Archive pour la Catégorie 'Films – critiques perso'

Cannes 2013, Bilan à mi parcours

Voici un premier bilan à mi parcours de l accueil critique des films présentés au festival de Cannes cette année. Votre blanc lapin préferé s’est fait fort de regarder à droite à gauche ce qu »on pensé les chanceux critiques présents sur place…car quand on lit de loin tout celà, on a du mal à comprendre qui a des chances de remporter la palme et quels bons films nous seront servis dans l’année…à la suite de ce qui reste le plus complet et prestigieux festival de cinéma au monde.

Quatre des huits films déjà présentés ont peu de chances de repartir avec un prix.

« Heli « de Amat Escalante a séduit quelques critiques mais recueille globalement les pires notes de la presse internationale.
François Ozon subit un peu le même accueil réservé aux premiers films en compétition. Son « Jeune et jolie« , sur une jeune femme de 17 ans qui se prostitue pour le plaisir, a dérouté. Moins provocateur que prévu, le film a ému mais aussi déçu certains. D’autres considérent que c est le meilleur Ozon. Ca sent l’absence totale au palmarès et des critiques qui se rattraperont de leur dureté lors de la sortie fin août, comme c est hélas souvent le cas.
« Jimmy P » de Arnaud Desplechin avait tout pour séduire. Une histoire et un casting de luxe avec Mathieu Amalric en thérapeute d’un indien campé par Benicio Del Toro. Hélas le film laisse de marbre la presse et reproche à Desplechin de livrer une chronique un peu trop désincarnée, théorique et parfois ennuyeuse.

Enfin « Borgman » raconte l’histoire d’un type qui débarque dans les rues d’une banlieue bourgeoise et sonne à une porte. Qui est il ? On n’en sait rien mais il va apporter le trouble, la peur avec un humour noir qui a plu à certaines critiques, dont quelques unes osant le parallèle avec le « Funny Games » de Haneke. Mais la plupart trouvent que le film s’essouffle et ne tient pas les promesses d’un début ambalant.

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Le premier film ayant un chance de figurer au palmarès est « Tel père, tel fils » du Japonais Hirokazu Kore-eda (Nobody Knows, Still Walking). Son film n’a pas fait l’unanimité mais pourrait bien plaire à Steven Spielberg. Un architecte obsédé par sa reussite professionnelle est père d’un enfant de 6 ans qu’il élève heureux avec son épouse, jusqu’au jour où il apprend que son vrai fils a été échangé à la maternité avec l’enfant qu’il croit être le sien. La douceur de Kore Eda a touché certains critiques mais en a agacé d’autres qui voient beaucoup de clichés et de facilité dans ce film un peu trop consensuel. Le film a clairement divisé mais Nicole Kidman semble avoir adoré et Spielberg est quand même balaise en sirop quand il s’agit d’émotions, les reproches ne devraient donc pas l’empecher de récompenser ce film.

« A Touch of Sin » du chinois Jia Zhang-Ke recueille la meilleure moyenne du panel de journalistes du magazine Screen. Mais là aussi aucune unanimité avec de fervents détracteurs du long métrage.

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En fait deux films font pour l’instant l’unanimité. « Le passé » de l’iranien Asghar Farhadi (dont vous retrouverez la critique ici dès demain), confirme qu’apres son ourse d’or il y a deux ans pour « Une Séparation« , le réalisateur n’a rien perdu de sa force en tournant en France avec Berenice Bejo, apparamment excellente et Tahar Rahim.

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« INSIDE LLEWYN DAVIS » de Joel et Ethan Coen marque le retour en super forme des géniaux frangins, papes du ciné indépendant américain et chouchous du festival depuis leur palme d’or pour « Barton Fink ». Alors peuvent ils renouveler l’exploit ? Tout dépendra des films presentés dans les jours qui viennent car pour l’instant, la presse est dithyrambique.
Les Coen s’intéressent à un chanteur folk du Greenwich village des années 60, qui tente de percer. Oscar Isaac est visiblement brillant et chante très bien car oui, les Coen font chanter leurs acteurs, pour de vrai ! Alors bien sur il s agit d’un looser magnifique comme toujours chez les Coen mais la presse relève que l’humour est toujours aussi corrosif, malgré une bande annonce assez terne.
Justin Timberlake confirme lui aussi ses choix de qualité en tant qu’acteur aux cotés du fidele John Goodman ou de la fort charmante Carey Mulligan. Bref, les Coen arrivent à surprendre, à toujours être à un niveau excellent d’ériture.

Mais la compétition continue et réservera probablement des surprises et bouleversements dans ce classement avec le dernier Soderbergh, BEHIND THE CANDELABRA, l’ultra attendu ONLY GOD FORGIVES de Nicolas Winding Refn, de retour avec Ryan Gosling, deux ans apres Drive, le film de vampires du trop rare Jim Jarmusch avec Tilda Swinton, ONLY LOVERS LEFT ALIVE, le NEBRASKA d’Alexander Payne, que je trouve surestimé, le possible challenger MICHAEL KOHLHAAS d’Arnaud des Pallières, « La Venus à la fourure » de Polanski et enfin le premier film historique du génial James Gray, « The immigrant ».

Section Un certain regard, on notera que « the bling ring » de Sophia Coppola a divisé comme habitude entre les afficionados et ceux agacés par les pauses de la réalisatrice et ses sujets qui tournent en rond autour de gosses de riches largués.   »L’inconnu du Lac » d’Alain Guiraudie semble être un thriller gay noir et très sexe qui a bluffé pas mal de festivaliers. Il traite de la fascination d’un homme pour un plus jeune qui pourrait bien être un serial killer.

Niveau Quinzaine des réalisateurs, « Le congrés » de Ari Folman a très fortement déçu, le retour du réal de Valse avec Bachir, semblant donc ampoulé et confus, après une première partie pourtant inspirée.

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Autre excellente surprise, le documentaire sur le Dune de Jodorowsky qu’il a failli adapter dans les années 70 (voir ici mon papier sur le sujet). J’adore la série de livres Dune et je n’ai pas aimé la version de Lynch…alors découvrir ce que ceci aurait donné avec Salvador Dali, Orson Welles, Mick Jagger, les Pink Floyd, ou Moebius, forcément, ca intrigue. Et visiblement le documentaire est passionnant et très drôle. Après « Lost in la mancha » et « L’enfer d’Henri Georges Clouzot« , voici un autre très bon docu sur un film fantasmé qui ne verra jamais le jour !

Voilà, le blanc lapin vous fera un second point sur l’accueil des candidats à la palme d’or dans la semaine…

Paul Thomas Anderson embauche Benicio Del Toro et Owen Wilson dans son « Inherent vice », mixte de Las Vegas Parano et The big Lebowski

Paul Thomas Anderson, l’un de mes grands chouchous et l’un des très grands de sa génération (« there will be blood », « boogie nights », magnolia »), va sortir en janvier en France son film inspiré du créateur de la scientologie, « The Master« , tout bonnement excellent (voir ma critique ici).

Il souhaitait ensuite adapter « Inherent Vice », un livre suivant un détective privé dans les années 60, détective peu consensuel et adict à l’herbe. L’histoire est visiblement bien barrée et a des relents de « las vegas parano ».

Initialement, Paul Thomas Anderson voulait Robert Downey Jr en rôle titre, multirécidiviste des drogues. Le brillant acteur fou s’est désisté mais Joaquin Phoenix le remplacera et retrouvera donc Anderson juste après avoir brillé dans « The Master », encore sur vos écrans !

Anderson confirme la bonne avancée du projet et espère le tourner dès 2013 !

Son adaptation serait très fidèle au livre, contrairement à son travail sur « There will be blood ».

Son casting devrait être hyper classe puisque outre Reese Witherspoon, qu’on vient de voir méconnaissable dans « MUD », Owen Wilson, fidèle de Wes Anderson et acteur génialement débile intègre aussi le cast.

Charlize Theron serait en pourparlers.

Mais le plus drôle est que ce film présenté comme un mixt de The big Lebowski et Las Vegas Parano, devrait intégrer le génial Benicio Del Toro en avocat et conseil du héros, soit un rôle qui fait penser à celui qu’il tenait dans Las Vegas Parano…

Bref, ça sent très très bon…

Voici le pitch pour vous donner envie …« Los Angeles, 1970. Le rêve hippie est ébranlé par les folies de Charles Manson et une guerre traumatisante au Vietnam. Doc Sportello est un détective privé d’un genre particulier : il vit sur une des plages de la ville, est un adepte du joint bien roulé, et, à l’occasion, du trip intersidéral à l’acide. Avec son meilleur ennemi, le flic Bigfoot, il enquête sur l’étrange disparition du milliardaire Mickey Wolfmann. Tous deux ont de bonnes raisons de vouloir tirer au clair cette affaire… »

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« Mud » de Jeff Nichols – Critique du Blanc Lapin

 

Pour être très franc, je suis allé voir « Mud » pour deux raisons. L’excellent accueil critique et le fait que mon meilleur ami ait été touché. Car de Jeff Nichols, j’avais surtout le très mauvais souvenir de « Take shelter« , sorti l’an dernier, encensé également par la presse et qui m’avait très sérieusement ennuyé.

Cette « seconde chance » donnée à Nichols fut donc la bonne. « Mud » est un récit initiatique sur le passage de l’adolescence au monde adulte mais ce n’est pas que celà.

On a un peu peur tout au long du long métrage qu’un cliché surgisse à un moment et rompe le charme de ce bel équilibre, fragile, cette belle histoire d’amitié entre un marginal fou amoureux d’un amour impossible et deux gamins de 14 ans qui, en cherchant de l’aventure, finissent par la trouver et même par apprendre bien plus encore.

Ils se font défenseurs d’une histoire qu’ils fantasment car ils ne connaissent rien des rapports amoureux, ils ne font que les deviner au travers des relations entre leurs parents, ou de leurs premiers tâtonnements avec les filles. Ils y vont avec cet aplomb du jeune homme qui ne connait rien mais qui veut être un homme et le prouver, même si ses sentiments d’enfant le rattrapent souvent pour lui rappeler que la vie d’adulte c’est rude, enfin, en tout cas, çà en a sacrément l’air. Et du panache, Matthew McConaughey en a sacrément lui aussi. Cet acteur plutôt cantonné aux rôles fadasses quand il était le beau blond jeune premier, a su en quelques rôles décoller, à l’approhe de la quarantaine. Il incarne à la fois toute la naiveté d’un gamin qui s’est élevé tout seul en pleine nature, bercé de bien des illusions, et cet homme mur façonné par cette nature sauvage et ses multiples déceptions avec la femme de sa vie. Cet amour impossible est l’un des arcs scénaritisiques vraiment touchants du film. Un récit sans pathos, avec une économie de mots par moments, car les situatons parlent d’elles mêmes.

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Le fait de faire découvrir au spectateur l’identité de ce Mud par le regard admirateur de ces deux ados est excellente. Ils cherchent à devenir des hommes et voient donc forcément ce mystérieux Mud à travers le prisme de leurs aspirations propres, de leur idée de la virilité, de leur espoir dans une pureté de l’amour homme-femme, dans l’idée que les sentiments sont immuables, sauf qu’ils ne le sont pas. La prise du temps abime bien des choses et les plus naifs en sont pour leurs frais. Mais loin de tout cynisme, le film porte sur ses épaules un regard tendre sur cette découverte de l’envers du décors des adultes.

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Le long métrage pourrait avec ces seuls ingrédients, cette seule utilisation de la nature comme personnage à part entière (comme dans Take shelter), suffire à sa réussite. Sauf que les seconds rôles sont tout aussi bons, de Mickael Shannon en oncle sympa à Sam Shepard en vieil homme qui a lui connu les déceptions jusqu’au bout du bout. Le rapport père fils constitue lui aussi une histoire secondaire qui donne un relief au tout. Sans crier gare, Jeff Nichols, y aborde l’incommunicabilté entre un père et un fils dont la pudeur virile se fendille, confrontée à l’impuissance du père à sauver son couple. Ce dernier ne peut prouver qu’il est porteur d’un projet qui puisse motiver son épouse et sauver du naufrage l’échec de leurs rêves, de leurs aspirations qui se sont éloignées, confontés au mur du quotidien. Et puis « Mud » montre deux adolescents découvrant que le temps détruit les plus belles histoires, eux qui ne rêvent que d’aventure et d’idéal et pour qui « Mud » incarne un peu tout celà. Cette projection qu’ils se font du futur, de ce que c’est qu’être homme, est d’autant plus touchante qu’elle est faite avec retenue, comme les personnages, pour qui montrer n’est pas franchement un truc de mecs. La mélancolie de ce récit d’aventure vous touchera probablement. A brasser des thèmes aussi universels, Nichols aurait pu sombrer dans un mélo chiant, sirupeux et démonstratif. Il n’en n’est rien. Au contraire, on ressort plus léger de cet exercice d’équilibriste particulièrement réussi.

 

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« Trance » de Danny Boyle – Critique du Blanc Lapin

Le pitch : un jeune commissaire priseur est complice du vol d’une oeuvre de Goya mais au cours du vol, les choses tournent mal et il perd la mémoire. Ses ex complices vont tout faire pour retrouver cette dernière car avec elle s’est envolée la toile…une femme spécialiste de l’hypnose va tenter d’y remédier…

Après l’excellent « 127 heures« , Danny Boyle a choisi de mettre de côté tous ses autres projets dont « 28 mois plus tard » ou la suite de « Trainspotting » pour se concentrer sur un thriller, tourné en 2011 puis monté un an plus tard, après qu’il en ait eu terminé avec la cérémonie d’ouverture des  JO de Londres.

Est force est de constater que Boyle n’a pas perdu la main et revient en très grande forme, avec un retour aux sources, celui de la comédie noire qui fut son premier succès, « Petits meurtres entre amis« . Ici, c’est moins le côté immoral du récit qui est mis en avant mais cette même noirceur et cette même ironie donne aux deux longs métrages un goût de parenté.

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Sauf qu’entre temps, Danny Boyle s’est essayé au film de zombie, au film de Sf, au film hommage à Bollywood et qu’il maitrise encore mieux ses talents de mise en scène. Comme toujours la bande originale est excellente et le travail sur les effets visuels, quasi clipesque, qu’on a pu lui reprocher, est toujours aussi présent, mais au service de son histoire.

Le film est malin et se tourne et se retoune comme prévu entre twist scénaristiques qu’on attend de découvrir mais qui arrivent à surprendre. Boyle sait que son public est averti, il joue donc avec lui d’autant mieux que les codes du thriller et les codes de son propre cinéma ont été défrichés depuis longtemps. James McAvoy et Vincent Cassel sont parfaits. Je suis content de voir Cassel poursuivre sa carrière internationale avec brio. Fâce à eux, Rosario Dawson assure grâve et pas que physiquement.

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Le film est brillant car il se déroule sans temps morts, sans certitude sur qui manipule qui et avec des ruptures de tons soulignées par la mise en scène habile mais jamais tappe à l’oeil. Mais surtout Boyle n’use jamais de facilité, à aucun moment il ne laisse une grosse ficelle porter l’histoire d’une rive à l’autre. Le suspens est total car le jeu des possible est ouvert, multiple. Et puis toujours pour retourner à Trainspotting ou Petits meurtres entre amis, chaque personnage a la caractéristique d’être protéiforme, ni bon ni mauvais ou tout du moins, on ne sait jamais vraiment jusqu’au bout du bout.

J’attend donc avec toujours le même enthousiasme le prochain opus du réalisateur britannique, quel que son soit le projet, il aura le respect du travail ultra bien ficelé. Son film est une vraie réussite.

La notation du Blanc Lapin :

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« Stoker » de Park Chan Wook – critique du Blanc Lapin

Sur un scénario de Wentworth Miller (celui de Prison break, oui, oui!), le maitre coéren à l’origine des brillants Sympathy for Mister Vengeance ou Old Boy, passe donc à Hollywood pour son premier long américain.

Le film ne fait visiblement pas l’unanimité. Pourtant, dès les premières images, le génial réalisateur marque sa présence par un style qui a du chien, avec une violence tappie prête à bondir à tout moment.

Ce qui marque c’est bien cette mise en scène de très haute volée au service d’un seul but, la tension et le mystère qui entoure cet oncle pervers qui vient habiter chez sa belle soeur et sa nièce à la mort de son frère. Matthew Goode était un choix parfait, avec son beau visage au sourire énigmatique et son allure de dandy. Nicole Kidman a certes droit à une scène très Oscar « regardez comme je joue face à la caméra » mais c’est un peu la rançon du succès.

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A force de la voir exceller, ses prestations sont encore plus regardées de près et on en oublierait presque le niveau qu’a atteint l’actrice depuis 15 ans. Bon en revanche niveau botox, ça se voit….son visage est un peu trop de cire et c’est bien dommage. Quant à Mia Wasikowska, elle confirme qu’elle est l’une des actrices indispensables du moment. A seulement 23 ans, sa carrière est déjà bien remplie car elle fait des choix exigeants.

Le trio d’acteurs est donc parfait et peut se mouvoir avec aisance dans ce superbe écrin stylistique que Park Chan Wook semble dédier au Maitre Alfred Hitchcock. On est toujours en plein suspens, on fleurte joyeusement avec l’immoralité des personnages et surtout, on y prend du plaisir, un plaisir coupable, celui de voir une histoire sombre se dérouler devant nous avec classe.

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Park Chan Wook prend dès la première scène un parti pris. Il filme le parcours d’une araignée et dès lors nous incite à tout regarder de très près, maintenant une tension lorsqu’il n’y a rien qui se passe scénaristiquement à l’écran. La perfection de cette mise en scène est bouleversée parfois par des cadrages un peu particuliers ou inhabituels, comme pour montrer que cette maison familiale n’est pas un refuge, que le mal est à l’intérieur. L’atmosphère se fait alors ambigue, perverse et envoûtante à la fois. La sensualité de certaines scènes s’explique par la thématique à peine voilée du film, celui d’une adolescente qui découvre le désir, le sexe et qui passe à l’âge adulte, de façon certes particulière.

Je ne suis donc nullement déçu par ce film que j’attendais depuis trois ans et qui se trouve comme prévu être une réussite et l’un des longs métrages à ne surtout pas louper cette année.

La notation du Blanc Lapin :

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ET la bande-annonce pour vous inciter à y courir !

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« L’écume des jours » de Michel Gondry – critique du Blanc Lapin

 

Michel Gondry a son public d’aficionados émerveillés par « La science des rêves » ou « Eternal sunshine of the spotless mind » et qui souvent l’ont des découverts par ses clips barrés de Björk.

C’est vrai que l’animal a un univers créatif singulier, une signature comme en ont des Terry Gilliam, Wes Anderson, Tim Burton ou Guillermo del Toro. Un réalisateur à l’imaginaire débridé ancré dans les effets visuels de bric et de broc, dans la nostalgie de l’enfance et de la capacité que l’on a tout petit à transformer notre quotidien par le rêve.

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J’ai toujours été sensible à Gondry mais je suis resté souvent sur ma faim, ce dernier ne réussisant pas à terminer ses films, laissant le scénario en roue libre ou s’appuyant trop sur ses délires visuels et pas assez sur un épilogue qui tienne la route. « Rembobinez soyez sympa » en est le cruel exemple, 1/2 heure très bonne puis l’ennui de la répétition.

Adapter Boris Vian relevait de l’impossible. Mais confier le projet à Michel Gondry était logique. Qui mieux que lui pouvait saisir la poésie du roman de Vian et illustrer par l’image les multiples métaphores ?
Seulement voila, passées les vingt premières minutes, le défaut précité de Gondry arrive mais bien plus tôt que d’habitude et surtout bien plus fort. Il y a comme une lassitude rapide devant cet étalage d’effets visuels délirants et charmants au demeurant. A trop montrer un monde irréel et trop appuyer sur l’univers qu’il cherche à reconstruire, il finit par nous détacher des personnages au point que l’on se fout complètement de ce qui leur arrive.

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L’univers de Gondry vampirise le récit et le laisse exempt de toute émotion. Et c’est un comble que la transposition du beau roman de Vian ne provoque aucun sentiment et se contente d’étaler un catalogue de trouvailles visuelles, écrasant de leur omniprésence tout le reste. A trop vouloir assurer le côté poésie, Gondry en a oublié comme d’habitude qu’il avait une histoire, des personnages à qui donner une âme. Romain Duris et Audrey Tautou sont bien trop transparents. L’enfilement d’effets « façon Gondry » tue l’histoire et n’en fait plus qu’un long, très long clip qui quand il se termine, laisse une grande frustration.

Le sens de la tragédie n’est vérirablement pas le fort du cinéaste. Ce défaut d’affect est véritablement le pire hommage que, l’on pouvait rendre à Boris Vian. Michel Gondry s’est planté et c’est agaçant car visuellement son film est splendide.

Notation du Blanc Lapin :

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Cannes 2013, la sélection commentée par le blanc lapin

Cannes 2013, la sélection commentée par le blanc lapin dans Dossiers cannes2013

Thierry Frémaux et Gilles Jacob ont annoncé la sélection des films en compétition pour l’évènement cinématographique de l’année, la compétition la plus prestigieuse au monde, le festival de Cannes 2013 !

Cette année la France et les Etats-Unis sont sur représentés avec quelques surprises comme la sélection de l’actrice Valérie Bruni-Tedeschi en tant que réalisatrice avec Un château en Italie, ou même François Ozon qu’on n’attendait pas avec Jeune et jolie qui traitera d’une prostituée qui fait son métier pour le plaisir. Roman Polanski présentera son « Venus à la fourrure« , adaptation d’une pièce qui traite de domination masochiste avec Mathieu Amalric et Emmanuelle Seigner.

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Arnaud Despleschin était en revanche attendu avec son Jimmy P. porté par l’immense Benicio del Toro et Mathieu Amalric, sur l’amitié entre un indien névrosé et son psychanaliste.

Abdellatif Kechiche, découvert avec « L’esquive » il y a quelques années adapte quant à lui la bande-dessinée « Le bleu est une couleur chaude », histoire d’amour lesbien retitré La Vie d’Adèle.

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Arnaud Despallières présentera Michael Kohlhaas avec Mads Mikkelsen (prix d’interprétation l’an dernier pour La Chasse) sur un marchand de chevaux dans la France du 16ème siècle.

Le Tchadien Mahamat Saleh Haroun reviendra avec « Grisgris », après « Un homme qui crie » présenté il y a deux ans, et suivra un homme paralysé de la jambe qui rêve d’être danseur. Bon, çà risque d’être moyennement fun.

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L’Iranien Asghar Farhadi était lui aussi attendu avec « Le Passé » qui sort en salles dans la foulée, film tourné en France avec Bérénice Béjo et Tahar Rahim. Après le succès critique et public de son ours d’Or, « Une séparation« , le film est un poids lourd de la compétition.

Le japonais Hirokazu Kore-Eda sera présent avec « Like father like son », après avoir enchanté la critique mondiale l’an dernier avec son « I wish« .

Paolo Sorrentino est un habitué de Cannes et malgré l’accueil glacial de « This must be the place » il y a deux ans avec Sean Penn en rock star has been, sera de nouveau en compétition pour « La Grande Bellezza« .

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Enfin trois réalisateurs cultes étaient attendus et seront présents. Nicolas Winding Refn qui après « Drive » et son carton plein critique et public, revient, toujours avec Ryan Gosling, dans « Only God Forgives« , l’un des films les plus attendus de cette année, qui s’annonce comme bien violent.

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James Gray revient après « La nuit nous appartient » et « Two Lovers » avec toujours son fidèle et génial acteur Joaquin Phoenix. Marion Cotillard interprète dans « The immigrant«   une émiggrée  polonaise qui débarque aux USA dans les années 20 et se voit forcée de se prostituer pour survivre. Gray est bien entendu l’un de mes chouchous pour la palme avec Winding Refn.

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Les géniaux Ethan et Joel Coen reviennent pour la huitième fois au moins avec « Inside Llewyn Davis« , et se plongent dans la scène folk et rock des années 60 à New York. Ils n’ont eu la palme d’or qu’une fois pour le brillant « Barton Fink » et deux fois le prix de la mise en scène pour « the barber » et « No Country for bold men ». A noter que leurs deux derniers films, « True Grit » et « A single man » n’étaient pas passés par Cannes.

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Steven Soderbergh qui a annoncé sa retraite et vient de sortir l’excellent « Effets secondaires », n’était pas attendu puisque ce qui doit être son dernier film de sa carrière, « Behind the Candelabra » devait être diffusé en téléfilm sur la chaine HBO. Porté par un Michael Douglas en musicien Liberace et Matt Damon dans celui de son amant, le film a visiblement plu aux sélectionneurs et pourrait de fait sortir en salles.

 

 En sélection « Un certain regard« , nous surveillerons « The bling Ring » de Sophia Coppola, ou « As i lay dying« , adaptation de « Tandis que j’agonise » par James Franco. L’acteur hyperactif est il un bon réalisateur en se frottant à William Faulkner ? Claire Denis et « Les salauds » avec Vincent Lindon et Chiara Mastroianni sera aussi attendue.

Hors compétition, nous aurons droit à « Gatsby le magnifique » par Baz Luhrmann avec Léonardo Di Caprio ! Et ça risque d’être une sacrée montée des marches en ouverture du festival. Guillaume Canet présentera son premier film américain, « Blood ties« , co-écrit avec James Gray et avec Clive Owen, Billy Crudup, Marion Cotillard, Mila Kunis, Matthias Schoenaerts.

Egalement interessant le téléfilm sur Mohamed Ali, par le brillant Stephen Frears, dans « Muhammad Ali’s Greatest Fight« .

 

Alors évidemment il y a des absents, Steve McQueen et son « Twelve Years a slave » avec Brad Pitt et Michael Fassbender, le film de vampires de Jim Jarmusch, « Only lovers left alive » avec Tilda Swinton, ou encore l’adaptation de la Bd « Le tranceperceneige » par le génial Bong Joon-ho, auteur de « Memories of murder » et « Mother ».

Mais peut-être ces derniers ne sont-ils pas prêts et peut être les sélectionneurs nous annonceront ils une sélection in extremis si le montage est terminé à temps.

En effet, il est courant que mi avril, 19 films soient annoncés et qu’il y ait un rajout de un à trois films au dernier moment, comme ce fut le cas pour « The artist » par exemple.

En tout cas, on a hate que ça débute !!!!!

 

 

« Oblivion » de Joseph Kosinski avec Tom Cruise – critique du Blanc Lapin

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Après « Tron l’héritage« , Joseph Kosinski revient avec un film de SF bien mené, très classique dans son scénario mais visuellement somptueux. Tom Cruise a toujours eu du bol avec la Sf avec ses deux incursions chez Spielberg dans « Minority report » et « La guerre des mondes ». Ici, l’acteur fait son job, comme d’hab, il est bon sans être exceptionnel, son visage est retouché par moments pour effacer le poids du temps, Tom ayant la cinquantaine qui commence à se voir. Et puis son rôle lui permet d’être omniprésent et personne ne peut lui faire de l’ombre, ce qui est très important pour Tom Cruise.

Passé ces remarques narquoises, avouons le, « Oblivion » est une bonne surprise. J’étais resté dubitatif face à « Tron l’héritage« , film impressionnant technologiquement mais fatiguant par son absence de scénario et les clichés affligeants qui l’accompagnaient.

Ici, Kosinski s’appuie sur un scénario qui a le mérite de tenir en haleine durant une bonne heure. On se demande en effet ce qui s’est passé sur cette terre dévastée où Jack, seul homme sur terre et qui vit dans le ciel, est chargé d’éradiquer une race extraterrestre et de réparer des machines qui pompent l’eau pour l’envoyer vers d’autres planètes. Les hommes ont fui la terre suite à une guerre avec des Aliens et se sont réfugiés sur Titan. La seule compagnie de Jack est une femme avec qui il couche et qui se charge des transmissions et des aspects techniques de leur veille en liaison avec Titan.

Le film arrive très bien à distiller le doute, les questions tout en conservant un rythme assez lent et inhabituel pour un blockbuster. Un parti pris qui rappelle bien évidemment « Je suis une légende » avec Will Smith où de la même façon, un homme était seul au monde sur une terre où seul le danger demeurait.

« Oblivion » ne va pas seulement s’inspirer de ce prédécesseur plutôt réussi, il va puiser un peu partout ses références dans de la Sf ancienne et même tout récente comme l’excellent « Moon » de Duncan Jones.

Alors bien entendu, ceci peut s’apparenter à du déjà vu, voire du cliché mais quand les références sont bonnes, çà n’alourdit pas non plus le film, au contraire, çà le densifie.

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Et puis « Oblivion » a la même force que « Tron l’héritage » mais en mieux, il est virtuose dans son imagerie et sa mise en scène de l’action. Les images sont superbes à bien des moments et l’aspect aérien de la maison de Jack, de son vaisseau en forme de libellule, les drones en forme de balle, donnent à l’ensemble une identité visuelle très pertinente et spectaculaire. Kosinski opte pour une imagerie épurée et si propre qu’on se demande forcément ce qui reste de l’humanité et où est elle passée. Comme si la perfection entrainait le doute, un choix qui fait mouche.

Le film est donc plus malin qu’on ne le pense, somptueux, mais nous laisse sur une fin un peu trop attendue. C’est un peu dommage que le scénario n’ait pas pris quelques tangentes plus radicales mais ce serait idiot de se gacher son plaisir, « Oblivion » demeure une réussite dans le genre, ce qui est loin d’être courant.

« Effets secondaires » – critique du Blanc Lapin

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Je ne pensais pas pouvoir mettre un jour 4 gros lapins bien assurés à Steven Soderbergh. Il faut dire que l’animal m’a souvent agacé avec sa filmographie éclectique mais très inégale. L’homme est coutumier du fait de sortir un à deux films par an, à tourner plus vite que son ombre, surtout dans les années 2000, pour livrer au final des films malins et roublards mais très moyens au final. Son « Sexe, mensonges et vidéo » lui valu une palme d’or en tout début de carrière pour un film surestimé mais qui comportait déja les limites du réalisateur. Il rêvait de devenir un auteur ultra bankable et s’y évertué avec des films biens consensuels comme « Erin Brockovich » ou la trilogie « Oceans eleven« . Et puis il lui fallait une caution auteuriste et ses insupportables « Bubble », « Full frontal », « Girlfiriend expérience », étaient là pour montrer sa recherche artistique en même temps que provoc.

Mais Soderbergh vaut bien mieux que cela quand il prend le temps. Son « Traffic » est un bijou en terme de recherche de mise en scène et de scenario. A 50 ans et à la veille de prendre une retraite de cinéaste qu’il a annoncée partout, il sort donc son dernier film, « Effets secondaires« . Et c’est comme si il voulait prouver une bonne fois pour toute la virtuosité et le sens du récit qu il a assimilés très tôt via sa cinéphilie puis son travail de stakhanoviste compulsif.
« Effets secondaires » est l’un de ses plus brillants exercices de style dont Sir Alfred Hitchcock ou Brian de Palma n’auraient pas rougi. Il aborde la thématique de l’addiction médicamenteuse aux antidépresseurs et du lien pervers entre le milieu médical et l’industrie pharmaceutique, débutant son long métrages avec une première demi heure haletante, passionnante. Elle pose tout de suite un cadre propice à ce qui va suivre. Tout comme avec la lutte anti drogue dans « Traffic », il pose des questions sensibles sur le mélange des genres, de morale et d’argent, mais son but est ailleurs. Son film aurait pu s’essouffler et devenir un pensum si il n avait pas opté pour un thriller et une rupture de ton d’une efficacité redoutable, où quand mise en scène et scénario ne font qu’un pour divertir, intelligemment. Le film ne vous lâche pas un instant quitte à ce que les rebondissements foisonnent de toute part. Mais l’atout essentiel est ici le casting.

Rooney Mara et Catherine Zeta Jones sont excellentes. Jude Law trouve quant à lui son meilleur rôle. Il est juste parfait et prouve de façon magistrale toute la finesse de son interprétation. Bien entendu, tout le monde s’accorde à dire que Jude Law est bon acteur mais ce dernier s’est souvent planté dans ses choix. Il était bon mais avec un manque de bol incroyable, dans des opus de grands metteurs en scène peu inspirés en général, que ce soit chez Spielberg (A.I), Kenneth Branagh (Le limier), Wong Kar Wai (my blueberry nights), Antony Minghella (Par effraction), Fernando Mereilles (360), David O Russell (J’adore Huckabees), Jean-Jacques Annaud (Stalingrad)…et je ne cite pas les films oubliables. On connait Jude Law mais à Part « Bienvenue à Gattaca« , citez moi un très bon film dans sa filmo…

La chose est donc reparée et j’espere que sa carrière va s’épaissir dans le bon sens mais c’est une question d’opportunité car Jude est très demandé, juste pas dans les bons projets. Il tourne fort heureusement pour Wes Anderson en ce moment.
Courez donc voir « Effets secondaires, une réussite indéniable et une façon ultra classe pour Soderbergh de tirer sa révérence…pour l’instant…il n’a que 50 ans et largement le temps de changer d’avis…

Julie Delpy et Ethan Hawke reviennent une troisième fois avec « Before midnight », bande-annonce

Julie Delpy et Ethan Hawke reviennent une troisième fois avec

Richard Linklater avait réussi en 1995 avec « Before sunrise » à émouvoir avec deux acteurs se baladant l’espace d’une nuit dans Vienne, parlant de la vie et de la mort sans sombrer dans le cliché et le mélo mièvre.

Julie Delpy et Ethan Hawke étaient non seulement charmants mais leur complicité et leur adhésion avec le projet resortait comme une évidence.

« Before sunset » renouvelait l’expérience 10 ans après, en 2005, avec la même fraicheur et la même simplicité.

Et bien le troisième opus sortira 8 ans après, probablement cet été. « Before midnight » permet de retrouver Céline et Jesse, en Grèce, toujours sous la direction de Richard Linklater. La projection à Sundance a été très bien accueillie par le public et la presse.

Voici la bande-annonce :

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