Archive pour la catégorie 'Films – critiques perso'

« Le sens de la fête » d’Eric Toledano et Olivier Nakache – Critique du Blanc Lapin

10 octobre, 2017

« Le sens de la fête » d'Eric Toledano et Olivier Nakache - Critique du Blanc Lapin dans Films - critiques perso 570288

Avec « Le sens de la fête », les réalisateurs d’intouchables ont trouvé trois bonnes idées pour une recette efficace bien que peu surprenante.
La première est de donner au trop rare Jean-Pierre Bacri un rôle sur mesure de gouailleur mi dépressif mi limite à envoyer bouler tout le monde. Rien d’étonnant mais il est excellent.

Ensuite le thème de l’organisation d’un mariage parle à tout le monde car on a tous vécu ou participé à ces soirées où une détail peut tout faire foirer alors que l’investissement des mariés est long, cher et compliqué. Dès lors, vivre l’envers du décor où toutes les emmerdes sont prises en charge par une société spécialisée dans le domaine fait un très bon pitch de comédie, par définition universel.

Enfin Eric Toledano et Olivier Nakache optent pour le film choral et ne se plantent ni dans la distribution futée des rôles, no dans la direction d’acteurs dans laquelle ils assurent souvent haut la main.

Le film au final est d’une bonne comédie, douce amer parfois, avec certaines scènes très drôles et quelques répliques bien senties. Le film ne décolle cependant jamais vers un franc délire ou ne brille pas de dialogues mémorables, ce qui l’empêche d’accéder à un niveau lui permettant de marquer un style parsemé de films faciles et oubliables.
Pourtant « Le sens de la fête » reste au dessus mais comme l’énorme ballon du film, il ne s’envole pas suffisamment pour déclencher une salve de lapins enthousiastes. J’ai passé un moment distrayant et j’ai rigolé plusieurs fois de bon cœur ma bonne dame, c’est déjà cela et c’est déjà beaucoup !

La piste aux Lapins :

3 étoiles

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« Blade Runner 2049″ de Denis Villeneuve – critique du Blanc Lapin

9 octobre, 2017

Denis Villeneuve est l’un des grands metteurs en scène du moment mais relever le défi de donner une suite à l’un des plus grands chefs d’oeuvre de la SF était un pari ultra casse-gueule.

Ridley Scott ne s’est pas trompé mais il a surtout concocté avec le scénariste du film original, une histoire qui ne réédite pas du tout la précédente et se permet de prolonger le film précèdent. C’est sans doute la première grande force du film, celle de ne pas tomber dans le piège de l’univers si marquant du premier. On retrouve évidemment l’ambiance de villes polluées, où les voitures volent et les hologrammes publicitaires sont géants. Un élément a cependant disparu…les gens. Villeneuve s’attarde en effet peu sur cette population qui grouillait de partout dans Blade Runner car dans ce futur du futur, l’humain a quasiment disparu.

Et c’est en sortant de la ville et en nous montrant à voir des paysages d’une beauté froide et glaçante, d’une humanité qui est obligée de cultiver sous serres sur des étendues infinies, que le film prend son propre envol, sa propre indépendance par rapport à son écrasant ainé.

Denis Villeneuve prend alors le temps de dérouler son histoire, certains trouveront trop mais pas moi. Je n’ai pas vu le temps passer tout simplement parceque la mise en scène est fluide mais que l’interprète principal, Ryan Gosling, est tout de même très fort lorsqu’il s’agit de jouer les taiseux.

L’histoire casse les a priori qu’on peut se faire en connaissant le film d’origine et surtout s’avère émouvante car elle s’intéresse à ce qui fait que l’on est humain. On s’humanise en se trouvant un sens, un objectif à sa vie …on a besoin de se sentir aimer et d’aimer en retour sinon pourquoi ? L’utilisation du personnage féminin holographique est une excellente idée, plus proche de Spielberg et d’AI que de Blade Runner mais non moins pertinente.

La thématique est aussi celle de l’humanisation face à la prise de conscience de l’immense solitude de l’humain face à la mort. Et c’est en cela que Blade Runner 2049 est un grand film. Sa thématique est différente de l’original et complémentaire.

Le seul problème est qu’elle ne se révèle pas facilement, l’émotion étant plus contenue que dans le premier film. Harrison Ford est très bon et son rôle ne fait pas figure de justification scénaristique. Seul le personnage de Jared Leto est un peu sous utilisé.

Denis Villeneuve utilise des décors en dur au maximum et use des effets spéciaux de façon intelligente, sans en foutre plein la vue et réussit à créer une identité visuelle aussi forte que l’original et pourtant différente.

Son film est contemplatif par moment mais ne se perd jamais dans une narration complexe, chaque scène étant justifiée malgré la durée du film.

« Blade Runner 2049″ est une grande dystopie, une histoire dépressive et triste mais tellement réussie. Le film manque peut être du lyrisme qui le ferait accéder au niveau du premier mais il a une qualité énorme pour ce genre d’entreprise, l’humilité.

La piste aux Lapins :

4,5 lapin

 

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« Happy end » de Michael Haneke – critique du blanc lapin

7 octobre, 2017

Cela fait déjà 5 ans que l’Autrichien Michael Haneke a reçu sa seconde palme d’Or pour « Amour« . Et oui, on ne dirait pas comme cela mais alors que le film avait reçu un accueil critique assez unanime et s’était avéré un de ses plus grands succès publics, le maitre a galéré pour monter son projet suivant, Flashmob, et s’est finalement attelé à « Happy end« . Le film aborde de très loin la problématique des migrants même si il se déroule à Calais car son sujet n’est pas aussi politique qu’on aurait pu le penser.

Non, ici Haneke retrouve un regard caustique froid et détaché, souvent d’un humour corrosif, sur la solitude des individus d’une famille bourgeoise à qui rien ne manque, sauf l’essentiel. Il leur manque soit de l’amour, soit un sens, un objectif, un idéal.

Isabelle Huppert est merveilleuse comme d’habitude dans son rôle de chef d’entreprise ayant repris la PME de son père joué par le cultisme Jean-Louis Trintignant.  Elle a cette distance d’un personnage qui maitrise tout et veut sauver les apparences, la bienséance, la place de leur famille dans la bourgeoisie locale. Se battant pour rester politiquement correcte, elle reste aveugle à la volonté de son père ou aux souffrances de son fils, un trentenaire pour qui reprendre l’entreprise à terme est un fardeau dont il n’a pas envie. Il est malheureux de cette prédétermination et du poids qu’on lui a mis tout petit, conscient de l’hypocrisie avec laquelle sa famille semble atténuer la notion de classe sociale. Or le rapport de domination par l’argent est bien là, par cette famille qui vit au service de ces grands bourgeois et qui vit dans une proximité mêlée de dépendance sociale qui biaise forcément les rapports humains.

Là où Haneke est très fort, c’est qu’il ne juge pas ces individus sur un plan politique, il ne fait que les observer comme cette jeune adolescente qui filme avec son smart phone le bal des adultes dont elle a tout analysé et qui adopte la même violence qu’eux. Car derrière les apparences, la politesse et les codes à respecter voire la conscience qu’ils essaient de mettre en façade, ces humains ont des fêlures cachées, comme tout un chacun. Le personnage de Mathieu Kassovitz, le frère d’Huppert et fils de Trintignant, est un plus évident au récit. Il a fuit sa famille pour devenir médecin en hôpital mais il a fuit sa première femme, son premier enfant et ne cesse de s’évader tout en donnant une image propre sur lui. Il n’arrive pas à aimer, à s’attacher, il est cassé de l’intérieur.

Une excellente scène réunit l’adolescente jouée par Fantine Harduin à un Jean-Louis Trintignant, au sommet. Deux individus que 72 ans séparent, que rien ne rapproche, qui ne s’intéressent pas l’un à l’autre, ont deux points en commun. Ils sont francs l’un avec l’autre là où tous les autres se cachent et se mentent. Et ils en ont assez de cette vie, l’une beaucoup trop tôt et l’autre parcequ’il en a fait le tour. Leur échange est à la fois cruel et clinique, sans aucun fard, juste un réalisme abyssal sur le sens de leur vie. Si c’est le dernier rôle de Trintignant, ce sera une sortie par le haut après le déjà excellent « Amour« .

Haneke est cinglant de bout en bout mais il lui manque peut être un certain liant entre les scènes qu’il colle les unes aux autres telles des vignettes. C’est probablement volontaire mais ceci rend son film peu aimable, abrupte comme ses personnages là où un Claude Chabrol aurait été plus rond. On reproche toujours à Haneke son côté austère. Ses détracteurs n’aimeront donc pas. Mais l’ironie du film est d’une grande classe car elle ne donne aucune leçon et se contente de regarder et de nous donner à voir, calmement un monde de repères s’effondrer.

La piste aux lapins :

3,5 lapins

 

 

 

 

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« Nos Années Folles » d’André Téchiné – critique du Blanc Lapin

24 septembre, 2017

André Téchiné avait ému tout le monde avec son magnifique « Quand on a 17 ans » en 2016.

Dès lors le voir faire jouer deux formidables acteurs que sont Pierre Deladonchamps et Céline Sallette dans une histoire vraie aussi surprenante et un film en costumes ne pouvait que réjouir les cinéphiles.

Alors que Paul est envoyé au front durant la première guerre mondiale, alors qu’il est fou amoureux de Louise, sa femme, ce dernier décide au bout de deux ans de tout faire pour échapper au massacre et retrouver son épouse.

Il déserte et Louise trouve le stratagème de le travestir en femme. Sauf qu’il se prend au jeu, même dans le Paris d’après guerre des Années Folles…

Et là la déception est sévère. Car en fait, les acteurs ont beau être très bons et crédibles, on a du mal à percevoir la fièvre de Paul/Suzanne à tomber dans le plaisir et surtout pourquoi ? En effet, ce type amoureux fou devient soudainement bi-sexuel sans aucune raison particulière, son épouse trouvant cela parfaitement normal parcequ’il se transforme et qu’elle l’aime. Et c’est peut être possible en vrai sauf que moi je n’y ai pas cru une seconde et çà, c’est très très emmerdant. Peut-être Téchiné aurait-il dû être plus trash pour montrer le sexe et moins dans la pudeur mais là vraiment, çà fait fake et surtout le scénario manque d’explicatif psychologique. Que ce type décide du jour au lendemain de faite le tapin au Bois de Boulogne c’est juste incompréhensible.

En fait il y a des incohérences temporelles tout du long du film. Elle est enceinte puis plus puis de nouveau. Mais bon Téchiné n’est pas Chistopher Nolan pour jouer ainsi avec le temps.

Le résultat est frustrant et surtout il est fade. On ne se prend pas d’émotions pour les personnages ni pour ce qui leur arrive.

C’est hélas un ratage et c’est bien dommage parceque j’aime Téchiné et ses deux acteurs. Mais cette fois-ci l’alchimie s’est évaporée je ne sais où. J’en suis navré car je voulais aimer ce film.

La piste aux Lapins :

2 étoiles

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« Good Time » de Ben Safdie, Joshua Safdie avec Robert Pattinson – critique du Blanc Lapin

24 septembre, 2017

Les frères Safdie ont agréablement surpris lors de la présentation de leur film « Good Time » en compétition officielle à Cannes cette année.

Tout d’abord il faut noter l’omniprésence d’un Robert Pattinson méconnaissable, qui casse encore et encore l’image lisse de Twilight en se construisant une carrière rigoureuse de Cronenberg (Cosmopolis et Maps to the Stars) à James Gray (Lost City of Z) en passant par David Michôd (The Rover).

Le film lui, est construit comme une course contre la montre d’un paumé de la vie, qui à la suite d’un casse qui se termine mal, voit son frangin attardé mental emprisonné à cause de lui. Il tente alors de tout faire pour le sauver mais c’est un loser, un grave loser.

Le personnage est attendrissant car même si il arnaque tout le monde et tente de survivre comme il peut, il aime profondément ce frère qui a l’âge mental d’un garçon de 5 ans.

L’histoire a des côtés pathétiques et burlesques par cette déchéance de personnages qui vivent dans cette misère du Queens et qui se font avoir. On rit jaune de la malchance du personnage, de la pauvreté intellectuelle de certains protagonistes ultra naïfs, de l’avilissement de la télévision qui hante le moindre foyer…le sentiment qui s’en dégage est triste mais pas plombant pour autant.

La mise en scène parait parfois improvisée pour mieux surprendre et faire rebondir cette curieuse cavale.

La piste aux Lapins :

3 étoiles

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« Mother ! » de Darren Aronofsky – critique du Blanc Lapin

18 septembre, 2017

Darren Aronofsky est certes l’un de mes chouchous, il est certes extrêmement doué…mais il a le don pour se faire des détracteurs qui le critiquent avec animosité. On lui a reproché son « Requiem for a dream » tape à l’oeil, son « The fountain » complètement perché où une partie de la presse considérait qu’il se masturbait intellectuellement et de façon pompeuse. Moi personnellement, j’adorais. Puis « The Wrestler » et « Black Swan » furent mieux accueillis… »Noé » fut un ratage partiel que pour le coup, je partage…et voici son nouvel opus qui divise à son tour public et critique.

« Mother! » est un film somme de l’œuvre d’Aronofsky, d’une ambition tant formelle que thématique assez délirante. C’est un film sans concession, qui pousse très loin le délire en se référençant très largement au « Rosemary’s Baby » de Polanski pour pousser les thèmes chers au cinéaste, la création, la réincarnation, l’addiction, la religion etc…

Avec autant d’universalité et d’ambition dans un propos volontairement ultra radical, il est normal qu’il provoque autant de haine chez les critiques qui n’ont rien capté à sa démarche et préfèrent le traiter de tous les noms, le parer de snobisme surfait et de pas s’attarder sur l’une des réussites majeures de cette année.

Aronofsky n’a pas peur du ridicule et fonce droit dans une horreur fantastique bourrée à mort de symboles. Car oui, il faut un certain courage pour livrer une fable à multiples lectures et risquer la volée de bois verts qu’il vient de se manger. Le film est dément et dévore le spectateur de son angoissante thématique. On est perdu entre cauchemar et symbolisme, ne sachant pas vraiment où veut nous emmener le metteur en scène. Certains diront « tout çà pour cela ? », oui mais justement, Aronofsky déchaine les passions comme son écrivain égotique joué par l’immense Javier Bardem  intrigue autant qu’il fascine. Est-il un démon ? un Dieu ? un simple artiste ? Le réalisateur donne certaines clés mais pas toutes pour laisser à son film protéiforme le soin de gangréner son interprétation par le spectateur.

Le film est effrayant, fascinant que vous le détestiez ou que vous en sortiez bluffé, en tout cas il ne laisse pas indifférent. Et c’est aussi pour cela qu’on se bouge dans un cinéma. Pour être surpris, de colère ou d’admiration, et c’est au final le but du film…vous provoquer en espérant que vous tombiez du bon côté.

Les visions radicales du réalisateur forcent le respect.

La piste aux Lapins :

4 étoiles

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« Le Redoutable » de Michel Hazanavicius – critique du Blanc Lapin

18 septembre, 2017

Michel Hazanavicius est doué pour le pastiche, la pantalonnade et les bons mots, même si « The Artist » était muet.

Ici, il décide de montrer sa version de Jean-Luc Godard, cinéaste autant adulé que détesté.

Il ne s’agit pas d’un biopic mais bien d’une vision d’un homme qui en quelques chefs d’œuvres avait mis le monde des critiques et une partie du public à ses pieds et qui tourna le dos à ces derniers en même temps qu’il faisait sa révolution.

On va donc suivre dans le Paris de 1967, un cinéaste amoureux, qui fait tourner Anne Wiazemsky, à peine 20 ans et lui 37, dans « La Chinoise« , qui ne trouvera ni son public ni sa critique et marquera un tournant dans sa carrière.

Car c’est aussi mai 68 qui se profile et Godard va s’engouffrer dans les idéaux de l’époque jusqu’à devenir un jusqu’au-boutiste détesté de ses propres admirateurs, de ses propres amis à force de leur cracher dessus et de renier tout ce qu’il a fait, tout ce qui a précédé.

Certes le film d’Hazanavicius se prend souvent de facilités en tombant dans le comique, agréable certes, mais souvent trop taquin. Cependant il arrive à capter quelque chose de rare, à savoir le basculement d’un artiste dans un isolement, un enfermement artistique mortifère.

Certains adorateurs de Godard considéreront qu’au contraire, il mena sa démarche artistique envers et contre tous. Personnellement, le film m’a permis de mieux comprendre cette cassure dans la filmographie de l’artiste. Car oui j’ai adoré les premiers Godard, de « A bout de souffle« , « Le Mépris« , « Pierrot le fou » à « Masculin, féminin« …et puis on a perdu Godard, tout du moins celui-là et après je me suis terriblement emmerdé en regardant ses films et j’ai finis par décrocher comme une grande partie du public et de la presse. Il existait toujours des irréductibles pour défendre sa radicalité mais pour moi très honnêtement, je n’y voyais plus du cinéma car lorsque l’artiste ne s’adresse plus qu’à lui, alors çà devient compliqué.

C’est aussi pour cela que « Le Redoutable » présente un certain charme. Il montre un amour qui se ternit et meurt, peut-être aussi celui du réalisateur pour un auteur qu’il adule pour ses premiers éclats géniaux et qu’il a finis par lâcher comme beaucoup. C’est une histoire un peu triste. Godard n’est pas montré à son avantage car il se comporte souvent comme un con égoïste. Un con amoureux certes mais autiste. Mais au moins Hazanavicius tente une explication du désamour qui naquit pour ce cinéaste qui reste et restera l’un grands metteurs en scène du 20ème siècle, perdu un jour dans ses propres délires.

La piste aux Lapins :

3,5 lapins

 

 

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« Death Note » de Adam Wingard – critique du Blanc Lapin

10 septembre, 2017

L’idée d’adapter de nouveau le célèbre manga japonais de Tsugumi Ohba n’était pas dépourvue d’intérêt puisque les versions japonaises étaient franchement mauvaises.

Que Netflix s’y attelle et balance un bon gros budget était donc une bonne nouvelle.

Pour rappel, le concept est simple, on suit un lycéen qui trouve un carnet doté d’un pouvoir surnaturel. Lorsqu’il inscrit le nom de quelqu’un sur le carnet, ce dernier meurt comme il l’a décrit.

Sauf qu’évidemment, le jeune homme, poussé par un démon qui passe le livre de détenteur en détenteur, va vite perdre les pédales.

Et Death note permet de faire un 1er constat sur les productions Netflix. Pour l’instant, c’est franchement 80% mauvais. Seul « Okja » de Bong-Joon Ho était d’une grande qualité. On peut espérer que les productions à venir avec de grands noms comme Scorsese, les Coen, Duncan Jones relèvent le niveau.

Ici le film fait le miracle d’être encore plus nul que les versions asiatiques, avec un budget dix fois supérieur. Certes, les acteurs jouent assez mal et ont le charisme d’une demi douzaine d’huitres avariées. Certes, on devine la fin de l’histoire au bout de 15 minutes. Certes, il n’ y a aucun suspens. Certes, l’antagoniste est à exposer contre les murs et les incohérences sur ses interventions sont multiples tant le film coupe dans l’histoire, longue, du manga. Il n’ y a aucune magie, une noirceur de films pour ados un peu cons.

Le problème c’est que le manga est excellent et qu’il n’ y avait pas de raisons de rater le coche si de vrais scénaristes avaient été embauchés.

L’autre problème est que Netflix envisage une suite. Déjà que le 1er est horriblement chiant et affligeant, j’ai peur que la plateforme grille ses sousous pour rien. Enfin je ne verrai pas la suite. J’éviterai ainsi de perdre deux nouvelles heures précieuses d’une vie bien trop courte.

La piste aux Lapins :

Bad

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« Seven Sisters » de Tommy Wirkola – critique du Blanc Lapin

10 septembre, 2017

Le Pitch : 2073. La Terre est surpeuplée. Le gouvernement décide d’instaurer une politique d’enfant unique, appliquée de main de fer par le Bureau d’Allocation des Naissances, sous l’égide de Nicolette Cayman.

Ce film  Netflix, qui sort curieusement en salles en France alors que la plateforme de streaming l’exclue du circuit ciné ailleurs dans le monde, a un premier mérite, celui de revoir Noomi Rapace, qui depuis deux ans galère un peu. Si son étoile pâlît mais que vous l’adorez, vous allez donc la voir sept fois.

Si l’exercice de la multiplication n’est pas nouveau et pas non plus ultra original compte tenu de la caractérisation bien marquée de chaque sœur, le film est tout de même divertissant.

Disons que c’est de la SF qui digère plein de codes de films passés avec pas trop de balourdises et parfois quelques surprises même si la fin est balisée et qu’on la voit arriver de loin.

C’est un bon petit film du dimanche soir sans plus d’ambition que cela, bien ficelé, vite oublié.

La piste aux lapins :

3 étoiles

 

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« 120 battements par minute » de Robin Campillo – critique Blanc Lapin

27 août, 2017

Le Grand Prix du dernier festival de Cannes, qui a bouleversé la Croisette sort enfin et c’est un film important.

La première réussite est la direction d’acteurs de Robin Campillo, qui a été membre d’Act Up et çà se sent profondément dans le détail des échanges entre les protagonistes. Le lieu récurrent est donc l’amphithéâtre dans lequel l’association d’activistes se réunissait chaque semaine afin de discuter des actions à mener pour sensibiliser l’opinion publique, faire de la prévention contre le VIH et bousculer l’état, les corps intermédiaires peu actifs et les laboratoires.

La justesse et le naturel du jeu des acteurs qui s’invectivent et discutent de fond est bluffante. Bien sûr l’histoire d’amour entre le très attachant personnage joué par Nahuel Perez Biscayart et le garçon plus en recul joué par Arnaud Valois, permet au film d’avoir une ossature et un fil directeur. Mais l’ensemble des acteurs donne corps à cette rage qu’avaient les militants de réveiller les consciences et de choquer le public endormi. D’ailleurs le film montre très bien des homos qui début des années 90 fustigeaient le comportement d’Act up car ceci les dérangeaient, leur faisait peur et ils préféraient se voiler la face et nier la réalité de l’épidémie. D’autres scènes montrent l’incrédulité des adolescents dans les lycées, l’irresponsabilité des adultes refusant de parler de sexe et de capotes quitte à mettre en danger la jeune génération. Act up dénonçait le retard considérable que les campagnes de préventions mirent à s’installer. On y voit même une homophobie violente de jeunes filles préférant considérer que c’était une maladie réservée aux Pd.

Robin Campillo nous fait revive ce parcours d’une bande dont la plupart étaient séropositifs, de leurs divergences d’opinions, de leur volonté d’agir et de combattre plutôt que de laisser la maladie s’installer et les emporter. A l’image de Nahuel Perez Biscayart, le film fonctionne comme une force portée par des êtres humains qui n’ont rien à perdre.

Le film est politique, romanesque, à la fois porté par l’espoir d’obtenir des avancées et l’immense tristesse face à la disparition de certains. Mêlant la joie de la gay pride ou de relations amoureuses, l’humour des activistes, la colère de leurs actions ou de leurs débats, « 120 battements par minute » nous déchire aussi et nous tire des larmes lorsque le rideau tombe sur certains. Mais il le fait sans mélo, sans violons, juste porté par ce jeu encore excellent des protagonistes, dont la sincérité crève l’écran de réalisme.

Et puis le film a un scénario très bien construit, allant du collectif vers son couple de héros, de la force du groupe à la solitude face au déclin et c’est particulièrement fin dans la mise en abîmes.

« 120 battements par minute » est parsemé de morts mais il respire le désir de vivre et c’est ce qui fait que c’est un très grand film. Il vibre de la palpitation de ses héros qui ne veulent pas se laisser aller au déterminisme d’une maladie dont certains se foutent car elle vise les Pd.

Le film est passionnant de part ce qu’il décrit de cette lutte, emballant par sa vigueur et l’énergie des personnages, très émouvant et il aurait mérité la palme d’Or.

Il restera l’un des plus beaux films de l’année, digne, fier, et bouleversant.

La piste aux Lapins :

5 étoiles

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« Valérian et la Cité des Mille planètes » de Luc Besson – critique du Blanc Lapin

27 août, 2017

Je vais peut être vous surprendre mais j’ai trouvé le nouveau Besson moins pire que ce que je ne pensais. Bien sûr, l’animal est toujours doué pour la mise en scène, son univers SF est bourré d’imageries et de designs assez bluffants dont bien des blockbusters américains pourraient s’inspirer.

Ce cinquième élément 20 ans après et beaucoup plus cher a donc déjà son univers de réussi et s’avère être un bon divertissement trèèès grand public.

C’est fun et coloré, gentillet bien sûr mais bon çà, il ne faut pas s’attendre à du Bergman.

Et puis le scénario est un peu moins con que d’habitude chez Besson, qui sait très mal écrire et refuse obstinément de laisser d’autres se charger de ses scenarii, ce qui est à mon avis la grave erreur de sa carrière. Bon je vous rassure,on comprend très vite la fin …

L’apparition de Rihanna et Ethan Hawke ne cassent pas trois pâtes à un canard mais ce n’est pas raté non plus. C’est juste simpliste.

Le seul truc, c’est qu’au bout d’un moment j’ai trouvé çà too much, trop riche en effets visuels, en bestiaire délirant et parfois indigeste pour la rétine. Car oui, si le budget est pharaonique, on ne peut pas dire que Besson se fout de son public, çà se voit à l’écran et il en met plein la vue.

Donc Besson réussit son pari d’un spectacle différent des blockubusters américains, inventif visuellement, sincère de la part de son auteur et c’est déjà une réussite. Après, le film a plus des aspects de fête foraine que de long métrage dont on retiendra quelquechose.

La piste aux Lapins :

3 étoiles

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« La planète des singes, suprématie » de Matt Reeves – critique du Blanc Lapin

23 août, 2017

Alors que le 1er épisode avait surpris tout le monde de part la qualité des effets spéciaux, de l’intrigue et de la mise en scène, le second film de cet immense préquel au chef d’oeuvre de 1969, m’avait un peu déçu. Matt Reeves, qui reprenait le flambeau avait livré un très bon divertissement hélas trop centré sur l’action et surtout terriblement manichéen dans l’archétype des personnages.

Ce défaut est toujours présent dans ce troisième volet mais il devient secondaire grâce à la mise en scène peut être moins épileptique et surtout une histoire bien plus écrite.

Comment César devient la légende des singes qui les amène et se libérer des derniers hommes ? Tout un programme et aussi une explication logique à la montée en puissance d’une race au détriment d’une autre.

Le film s’inspire des nombreux bijoux du genre film de prison et évasion et apporte même une touche d’humour totalement absence auparavant. Il va même jusqu’à citer balourdement Apocalypse Now et faire référence plus finement à la Shoa.

Enfin, Andy Serkis donne encore une fois à la technique de motion capture toutes ses lettres de noblesse tant son César transpire le réalisme.

« La planète des singes, suprématie » est surtout un film de SF qui ne prend pas ses spectateurs pour des demeurés et leur apporte divertissement et réflexion sur la place de l’homme sur cette planète et son bref passage à l’échelle du temps.

La mise en scène est inspirée et suit des singes désespérés et totalement mus par leurs émotions. Il est d’ailleurs assez bluffant de s’attacher aux personnages à ce point alors que le rôle des humains est basique, et les dialogues rares et remplacés par des traductions de langage des signes.

Pour une fois, la reprise d’une franchise culte est digne et même supérieure à l’original. Le blockbuster n’est alors jamais aussi bon que lorsqu’il parle en miroir de notre société où l’empathie est moquée et où l’entraide laisse la place à des peurs primales, à travers des évènements quotidiens que l’actualité nous démontre.

Le film est sombre et très réussi.

La piste aux Lapins :

4 étoiles

 

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