Archive pour la catégorie 'Films – critiques perso'

« Baby Driver » d’Edgar Wright – critique du Blanc Lapin

25 juillet, 2017

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Edgar Wright est ce genre de réalisateur avec un public de fans qui a toujours un peu de mal à passer la vitesse supérieure…et pour le coup, il signe son meilleur long métrage avec ce « Baby driver » qui sent grave le film culte en puissance !

« Le dernier pub avant la fin du monde » était barré mais conventionnel dans sa rupture de ton, « Scott Pilgrim » avait une bonne dose d’humour et d’action mais s’enlisait dans le film pour ados faussement rebelle, « Hot Fuzz » et « Shaun of the dead » étaient des parodies drôles mais là aussi trop référencées.

Ce qui rend incroyablement fun ce Baby driver, c’est que son concept n’est jamais écrasé par un déséquilibre entre les personnages, une baisse de régime ou une faute de goût improbable. Tout est huilé à un rythme qui force le respect, avec le même humour et la même cool attitude que d’habitude chez Wright mais une maturité inédite. Le film d’autant plus référencé que son héro fonctionne à la musique et donc à une bande son qui guide chacun des casses auxquels il participe. Et pourtant çà fonctionne à merveille grâce au talent de mise en scène d’Edgar Wright  mais aussi à ses acteurs, dont un  Kevin Spacey aussi énigmatique que menaçant et un Ansel Elgort qui arrive à devenir attachant là où il aurait pu être une putain de tête à claque, ce qui aurait saccagé l’histoire. Et son rôle étant aussi casse gueule qu’un autre Baby, à savoir celui de Johnny Depp dans Cry Baby, c’est assez balaise.

Le film est un excellent divertissement Rock’n Roll dont la coolitude obsessionnelle du réalisateur fait un bien fou. L’action est menée avec soin, les courses poursuites, genre de scène qui m’a toujours gavé, sont rondement menées.

Le film est élégant, virtuose dans son montage et deviendra probablement un classique. Courrez y !

La piste aux lapins :

4 étoiles

 

« On the Milky Road » d’Emir Kusturica – critique du Blanc Lapin

17 juillet, 2017

Après 10 ans d’absence et presque 20 ans après son dernier chef d’oeuvre, « Chat noir, chat blanc« , le maitre serbe revient enfin ! Si la presse est divisée et que Kustu a perdu sa place de chouchou des critiques, il n’a rien perdu de son univers, bien au contraire.

C’est vrai qu’un réalisateur à l’univers fort et reconnaissable immédiatement, c’est non seulement assez rare (Terry Gilliam, Guillermo Del Toro, Tim Burton, Wes Anderson, David Lynch, Wong Kar Wai, Pedro Almodovar…) mais surtout, çà ne vieillit pas toujours très bien.

« On the Milky Road » n’est pas au sommet de la carrière de Kusturica mais il convoque un imaginaire débordant et oh combien salvateur dans une époque si normée. Ses délires sont peut être moins jouissifs mais tout autant désespérés, autour de personnages hauts en couleurs qui boivent et font la teuf en plein milieu des bombardements.

C’est surtout que son film est plus tendre, plus porté sur une belle histoire d’amour impossible que la folie suicidaire d’ « Underground » ou la contemplation et les délires du « Temps des gitans ». Mais l’esprit est le même.

J’ai adoré replonger dans cet univers où le fantastique s’immisce dans la nature, permet aux mariées de voler et aux héros de jouer à saute moutons avec des explosifs.

C’est délirant sans l’être trop, d’une créativité jouissive, souvent très poétique et c’est déjà beaucoup.

Non, Kusturica vit encore et il en a sous la pédale et c’est sans doute l’une des excellentes nouvelles de cette année ciné.

La piste aux Lapins :

4 étoiles

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« Okja » de Bong Joon-Ho – critique du Blanc Lapin

8 juillet, 2017

Bong Joon-Ho est l’un des meilleurs réalisateurs au monde, de « Memories of murder » à « Snowpiercer« , en passant par « The Host » ou l’excellent « Mother« .

La polémique cannoise autour de son nouveau film exclusivement produit par Netflix et ne sortant pas au cinéma mais sur la plateforme mastodonte, m’a un peu gonflé. Non que les détracteurs aient tord ou raison mais au bout d’un moment on parle de cinéma avant tout et « Okja » est une œuvre de cinéma très réussie.

Le problème est ailleurs, notamment dans le fait que Netflix ne finance pas avec son modèle le système français très particulier qui en fait notre exception culturelle ou ne paie pas ou très peu d’impôts en France. Mais ceci est davantage du domaine des choix et du courage politique de nos gouvernants que du débat entre sortie ciné ou pas sortie ciné.

Si nous revenons donc au nouveau film du maitre sud-coréen, le constat est qu’il choisit de mettre tant l’accent sur l’humour comme dans « The host » que sur la dénonciation des excès consuméristes et de l’hypocrisie du marketing bio. C’est souvent drôle, un peu surjoué par Tilda Swinton et Jake Gyllenhall mais au final le film est d’une efficacité redoutable. Il tape là où çà fait mal en montrant la monstruosité de l’abattage de masse et prenant partie pour la cause animale. Il le fait naïvement mais c’est cela qui rend Okja attachant et émouvant à bien des moments. L’animal en image de synthèse est très réussi et arrive à vous décrocher des larmes alors qu’il s’agit d’un gros cochon gris et çà, c’est balaise !

Mention spéciale à Paul Dano, toujours excellent mais là particulièrement dans le rôle d’un activiste écolo prêt à risquer sa vie pour libérer l’animal en question.

Bong Joon-Ho montre un monde caricaturé et pas forcément réaliste mais qui nous tend un miroir affligeant de notre mode de vie, les personnages portant des masques de théâtre pour mieux nous effrayer. Car au final, seule la petite fille est sincère et libre.

Le film parle de moralité et de la vanité de l’homme par un message fort et simple qui doit normalement toucher notre conscience. Sous ses airs de grand public, le film emporte le spectateur par sa générosité évidente, malgré la noirceur de son fond. C’est anticapitaliste, antispéciste et donc beaucoup plus politique qu’il n’y parait et c’est Netflix qui produit…et c’est lorsqu’Hollywood devient frileuse à produire ce type de sujets, qu’une firme ultra capitaliste s’en empare du moment que çà se vend!

Bong Joon-Ho a bien du se marrer en réalisant son film, car avec le recul, il utilise le cœur du réacteur pour le dénoncer et çà c’est sacrément gonflé!

Sauver le peu d’humanité qu’on peut dans une machine infernale de spectacle et de consommation, voilà le beau défi qu’a relevé Bong Joon-Ho, et c’est énorme !

La piste aux Lapins :

4 étoiles

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« The Age of Shadows » de Kim Jee-Woon – critique du blanc lapin

8 juillet, 2017

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Kim Jee-Woon est l’un des grands maitres sud-coréens aux côtés de Bong Joon Ho et Park Chan Wook. Et heureusement qu’il est là car son talent est immense !

Toujours très inspiré par le cinéma français et l’âge d’or hollywoodien des westerns, le réalisateur de « 2 soeurs« , « A bittersweet life« , « Le bon la brute et le cinglé » ou encore le génial « J’ai rencontré le diable » revient en très très grande forme.

Le scandale c’est que le film est disponible sur internet mais n’a aucune date de sortie prévue au cinéma en France.

Le film se passe dans les années 1920, alors que la Corée est occupée par le Japon. Un capitaine de police coréen collabore avec la police japonaise pour détruire la résistance coréenne. Il va tenter se s’infiltrer auprès de l’un de ses leaders, Kim Woo-jin.

« The Age of Shadows« est tout d’abord une déclaration d’amour à « L’armée des ombres » de Jean-Pierre Melville, et comment dire…il y a pire comme référence.

On y trouve l’héroïsme, le sens du sacrifice d’un petit nombre face à l’oppresseur tout puissant mais aussi le déterminisme, la volonté farouche et l’inventivité de la dissimulation. Et lorsqu’il s’agit de jouer avec le spectateur, de surprendre ce dernier tant par le scénario, brillant, que par des effets de mise en scène d’une efficacité redoutable, on peut compter sur Kim Jee-Woon.

Quel plaisir que de regarder un film divertissant, intelligent sur le rapport à l’honneur et à la réussite, sur la résiliance mais qui brasse des tas de thèmes avec une fluidité qui ferait pâlir nombre de cinéastes occidentaux. Car le réalisateur n’oublie jamais de garder le spectateur sous tension tout du long.

Je me suis fait à plusieurs reprises la réflexion en me disant « wouah la classe ! çà c’est du cinéma d’action malin, du vrai !« . La photographie est comme d’habitude d’un excellent niveau.

Ce thriller d’espionnage est malin, porté par les trois acteurs ultra stars en Corée et que vous connaissez probablement, Gong Yoo (« Dernier train pour Busan« ),  Byung-Hun Lee (A bittersweet life, Hero,  Le Bon, la brute et le cinglé, « J’ai rencontré le diable« ), et le génial Song Kang-Ho (Sympathy for Mr. Vengeance, Memories of Murder, Lady vengeance, The Host, Le Bon, la brute et le cinglé, Thirst, Snowpiercer).

Ce jeu du chat et de la souris est juste excellent ! Le double jeu des personnages et les effets de surprises sont un vrai bonheur de cinéphile.

Jetez vous dessus ! Ce sera l’un des meilleurs films de l’année.

La piste aux lapins :

4,5 lapin

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« Life, origine inconnue » de Daniel Espinosa – critique rattrapage du Blanc Lapin

8 juillet, 2017

« Life, origine inconnue«   a tout de la série B pompée à mort sur les codes du genre qu’il reprend intégralement, Alien en tête. Et pourtant c’est une excellente surprise !

Tout d’abord parceque comparé au dernier « Alien Covenant« , il dispose d’un atout phare…il surprend!

En effet Daniel Espinosa nous enchaine les poncifs avec une vilaine bébète extraterrestre qui décime l’équipage, ce qui pourrait se limiter à du Alien pour pauvre. Si ce n’est que le scénario comporte des surprises et de très bonnes idées d’utilisation de la vie dans l’espace, avec une apparence plus scientifique et proche de nous que la saga de Ridley Scott.

Ensuite il se base sur des acteurs connus et de talent, Jake Gyllenhaal, Ryan Reynolds, Rebecca Ferguson, qui donnent corps à leurs personnages et les rendent attachants.

Hors ce sont les énormes défauts de « Alien Covenant« . Le film de Scott ne fait pas peur, ne surprend pas et la tension reste faible et sans surprise, un comble pour ce préquel de la saga dont l’ADN est justement là. A trop montrer trop, tout perd de son sel. Ils sont attachants, ont une histoire et on n’a aucune certitude sur le fait qu’ils survivent ou pas.

C’est donc une très bonne surprise, quelques part entre la rigueur scientifique de Gravity et le slasher SF à la Alien avec la fraicheur qui manque aux derniers film de Scott.

La piste aux Lapins :

4 étoiles

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« Ce qui nous lie » de Cédric Klapisch – critique du Blanc lapin

18 juin, 2017

Cédric Klapisch revient en forme après quelques longs métrages mineurs dont personne ne se souvient. Il tourne une histoire de fraterie de trentenaires confrontés au décès de leur père viticulteur et aux choix qu’ils doivent entreprendre face au paiement des droits de succession et au partage du patrimoine que constituent les terres.

La principale qualité du cinéma de Klapisch a toujours été sa vision optimiste de l’humain et sa capacité à déceler le bon en chacun de ses personnages. Avec ce film tourné sur un complet, aux quatre saisons, il retrouve ce qui a fait le succès de « L’auberge Espagnole » et ses suites, à savoir un naturel, une simplicité désarmante dans des personnages très attachants.

Pio Marmai, Ana Girardot et François Civil sont parfaits dans leurs rôles et très sympathiques. Klapisch réussit a donner forme à l’attachement familial à un patrimoine via la célébration du père défunt, de sa mémoire, de ce qu’il a construit, qui se voit et qui respire la nature, dans une Bourgogne filmée sous ces quatre périodes.

Le film se veut tendre, ce qui agacera certains cyniques très probablement, qui lui reprocheront un ton consensuel. Mais le fait de saisir de petits moments de vie permet au film de devenir un objet attachant et souvent drôle. Les clichés ne sont pas toujours évités mais on lui pardonne tout car son film donne le sourire.

Cédric Klapisch aime ses personnage et nous les fait aimer dans « Ce qui nous lie », film généreux et solaire, qui aurait mérité un peu plus de surprises tout de même.

La piste aux lapins :

3,5 lapins

 

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« War machine » de David Michôd avec Brad Pitt – critique du Blanc Lapin

18 juin, 2017

Voici le 1er gros film Netflix à sortir avec Brad Pitt en tête de pont, jouant le général Stanley McChrystal, personnage sûr de lui, qui pris la tête des forces de l’OTAN en Afghanistan avant de se faire virer suite à un article assassin.

David Michôd est le très bon réalisateur derrière « Animal kingdom » et « The Rover« . Et c’est donc une grande déception que de voir ce résultat particulièrement fade, avec un Brad Pitt en roue libre qui surjoue, mal, un espèce de machiste un peu con au milieu d’une mission pour laquelle son manque de finesse sera fatal.

Le problème vient d’une mise en scène décousue qui ne permet pas de comprendre les enjeux politiques et d’un scénario lui aussi manquant cruellement de clarté.

Le jeu est outrancier, le film ne choisit jamais entre le film de guerre et la comédie et ces allers retours aussi balourds que le jeu des acteurs, font perdre le fil du récit, déjà pas très intéressant.

Un vrai ratage.

La piste aux lapins :

Bad

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« Compte tes blessures » de Morgan Simon – critique « rattrapage » du Blanc Lapin

10 juin, 2017

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Ce premier film a hélas été très peu distribué dans les cinémas en janvier d’où le temps long pour enfin le voir. L’histoire suit un jeune chanteur charismatique de hard rock, qui s’est tatoué de partout et vit encore chez son père, poissonnier.

Il est jeune, beau, son groupe cartonne mais il est aussi très seul. Au lieu de profiter de la vie, il se heurte à son père insensible et froid. Et surtout, il voit arriver la nouvelle copine de ce dernier qui vient bouleverser son monde et le silence causé par la mort de sa mère quelques mois auparavant.

« Compte tes blessures » n’est pas dénué de défauts mais il est tellement généreux par sa belle humanité, par la délicatesse de l’expression des sentiments des protagonistes, qu’on lui pardonne toute le reste. Morgan Simon réalise déjà un film ultra court, 1H20 seulement et c’est probablement une très bonne idée car il évite les scènes inutiles qui auraient dilué le message.

Kévin Azaïs, qu’on avait découvert dans « Les combattants » en 2014, est brillant dans ce rôle de jeune homme qui n’est pas totalement sorti de l’adolescence, dont le regard cherche en permanence l’amour de son père. Il est perdu, blessé car son monde s’est effondré à moitié par la mort de sa mère adorée. Et il se cherche, il provoque, il doit « tuer le père » pour grandir et c’est douloureux. La partition de l’acteur est vraiment émouvante tout en étant brusque et animale. Nathan Willcocks joue lui ce père rugueux et aux propos violents et livre lui aussi une très belle prestation.

Le film traite donc de l’après-deuil et de la reconstruction entre un père et un fils qui s’aiment mais ne savent plus se parler et se sentent étrangers.

« Compte tes blessures » est un film intelligent, fin et dont le final est surprenant.

La piste aux lapins :

3,5 lapins

« A cure for life » de Gore Verbinski – critique « rattrapage » du Blanc Lapin

10 juin, 2017

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Le réalisateur des premiers Pirates des Caraïbes et du remake Us de « Le Cercle », Gore Verbinski, à la carrière pour le moins inégale, se lance  dans la SF d’épouvante…

Le pitch : Lockhart, jeune cadre ambitieux, est lancé sur la trace de son patron disparu dans un mystérieux centre de bien-être en Suisse.Pris au piège de l’Institut et de son énigmatique corps médical, il découvre peu à peu la sinistre nature des soins proposés aux patients.

La première bonne idée du film est d’avoir choisi Dane DeHaan comme anti héros. Il est excellent pour incarner un petit con tête à claque dont on sent qu’un évènement a brisé l’enfance. Ensuite Verbinski y va certes à la truelle pour poser son décors paranoïaque et reclus du monde, mais ceci a le mérite d’être efficace et prenant rapidement. Les personnages sont tous curieux et on ne sait qui ment et qui est manipulé, ce qui est assez réussi.

Les mouvements de caméra, les découvertes du personnage, les doutes sur la réalité, l’hypnose arrivent à bien embrouiller une histoire que l’on croit au début trop vite racontée. Verbinski joue sur ce jeu de montrer par accélération-décélération les réponses aux mystères du château. Et c’est une réussite. L’ambiance est glauque, malsaine, d’un vert qui rappelle de loin La Cité des enfants perdus ou d’autres longs métrages à la limite du cauchemar et de la SF. Le film est ultra référencé de codes du genre mais il arrive à se distinguer par un style propre, un charme et ceci est assez rare.

Et puis le film saborde ce qui aurait pu en faire un très bon long métrage à cause d’un scénario qui n’apporte pas des explications très claires, c’est le moins que l’on puisse dire. Il est quand même problématique de ressortir du film et de ne pas avoir compris pourquoi l’antagoniste faisait tout ceci…ou tout du moins de ne pas être sur d’avoir compris à quoi servaient les bébètes. Autant chez Lynch on pardonne, autant chez Gilliam on sait que l’explication peut tomber plus tard en repensant au film…mais sur ce type d’objet plutôt réussi mais de facture moins ambitieuse, on reste sur sa faim. Et c’est dommage. Je suis preneur donc de l’explication de la fin et de à quoi servent précisément les bébètes et l’eau. Lapincompris.

La piste aux Lapins :

3,5 lapins

 

« L’amant double » de François Ozon – critique du blanc Lapin

28 mai, 2017

François Ozon est l’un des cinéastes français les plus prolifiques et les plus doués, ce qui nous vaut quasiment chaque année un nouvel opus. Mais Ozon est aussi capable de mélanger les genres ou d’en changer, passant de la comédie pure avec « Potiche » ou « 8 femmes » au thriller psychologique (« Dans la maison« , « Sous le sable« ), en passant par le drame pur « Le temps qui reste« , « 5×2« , « Le refuge« , « Frantz« ), l’hommage à Fassbinder (« Gouttes d’eau sur pierres brûlantes »), la provocation habile (« Jeune et jolie« ), ou le fantastique (« Les amants criminels« , « Sitcom« , Ricky »).

18 films en 20 ans de carrière…Notre stakhanoviste cinéphile national revient donc avec un film à la limite du fantastique et du thriller et nous parle de gémellité, lorgnant vers « Faux-Semblants » de David Cronenberg.

Ozon convoque Freud à travers cette histoire de jeune femme qui tombe amoureuse de son psy mais nous ballade sans cesse entre plusieurs eaux troubles, usant à la merveille de la beauté effarouchée de son actrice, magnifique Marine Vacth. Découverte dans « Jeune et jolie« , elle a prouvé son grand talent d’actrice dans le récent « La confession« , aux côtés de Romain Duris.

Face à elle, Jérémie Renier compose un rôle exigeant, pervers et intellectuel, frustré et mystérieux, l’un de ses meilleurs rôles. On ne dirait pas comme cela mais Jérémie Renier, découvert chez les Dardenne, est devenu l’un des plus grands acteurs français de sa génération, à la filmographie dense et exigeante.

François Ozon choisit donc de laisser au spectateur imaginer le fin mot de l’histoire, perdu entre l’apparente simplicité du récit et le fait qu’il sente un secret plus profond qui ne demande qu’à émerger. L’érotisme parcourt le film avec tous les fils nécessaires au doute qu’il entretient.

La frayeur n’est jamais loin dans chaque scène, la tension et l’imminence d’un cataclysme étant palpable.

Et puis Ozon révèle son secret. J’aurais préféré une fin moins abrupte, des liens plus évidents entre les scènes de 95% du film et le dénouement voire des effets miroirs plus évidents. C’est le seul bémol d’un film qui demeure un bon opus de François Ozon.

La piste aux Lapins :

3,5 lapins

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« Rodin » de Jacques Doillon avec Vincent Lindon – critique du Blanc Lapin

27 mai, 2017

Vincent Lindon joue Auguste Rodin à 40 ans, alors que le succès arrive et que sa première commande d’Etat se concrétise avec « La Porte de L’Enfer« .

Je suis assez partagé sur le long métrage qui comporte du très bon et du très pénible en même temps. Vincent Lindon compose bien son personnage même si ce dernier parle souvent dans sa barbe et parfois c’est un peu relou. Izïa Higelin joue une Camille Claudel amoureuse et qui perd pied face au refus de s’engager de Rodin mais comment dire…cette partie de l’histoire n’est pas très intéressante…et comme c’est 70% du film, forcément, çà lasse. Ou tout du moins il aurait fallu de la fougue, de la fièvre, ressentir la passion des personnages.

Et là, c’est le drame. La mise en scène de Doillon est d’une platitude absolue, avec des ellipses ou des cartons inter scènes qu’on ne voit plus depuis 30 ans. C’est très lent et très caricatural du cinéma d’auteur français se regardant le nombril et donc de nombreux spectateurs trouveront le film juste chiant. Et puis bon le film comporte trois lieux en tout et ce huis clos est parfois pénible.

Et pourtant…et pourtant il y a aussi du très bon à s’attarder sur Rodin en train de modeler et non de sculpter, ce qui pour moi, qui aime modeler à mes heures perdues, m’a profondément touché. Je comprend en effet cet abandon dans la créativité du personnage, ce lien quasi paternel au résultat de son travail. J’ai beaucoup aimé également cette réflexion du personnage ventant les œuvres inachevées, justifiant le choix de l’inabouti par le fait que de nombreuses Cathédrales sont dans cet état, ou qu’on ne reproche pas à un arbre de continuer à pousser.

Ainsi le Rodin au travail est plutôt bien croqué, comme quasi documentaire de l’artiste composant certaines de ses œuvres de multiples morceaux sculptés à d’autres occasions. Mais cette pépite dans le film est noyée par la façon ascétique de filmer , qui ne va pas du tout avec la relation Rodin/Claudel.

La piste aux lapins :

3 étoiles

 

« Pirates des Caraïbes : la Vengeance de Salazar » – critique du Blanc Lapin

27 mai, 2017

On ne peut pas dire que les films « Pirates des Caraibes » constituent la série du siècle question aventure cool, surtout lorsque l’on compare à des ainés autrement mieux maitrisés comme Indiana Jones.

Cependant Johnny Depp surprenait son monde il y a 14 ans en créant un personnage iconoclaste au milieu d’un énorme blockbuster Disney qui sur le papier paraissait fort insipide. Le résultat était gentillet et distrayant mais regardable. Les deux suites mettaient le paquet sur les effets spéciaux au détriment d’un scénario pas toujours compréhensible par ses incohérences et Jack Sparrow  devenait la caricature de lui-même, en parallèle de la carrière de l’excellent Depp, qui préféra les billets verts à la construction d’une carrière. Le quatrième volet, « La fontaine de jouvence » était affreux et pathétique, les 90 M$ de salaire de Johnny Depp se voyant à l’écran puisque l’essentiel du film se passait sur une île avec très peu d’effets spéciaux, faute de fric, entièrement refilé à la star. On atteignait les cales et l’eau prenait de partout.

Ce cinquième film est donc une agréable surprise puisqu’il renoue avec le 1er volet avec un peu de fraicheur. Et on se demande si le fait que les héros soient différents à savoir Brenton Thwaites et Kaya Scodelario n’aide pas un peu. Non qu’ils jouent excessivement bien, ils font juste le job, mais bon Jack Sparrow qui grimace çà devient légèrement pénible. L’autre atout du film est son méchant, le génial Javier Bardem qui comme toujours excelle.

Et puis reconnaissons le, ce divertissement fonctionne. C’est ludique et après tout c’est l’objectif du film. Le long métrage respecte son public à défaut de surprendre mais on ne regarde pas ce type de long métrage pour une caution cinématographique qui marquera à long terme, c’est le moins qu’on puisse dire.

Certaines scènes comme la guillotine, les attaques de bateau fantôme ou de requins pas bien en point créent l’animation. L’aventure et les scènes d’action font le reste.

La piste aux lapins :

3 étoiles

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