires personnelles des six individus à faire échapper d’Iran. La première partie du film suit au contraire l’agent de la CIA, joué par Ben Affleck, et son parcours pour monter une fausse production de film de science-fiction, convaincre les autorités que son projet farfelu est finalement le moins mauvais des scénari d’exfiltration de ses compatriotes.

Pour ne pas trop s’attacher et s’identifier aux victimes, il a choisi des acteurs aux visages inconnus, ce qui est une excellente idée. Ces hommes et femmes sont donc des gens ordinaires qui n’ont tout simplement pas de bol et ont eu un réflexe de survie en fuyant l’ambassade et en se cachant dans la capitale iranienne.

L’excellent John Goodman apporte quant à lui son physique charismatique à l’homme de l’art de l’industrie cinématographique, aidé par le génial Alan Arkin en vieux producteur cynique, distillant des touches d’humour plaisantes.

Le maitre mot du succès du film est donc cette mise en scène vive, ce montage, dirigés vers un but ultime, le suspens et cadré dans un contexte politique fort et une reconstitution historique des plus crédibles. D’ailleurs, Affleck n’oublie pas dans son préambule de rappeler brièvement l’historique ayant amené à cette révolution islamique. Le rôle des Etats-Unis et de leurs alliés vis à vis de l’avènement du Shah est clairement rappelé, montrant ce dictateur vu par l’occident comme un ami à qui l’ont pardonna de scandaleuses exactions par simple intérêt pétrolier. Un recul historique bienvenu et indispensable, qui nuance beaucoup de choses dans le récit final. « Argo » bénéficie d’un tempo, d’une orchestration qui en font tant un divertissement intelligent qu’une prise de distance par rapport à nos grands principes occidentaux, sans jamais juger les révolutionnaires mais en les regardant d’un œil extérieur, conscient de la dangerosité de leurs excès et de leur absence de limites mais aussi de nos fautes dans cet engrenage.

« Argo » est donc une bonne surprise et la confirmation d’un talent de plus en plus affuté de Ben Affleck, dans la droite ligne de ses prédécesseurs, Clint Eastwood, Georges Clooney, Robert Redford et bien d’autres…des acteurs de talent qui ont bien appris sur les plateaux !

 

N°11- « La taupe » de Tomas Alfredson

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Avec « La taupe« , Tomas Alfredson confirme le talent de mise en scène froide et méthodique qui l’avait fait connaitre avec « Morse« , film de vampires atypique où un enfant se prenait d’amitié pour une vampire adolescente.

Ici, c’est à un autre film de genre que le suédois s’attaque, tout en passant à Hollywood avec un casting quatre étoiles. Mais au final, il y est question aussi de solitudes tout comme dans Morse, peut être un fil directeur chez Alfredson…

Le film d’espionnage a débouché sur de multiples styles différents mais c’est dans les années 70 que quelques chefs d’oeuvres virent le jour sous la houlette de Francis Ford Coppola (Conversation secrète), Alan J. Pakula (Klute, A cause d’un assassinat, les hommes du Président), ou Sydney Pollack (les trois jours du Condor).

En adaptant « Tinker, tailor, soldier, Spy » de John Le Carré, spécialiste du genre, Tomas Alfredson se situe clairement dans l’hommage à ce cinéma seventies. Les histoires d’agents y prenaient leur temps, les dialogues étant souvent remplacés par des silences, des non-dits, des déductions laissées au spectateur, supposé suffisamment pertinent pour lier les scènes entre elles.

Et ici, c’est à la fois l’atout majeur et la limite du film. Certains seront largués peut être. Personnellement j’ai adoré cette façon de tisser l’histoire par des scènes décousues que le réalisateur laisse relier entre elles comme les pièces d’un puzzle. Ce petit jeu de déduction demande au spectateur d’être attentif et actif là où aujourd’hui le cinéma explique tout de manière didactique. Or tout le suspens du film repose sur cette enquête  de l’agent Smiley pour découvrir la taupe infiltrée par le KGB au sein de la direction des services secrets de sa majesté, le Cirque.

Alfredson filme Gary Oldman, tout en retenue so british, dans l’un de ses meilleurs rôles. Mais il n’oublie pas que ces espions sont aussi tous d’excellents dissimulateurs, capables de tout jouer. Et c’est sur du velours que Colin Firth, Mark Strong, Tom Hardy, John Hurt, Toby Jones, ou Benedict Cumberbatch vont livrer cette performance assez bluffante car feutrée. Il nous fait plonger dans ce sinistre quotidien d’agents secrets pour lesquels la vie privée n’existe pas. Ils sont ternes, d’un teint pâle, et évoluent dans des tons beiges et gris, comme vidés de leur humanité par des années de mensonges, de dupe, de manipulations et d’enquêtes. Ils sont sans identité et leur vie semble bien triste, voués à servir le pays mais soucieux de faire partie des cinq agents faisant partie du comité stratégique. Ils sont brillants mais vivent coupés du monde dans une bulle intellectuelle orientée de façon obsessionnelle sur l’ennemi. Ils semblent dépressifs pour certains, et seul le personnage de Tom Hardy, davantage impliqué sur le terrain et plus jeune, présente encore des réactions non totalement maitrisées, des envies soudaines de morale. L’amitié n’a pas sa place et c’est ce qui détruit ces individus d’exception. Comment croire au lendemain lorsqu’on ne peut faire confiance en personne ?

Alfredson procède par petites touches de peinture pour dresser ce tableau triste et sans concession d’hommes pour lesquels la vie ne peut être normale.  Le seul bonheur ne peut se résumer qu’en réussissant à surpasser leurs confrères, en excellant dans leurs objectifs, à défaut de quoi le seul espoir de respirer réside dans le passage à l’est, ce qui est le cas de cette taupe mystérieuse.

L’esthétique du film permet quant à elle de faire passer plus facilement le récit lorsqu’il s’avère un peu plus brumeux.  « La taupe » est un grand film paranoiaque comme on n’en n’a pas vu depuis des lustres. Un film d’ambiances et non d’actions, pour mieux faire toucher du doigt l’intérieur de ces égos perdus dont l’idéal s’avère bien confus.

Restituer une telle complexité devait passer par une mise en scène stylisée, un montage rigoureux et un jeu d’acteur d’une grande finesse. Tomas Alfredson devrait se voir ouvrir bien grand les portes d’Hollywood après ce succès tant critique que public, d’autant qu’il n’a pas été broyé sur son premier passage et qu’il a confirmé son style méticuleux. Le premier film important de cette année 2012. A ne pas rater.

 

N°10- « La part des anges » de Ken Loach

 

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La grande classe de Ken Loach est d’alterner le style de ses films et de montrer parfois des situations sociales déprimantes avec une belle politesse, celle du désespoir, qui passe par l’humour, la bonne humeur de personnages simples et résistants.

Et c’est vrai que j’ai eu le sourire aux lèvres tout au long du film. En montrant de jeunes écossais condamnés à des travaux d’intérêt général, Loach va explorer la naissance d’une camaraderie et d’une lutte de classe au milieu d’une vie sans avenir. Vous me direz qu’il n’y a rien de très nouveau…mais cette fois-ci, il choisit de nous conter une histoire lumineuse. Une histoire à la morale émouvante, où l’argent reste un moyen, pas une fin en soit, gagner le max de blé sur un coup a moins de sens que de remercier son bienfaiteur désintéressé. Les personnages refusent la violence physique et entreprennent un coup tordu pour se refaire, repartir sur des bases saines et sereines. Le film constitue en soit un beau pied de nez où les principes avares du capitalisme sont gentiment détournés par de petits robins des bois écossais aux trognes fort sympathiques.
On est dans le ton léger et drôle  mais pas pour autant un film mineur de Ken Loach. Le déterminisme social est tout aussi fort mais à 76 ans, Loach se veut combatif et optimiste. Et le regard tendre pour ses personnages paumés et exclus du système n’a d’égal que l’optimisme taquin et goguenard de l’ensemble du long métrage. Comme une soirée passée entre potes autour d’un bon Whisky, refaire le monde n’apporte rien de plus qu’un sentiment de se sentir moins seul et moins isolé. Voir un film de Ken Loach en mode choral, ce qui n’est pas son habitude, provoque un peu le même sentiment grisant. On est un peu chez soi, dans un univers connu et balisé au cours d’une filmographie riche de 30 longs métrages dont très peu de ratés.

Un cinéma qui ne donne jamais dans les grands discours, qui ne fait que montrer des pauvres se démerder comme ils peuvent pour surnager. Parfois c’est triste et noir, parfois c’est drôle et terriblement touchant comme dans cette « Part des anges », très réussie. Mais dans tout Ken Loach de bon niveau, c’est la justesse du scénario, du jeu d’acteurs non professionnels et du style épuré hérité du documentaire qui font que la recette fonctionne à merveille et font de Ken Loach un grand monsieur. Respect pour ce film et la régularité de cette filmographie, très classe.

 

N°9- « Twixt » de Francis Ford Coppola

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Francis Ford Coppola a été absent une dizaine d’années avant de revenir avec des films qu’il voulait à petit budget, souhaitant retrouver l’inspiration d’un jeune réalisateur, tenter de nouvelles expérimentations à 70 ans.

Si « L’homme sans âge » était un peu trop maladroit, il signait un bijou digne de ses plus grandes tragédies avec « Tetro« , il y a deux ans. « Twixt » poursuit ce sillon sans atteindre toute la poésie et la magie de « Tetro ». Le film a également divisé les critiques tant lors de sa présentation à Venise que lors de sa sortie la semaine dernière.

Coppola choisit donc de nous conter l’histoire d’un écrivain au rabais, sorte de Stephen King du pauvre, qui se retrouve dans un bled paumé pour dédicacer son dernier livre. Le shérif du coin, un peu frappé sur les bords, lui montre le cadavre d’une jeune fille assassinée, un pieu dans le cœur. Il lui propose de co-écrire un roman sur l’affaire, à base de vampires. L’écrivain va se laisser convaincre lorsqu’il croise, la nuit même, le fantôme d’une adolescente.

Coppola choisit de nouveau le numérique, pour le pire et le meilleur. La réalité semble sortir tout droit d’un mauvais téléfilm mais la bizarrerie de l’histoire fait penser a celles d’un Lynch et permet au final à cette laideur de passer.

Mais surtout, le maitre compense par des scènes de rêveries ou de réalité parallèle assez bluffantes où le burlesque côtoie la tragédie, la folie, et mixte les univers. Au centre de son récit, une tour d’horloge à sept cadrans indiquant des heures différentes, image balourde mais touchante du mélange entre passé présent et rêve.

Entre série B et film d’horreur seventies, ces histoires de vampires et de fantômes ont surtout pour objectif de servir de catharsis. Celle d’un homme, Francis-Ford Coppola, qui a perdu l’un de ses fils, Gian-Carlo, décédé en 1986, dans un accident de hors-bord. Le personnage de Val Kilmer, l’écrivain, a lui aussi perdu sa fille dans un tel accident. Coppola traite donc de manière directe de sa culpabilité d’avoir été absent pour son fils, de son nécessaire besoin d’exorciser ce vide en faisant de ce dernier une source d’inspiration pour son œuvre. Comme l’écrivain, c’est en se confrontant à ce fantôme qu’il a résolu ses problèmes. Et si le principal était l’inspiration, le manque de démarche créative. Val kilmer rencontre dans ses rêves un autre fantôme, celui d’Edgar Allan Poe, auteur qui inspira fortement Coppola tout au long de sa carrière. Ce dernier va guider l’écrivain, lui qui a également perdu un proche, son épouse, et dont l’œuvre fut marquée de ce décès trop prématuré. Le fantôme dit d’ailleurs  » We share this little ghost, my friend… », beau moment triste et mélancolique.

Coppola reprend sa patte de « Rusty James » et de « Tetro » et utilise un noir et blanc teinté de rouge vif, d’une très grande beauté plastique. Coppola mélange les genres, l’inspiration par le rêve qui mélange son propre passé et celui d’une histoire sordide de massacre. Il cite Beaudelaire dans le texte. Ce film trivial semble l’œuvre d’un homme totalement libre, et c’est ce qui fait un bien fou, un souffle frais de la part d’un maitre qu’on croyait enterré il y a quelques années. Ce coté affranchi des règles peut agacer certains mais ravir d’autres par tant d’audace.

Les affres de la création, le deuil d’un enfant décédé dont on ne s’est pas assez occupé sont traités avec une naïveté et une sincérité dans la démarche qui force le respect. Le film est boursoufflé comme  son acteur principal, Val Kilmer, revenu des morts, mais cela fonctionne…comme si Coppola avait trouvé un équilibre subtil.

Il est vraiment plaisant de voir l’auteur du « Parrain » et d’ »Apocalyse Now » retrouver une telle vigueur. Un film à détester autant qu’à déguster mais un film très original.

 

N°8- « Dans la maison » de François Ozon

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Après un « Potiche » très frais, François Ozon confirme la régularité de son talent singulier avec une histoire pour le moins originale.

A la manière de « Swiming pool », Ozon va nous parler de la fascination qu’une jeune personne peut provoquer sur un adulte dont les rêves sont un peu derrière lui. Ici c’est l’élève d’un prof de français, joué par un Fabrice Luchini, parfait pour le rôle, qui va tirer les ficelles d’un jeu pervers dont on ne sait pas quel est le but. Mais les rapports humains de dépendance n’ont pas forcément d’objectif. Ici, il est question de la mise en place d’un rapport qui s’auto-alimente et pousse les protagonistes vers des situations borderline peu à peu, sans crier garde, de façon insidieuse.

Sur la thématique de comment conter une histoire et l’écrire, travailler un style, créer tout simplement, le réalisateur nous parle de la mise en scène de sa propre vie, de l’obligation pour l’artiste de provoquer des émotions dans son quotidien pour trouver l’inspiration, de théâtraliser cette vie pour y trouver des histoires à raconter. Pour se faire, le réalisateur a trouvé un jeune acteur excellent. Ernst Umhauer est troublant car il porte sur son visage longiligne cette absence totale de valeurs et cette cruauté propre aux enfants intelligents qui découvrent froidement le monde des adultes, disséquant ce dernier comme un insecte en cours de sciences naturelles.

Luchini joue quant à lui un type qui a raté sa carrière d’auteur et procède à un transfert sur le jeune homme, cherchant à revivre la réussite qu’il n’a pas connue dans le talent de ce dernier qu’il tente de guider. Mais le manipulateur n’est pas l’adulte et le professeur se trouve rapidement pris au piège dans un engrenage dont la fin reste le grand mystère tout au long du film.

Le professeur pardonne tous les écarts et ne fixe pas de barrières au nom de l’accomplissement d’un art derrière lequel se cache un désir inassouvi, celui de créer une œuvre avec une imagination et un style qu’il n’a pas lui-même. Mais c’est aussi l’aspect addictif d’un récit fictionnel et de ses rebondissements dont Ozon nous traite en filigrane. Il assimile le voyeurisme du lecteur au comportement d’un drogué qui ne saurait dire stop en se cachant derrière l’approche artistique de la démarche malsaine de l’adolescent.

En refusant d’apprendre la morale à son élève, au nom d’un anticonformisme qu’il fantasme alors qu’il se trouve lui-même prisonnier de clichés, le maitre perd son rôle et surtout sa maitrise. Sa créature va se révéler moins fictionnelle que prévue et plus imprévisible, plus dangereuse. Le coté passionnel de ce rapport épistolaire va alors consumer la vie du brave professeur de français. C’est que dans un rapport passionnel, il y a parfois un maitre et un esclave, un qui gère son ascendant et l’autre qui suit derrière et ne peut que s’autodétruire. Et le rapport des deux s’entretient de lui même pour aller de pire en pire. Ici le manipulateur se retrouve être le pantin transporté dans une histoire qu’il ne peut plus arrêter.

Le récit de François Ozon peut sembler moins sombre que d’apparence, l’ironie permettant de désamorcer un épilogue que l’on espère surprenant et noir depuis le début. Et comme le personnage le dit lui même, une bonne fin doit couper net et ne pas être attendue. En ce sens, Ozon boucle son film avec élégance et classe et prouve qu’il a atteint une certaine maturité, se débarrassant des quelques derniers écueils que son sens de la provocation laissaient transparaitre parfois.

Une grande réussite.

Les pires films de l’année du Blanc lapin – bilan 2012 !

14 décembre, 2012

Voici pour la quatrième fois consécutive, mon bilan annuel des pires films de l’année !

Alors c’est toujours aussi subjectif étant donné que je n’ai pas tout vu et que surtout, je sélectinne beaucoup les sorties, ce qui m’évite pas mal de bouses.

N’hésitez pas à laisser des commentaires si vous n’êtes point d’accord..

N°10- « Cloclo » de Florent Emilio Siri

Les pires films de l'année du Blanc lapin - bilan 2012 ! dans Dossiers cloclo_BE_FO

« Cloclo » était attendu depuis longtemps, suivant la mode des biopics français initiée par « la môme« , « Coluche« , « Gainsbourg vie héroïque« , le diptyque sur Mesrine, avant de voir celui sur Yves Montand et bien d’autres figures françaises voir leur vie romancées au grand écran.

Le résultat est réussi question casting. Jérémie Renier ressemble  beaucoup à Claude François. Et si son jeu s’avère quelques peu hésitant au début, il devient plus crédible par la suite pour finir par emporter l’adhésion.

Autre qualité du long métrage, il n’est pas hagiographique et à la gloire du personnage. Bien au contraire, les défauts nous sont présentés sans lissage. Il était jaloux, perfectionniste obsessionnel, maniaque, volage, tyrannique, mégalo et se comportait comme un parrain gérant sa famille et sa petite entreprise.

L’histoire prend soin de décrire la conception de bien des tubes, adaptés et repompés de hits américains ou inspirés de sonorités pas encore connues dans l’hexagone à l’époque. L’homme y est présenté comme un ambitieux qui avait un don, celui de repérer des modes outre atlantique et de les importer pour les franciser. Une technique qui aurait du mal à fonctionner au jour d’internet et de la mondialisation immédiate de la culture. Jouer sur les décalages entre l’Amérique et nous s’avère impossible aujourd’hui en matière musicale…ce qui n’est pas le cas du côté ricain en matière de remakes de films étrangers…Le fait que les fils de Claude François aient adoubé le projet et autorisé l’utilisation de l’ensemble de la discographie est parfois un plus, parfois un handicap, certains moment semblant plutôt empiler comme des perles des refrains bien connus…

Intéressant parcours et drôle de vie que cet homme très seul, en perpétuelle soif de reconnaissance, de son père, des femmes, du public, d’une intelligentsia parisienne. Un ogre aux pieds d’argile, toujours conscient de la fragilité de sa notoriété, obsédé par l’échec, le fait de durer, le retour à la pauvreté connue par le passé. En ce sens, le film reste intéressant, que l’on ait dansé sur Alexandrie alexandra ou que l’on soit hermétique à cette machine à tube transcendant les générations. La conception de son propre mythe et le marketing qu’il développa fit de lui un précurseur.

Hélas, l’alignement chronologique des scènes et la mise en scène en elle même manque cruellement d’ambition, d’originalité. Au point que sans aller jusqu’à l’ennui, ce manque de souffle m’a plutôt porté de l’autre coté de l’atlantique, que Claude François scrutait si bien. Là bas, il existe un maitre du biopic, fatigué aujourd’hui mais qui livra « Amadeus« , « Valmont », « Larry Flint » ou « Man on the moon » avec un don pour éviter justement les écueils balourds du scénario didactique, qui à force de vouloir être complet, en oublie que nous sommes au cinéma. Et un film se doit d’avoir sa propre identité, sa propre proposition, sa propre vision d’une histoire. Florient Emilio Siri est doué et efficace (Nid de guêpes et l’ennemi intime étaient pas mal) mais avouons que ses idées lumineuses pour distiller un peu de poésie, tombent à plat voire frisent le cliché digne d’un pauvre téléfilm fauché. Il aurait été plus inspiré à rester sur sa ligne de direction très académique. Car trop de classicisme tue toute possibilité de sortir des rails sans tomber dans le ridicule. En fait le film est trop raide, trop propre sur lui pour déclencher une véritable émotion. Raconter l’histoire d’un connard ça peut donner « Barry Lindon » mais ça peut aussi donner un film au final un peu chiant, un peu oubliable très vite, pas une chanson ordinaire mais un film ordinaire. En fait, j’ai finis par regarder Jérémie Renier jouer bien Claude François, sans surprises, sans attente à part la fin, qu’on connait déjà. Et soudain, l’oubli.

N°9- « Wrong » de Quentin Dupieux

Wrong_reference dans Films - critiques perso

Après « Rubber » et « Steak » avec Eric et Ramzy, Quentin Dupieux, poursuit sa filmographie volontairement perchée et très originale, mais il le fait aux Etats-Unis.

L’histoire suit Dolph, interprété par Jack Plotnick, inconnu jusqu’ici mais très bon dans son genre, un type viré depuis trois mois qui retourne quand même tous les jours à son bureau, sous les yeux de ses ex collègues effarés, et qui se réveille un matin sans son chien. Son toutou adoré, Paul, seule raison d’être de son existence, a disparu…son jardinier, interprété par Eric Judor vient lui annoncer que le palmier dans son jardin a disparu, remplacé par un sapin…Dolph appelle une pizzeria pour discuter de la raison du choix du logo sur le prospectus et tombe sur une folle qui veut coucher avec lui….et toute l’histoire est une suite de situations cocasses de ce type, parfois drôles parfois juste décalées. Un surréalisme revendiqué dès la première minute.

En sous texte, Quentin Dupieux dépeint une Amérique profonde vraiment à l’ouest entre consumérisme, petits jobs de merde et american dream en promo dans des balieues qui se ressemblent toutes, un peu comme le feraient les Coen mais avec un style qui se veut non sensique, entre les Monty Python et David Lynch ou Buñuel ou Resnais ? Non, pas vraiment, plutôt un style propre et c’est bien à la fois la force et la faiblesse du réalisateur.

Sa force parcequ’il faut avoir les couilles de partir sur ce type de narration au risque de larguer beaucoup de spectateurs. Et parcequ’il a vraiment un style, qu’on aime ou qu’on s’ennuie. La faiblesse parceque, à force de baser l’évolution de son scénar sur le loufoque, comme seul moteur du film, il finit par lasser et non par nous perdre. Car très vite, il est facile de comprendre que le film n’apportera pas grande surprise dans la narration puisqu’il n’y en n’a pas beaucoup, enfin très peu. Ensuite on espère que le réalisateur ne se contentera pas de l’aspect Ofni de son film et y apportera davantage, un fond. Hélas, le sous texte est quant à lui soit inexistant soit très lourd.

On a compris, pas la peine de multiplier les scènes avec des américains perçus comme des caricatures, des stéréotypes divers, sans aucune « normalité » autour d’eux. Quand on veut étayer une critique ou un portrait, il est toujours mieux, à mon sens, d’avoir du relief, du contre champ, bref ici, de la normalité. Parceque là très honnêtement, je me suis demandé ce que voulait nous dire le réalisateur. Et j’ai bien peur qu’il n’ y avait rien à dire, juste un style à exposer et sur exposer.

Le problème de « Wrong » en fait, c’est qu’il n’est pas assez brillant, pas assez hilarant (juste marrant), un peu trop autiste. Qui sait, peut être qu’un jour, un certain recul, une certaine maturité permettra au réalisateur français de toucher juste. Mais pour l’instant, ceci ressemble plus à un exercice de style, sorti d’école de ciné, un peu trop poseur parcequ’un peu trop à 100% dans un sens. Le moteur tourne à vide et on finit par un peu s’emmerder, gentiment, poliment car respectueux de l’effort de nouveauté.

Bref, un film intéressant par sa direction radicale et quelques scènes drôles mais tout de même cette impression amère de creux, de vide dans la structure et de perte de temps. C’est d’autant plus frustrant que Dupieux a un talent évident, peut être manque t il un peu de modestie pour penser qu’il réussira un film novateur sans plus de recherche créatrice qu’une accumulation sans but. Une facilité qui ne tient pas la distance.

N°8- The descendants d’Alexander Payne

TheDescendants_BENL_FA3 dans Films series - News de tournage

Avec « The descendants« , Georges Clooney trouve un rôle un peu atypique pour lui, celui d’un veuf, d’un cocu et d’un père de famille. Il casse ainsi son image de séducteur et joue pour l’un des chouchous des critiques américaines, Alexander Payne, réalisateur de « Sideways » et « Monsieur Schmitdt« .

Georges joue donc le rôle d’un avocat de Hawii, dont l’épouse se retrouve dans le coma après un accident de bateau et qui va devoir gérer ses deux filles, l’une de 7 ans et l’autre de 17, alors qu’il s’en est toujours peu occupé. Il va découvrir que son épouse le trompait et gérer la vente d’un terrain familial géré dans un trust dont il est le trustee.

Comme dans ses films précédents, un constat s’impose, son film est réussi, humain, cynique, critique mais un peu trop fadasse à mon goût. A trop vouloir filmer ses personnages en toute modestie et à hauteur d’homme, la mise en scène de Payne se fait trop discrète et trop humble.

Payne aborde diverses thématiques mais les effleure gentiment. La transmission d’un patrimoine, l’éducation et l’absence du père, la déliquescence du couple du fait des années…autant de sujets intéressants mais alignés aussi de façon très conventionnelle, comme des cailloux recueillis sur une de ces plages d’Hawaii et mis bout à bout sur un collier de perles vu mille fois …c’est joli de loin et assez décevant de près.

Le personnage est attachant, c’est celui d’un looser, qui a laissé défiler sa vie de famille sans y prêter garde, absorbé par son métier et ses responsabilités à la tête de son trust familial. Mais question loosers, je préfère ceux des frères Coen. Ils sont plus cons, moins chanceux mais carrément plus funky et drôles. D’ailleurs Clooney y a obtenu parmi ses meilleurs rôles dans « O’ brother » ou « Burn after reading« .

Cette façon dont Hollywood s’émerveille devant des histoires simples de familles est assez agaçante. Pourquoi porter un tel film, assez banal, aux nues pour conquérir les Oscars cette année ? Pour adouber Clooney et lui refiler une statuette ? Le scénario est  sans surprise, le film semble formaté pour le festival de Sundance, caricatural jusque dans son épilogue et son recentrage sur la cellule familiale, à la manière d’un « Little Miss Sunshine« , les personnages originaux et décalés en moins.

Si l’on en juge à la qualité du film et à l’ennui profond que j’ai eu en voyant « le stratège » avec Brad Pitt, « the Artist » mériterait en effet de nombreux oscars, les concurrents ne faisant pas le poids, tout simplement.

« The descendants » est un gentil film du dimanche soir, sitôt vu sitôt oublié…next !

 N°7- « J. Edgar » de Clint Eastwood

j.edgar_affiche dans Les meilleurs films du Blanc Lapin

Voici enfin « J. Edgar« , biopic sur John Edgar Hoover, monstre politique ayant créé le FBI et utilisé ce dernier au service des intérêts qu il estimait être ceux des Etats unis et les siens. Personnage complexe, il traversa les hautes sphères du pouvoir des années 20 au début des années 70. Ce manipulateur sincère dans sa démarche mais oh combien contraire à l’image d’Epinal de la démocratie, fut à ce point puissant qu’il fut inamovible de son poste jusqu’à sa mort. Aucun des huit présidents des USA qu il « servit » n’arriva à le déloger.

L’idée de voir un immense réalisateur, républicain de surcroit, s’attaquer au mythe, était une promesse de cinéphile…promesse d’un grand moment.

Hélas, mon triste constat à la sortie de la projection c’est que Clint Eastwood devrait peut être arrêter, à 82 ans, plutôt que d’enchainer des films mineurs tournés plus vite que son ombre. Le maitre a vieilli et ça se voit. L’ensemble est plus crépusculaire que jamais, la mort et l’héritage hantant particulièrement Clint depuis « Mytic River« .

Mais je m’attendais à tellement mieux de lui et surtout d’un personnage emblématique comme John Edgar Hoover. En mettant l’accent sur sa relation homosexuelle refoulée avec Clyde Tolson ou la fascination castratrice pour sa mère, Eastwood zappe beaucoup d’aspects politiques du personnage. L’idée de faire des allers-retours entre le seuil de sa mort et sa jeunesse pouvait sembler être une bonne idée afin d’aérer une carrière de stratège extrêmement riche. Hélas, le film sent plutôt le papy qui s’est oublié. Et le résultat est rance.

Vouloir donner un aspect humain au personnage n’était il pas plus une perte de temps pour cet individu de toute façon inclassable ? Que voit on vraiment de la stratégie de « consul à vie » comme Hoover aimait justement se définir… de ses croyances profondes et sa réelle dévotion aux Etats-Unis d’Amérique, quitte à passer au dessus des lois.

Son anticommunisme est appuyé à ses débuts mais ce sont ses interventions répétées sur 40 ans qui auraient du définir le contour de ce biopic. Son rapport à la mafia, totalement omis, son rôle dans l’écoute de personnalités du show biz et de la politique, et l’incidence sur les campagnes électorales, aspect totalement passé sous silence. Sa détestation des Kennedy père et fils aurait elle été mise de côté parceque Eastwood, en bon républicain, n’a pas souhaité montrer à quel point cet autre républicain fanatique était décidé à faire tomber ce mythe. Bien sur, il l’évoque comme il aborde la haine qu’il avait de Martin Luther King. Mais il ne fait qu’effleurer pour s’appesantir bien trop longtemps sur l’affaire Lindbergh. Elle est certes constitutive du début des pleins pouvoirs qu’il obtint du Congrès, mais fallait-il y consacrer un quart du film ?

Leonardo DiCaprio a beau jouer la moitié du film avec un masque assez mal fait, il transcende son personnage, sa diction, son regard vitreux…il confirme son statut d’acteur de premier plan, bankable et brillant par ses prestations, à faire pâlir ses congénères.

Mais ce rôle à Oscars ne suffit pas à sauver le film d’un enlisement moite. Et puis notons que le vieillissement des personnages est particulièrement raté, la prothèse de Clyde Tolson étant plus digne d’un épisode de Star Wars première trilogie.

Bref, « J. Edgar » est un rdv manqué d’autant plus agaçant que les planètes étaient alignées avec un acteur génial, un réalisateur culte et républicain, un personnage transversal de l’Amérique politique du 20ème siècle…si DiCaprio avait été mauvais, la frustration aurait été moins amère.
« J. Edgar » est un film d’un classicisme poussiéreux qui fait froid dans le dos, un film de vieux…Déjà retourné à la poussière…

 

N°6- « Take shelter » de Jeff Nichols

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Avec « Take shelter« , Michael Shannon trouve un premier rôle à la hauteur de son immense talent d’acteur, tout en nuances, et c’est une bonne chose pour ceux qui ne l’auraient pas repéré dans « les noces rebelles » de Sam Raimi aux côtés de Di Caprio et Kate Winslet.

Décrire la folie ou du moins la paranoïa et la schizophrénie n’a rien de simple lorsque l’on ne veut pas verser dans le rôle à oscars too much. C’est ce que réussit l’acteur, accompagné d’une Jessica Chastain tout aussi douce et délicate que dans « tree of life » de Terrence Malick.

Seulement voilà, moi qui adore les films tournant autour de la fin du monde, je me trouve très perturbé par l’accueil dithyrambique du film.  Je ne suis pas rentré dedans, demeuré sur le côté de cet objet me semblant mis en scène avec assez peu d’idées et au final une répétition des plus pénibles.

Jeff Nichols a décidé de nous faire vivre, vue de l’intérieur, la peur de fin du monde que ressent son personnage. La caméra est centrée sur lui, sur la moindre de ses réactions tout en montrant les personnages l’entourant comme si le fou c’était nous, spectateurs. Seulement voilà, tout repose sur la prestation de Shannon, et passée ce constat, rien de neuf dans l’enchainement des scènes, relativement attendues.

Et surtout, comme dans « Melancholia » de Lars Von Trier, sur le même thème et loué par la presse, je me suis ennuyé sec, très sec. Le réalisateur n’a rien à dire ou tout du moins l’exprime tellement mal, avec tant de non-dits que je suis resté sur le pavé. Je dois être un peu concon. Il faut probablement mieux m’expliquer les choses.

Bien sur, Nichols veut montrer la critique en creux de l’américain moyen reclus sur lui-même et défendant sa patrie contre des ennemis parfois imaginaires et parfois réels…dépassé par son statut de première Nation responsable des autres comme le personnage de sa famille, l’Amérique a parfois peur excessivement, et devient parano.

Mais moi j’ai été déçu, très déçu par ce premier évènement des films d’auteurs que j’attendais pour 2012.

Une platitude du propos que je déplierai peut-être ultérieurement si j’ai le courage un jour de me retaper 2 h de scènes identiques.

 

N°5- The Dictator de Larry Charles

Sacha Baron Cohen revient avec un nouveau personnage infâme à souhait après « Borat » et « Bruno » !
J’avais bien adhéré à l’humour débilo régressif des deux opus précédents et le thème de « the dictator » ouvrait un boulevard au comique américain. En pseudo dictateur nord africain entre Saddam Hussein et Muammar Kadhafi, la provoque de Cohen est en effet dans son élément, taclant au passage ses chers Etats Unis d’Amérique sur le thème de leur démocratie immaculée, montreuse de leçons. Il est vrai que quelques scènes du film déclenchent l’hilarité. Hélas, nombre d’entre elles sont…dans la bande-annonce.

Et si le mauvais gout est toujours roi pour le meilleur et pour le pire, Sacha Baron Cohen trouve ici la limite de son comique. En effet, en devenant célèbre et en côtoyant de « vrais acteurs » et des réalisateurs de renom (Scorsese, Burton, etc…) il a du se dire qu’il pouvait tourner un film comique « classique ». Sauf que voila, il a oublié un ingrédient, les cameras cachées de ses précédents longs métrages, qui parfois étaient des fakes et parfois de vrais vidéos piégeant des stars ou de simples ricains moyens. Ceci créait une atmosphère particulière. Sans cet élément, la recette s’essouffle, l’humour se fait plus consensuel et attendu et le temps entre deux éclats de rire devient comment dire, pénible car inintéressant et juste lourd.

Faire de l’ humour pas fin exige d’être brillant tout le temps, sans interruption. Sinon le rythme s’effondre et laisse apparaitre de manière encore plus béante les failles scénaristiques et le manque d’écriture ou d’inventivité.

Bref, pas sur que Sacha Baron Cohen ait intérêt à poursuivre ses films centrés sur un personnage ignoble caricatural…car à force de tirer sur la corde de sketches étirés sur tout un film, il risque d’agacer et de perdre très vite son public.  Qu’il poursuive sa carrière d’acteur normalisé serait peut être plus recommandé. On le verra notamment en Freddie Mercury chez Stephen Frears, ce sera l’occasion de constater si il sera une étoile filante ou une étoile tout court.

 

N°4 – Adieu Berthe ou l’enterrement de mémé de Bruno Podalydès

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A l’époque de la sortie du film, je n’ai même pas écrit de critique tant ce dernier m’a paru creux et toc, un produit purement monté pour plaire aux bobos parisiens. J’aime bien les frères Podalydès mais là ils ne se sont pas foulés et à partir d’une idée de bon court métrage ont décidé de ralonger la sauce. C’est probablement une des plus belles arnaques de l’année avec une bande-annonce très drôle mettant en vedette une Valérie Lemercier en grande forme, appuyée par une presse dithyrambique.

Sauf que tout était dans la bande-annonce, le reste étant du remplissage, des dialogues bavards pas drôle et ennuyeux et la véritable impression d’avoir été pris pour un con.

C’est dommage car je verrai désormais le travail de Podalydès avec méfiance en me disant qu’il est capable de prendre son public avec au pire beaucoup de négligeance et mépris, au mieux une paraisse difficilement excusable.

N°3- Blanche-Neige et le chasseur de Rupert Sanders

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Ce que j’ai bien aimé dans cette adaptation de Blanche Neige centrée sur le chasseur, c’est l’histoire de cul entre le réalisateur et l’actrice principale, Kirsten Stewart, qui trompait son ultra célèbre boy friend, Robert Pattinson. Parceque sinon, le film, j’avoue avoir été transporté dans les années 80, à l’époque de certains mauvais films d’héroic fantasy aux scénarios faiblards appuyés par des effets spéciaux râtés.

Ici, c’est le contraire, le visuel est excellent ! Mais justement, le décalage entre la technique et les dialogues ou l’écriture des personnages est tel qu’une dimension parallèle s’ouvre. Un voyage fascinant dans le néant narratif, un phénomène de plus en plus fort, le conte désincarné, à la manière du « Alice au pays des merveilles » de Tim Burton. Notez, c’est logique, on prend la même recette d’un conte pour enfants ultra connu et on balance beaucoup de pognon dans l’univers et les effets. Certaines critiques ont comparé la beautéde certains effets à l’imaginaire de Terry Gilliam. Si vous connaissez ma passion pour le bonhomme, vous imaginez mon agacement.

Un film d’héroic fantasy ne doit pas être géré uniquement par les informaticiens et les logicils capables de nous bluffer à l’écran. Une seule touche positive ressort du film, Chris Hemsworth, le Thor de Marvel. Il est mâle, très mâle et assure dans ce genre de rôle de brutasse. Sinon, c’est mauvais, pas écrit et navrant.

 

N°2 – Battleship de Peter Berg

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Peter Berg, c’est un peu un Zack Snyder (Watchmen, 300) mais sans talent visuel. Un pur faiseur, un mercenaire à la solde des studios, prêt à mettre en scène n’importe quel projet à la con, en étant peruadé qu’il a des idées et un talent. Ce type a quand même failli faire une nouvelle adaptation de Dune…quand on voit son navrant « Hangcock » avec Will Smith ou cette terrible adaptation du jeu de société « Touché coulé », on comprend ce que signifie industrie du cinéma. Ici, on a choisi un produit à vendre sur le nom du célèbre jeu. On retient à peu près les mêmes concepts sauf qu’on y introduit trois bombasses, une nana et deux mecs (Taylor Kitsch, Rihanna, Alexander Skarsgård qui cachetonne) et que l’équipe ennemie est composée d’extra terrestres. Le scénario s’arrête là, pas la peine de s’emmerder, y’a des jolies acteurs à voir, des effets spéciaux à la Transformers, pourquoi s’emmerder ?

Un film affligeant car sans aucune surprise, aucune écriture, des scènes vues 10.000 fois et une absence totale de considération pour le public.

N°1 – Avengers de Joss Whedon

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Il faut toujours se méfier des films qui font une quasi unanimité critique. Cet adage que pourtant je me répète sans cesse, ne m’évite pourtant pas ce genre de désagrément …

Car oui, « Avengers », LE film Marvel rêvé qui soit disant doit répondre aux attentes des lecteurs de comic book et au-delà, en leur offrant un vrai film de supers héros comme sur le papier glacé, et bien ce film là est à mon sens le pire  que j’ai vu en 2012.

Le premier Iron man m’avait fait sourire pour le personnage mais ennuyé pour les aventures d’un manque d’originalité confondant. Le second fut une torture. « Captain America » quant à lui, répondit bien à tous les clichés auxquels on s’attendait.

Ici, les supers-héros ont certes tous un espace à l’écran et une complémentarité qui les empêche de se cannibaliser. C’est sans doute la grande réussite du film. Mais alors que le début de l’histoire et la mise en place des personnages est un peu lente, les scènes qui suivent et qui se font s’affronter tel super héros à tel autre ont un côté rébarbatif jusqu’à épuisement. Il n’ y a aucune surprise et dès lors aucune tension dramatique. Dès lors, il est difficile de s’intéresser à ces fausses oppositions au-delà du plaisir visuel des effets spéciaux.

Mais bon, de nos jours, les films qui vous en foutent plein la vue à ce niveau sont légions. A la manière de films conçus comme des produits, comme un « Transformers« , « Avengers » aligne des scènes parlées très chiantes car incompréhensibles avec des scènes d’actions qui recherchent à chaque fois la surenchère. Dans les scènes soit disant « sérieuses », les personnages parlent avec des termes pseudos scientifiques proches du « bifidus actif » pour tenir au final des propos dénués de tout relief voire même risibles mais pas dans le bon sens. L’humour du film est celui de tout film d’action hollywoodien depuis les Die Hard avec Bruce Willis, et donc les vannes font rarement mouche, car ultra codifiées.

Alors la presse a opposé ce film aux Batman de Christopher Nolan, plus cérébraux et noirs et sans humour alors que « Avengers » serait le parfait opposé, fun, divertissant et léger. Je dirais plutôt décérébré, décomplexé mais horriblement fadasse par son absence totale d’idée scénaristique et de personnalité dans la mise en scène. Là où Nolan a réussi avec la trilogie « The dark knight« , c’est qu’il a insufflé des choix à contre courant très personnels. Il est sorti de la Bd reposant sur ses supers-vilains pour l’encrer dans une réalité proche d’une Amérique post 11 septembre, très réaliste. Et il a compris qu’un méchant sombre est toujours l’une des clés de la réussite d’un tel film. Sauf qu’il y a ajouté des personnages construits, un héros complexe, tourmenté, bref, humain.

Ce film fut un supplice !

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