Archive pour la catégorie 'Films – critiques perso'

« Woman at War » de Benedikt Erlingsson – critique du Blanc Lapin

14 juillet, 2018

Voici un film islandais vraiment excellent que je n’avais pas vu venir et qui s’avère être l’un des meilleurs films depuis le début de cette année 2018.

Halla, la cinquantaine, déclare la guerre à l’industrie locale de l’aluminium, qui défigure son pays. Elle prend tous les risques pour protéger les Hautes Terres d’Islande… Mais la situation pourrait changer avec l’arrivée inattendue d’une petite orpheline dans sa vie…

Comment dire ?  » Woman at War » a un charme irrésistible. Il est difficile de ne pas adhérer à cette héroïne complétement dingue qui risque sa vie et des années de prison pour monter l’opinion publique contre les pouvoirs publics et une industrie qui dévore notre planète sans se soucier des conséquences. Son terrorisme est communicatif car il est bienveillant et hélas voué à l’échec. Le réalisateur a plusieurs idées géniales. D’abord il utilise les paysages à couper le souffle de beauté de cette campagne et des glaciers d’Islande. Et pour un film voué à une cause écolo, c’est déjà un point d’acquis. Ensuite, il use d’un humour désopilant, burlesque, tout en second ou troisième degré avec des personnages tous droit sortis des fictions du Nord de l’Europe, tous en retenue pince sans rire mais viscéralement déterminés et humains.

Ce qui surprend c’est l’audace de cette mise en scène. Utiliser en contre champs un trio de musiciens free-jazz ou des chanteuses aux intonations blakaniques pour surligner l’état d’esprit du personnage principal, pourrait être ridicule car n’est pas Kusturica qui veut. Et bien là non seulement çà passe mais en plus, c’est carrément classe.

Son film est parfois poétique, souvent comique par l’absurde et vogue sur un réel suspens. Il n’adopte aucun genre à part celui de rester libre et indépendant comme son héroïne…et fatalement, il surprend.

« Woman at War » est un véritable coup de cœur car il sait rester léger et donne un grand souffle d’air frais. On en ressort en se disant qu’on a enfin vu une proposition de cinéma différente, avec du fond sur un récit d’aventures suffisamment farfelu pour créer une étrangeté particulièrement réussie, sans oublier d’être émouvant.

Une très très grande réussite que vous devez courir voir.

La piste aux lapins :

4,5 lapin

« Beach Rats »(les bums de la plage) de Eliza Hittman – critique du Blanc Lapin

14 juillet, 2018

Frankie un adolescent paumé passe un été misérable entre son père malade et sa mère qui insiste pour que celui-ci se trouve une petite amie. Le jeune homme tente d’échapper à son quotidien en traînant avec ses amis, une bande de délinquants et en flirtant sur le net avec des hommes plus âgés.

Décidément c’est le mois gay avec ce nouveau film (disponible sur Netflix mais qui a cartonné en festivals) sur l’acceptation et la découverte de l’homosexualité par un adolescent. On est très loin de la comédie hollywoodienne et teenage movie « Love Simon« . Ici c’est la version plus glauque dirons nous.

Le film est assez touchant grâce à son jeune acteur, Harris Dickinson, avec sa gueule d’ange au regard complètement perdu. Perdu car ses copains bien machos avec qui il fume de l’herbe, voient en lui un exemple parfait de masculinité brute. Pour ne pas perdre la face, il se force à sortir avec une fille, à en faire un alibi alors qu’il sait qu’il dupe tout le monde. Son père en phase terminale et sa seule famille composée de sa mère courage et sa sœur de 13 ans, ne sont pas franchement là pour l’inciter à faire tomber le masque. Bien au contraire, il est le seul homme de la famille et sa seule vie sociale tient à l’image hétérosexuelle hormonée qu’il pourra renvoyer aux copains pour les et se rassurer. Mais au final il préfère draguer de vieux homos sur le net et faire des plans bien glauques dans les fourrées car il espère avoir moins de chances d’être reconnu par des vieux honteux. Son parcours est pathétique et touchant à la fois et si Eliza Hittman réussit son film, c’est parcequ’elle joue d’un cadrage serré sur ce visage derrière lequel on sent que tout est dans ébullition, en perdition. On sent qu’un immense ras de marrée va bouleverser la vie du jeune homme et qu’il a peur car il le sent inévitable et violent.

La réalisatrice arrive à capter ce moment où la vie de l’adolescent va basculer dans la vie d’adulte mais de façon bien plus violente que pour un hétéro. Car lui va devoir faire des choix ou se cacher pour garder son cocon. C’est cette acceptation de ce qu’il est qui est mise en scène avec beaucoup d’intelligence même si le côté austère peut rebuter certains. Hélas la linéarité du récit empêche le film de décoller totalement et sa fin reste hélas un peu frustrante car pas à la hauteur des promesses du film.

La piste aux Lapins :

3,5 lapins

« How it ends » de David M. Rosenthal – critique du Blanc Lapin

14 juillet, 2018

Le film post apocalyptique est une genre en soit avec peu de vraies réussites.

« How it ends » n’est certes pas à ranger parmi les films mémorables, loin de là, mais il a un gros avantage, il ne déçoit pas. C’est un honnête film qui ne survend pas son thème, qui est efficace et permet au duo Forest Whitaker / Theo James de bien fonctionner.

La tension est plutôt réussie et pour une production Netflix c’est à noter car pour l’instant la plateforme a produit beaucoup de mauvais films et séries B. Certes celui-ci ne restera pas mais il est agréable à voir si on aime le genre. 

La piste aux Lapins :

3 étoiles

« Le retour du héros » de Laurent Tirard – critique rattrapage du Blanc Lapin

14 juillet, 2018

« Elisabeth est droite, sérieuse et honnête. Le capitaine Neuville est lâche, fourbe et sans scrupules. Elle le déteste. Il la méprise. Mais en faisant de lui un héros d’opérette, elle est devenue, malgré elle, responsable d’une imposture qui va très vite la dépasser… »

Réalisateur habitué aux comédies françaises grand public mais avec une écriture plus travaillée que le tout venant, Laurent Tirard livre avec « Retour du héros » un film populaire au bon sens du terme.

Sa comédie a en effet le respect du spectateur et ne tombe pas dans la facilité bien que l’esprit du vaudeville soit très présent. Et pour donner au film son rythme et des acteurs attachants, il utilise deux acteurs justement populaires dont les rôles sont taillés sur mesure.

Jean Dujardin nous fait du Dujardin, à tel point qu’on est très proche du personnage de Oss 117, insupportable vaniteux qui ne doute de rien. Mais il le fait bien et surtout, son personnage a une touche plus humaine. Il est menteur, escroc, égoïste, peureux mais il en a conscience et c’est çà qui rend ce « héros » réussi.

Mélanie Laurent excelle dans l’humour avec une répartie tout aussi anachronique que celle du capitaine et son cynisme ou réalisme alimente intelligemment l’histoire.

« Le retour du héros » est une belle réussite de ce qui devrait être le canon du genre d’une comédie grand public.

La piste aux Lapins :

3,5 lapins

« Au poste » de Quentin Dupieux – Critique du Blanc Lapin

8 juillet, 2018

Quentin Dupieux a son public d’initiés, restreint certes mais fidèle.  De « Rubber » à « Wrong Cops » en passant par son plus accessible, « Réalité » avec Alain Chabat, la marque Dupieux est de mixer l’absurde et le surréalisme jusqu’à l’excès, quitte à perdre le spectateur dans ses loufoqueries.

Or des réalisateurs choisissant ce style, il y en a peu…il y a David Lynch, en retraite, Bertrand Blier,  qui est plutôt en fin de carrière et donc désormais il y a Quentin Dupieux alias Mister Oizo lorsqu’il compose.

« Au poste » voit son histoire tenir sur un ticket de métro et s’amuser à faire un remake barré de « Garde à vue » de Claude Miller. Mais à la place de Michel Serrault et Lino Ventura, il substitue deux comiques au sommet de leur forme, Benoît Poelvoorde, et Grégoire Ludig.

Le huit clos connait quelques évasions grâce aux rêves de l’interrogé dans lesquels s’immiscent des personnages futurs. Poelvoorde nous fait un festival de flic dépressif et tatillon et surtout plusieurs moments sont juste hilarants.

Cette fantaisie se veut beaucoup plus humble que les précédents essais de Dupieux et c’est quelques part sa force et sa limite. Sa force car le comique est plus efficace et la tension absurde de l’ensemble laisse sourire le reste du temps. Sa faiblesse car on aurait souhaité un délire plus franc et sans bornes là où le film reste trop sage sur sa fin.

Mais ne gâchons pas notre plaisir, le non-sens n’avait pas connu une telle comédie depuis longtemps.

La piste aux lapins :

3,5 lapins

 

 

Ba de « I Feel Good » de Gustave Kervern et Benoit Delépine avec Jean Dujardin et Yolande Moreau

8 juillet, 2018

Ba de

Après le très bon « Saint Amour« , Gustave Kervern et Benoit Delépine embauchent Jean Dujardin et retrouvent Yolande Moreau pour la cinquième fois avec leur prochain film, I Feel Good.

Jacques,  quarante ans est possé dehors par ses parents. Il pense pouvoir devenir riche et célèbre en se lançant dans la chirurgie esthétique low cost.

Sa sœur, responsable d’un village Emmaüs l’accueille. Il finira par convaincre tout un groupe d’aller dans une clinique en Roumanie afin de revenir « embellis ».

Voilà une association pour le moins curieuse dont on a hâte de voir le résultat.

Sortie le 26 septembre 2018

Image de prévisualisation YouTube

« Un Couteau Dans le Coeur » de Yann Gonzalez – critique du Blanc Lapin

8 juillet, 2018

« Un Couteau Dans le Coeur » est typiquement le genre de film qui divise entre ceux qui détestent et ceux qui adorent. Je fais partie des seconds pour de multiples raisons bien que je comprenne tout à fait ceux qui ont trouvé le nouveau film de Yann Gonzalez proche du navet.

Car ce réalisateur très prometteur donne au cinéma français une respiration libertaire qui lui manquait depuis quelques temps, en forçant énormément le trait stylistiquement. Vanessa Paradis est particulièrement touchante dans le rôle de cette productrice de porno gay, dans les années 70, qui cherche à reconquérir la compagne qui vient de la quitter et dont les acteurs se font assassiner les uns après les autres. Nicolas Maury, qu’on a découvert dans la série 10%, apporte au film une touche décalée supplémentaire aux nombreux atouts du film. Il est la révélation du film et excelle dans chacune de ses scènes avec un mélange d’humour et d’autodérision qui font mouche.

Quant à Yann Gonzalez, il décide d’utiliser une bande-son mélancolique pour accompagner tant ses scènes de meurtre que les scènes de tournage de film de cul, mais choisit aussi de coller tellement à l’esthétique seventies et pop qu’il en devient caricatural. Et loin de me gêner, cette caricature créé une atmosphère, une bulle en dehors du temps qui renforce l’aspect mélancolique et libertaire de l’ensemble.

Ces individus n’ont rien à perdre et vivent en parias certes et au moment où un meurtrier les prend pour cible, une espèce de naïveté les maintient tels des animaux en pleine nuit surpris par les phares d’un véhicule. Ils restent incrédules face au destin et le film avance ainsi tel un rêve, baigné entre réalité, cauchemar et fantasmes. Des instants oniriques ou complétement perchés parsèment de temps en temps le film comme cette fin magnifique.

Le film mélange ainsi les genres, voire les sous-genres et la série B pour notre plus grand plaisir. Le mélo est attachant mais se transforme en comédie puis parfois en slasher, mais toujours en prenant des risques. Il marche sur un fil super casse gueule et çà fait plaisir de voir cette prise de risque et cet équilibre fragile fonctionner jusqu’au bout.

Le film dégage tant de la sensualité que des évocations poétiques sur un ton totalement décalé et donc rafraichissant. On voit rarement de l’audace dans la mise en scène dans les productions nationales du moment. Là il y en a une.

Alors oui, on peut trouver le film surfait, trop maniéré, trop clipé parfois ou on peut aussi se laisser porter par cette proposition de cinéma vraiment originale et gonflée, stylée. Un film étrange et lyrique à la fois extrêmement réussi.

La piste aux Lapins :

4 étoiles

« Love, Simon » de Greg Berlanti – critique du Blanc Lapin

8 juillet, 2018

Simon a une vie normale, dans une famille où tout se passe bien, des amis extras et il est apprécié de tout le lycée pour son dévouement aux autres. Mais il est gay et personne ne le sait et surtout, il aimerait vivre le grand amour.

Commençons par lever un doute. « Love, Simon » est un gentil film, un teen movie, où tout le monde est gentil et franchement, le film serait passé inaperçu si son thème allié au type de production ne surprenait pas. Car paradoxalement, qu’un gros studio hollywoodien mise sur un film pour ados où le personnage principal raconte comment sortir du placard, ses craintes vis à vis de ses parents, de ses amis, du regard des autres, et bien c’est inédit !

Oui, en 2018, c’est la 1ère fois qu’un studio parle d’homosexualité chez un ado, destiné à délivrer un message de tolérance au grand public. Il était temps !

Le film dans sa 1ère demi-heure accumule des tas de clichés de ce genre de feel good movie mais il a l’intelligence de rire d’autres clichés et idées reçues sur l’homosexualité avec un naturel et une absence de lourdeur confondantes. Cette simplicité donne au film toute sa force symbolique et toute l’efficacité du message. C’est comme si le teen movie était détourné version gay sans tomber dans une caricature, histoire de normaliser la chose. Les scènes de coming out hétéro aux parents sont assez marrantes tout comme la vision d’un monde gay idéalisé.

Et c’est peut être en cela que « Love Simon » est important. Par ses acteurs touchants et un pathos évacué à chaque fois très rapidement, le film marque un tournant dans l’approche de cette différence par Hollywood, là où la télévision ou le cinéma indépendant ont fait leur mue depuis ben longtemps. La simplicité a parfois du bon. Le film permettra on l’espère à de nombreux adolescent(e)s de se sentir moins seuls au moment de s’assumer. Ce n’est pas un grand film mais c’est un film utile et léger.

La piste aux Lapins :

3,5 lapins

« Jurassic World: Fallen Kingdom » de Juan Antonio Bayona – critique du Blanc Lapin

15 juin, 2018

Ce cinquième volet de la saga Jurassic Park et suite de Jurassic World a les défauts de ses qualités. Il assure le job de blockbuster divertissant, référencé au premier opus de Steven Spielberg tout en tentant de se renouveler en changeant de décors.

Bon, entendons nous, l’histoire n’est pas terrible et pas très effrayante non plus, beaucoup moins que sur d’autres opus. Mais disons que l’humour noir est davantage présent et que quelques part un peu d’autodérision, c’est aussi l’ADN des films de Spielberg.

Juan Antonio Bayona, connu pour L’Orphelinat et Quelques Minutes après Minuit est plutôt doué et moins bourrin que son prédécesseur, Colin Trevorrow.

Mais il évolue dans un cadre scénaristique forcément limité, un peu comme chez Disney d’où l’absence de surprise. De bonnes idées permettent au film d’être meilleur que le précèdent comme de l’utilisation et la manipulation du règne animal par l’homme. On l’a déjà vu dans la saga mais là c’est plus marqué, plus revendicatif si on peut écrire cela pour un film de ce style. Après on se dit, comme dans tous les Jurassic Park, que les méchants sont particulièrement cons, surtout après les évènements intervenus avant.

La réussite du film est donc de respecter un cahier des charges tout en donnant à certains personnages davantage de relief.

Voilà, regardable, oubliable aussi mais pas mauvais.

La piste aux Lapins :

3 étoiles

 

« Fahrenheit 451″ de Ramin Bahrani – critique du Blanc Lapin

10 juin, 2018

Après l’excellent « 99 homes » en 2016, on pouvait se réjouir que Ramin Bahrani se voit confier une nouvelle adaptation du livre dystopique de Ray Bradbury, surtout avec HBO derrière.

Hélas cette nouvelle version souffre d’une comparaison avec le film de François Truffaut de 19866, qui sans être un chef d’œuvre inoubliable, arrivait à mieux capter l’essence du livre. Ici Bahrani a du mal à faire décoller son histoire car en la transposant dans une ère plus moderne ou internet existe, elle rend le récit paradoxalement daté.

Daté parceque des dystopies on en a vu à la pelle et que force est de constater que rayon finesse des protagonistes, il faudra repasser. Le personnage incarné par Michael B. Jordan a une évolution psychologique dépeinte à la truelle tandis que Michael Shannon fait du méchant ambivalent comme moi je suis super balaise en danse classique. Non, le jeu est apathique et l’histoire ne dépasse pas son pitch de base et ne rajoute évidemment rien au film de Truffaut. Alors certes, celles et ceux qui ne l’ont pas vu ne feront pas de comparatif mais rien ne leur interdit d’avoir un minimum de goût et de détecter quand c’est la soupe à la grimace question mise en scène.

Ramin Bahrani trouve un concept du moyen de sauver l’humanité du déclin culturel mais son idée est franchement nase et d’une poésie de super marché.

Bref, c’est raté et pas qu’à moitié.

La piste aux lapins :

2 étoiles

 

 

 

« Sans un bruit » de John Krasinski – critique du Blanc Lapin

4 juin, 2018

 Get out dans Films - critiques perso

Après le phénomène « Get out » l’an dernier que je n’ai pas compris tellement le film était insignifiant, voici le nouveau carton américain 2018 dans le genre film d’épouvante.

Là aussi le film est basé sur un très bon concept. Une famille vit dans le silence total en pleine campagne et on s’aperçoit très vite que l’humanité a été ravagées par des monstres qui se repèrent au bruit.

Le parallélisme s’arrête là avec Get out car contrairement à ce dernier, le film ne tente pas de faussement vouloir surprendre là où le suspens de Get out était émoussé au bout de 10 minutes. « Sans un bruit » est un thriller humble et efficace, qui joue très bien de son excellent postulat et en use toutes les nuances sans jamais faire de redite ou ennuyer le spectateur.

L’incertitude sur l’issue de l’histoire est quant à elle posée grâce aux dix premières minutes où l’on comprend que chaque membre de la famille peut y passer quel qu’il soit.

Le film manque peut être un peu d’originalité mais il assure le job de divertissement dans un univers novateur par rapport au genre.

Une belle réussite.

La piste aux Lapins :

3,5 lapins

« L’Extraordinaire voyage du Fakir » de Ken Scott – critique du Blanc Lapin

4 juin, 2018

Voici donc l’adaptation du best seller de Romain Puértolas, L’Extraordinaire Voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea.

Si le film peut être qualifié de feel good movie tant il en a les qualités et les défauts, disons le franchement, c’est plutôt réussi. Au rayon défauts il y a une naïveté et une accumulation de coïncidences parfois faciles.

Mais on ne peut pas s’empêcher de trouver la fable sympathique par son burlesque et par son acteur principal, Dhanush, la star de Bollywood qui irradie le film de son sourire malin et donne énormément de punch à l’ensemble. Le fait de lui donner le vrai premier rôle et de ne faire intervenir les stars connues qu’en guest (Jugnot) où en rôle d’un quart d’heure tout en charme (Bérénice Bejo) est sacrément gonflé mais çà marche. Le film fonctionne parcequ’il est rythmé et souvent drôle et surtout que cette histoire délirante s’avère bien plus originale que bien des comédies vues et revues.

Les passages sur les migrants sont gentillets et plein de bonnes intentions mais c’est généreux et donc çà passe.

Le plus surprenant est en fait que le film est bienveillant et positif et s’éloigne du cynisme que la comédie française a peut être trop essoré depuis deux décennies.

Ceci donne au film un air vintage pas désagréable et poétique et c’est déjà pas si mal, si l’on accepte d’être soit même bienveillant sur les clichés.

La piste aux Lapins :

3 étoiles

 

12345...44