Archive pour la catégorie 'Films – critiques perso'

« Illusions perdues » de Xavier Giannoli- critique du Blanc Lapin

29 octobre, 2021

ILLUSIONS PERDUES de Xavier Giannoli - Cinémas Les 400 coups - Angers

Casting impeccable pour cette adaptation d’Honoré de Balzac, pas la plus connu_e mais étrangement d’une grande contemporanéité. Xavier Giannoli  s’est attaqué à un gros morceau et s’en sort très bien.

Qu’importe, le matériau du livre est là et l’histoire qu’il nous raconte est passionnante.

C’est celle d’un parvenu, d’un petit poète de province qui monte à Paris et parcequ’il a un peu de talent et une belle gueule va pouvoir accéder à des cercles normalement inatteignables. C’est l’histoire d’un Icare, d’une ascension sociale extraordinaire au prix de bien des sacrifices moraux.

Benjamin Voisin trouve là un premier rôle d’ampleur et prouve que c’est l’un des jeunes premiers du ciné français que l’on va revoir. Il est juste, entre naïveté et perversion et incarne parfaitement ce jeune home qui pète un plomb.

A ses cotés Cécile de France est comme toujours brillante et Vincent Lacoste incarne un écrivain raté transformé en journaliste odieux.

Il personnalise toute la veulerie que Balzac détestait chez les journalistes de son époque, qu’il portait très peu voir pas du tout en estime.

L’absence de morale et les faux semblants sont glaçants de cynisme. Ou comment une sous caste fait fortune en déversant son fiel, ses collets sur les livres et pièces de théâtres qu’ils commentaient ou sur des personnages publics.

Le film est passionnant pour retranscrire cette époque charnière entre Napoléon et la monarchie restaurée et l’opposition des deux intelligentsia.

Xavier Dolan est comme toujours excellent quand il joue et son personnage ambigu qu’on ne sait pas situer, ajoute une touche de suspens et de bonnes surprises.

La reconstitution du Paris de ce second quart du 19ème est bluffante de vérité, et Xavier Giannoli choisit d’en faire une sorte de danse qui virevolte et tourbillonne jusqu’à représenter l’étourdissement du personnage qui perd pied devant son succès.

Les thématiques restent incroyablement modernes et la cruauté médiatique d’aujourd’hui n’a rien à envier à celle de l’époque.

Une très belle réussite.

La piste aux Lapins :

4 lapins

« First Cow » de Kelly Reichardt – critique du Blanc Lapin

29 octobre, 2021

First Cow - film 2020 - AlloCiné

First Cow de Kelly Reichardt sort enfin après un an de retard et sa présentation à Deauville 2020.

La réalisatrice est une auteur très respectée au sein du cinéma indépendant américain, connue pour Old Joy en 2006, Wendy et Lucy en 2008 ou Night moves en 2014.

Avec First Cow, son style très épuré, économe de mots, s’intéresse à la construction d’une amitié au début du XIXe siècle, sur les terres très sauvages de l’Oregon.

Un cuisinier sans le sou, embauché avec des trappeurs allant vers l’ouest, vient en aide à immigré chinois.

De là, ils se retrouvent et forment un duo extrêmement attachant, se serrant les coudes dans un pauvreté sans nom.

Ils décident de voler le lait de la seule vache du bourgeois du coin pour confectionner et vendre des gâteaux. Et face au succès, ils se mettent à rêver d’élévation sociale.

Kelly Reichardt aborde une époque assez peu connue ou mise en valeur tant la détresse psychologique et le dénuement de ces hommes venus tenter une aventure en pays sauvage semble sans espoir, et d’une violence sordide.

Le manque d’empathie, de lien social qui fait que nous sommes aux prémisses d’une société est particulièrement intéressant.

On est au début de la conquête de l’ouest et il faudra quasi 100 ans de plus pour l’Amérique ressemble à un pays. C’est donc la période de l’avant, juste après l’indépendance, dans des terres hostiles.

Et la réalisatrice nous parle de la lumière que s’apportent ces deux paumés, seuls au monde, qui vont se soutenir et ne plus être seuls, justement.

Le film est très beau de par son naturalisme et la simplicité de son histoire, qui prend certes son temps mais parle au final de l’essentiel, ne pas être seul dans l’aventure d’une vie.

La piste aux lapins :

4 lapins

« Eiffel » de Martin Bourboulon – critque du Blanc Lapin

29 octobre, 2021

Eiffel - film 2020 - AlloCiné

Avec Eiffel, Martin Bourboulon signe un blockbuster à la française en mode défense du patrimoine français et publicité exportable de par le monde.

On aurait pu craindre un film assez insipide mais l’idée de concentrer et paralléliser l’histoire de la construction du célèbre monument à la vie sentimentale de Gustave Eiffel prend corps.

Romain Duris est comme d’habitude excellent et très crédible dans le rôle tandis que Emma Mackey apporte une sensibilité, une fêlure au personnage de l’amour de jeunesse absolument complémentairement et frais.

Pierre Deladonchamps est tout en nuance et jalousie refoulée. Bref le casting assure et le budget se voit à l’écran sur des effets spéciaux habiles.

Au final on sort d’Eiffel en se disant que la réalisation est très et trop classique mais qu’on a passé un moment distrayant et de qualité.

Un bon film grand public et intelligent qui sent le travail respectueux du public.

La piste aux Lapins :

3,5 lapin

« Mourir peut attendre » de Cary Joji Fukunaga – critique du Blanc Lapin

29 octobre, 2021

Mourir peut attendre en Blu Ray : Mourir peut attendre - AlloCiné

Ce 25ème James Bond a eu du mal à être produit puis à sortir avec la pandémie mais il arrive enfin.

Il conclue 15 ans de rôle de Daniel Craig en agent 007 et le fait bien.

Alors rassurez-vous, certes les femmes ont un rôle plus important mais le personnage de Bond reste très masculin et les fans seront satisfait. Il y a de l’action, plein, des gadgets à tout va et un rythme très bien dosé. Globalement Cary Joji Fukunaga, derrière le succès True Detective, s’en sort très bien même si il n’a pas le talent de Sam Mendes dont le Skyfall avait atteint des sommets. Mais il s’en sort mieux que Spectre, le précédent sur lequel Mendes avait été moins pertinent. Donc le film s’en sort bien sur les 5 films avec Craig et surtout il emprunte des chemins surprenants.

Niveau place des femmes, il le fait intelligemment en leur donnant des rôles consistants, un relief qu’on avait vu rarement. James Bond ne sera pas remplacé par une femme contrairement aux rumeurs.

Et puis surtout, la franchise fait ses adieux à Daniel Craig et elle le fait avec deux énormes surprises et aussi un concept intéressant pour justifier de la pérennité de la série et de son perpétuel changement de visage tous les 10 ou 15 ans. Franchement c’est malin.

« Mourir peut attendre » se veut donc plus mélancolique que les autres, montrant un Bond en fin de carrière, qui a des sentiments, des regrets, des questionnements, sans devenir chiant pour autant.

C’est plutôt rafraichissant que de voir que les Broccoli (les producteurs, Amazon n’ayant pas de poids créatif) tentent autre chose, respectent leur interprète. Et c’est aussi un respect du public.

Après rien de très nouveau sous le soleil et heureusement que la production a choisi ces pistes originales car le reste du film reste du Bond très classique, vu et revu 1000 fois, enfin 25 fois et la limite de l’exercice est aussi là. Elle se voit par exemple dans le méchant incarné par Rami Malek, qui ressemble beaucoup trop à d’autres déjà vus et qui frise la caricature. De ce côté là le film est déceptif et les scénaristes ne se sont pas cassés.

Bref, si vous aimez Bond, vous aimerez probablement, les autres çà vous fera c…. comme toujours. Et çà va continuer !

La piste aux Lapins :

3,5 lapin

« Julie en 12 Chapitres » de Joachim Trier – critique du Blanc Lapin

29 octobre, 2021

Julie (en 12 chapitres) - film 2021 - AlloCiné

Le pitch : Julie, bientôt 30 ans, n’arrive pas à se fixer dans la vie. Alors qu’elle pense avoir trouvé une certaine stabilité auprès d’Aksel, 45 ans, auteur à succès, elle rencontre le jeune et séduisant Eivind.

J’aime beaucoup le réalisateur norvégien Joachim Trier dont le précédent Thelma, m’avait bluffé tant esthétiquement que par l’utilisation du genre fantastique pour mieux capter le mal être adolescent féminin. Oslo 31 aout l’avait fait découvrir au monde entier comme un réalisateur au formalisme inventif.

Avec « Julie en 12 Chapitres » , il offre un rôle en or à la jeune Renate Reinsve, qui a remporté à très juste titre le prix d’interprétation à §Cannes. La caméra est sur elle tout le temps et elle est lumineuse, même dans les moments compliqués. Ce portrait de trentenaire qui ne veut pas qu’on lui impose un rythme, des choix, un enfant et qui veut profiter de la vie, ne pourra que vous conquérir tant il écrit avec maturité et bienveillance. L’interprétation du rôle principale se complète du fidèle parmi les fidèles du réalisateur, l’acteur Anders Danielsen Lie, lui aussi d’une justesse confondante.

Le rapport de couple, la fuite de ce dernier, trop parfait, et la soif de liberté ou la peur d’enfermement de l’héroïne sont à la fois touchants et libérateurs. Et pourtant le film vous cueille à diverses reprises d’une émotion surprenante, soit de tristesse lucide sur le temps qui passe, sur les erreurs de choix, les vies qu’on n’a pas vécues pour telle ou telle direction prise soit pour la joie de cette vie qui s’écrit au hasard et surprend sans cesse.

Non seulement le portrait est beau mais il est souvent drôle voir inspiré lorsque le réalisateur illustre un choux de vie par une scène ‘arrêt sur image que vous n’oublierait pas ou lorsqu’il fonce dans l’illustration des drogues hallucinogènes sans se planter en tombant dans le cliché facile.

Magnifique portait d’une millenials insatisfaite, le film surprend sans jamais juger.

La mélancolie qui ressort de l’ensemble est d’une élégance rare et la fin s’avère bouleversante.

Un très bon film à voir absolument.

La piste aux Lapins :

4 lapins

 

La partie 2 de Dune de Denis Villeneuve officiellement lancée ! Victoire d’un grand projet exigeant et d’une SF de haut niveau !

26 octobre, 2021

Matt Neglia on Twitter: "The #Dune character posters look so damn good!!… "

DUNE 2021 Movie Poster: dune

Très beau cadeau d’anniversaire pour votre blanc lapin préféré, la suite de Dune de Denis Villeneuve vient d’être officialisée et la production de la suite du blockbuster vient de recevoir la green light de la Warner.

Il faut dire que c’est un succès critique (voir critique du blanc lapin ici) mais que surtout la stratégie de sortie en Europe un mois avant la sortie simultanée aux USA, Amérique latine, Asie et la plateforme de streaming HBO Ma, a été payante.

En effet le budget était important pour une nouvelle franchise de space opera assez peu connue du grand public. Les livres de Franck Herbert sont cultes et je suis un grand fan des 6 livres, mais c’est une science fiction exigeante, porteuse de messages écologiques forts, de messages sur le fondamentalisme religieux mêles à du Games of Thrones avec de nombreux personnages.

Le budget était donc de 167 M$ mais avec les frais de promotion il fallait dépasser les 300 M$ pour être rentable et justifier la mise en production de la seconde partie du 1er tome.

Avec 130 M$ accumulés en Europe sur un mois (sorti le 15 septembre), le we d’ouverture la semaine dernière aux Etats-Unis a permis de souffler un grand coup. Avec 41 M$, c’est un très bon résultat pour un film sortant en post pandémie, avec 70% du parc de cinémas américain ouvert, et une sortie simultanée sur HBO Max, la plateforme de streaming de Warner. Les 21 M$ du box office Chinois et les quelques 30 M issus des pays d’Asie et d’Amérique latine qui n’avaient pas le film en salles (et que les pronostiqueurs avaient zappés) permettent au film de cumuler à 223 M$ de recettes. A ceci s’ajoutent 1,9 M de connections sur HBO Max soit un résultat supérieur à La Justice League Cut sortie en mai.

On peu espérer que le film termine sa course entre 340 et plus de 400 M$ compte tenu d’une baisse de fréquentation vue en Europe qui était plus faible d’une semaine sur l’autre que pour des blockbusters plus bourrins.

La Warner et Legendary qui co-produit n’ont donc pas attendu et c’est une excellente nouvelle pour le cinéma d’auteur dans des blockbusters intelligents, pour la science fiction ambitieuse et malin pour le box-office car ceci incitera les réticents à aller en salles, ceux qui avaient peur de voir une partie seulement du livre adaptée.

Voir Dune au grand écran est un acte militant culturellement parlant. Car produire un film pareil relève d’une somme de talents et de courage exceptionnels, ne cédant pas à la facilité de films plus décérébrés. Donc si vous voulez continuer à voir de très bons films, foncez y !!!!

J’ai donc hâte de voir la suite et l’introduction de personnages emblématiques volontairement zappés du 1er tome comme le neveu du Baron Harkonnen, Feyd-Rautha ou l’empereur de la galaxie Shadam IV. Leur casting devrait être annoncé assez rapidement.

L’aventure continue dans les sables de Dune. Rdv en octobre 2023 et dans les jours qui viennent pour celles et ceux qui ont fait la bêtise de ne pas se rendre en salles découvrir ce bijou.

Merci Denis Villeneuve !!! merci !

Bande-annonce :

Image de prévisualisation YouTube

« Le dernier Duel » de Ridley Scott – critique du Blanc Lapin

17 octobre, 2021

L'histoire vraie de Jean de Carrouges et Jacques Legris, héros du film "Le  dernier Duel" de Ridley Scott - Geo.fr

Pour ce nouveau scénario signé par Matt Damon et Ben Affleck, Ridley Scott renoue avec le meilleur de son cinéma et livre un film miroir à son premier chef d’œuvre et premier long métrage, « Les duellistes« .

Ce qui frappe d’abord est son sens aigu et clair pour filmer des scènes de batailles d’une rare violence avec brio. Papy Scott n’a rien perdu de son talent et même, ce que je pouvais lui reprocher sur Gladiator et des scènes d’action très brouillées où on ne voyait rien, ici et bien c’est l’inverse. On voit toute la brutalité du moyen âge et le peu de cas donné au sens d’une vie.

Ridley Scott use donc d’une histoire vraie, le dernier duel à mort autorisé en France par le Roi en 1386, pour décrire trois versions d’un même récit sous l’angle des trois protagonistes, le mari bafoué, joué par Matt Damon, l’épouse clamant qu’elle a été violée, Jodie Comer, et l’accusé de viol, incarné par Adam Driver.

Et là, avec la même technique que sur le Rashomon d’Akira Kurosawa, le maitre britannique livre son meilleur film depuis 15 ans. Car les scènes sont vues avec de légers décalages de points de vues et chaque personnage prend en épaisseur, en nuance ou au contraire en brutalité et veulerie.

L’évolution du récit est fascinante car l’angle change. Le personnage chevaleresque et soucieux des femmes passe à une brute obligée de faire la guerre pour gagner de l’argent. On y voit la construction d’une rivalité sur le favoritisme fait à l’un et le refus de tout ou l’humiliation infligé à l’autre. Il est alors plus question d’image que d’honneur ou de défense du bon droit. Pareil pour l’accusé violeur dont la vision propre est nuancée dans son regard même si Scott assume de le désigne coupable ou non coupable dans les faits. Il distille juste le malaise que certaines soubresaut donnent aujourd’hui comme The Morning Show.

Ridley Scott fait de son film un brulot féministe dénonçant la crasse de la culture du viol de cette époque et nous ramène au chemin encore à parcourir justement en montrant la vision du mâle et son absence de conscience.

C’est à la fois brillant et très moderne que de parler de sujets très contemporains avec autant de finesse et de recul sur notre propre histoire culturelle.

Le dernier duel est une fresque médiévale pleine de surprises, mise en scène avec brio et portée par un casting quatre étoiles au premier rang duquel Jodie Comer, héroine de Killig Eve, explose comme une énorme star.

La piste aux Lapins :

4,25 lapins

« La vengeance au triple galop » d’Alex Lutz

17 octobre, 2021

La Vengeance au triple galop - film 2021 - AlloCiné

Alex Lutz, Audrey Lamy, Leïla Bekhti, Guillaume Gallienne, Gaspard Ulliel, François Civil et Karin Viard s’éclatent dans cette parodie des soaps opéras nés dans les années 70 avec tous les clichés possibles accumulés.

Ce qui est drôle, c’est qu’Alex Lutz prend très au sérieux son sujet en voulant construire une histoire, stupide et cucul certes mais avec un vrai fil directeur.

Son talent comique aide à trouver des situations burlesques et des répliques comiques à la hauteur du talent du casting qui s’amuse à porter des moumoutes et fringues plus kitchs les uns que les autres.

Le résultat est donc drôle et plaisant et fait passer un bon moment de détente.

Le seul bémol serait la longueur du film, pour lequel Lutz aurait du être plus concis. En effet, à la fin on trouve le dénouement un peu longuet d’autant qu’il n’existe évidemment aucun suspens sur ce type d’histoire.

Mais bon, c’est sympa à voir.

La piste aux Lapins :

3,5 lapin

« Vaurien » de Peter Dourountzis – critique du Blanc Lapin

17 octobre, 2021

Vaurien en DVD : Vaurien - AlloCiné

Djé débarque en ville sans un sou, avec pour seule arme son charme. Il saisit chaque opportunité pour travailler, aimer, dormir. Et tuer.

Pierre Deladonchamps est flippant dans ce rôle de sdf séducteur et serial killer. Il compose un frondeur libre, se foutant de tout et de l’argent et osant tout et tout le temps. Il est revêche, provocateur mais surtout il aime séduire.

Peter Dourountzis arrive subtilement à dépeindre une sorte de parasite qui s’immisce au sein d’une population elle-même en marge pour profiter d’eux, malgré leur pauvreté, et commettre ses crimes sans l’once d’une culpabilité, d’un remord ou d’une quelconque morale.

Ce mélange malsain donne à « Vaurien » des airs de thriller social où un type a la gueule d’ange fait son lit de la misère des autres pour mieux frapper. Le personnage est manipulateur et sans vergogne et en cela il fascine par son absence totale de limites.

Il incarne un danger toujours prêt à frapper tel un monstre froid et étrange.

La mise en scène est sobre, efficace et tombe jamais ni dans la cruauté ou la violence gratuite.

Le film parle du mal à l’état pur et représente un excellent premier opus.

La piste aux Lapins :

3,75 lapins

« The guilty » d’Antoine Fuqua – critique du Blanc Lapin

17 octobre, 2021

The Guilty - film 2021 - AlloCiné

Remake du film danois de 2018 qui avait reçu des critiques élogieuses, The Guilty pour Netflix est la parfaite illustration du mauvais remake.

Le concept est le même, à savoir suivre des sons et ne rien voir à l’image que le policier des urgences qui tente de repérer et sauver une femme en détresse.

Seulement voilà, Antoine Fuqua a la finesse d’un pachyderme et son film est grossier de bout en bout.

 Jake Gyllenhaal, qui d’habitude est un bon acteur, en fait des caisses et pleurniche ou fait des têtes pas possibles tout du long. On a juste envie de lui foutre des baffes pour qu’il arrête de cabotiner et de mal jouer. Ce n’est pas parceque la caméra est toujours sur lui et qu’on doit écouter les sons u téléphone qu’ »il doit tout surligner.

L’échec de ce remake est total avec une direction d’acteur au singulier, absolument catastrophique.

Un film qui se fout de la gueule de ses spectateurs.

Très agaçant.

La piste aux lapins :

2 lapins

« Les Intranquilles » de Joaquim Lafosse – critique du Blanc Lapin

17 octobre, 2021

Les Intranquilles - Film (2021) - SensCritique

Chronique d’une vie quotidienne d’un couple dont le mari, peintre est bipolaire, « Les Intranquilles »  a le mérite d’aborder un sujet pas si souvent traité au grand écran.

Leïla Bekhti et Damien Bonnard portent le film de scènettes en scénettes. Hélas, le propos est un peu redondant, étouffé par le jeu des acteurs et prenant assez peu de hauteur.

On finit par comprendre le problème au bout de…10 minutes…mais le film durant 2 heures, on attend quelquechose de plus.

La description de la maladie est donc très bien faite, et refaite mais voilà, pour aller où ?

Trop balisé, le film finit par ne plus émouvoir suffisamment et par se contenter d’une description clinique des états mentaux en montagnes russes du personnage et de l’impact sur sa femme et son fils.

C’est intéressant mais il manque un souffle, un message plus concret, au-delà du constat.

La piste aux Lapins :

3 lapins

« Stillwater » de Tom McCarthy – critique du Blanc Lapin

3 octobre, 2021

Stillwater (2021) Film. Où Regarder le Streaming Online

En 2015, Tom McCarthy frappait fort avec Spotlight et ce film sur l’enquête sur les prêtres pédophiles au sein de l’Eglise Catholique. Son film était limite documentaire et reçu de nombreux prix à juste titre.

Aujourd’hui il revient avec un film très original puisqu’il immerge un foreur de pétrole du fin fond de l’Oklahoma en plein cœur de Marseille. Mais quelle drôle d’idée !

On se dit que çà ne va pas prendre, que ceci risque de tomber dans les clichés des américains sur la France ou dans le comparatif balourd entre une Amérique beauf et des situations défavorisées de quartiers. Sauf que pas du tout.

Le film est d’une finesse incroyable, porté par un duo tout aussi improbable.

Matt Damon retrouve un grand rôle comme il n’en n’avait pas eu depuis très longtemps dans cette stature de mâle taiseux, qui ne parle pas un mot de français et se déracine totalement de son Amérique profonde pour sauver sa fille, emprisonnée pour meurtre.

A travers son regard, ses expressions très minimalistes, il réussit à insuffler au personnage un attachement et une histoire, sans avoir besoin d’expliquer son passé. Face à lui Camille Cottin est impressionnante de naturel, avec un anglais impeccable qui lui ouvre les portes d’Hollywood puisqu’on la retrouvera bientôt chez Ridley Scott dans « House of Gucci« . Elle est tout simplement excellente de bout en bout en femme moderne, actrice de théâtre qui va aider cet américain complètement perdu qui ne sait pas à qui s’adresser. La construction de leur relation et d’un cocon de protection avec la fille du personnage de Camille Cottin, va dresser un miroir à la relation père-fille que le personnage a ratée. Cette fille jouée par Abigail Breslin est toute en nuances jusqu’au bout et ajoute une autre dimension au film, surprenante.

« Stillwater« est un grand film, ambitieux et qui aborde avec une grande subtilité la construction et déconstruction de liens familiaux, au-delà des frontières linguistiques, des murs de prison ou des océans.

Et c’est une très belle histoire, qui marque et qui reste dans la tête plusieurs jours tellement la mise en scène caméra à l’épaule, en plans serrés et le jeu des acteurs troublants de vérité et de naturel, font de cette histoire un must de 2021. L’action et le côté thriller alternent avec des scènes plus intimistes et donnent à l’ensemble une vitalité, une force qui font que les 2h20 passent très vite, avec une certaine forme d’évidence. L’évidence des très bons films.

Les nuances de « Stillwater » et ses propos plein de délicatesse en font l’une des plus belles surprises de l’année.

La piste aux Lapins :

4,25 lapins

123456...71