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Les pires films de l’année du Blanc lapin – bilan 2012 !

14 décembre, 2012

Voici pour la quatrième fois consécutive, mon bilan annuel des pires films de l’année !

Alors c’est toujours aussi subjectif étant donné que je n’ai pas tout vu et que surtout, je sélectinne beaucoup les sorties, ce qui m’évite pas mal de bouses.

N’hésitez pas à laisser des commentaires si vous n’êtes point d’accord..

N°10- « Cloclo » de Florent Emilio Siri

Les pires films de l'année du Blanc lapin - bilan 2012 ! dans Dossiers cloclo_BE_FO

« Cloclo » était attendu depuis longtemps, suivant la mode des biopics français initiée par « la môme« , « Coluche« , « Gainsbourg vie héroïque« , le diptyque sur Mesrine, avant de voir celui sur Yves Montand et bien d’autres figures françaises voir leur vie romancées au grand écran.

Le résultat est réussi question casting. Jérémie Renier ressemble  beaucoup à Claude François. Et si son jeu s’avère quelques peu hésitant au début, il devient plus crédible par la suite pour finir par emporter l’adhésion.

Autre qualité du long métrage, il n’est pas hagiographique et à la gloire du personnage. Bien au contraire, les défauts nous sont présentés sans lissage. Il était jaloux, perfectionniste obsessionnel, maniaque, volage, tyrannique, mégalo et se comportait comme un parrain gérant sa famille et sa petite entreprise.

L’histoire prend soin de décrire la conception de bien des tubes, adaptés et repompés de hits américains ou inspirés de sonorités pas encore connues dans l’hexagone à l’époque. L’homme y est présenté comme un ambitieux qui avait un don, celui de repérer des modes outre atlantique et de les importer pour les franciser. Une technique qui aurait du mal à fonctionner au jour d’internet et de la mondialisation immédiate de la culture. Jouer sur les décalages entre l’Amérique et nous s’avère impossible aujourd’hui en matière musicale…ce qui n’est pas le cas du côté ricain en matière de remakes de films étrangers…Le fait que les fils de Claude François aient adoubé le projet et autorisé l’utilisation de l’ensemble de la discographie est parfois un plus, parfois un handicap, certains moment semblant plutôt empiler comme des perles des refrains bien connus…

Intéressant parcours et drôle de vie que cet homme très seul, en perpétuelle soif de reconnaissance, de son père, des femmes, du public, d’une intelligentsia parisienne. Un ogre aux pieds d’argile, toujours conscient de la fragilité de sa notoriété, obsédé par l’échec, le fait de durer, le retour à la pauvreté connue par le passé. En ce sens, le film reste intéressant, que l’on ait dansé sur Alexandrie alexandra ou que l’on soit hermétique à cette machine à tube transcendant les générations. La conception de son propre mythe et le marketing qu’il développa fit de lui un précurseur.

Hélas, l’alignement chronologique des scènes et la mise en scène en elle même manque cruellement d’ambition, d’originalité. Au point que sans aller jusqu’à l’ennui, ce manque de souffle m’a plutôt porté de l’autre coté de l’atlantique, que Claude François scrutait si bien. Là bas, il existe un maitre du biopic, fatigué aujourd’hui mais qui livra « Amadeus« , « Valmont », « Larry Flint » ou « Man on the moon » avec un don pour éviter justement les écueils balourds du scénario didactique, qui à force de vouloir être complet, en oublie que nous sommes au cinéma. Et un film se doit d’avoir sa propre identité, sa propre proposition, sa propre vision d’une histoire. Florient Emilio Siri est doué et efficace (Nid de guêpes et l’ennemi intime étaient pas mal) mais avouons que ses idées lumineuses pour distiller un peu de poésie, tombent à plat voire frisent le cliché digne d’un pauvre téléfilm fauché. Il aurait été plus inspiré à rester sur sa ligne de direction très académique. Car trop de classicisme tue toute possibilité de sortir des rails sans tomber dans le ridicule. En fait le film est trop raide, trop propre sur lui pour déclencher une véritable émotion. Raconter l’histoire d’un connard ça peut donner « Barry Lindon » mais ça peut aussi donner un film au final un peu chiant, un peu oubliable très vite, pas une chanson ordinaire mais un film ordinaire. En fait, j’ai finis par regarder Jérémie Renier jouer bien Claude François, sans surprises, sans attente à part la fin, qu’on connait déjà. Et soudain, l’oubli.

N°9- « Wrong » de Quentin Dupieux

Wrong_reference dans Films - critiques perso

Après « Rubber » et « Steak » avec Eric et Ramzy, Quentin Dupieux, poursuit sa filmographie volontairement perchée et très originale, mais il le fait aux Etats-Unis.

L’histoire suit Dolph, interprété par Jack Plotnick, inconnu jusqu’ici mais très bon dans son genre, un type viré depuis trois mois qui retourne quand même tous les jours à son bureau, sous les yeux de ses ex collègues effarés, et qui se réveille un matin sans son chien. Son toutou adoré, Paul, seule raison d’être de son existence, a disparu…son jardinier, interprété par Eric Judor vient lui annoncer que le palmier dans son jardin a disparu, remplacé par un sapin…Dolph appelle une pizzeria pour discuter de la raison du choix du logo sur le prospectus et tombe sur une folle qui veut coucher avec lui….et toute l’histoire est une suite de situations cocasses de ce type, parfois drôles parfois juste décalées. Un surréalisme revendiqué dès la première minute.

En sous texte, Quentin Dupieux dépeint une Amérique profonde vraiment à l’ouest entre consumérisme, petits jobs de merde et american dream en promo dans des balieues qui se ressemblent toutes, un peu comme le feraient les Coen mais avec un style qui se veut non sensique, entre les Monty Python et David Lynch ou Buñuel ou Resnais ? Non, pas vraiment, plutôt un style propre et c’est bien à la fois la force et la faiblesse du réalisateur.

Sa force parcequ’il faut avoir les couilles de partir sur ce type de narration au risque de larguer beaucoup de spectateurs. Et parcequ’il a vraiment un style, qu’on aime ou qu’on s’ennuie. La faiblesse parceque, à force de baser l’évolution de son scénar sur le loufoque, comme seul moteur du film, il finit par lasser et non par nous perdre. Car très vite, il est facile de comprendre que le film n’apportera pas grande surprise dans la narration puisqu’il n’y en n’a pas beaucoup, enfin très peu. Ensuite on espère que le réalisateur ne se contentera pas de l’aspect Ofni de son film et y apportera davantage, un fond. Hélas, le sous texte est quant à lui soit inexistant soit très lourd.

On a compris, pas la peine de multiplier les scènes avec des américains perçus comme des caricatures, des stéréotypes divers, sans aucune « normalité » autour d’eux. Quand on veut étayer une critique ou un portrait, il est toujours mieux, à mon sens, d’avoir du relief, du contre champ, bref ici, de la normalité. Parceque là très honnêtement, je me suis demandé ce que voulait nous dire le réalisateur. Et j’ai bien peur qu’il n’ y avait rien à dire, juste un style à exposer et sur exposer.

Le problème de « Wrong » en fait, c’est qu’il n’est pas assez brillant, pas assez hilarant (juste marrant), un peu trop autiste. Qui sait, peut être qu’un jour, un certain recul, une certaine maturité permettra au réalisateur français de toucher juste. Mais pour l’instant, ceci ressemble plus à un exercice de style, sorti d’école de ciné, un peu trop poseur parcequ’un peu trop à 100% dans un sens. Le moteur tourne à vide et on finit par un peu s’emmerder, gentiment, poliment car respectueux de l’effort de nouveauté.

Bref, un film intéressant par sa direction radicale et quelques scènes drôles mais tout de même cette impression amère de creux, de vide dans la structure et de perte de temps. C’est d’autant plus frustrant que Dupieux a un talent évident, peut être manque t il un peu de modestie pour penser qu’il réussira un film novateur sans plus de recherche créatrice qu’une accumulation sans but. Une facilité qui ne tient pas la distance.

N°8- The descendants d’Alexander Payne

TheDescendants_BENL_FA3 dans Films series - News de tournage

Avec « The descendants« , Georges Clooney trouve un rôle un peu atypique pour lui, celui d’un veuf, d’un cocu et d’un père de famille. Il casse ainsi son image de séducteur et joue pour l’un des chouchous des critiques américaines, Alexander Payne, réalisateur de « Sideways » et « Monsieur Schmitdt« .

Georges joue donc le rôle d’un avocat de Hawii, dont l’épouse se retrouve dans le coma après un accident de bateau et qui va devoir gérer ses deux filles, l’une de 7 ans et l’autre de 17, alors qu’il s’en est toujours peu occupé. Il va découvrir que son épouse le trompait et gérer la vente d’un terrain familial géré dans un trust dont il est le trustee.

Comme dans ses films précédents, un constat s’impose, son film est réussi, humain, cynique, critique mais un peu trop fadasse à mon goût. A trop vouloir filmer ses personnages en toute modestie et à hauteur d’homme, la mise en scène de Payne se fait trop discrète et trop humble.

Payne aborde diverses thématiques mais les effleure gentiment. La transmission d’un patrimoine, l’éducation et l’absence du père, la déliquescence du couple du fait des années…autant de sujets intéressants mais alignés aussi de façon très conventionnelle, comme des cailloux recueillis sur une de ces plages d’Hawaii et mis bout à bout sur un collier de perles vu mille fois …c’est joli de loin et assez décevant de près.

Le personnage est attachant, c’est celui d’un looser, qui a laissé défiler sa vie de famille sans y prêter garde, absorbé par son métier et ses responsabilités à la tête de son trust familial. Mais question loosers, je préfère ceux des frères Coen. Ils sont plus cons, moins chanceux mais carrément plus funky et drôles. D’ailleurs Clooney y a obtenu parmi ses meilleurs rôles dans « O’ brother » ou « Burn after reading« .

Cette façon dont Hollywood s’émerveille devant des histoires simples de familles est assez agaçante. Pourquoi porter un tel film, assez banal, aux nues pour conquérir les Oscars cette année ? Pour adouber Clooney et lui refiler une statuette ? Le scénario est  sans surprise, le film semble formaté pour le festival de Sundance, caricatural jusque dans son épilogue et son recentrage sur la cellule familiale, à la manière d’un « Little Miss Sunshine« , les personnages originaux et décalés en moins.

Si l’on en juge à la qualité du film et à l’ennui profond que j’ai eu en voyant « le stratège » avec Brad Pitt, « the Artist » mériterait en effet de nombreux oscars, les concurrents ne faisant pas le poids, tout simplement.

« The descendants » est un gentil film du dimanche soir, sitôt vu sitôt oublié…next !

 N°7- « J. Edgar » de Clint Eastwood

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Voici enfin « J. Edgar« , biopic sur John Edgar Hoover, monstre politique ayant créé le FBI et utilisé ce dernier au service des intérêts qu il estimait être ceux des Etats unis et les siens. Personnage complexe, il traversa les hautes sphères du pouvoir des années 20 au début des années 70. Ce manipulateur sincère dans sa démarche mais oh combien contraire à l’image d’Epinal de la démocratie, fut à ce point puissant qu’il fut inamovible de son poste jusqu’à sa mort. Aucun des huit présidents des USA qu il « servit » n’arriva à le déloger.

L’idée de voir un immense réalisateur, républicain de surcroit, s’attaquer au mythe, était une promesse de cinéphile…promesse d’un grand moment.

Hélas, mon triste constat à la sortie de la projection c’est que Clint Eastwood devrait peut être arrêter, à 82 ans, plutôt que d’enchainer des films mineurs tournés plus vite que son ombre. Le maitre a vieilli et ça se voit. L’ensemble est plus crépusculaire que jamais, la mort et l’héritage hantant particulièrement Clint depuis « Mytic River« .

Mais je m’attendais à tellement mieux de lui et surtout d’un personnage emblématique comme John Edgar Hoover. En mettant l’accent sur sa relation homosexuelle refoulée avec Clyde Tolson ou la fascination castratrice pour sa mère, Eastwood zappe beaucoup d’aspects politiques du personnage. L’idée de faire des allers-retours entre le seuil de sa mort et sa jeunesse pouvait sembler être une bonne idée afin d’aérer une carrière de stratège extrêmement riche. Hélas, le film sent plutôt le papy qui s’est oublié. Et le résultat est rance.

Vouloir donner un aspect humain au personnage n’était il pas plus une perte de temps pour cet individu de toute façon inclassable ? Que voit on vraiment de la stratégie de « consul à vie » comme Hoover aimait justement se définir… de ses croyances profondes et sa réelle dévotion aux Etats-Unis d’Amérique, quitte à passer au dessus des lois.

Son anticommunisme est appuyé à ses débuts mais ce sont ses interventions répétées sur 40 ans qui auraient du définir le contour de ce biopic. Son rapport à la mafia, totalement omis, son rôle dans l’écoute de personnalités du show biz et de la politique, et l’incidence sur les campagnes électorales, aspect totalement passé sous silence. Sa détestation des Kennedy père et fils aurait elle été mise de côté parceque Eastwood, en bon républicain, n’a pas souhaité montrer à quel point cet autre républicain fanatique était décidé à faire tomber ce mythe. Bien sur, il l’évoque comme il aborde la haine qu’il avait de Martin Luther King. Mais il ne fait qu’effleurer pour s’appesantir bien trop longtemps sur l’affaire Lindbergh. Elle est certes constitutive du début des pleins pouvoirs qu’il obtint du Congrès, mais fallait-il y consacrer un quart du film ?

Leonardo DiCaprio a beau jouer la moitié du film avec un masque assez mal fait, il transcende son personnage, sa diction, son regard vitreux…il confirme son statut d’acteur de premier plan, bankable et brillant par ses prestations, à faire pâlir ses congénères.

Mais ce rôle à Oscars ne suffit pas à sauver le film d’un enlisement moite. Et puis notons que le vieillissement des personnages est particulièrement raté, la prothèse de Clyde Tolson étant plus digne d’un épisode de Star Wars première trilogie.

Bref, « J. Edgar » est un rdv manqué d’autant plus agaçant que les planètes étaient alignées avec un acteur génial, un réalisateur culte et républicain, un personnage transversal de l’Amérique politique du 20ème siècle…si DiCaprio avait été mauvais, la frustration aurait été moins amère.
« J. Edgar » est un film d’un classicisme poussiéreux qui fait froid dans le dos, un film de vieux…Déjà retourné à la poussière…

 

N°6- « Take shelter » de Jeff Nichols

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Avec « Take shelter« , Michael Shannon trouve un premier rôle à la hauteur de son immense talent d’acteur, tout en nuances, et c’est une bonne chose pour ceux qui ne l’auraient pas repéré dans « les noces rebelles » de Sam Raimi aux côtés de Di Caprio et Kate Winslet.

Décrire la folie ou du moins la paranoïa et la schizophrénie n’a rien de simple lorsque l’on ne veut pas verser dans le rôle à oscars too much. C’est ce que réussit l’acteur, accompagné d’une Jessica Chastain tout aussi douce et délicate que dans « tree of life » de Terrence Malick.

Seulement voilà, moi qui adore les films tournant autour de la fin du monde, je me trouve très perturbé par l’accueil dithyrambique du film.  Je ne suis pas rentré dedans, demeuré sur le côté de cet objet me semblant mis en scène avec assez peu d’idées et au final une répétition des plus pénibles.

Jeff Nichols a décidé de nous faire vivre, vue de l’intérieur, la peur de fin du monde que ressent son personnage. La caméra est centrée sur lui, sur la moindre de ses réactions tout en montrant les personnages l’entourant comme si le fou c’était nous, spectateurs. Seulement voilà, tout repose sur la prestation de Shannon, et passée ce constat, rien de neuf dans l’enchainement des scènes, relativement attendues.

Et surtout, comme dans « Melancholia » de Lars Von Trier, sur le même thème et loué par la presse, je me suis ennuyé sec, très sec. Le réalisateur n’a rien à dire ou tout du moins l’exprime tellement mal, avec tant de non-dits que je suis resté sur le pavé. Je dois être un peu concon. Il faut probablement mieux m’expliquer les choses.

Bien sur, Nichols veut montrer la critique en creux de l’américain moyen reclus sur lui-même et défendant sa patrie contre des ennemis parfois imaginaires et parfois réels…dépassé par son statut de première Nation responsable des autres comme le personnage de sa famille, l’Amérique a parfois peur excessivement, et devient parano.

Mais moi j’ai été déçu, très déçu par ce premier évènement des films d’auteurs que j’attendais pour 2012.

Une platitude du propos que je déplierai peut-être ultérieurement si j’ai le courage un jour de me retaper 2 h de scènes identiques.

 

N°5- The Dictator de Larry Charles

Sacha Baron Cohen revient avec un nouveau personnage infâme à souhait après « Borat » et « Bruno » !
J’avais bien adhéré à l’humour débilo régressif des deux opus précédents et le thème de « the dictator » ouvrait un boulevard au comique américain. En pseudo dictateur nord africain entre Saddam Hussein et Muammar Kadhafi, la provoque de Cohen est en effet dans son élément, taclant au passage ses chers Etats Unis d’Amérique sur le thème de leur démocratie immaculée, montreuse de leçons. Il est vrai que quelques scènes du film déclenchent l’hilarité. Hélas, nombre d’entre elles sont…dans la bande-annonce.

Et si le mauvais gout est toujours roi pour le meilleur et pour le pire, Sacha Baron Cohen trouve ici la limite de son comique. En effet, en devenant célèbre et en côtoyant de « vrais acteurs » et des réalisateurs de renom (Scorsese, Burton, etc…) il a du se dire qu’il pouvait tourner un film comique « classique ». Sauf que voila, il a oublié un ingrédient, les cameras cachées de ses précédents longs métrages, qui parfois étaient des fakes et parfois de vrais vidéos piégeant des stars ou de simples ricains moyens. Ceci créait une atmosphère particulière. Sans cet élément, la recette s’essouffle, l’humour se fait plus consensuel et attendu et le temps entre deux éclats de rire devient comment dire, pénible car inintéressant et juste lourd.

Faire de l’ humour pas fin exige d’être brillant tout le temps, sans interruption. Sinon le rythme s’effondre et laisse apparaitre de manière encore plus béante les failles scénaristiques et le manque d’écriture ou d’inventivité.

Bref, pas sur que Sacha Baron Cohen ait intérêt à poursuivre ses films centrés sur un personnage ignoble caricatural…car à force de tirer sur la corde de sketches étirés sur tout un film, il risque d’agacer et de perdre très vite son public.  Qu’il poursuive sa carrière d’acteur normalisé serait peut être plus recommandé. On le verra notamment en Freddie Mercury chez Stephen Frears, ce sera l’occasion de constater si il sera une étoile filante ou une étoile tout court.

 

N°4 – Adieu Berthe ou l’enterrement de mémé de Bruno Podalydès

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A l’époque de la sortie du film, je n’ai même pas écrit de critique tant ce dernier m’a paru creux et toc, un produit purement monté pour plaire aux bobos parisiens. J’aime bien les frères Podalydès mais là ils ne se sont pas foulés et à partir d’une idée de bon court métrage ont décidé de ralonger la sauce. C’est probablement une des plus belles arnaques de l’année avec une bande-annonce très drôle mettant en vedette une Valérie Lemercier en grande forme, appuyée par une presse dithyrambique.

Sauf que tout était dans la bande-annonce, le reste étant du remplissage, des dialogues bavards pas drôle et ennuyeux et la véritable impression d’avoir été pris pour un con.

C’est dommage car je verrai désormais le travail de Podalydès avec méfiance en me disant qu’il est capable de prendre son public avec au pire beaucoup de négligeance et mépris, au mieux une paraisse difficilement excusable.

N°3- Blanche-Neige et le chasseur de Rupert Sanders

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Ce que j’ai bien aimé dans cette adaptation de Blanche Neige centrée sur le chasseur, c’est l’histoire de cul entre le réalisateur et l’actrice principale, Kirsten Stewart, qui trompait son ultra célèbre boy friend, Robert Pattinson. Parceque sinon, le film, j’avoue avoir été transporté dans les années 80, à l’époque de certains mauvais films d’héroic fantasy aux scénarios faiblards appuyés par des effets spéciaux râtés.

Ici, c’est le contraire, le visuel est excellent ! Mais justement, le décalage entre la technique et les dialogues ou l’écriture des personnages est tel qu’une dimension parallèle s’ouvre. Un voyage fascinant dans le néant narratif, un phénomène de plus en plus fort, le conte désincarné, à la manière du « Alice au pays des merveilles » de Tim Burton. Notez, c’est logique, on prend la même recette d’un conte pour enfants ultra connu et on balance beaucoup de pognon dans l’univers et les effets. Certaines critiques ont comparé la beautéde certains effets à l’imaginaire de Terry Gilliam. Si vous connaissez ma passion pour le bonhomme, vous imaginez mon agacement.

Un film d’héroic fantasy ne doit pas être géré uniquement par les informaticiens et les logicils capables de nous bluffer à l’écran. Une seule touche positive ressort du film, Chris Hemsworth, le Thor de Marvel. Il est mâle, très mâle et assure dans ce genre de rôle de brutasse. Sinon, c’est mauvais, pas écrit et navrant.

 

N°2 – Battleship de Peter Berg

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Peter Berg, c’est un peu un Zack Snyder (Watchmen, 300) mais sans talent visuel. Un pur faiseur, un mercenaire à la solde des studios, prêt à mettre en scène n’importe quel projet à la con, en étant peruadé qu’il a des idées et un talent. Ce type a quand même failli faire une nouvelle adaptation de Dune…quand on voit son navrant « Hangcock » avec Will Smith ou cette terrible adaptation du jeu de société « Touché coulé », on comprend ce que signifie industrie du cinéma. Ici, on a choisi un produit à vendre sur le nom du célèbre jeu. On retient à peu près les mêmes concepts sauf qu’on y introduit trois bombasses, une nana et deux mecs (Taylor Kitsch, Rihanna, Alexander Skarsgård qui cachetonne) et que l’équipe ennemie est composée d’extra terrestres. Le scénario s’arrête là, pas la peine de s’emmerder, y’a des jolies acteurs à voir, des effets spéciaux à la Transformers, pourquoi s’emmerder ?

Un film affligeant car sans aucune surprise, aucune écriture, des scènes vues 10.000 fois et une absence totale de considération pour le public.

N°1 – Avengers de Joss Whedon

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Mauvais

Il faut toujours se méfier des films qui font une quasi unanimité critique. Cet adage que pourtant je me répète sans cesse, ne m’évite pourtant pas ce genre de désagrément …

Car oui, « Avengers », LE film Marvel rêvé qui soit disant doit répondre aux attentes des lecteurs de comic book et au-delà, en leur offrant un vrai film de supers héros comme sur le papier glacé, et bien ce film là est à mon sens le pire  que j’ai vu en 2012.

Le premier Iron man m’avait fait sourire pour le personnage mais ennuyé pour les aventures d’un manque d’originalité confondant. Le second fut une torture. « Captain America » quant à lui, répondit bien à tous les clichés auxquels on s’attendait.

Ici, les supers-héros ont certes tous un espace à l’écran et une complémentarité qui les empêche de se cannibaliser. C’est sans doute la grande réussite du film. Mais alors que le début de l’histoire et la mise en place des personnages est un peu lente, les scènes qui suivent et qui se font s’affronter tel super héros à tel autre ont un côté rébarbatif jusqu’à épuisement. Il n’ y a aucune surprise et dès lors aucune tension dramatique. Dès lors, il est difficile de s’intéresser à ces fausses oppositions au-delà du plaisir visuel des effets spéciaux.

Mais bon, de nos jours, les films qui vous en foutent plein la vue à ce niveau sont légions. A la manière de films conçus comme des produits, comme un « Transformers« , « Avengers » aligne des scènes parlées très chiantes car incompréhensibles avec des scènes d’actions qui recherchent à chaque fois la surenchère. Dans les scènes soit disant « sérieuses », les personnages parlent avec des termes pseudos scientifiques proches du « bifidus actif » pour tenir au final des propos dénués de tout relief voire même risibles mais pas dans le bon sens. L’humour du film est celui de tout film d’action hollywoodien depuis les Die Hard avec Bruce Willis, et donc les vannes font rarement mouche, car ultra codifiées.

Alors la presse a opposé ce film aux Batman de Christopher Nolan, plus cérébraux et noirs et sans humour alors que « Avengers » serait le parfait opposé, fun, divertissant et léger. Je dirais plutôt décérébré, décomplexé mais horriblement fadasse par son absence totale d’idée scénaristique et de personnalité dans la mise en scène. Là où Nolan a réussi avec la trilogie « The dark knight« , c’est qu’il a insufflé des choix à contre courant très personnels. Il est sorti de la Bd reposant sur ses supers-vilains pour l’encrer dans une réalité proche d’une Amérique post 11 septembre, très réaliste. Et il a compris qu’un méchant sombre est toujours l’une des clés de la réussite d’un tel film. Sauf qu’il y a ajouté des personnages construits, un héros complexe, tourmenté, bref, humain.

Ce film fut un supplice !

Les meilleurs films de l’année 2011 du blanc lapin – partie 2 (N°7 à N°1)

23 décembre, 2011

Voici la seconde partie du dossier bilan de mes films préférés sur 2011. Bien entendu, je n’ai ni le bon goût ni l’outrecuidance de penser avoir tout vu. Disons que je sélectionne les films en fonction de leur parcours (que j’étudie bien en amont) et de leur accueil (même si je ne lis plus les critiques avant d’avoir rédigé la mienne). Sur cinquante films vus cette année au cinéma, je pense en avoir ratés assez peu. C’est disons le cas tous les ans puisque je vois les éventuels loupés par la suite et qu’il y a rarement de « grand oublié ». Mais si vous en notez, n’hésitez pas à me le signaler !

Voici donc mes 7 préférés, enfin 8…

 

N°7 – « Incendies » de Denis Villeneuve

Les meilleurs films de l'année 2011 du blanc lapin - partie 2 (N°7 à N°1) dans Dossiers incendies-207x300

Voici donc le film de Denis Villeneuve qui a beaucoup fait parler de lui avant sa sortie tant son accueil fut bon partout dans le monde, y compris en étant nominé aux oscars. Le réalisateur opte pour un scénario recelant un drame à multiples fonds, chacun enfonçant un peu plus le spectateur dans l’émotion des diverses révélations qui vont jalonner le film. Au fil de l’enquête de ces deux frères et soeurs sur leur mère disparue, plusieurs thèmes vont être évoqués et entremêlés.

Le postulat de départ est assez malin puisque le film ne cite pas le pays du moyen orient où la mère a vécu avant de s’enfuir au Québec. L’effet immédiat est que l’on se trouve un peu perdu, en attente de savoir quel pays est pris en exemple. Il s’agit bien entendu du Liban et de sa lutte fratricide entre musulmans et catholiques. Mais l’atmosphère d’enquête dans ce pays dont on ne cite jamais le nom est posée, une guerre honteuse qu’on veut oublier. Le périple commence alors dans le passé de cette mère décédée et mystérieuse. Chaque avancée du récit atteint alors son but puisque tous les sens sont en éveil et que l’on suit la fille de cette femme par un montage habile entre passé et présent. C’est un film sur le deuil, les deuils. Celui d’une femme pour sa vie gâchée au nom d’un idéal, celui d’enfants pour une mère qui les a doublement abandonnés et ne les retrouvera que par delà la mort. Un film sur le pardon. Pardonner à ses bourreaux pour revivre ou plutôt laisser ses enfants revivre. Film sur l’importance de la filiation et de la connaissance de ses parents pour se constituer une identité, une base pour se propulser en avant, comprendre les erreurs et les choix des ainés pour créer son propre cadre, forcément construit en creux, en confrontation avec les parents. « Incendies » utilise certes des ficelles parfois pompières mais atteint son but, bouleverser le spectateur et le laisser blafard. Un excellent film.

 

N°6-  « The artist » , Michel Hazanavicius

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Avec  « the artist » , Michel Hazanavicius a fait forte sensation au dernier festival de cannes, et créé la surprise. Hazanavicius ose un pari risqué et gonflé, en sortant un film muet en noir et blanc en 2011 ! Idée de génie, pas novatrice car déjà tentée par le passé mais toujours avec lourdeur…

Il faut dire qu’associer cinéma muet à comique burlesque façon Buster Keaton, Laurell et Hardy ou Chaplin, c’est oublier toute la poésie de cette époque là du septième art, toute l’écriture et la mise en scène qui font qu’un Fritz Lang muet ou parlant demeure une claque inaltérable avec le temps. Takeshi Kitano avait compris et porté à son paroxysme la richesse de ces silences dans le très beau « l’été de kikujiro« . Mais ici Hazanavicius frappe plus fort et livre un hommage très émouvant au cinéma à travers une histoire simple mais écrite avec finesse, basée sur le jeu sans fausses notes de ses acteurs. Jean Dujardin mérite amplement son prix d’interprétation cannois, commençant par jouer de son visage élastique pour caricaturer l’acteur de cinéma muet et glissant doucement mais surement vers une palette de jeu bien plus nuancée, au point d’en devenir un personnage extrêmement émouvant de loser. Face à lui, Berenice Bejo est confondante de justesse et crève l’écran au point de nous faire penser au fait qu’on ne la voit pas assez sur les écrans. Il nous rappelle de manière assez déroutante qu’un bon film n’a pas besoin de technique et de 3D mais juste d’un scénario solide entourés d’acteurs inspirés. Mais ce serait sans compter sur la mise en scène de l’auteur, sa dramaturgie. Il sait raconter des histoires et arrive à s’imprégner des tics d’un cinéma mort pour mieux nous démontrer que ce dernier bouge encore et qu’il s’est juste transformé et entouré de techniques de plus en plus élaborées. Hazanavicius, qui nous a fait mourir de rire avec ses irrespectueux « Oss 117 » choisit d’illustrer son film en contant une histoire d’amour, sous forme de drame et non de comédie. On rit peu durant la projection mais c’est la tendresse pour les personnages et leur profonde humanité qui touche de façon évidente et surprend d’autant plus qu’on n’attendait ni  Hazanavicius ni Dujardin sur ce créneau. Un exercice de style casse gueule qui aboutit à un film ambitieux, généreux et d’une nostalgie ultra classe.

 

N°5 – « Shame » de Steve McQueen

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« Shame » est le second long métrage de Steve McQueen, à l’homonyme tellement classe que ce jeune réalisateur black britannique se devait d’exceller dans la mise en scène. Après avoir remporté la caméra d’or à Cannes en 2009 avec « Hunger« , permettant au monde de découvrir Michael Fassbender, McQueen revient avec son acteur sur un tout autre sujet, l’addiction au sexe.

Fassbender interprète un baiseur fou dont le train train est bouleversé quand sa petite soeur débarque en ville pour squatter chez lui.

Et comme à son habitude, McQueen va laisser le temps au récit de se construire, n’hésitant pas à substituer les silences et la gymnastique du corps et des regards à certains dialogues. Et de nous livrer un film d’atmosphères, un film à l’image très léchée.

Le film présente les couleurs pales d’un monde de limbes, ce purgatoire de la mythologie grecque. Pourquoi ce personnage s’est il perdu ? La couleur pâle des scènes, la couleur du vide, sera aussi celle de l’absence de personnalité du personnage.  Ce dernier n’a aucune passion à part le sexe, aucun ami, aucune famille à part cette soeur venue d’ailleurs, aucune racine. Il a créé sa bulle, son monde aseptisé, un appartement blanc et sans âme, mais qui lui sert de lieu d’isolation. C’est d ailleurs pour cette raison que la présence de sa soeur le gêne, elle viole son intimité et son quotidien de baise. Elle amène de l’affectif là où il a réussi à faire le vide. Steve McQueen aborde une critique détournée du consumérisme et de la société zapping, laissant derrière elles des gens isolés et perdus. Sans tant de fond que cela.

Mcqueen utilise admirablement le corps de Fassbender, corps qui exprime davantage la souffrance que la jouissance avec cette fuite en avant dans du sexe désincarné. On en vient à éprouver une profonde empathie pour cet être déconnecté de toute joie, qui s’accroche à sa seule éjaculation pour rythmer sa vie.

Le plaisir semble se focaliser de plus en plus sur la conquête, l’acte en lui même n’étant qu’un enchaînement mécanique. Comme si la virilité du personnage ne pouvait que s’exprimer en laissant l’animal prendre le dessus. Un être devenu asocial dans la société cynique d’aujourd’hui, qui cherche à se raccrocher aux branches de sa bestialité pour se prouver qu’il existe. Un constat d’échec des rapports humains assez alarmant. On sort du film un peu décontenancé et heureux d’avoir une vie sociale ancrée dans la réalité. Le danger qui guette l’homme moderne est d’oublier ce qui forme le tissu social, au delà des rapports futiles. C’est le message assez juste et universel que Steve Mcqueen réussit brillamment à démontrer dans ce film qui fera date.

 

N°4 – « Polisse » de Maiwenn

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Avec ce quotidien de la Brigade de Protection des Mineurs, Maiwenn s’attaque à des sujets sensibles que sont la pédophilie, l’inceste, le viol de mineurs, la maltraitance physique. Autrement dit, un sujet casse gueule qui peut verser très vite dans le pathos.

Maiwenn Le Besco confirme après « le bal des actrices » sont talent évident de mise en scène de personnages et de direction d’acteurs avec un naturel confondant. Karin Viard est décidément l’une des meilleures actrices de sa génération. Joey Star trouve à nouveau un rôle extrêmement touchant et charismatique, à mille lieux de l’image de la star incontrôlable qu’il fut, il est très juste. On s’y croirait et l’aspect pseudo documentaire fait évidemment penser au brillant « L. 627 » de Bertrand Tavernier. Notamment parce que Maiwenn s’est inspirée de faits réels et que cette réalité dépasse la fiction et nous explose à la gueule dans certaines scènes déchirantes, lourdes d’émotions mais jamais de misérabilisme. Ces flics trop humains qui font face à des affaires extrêmement dures sur enfants, nous redonnent de l’humain en intraveineuse à travers leur quotidien.

Alors on peut reprocher à Maiwenn d’être une fausse modeste. Elle ne peut s’empêcher de se mettre en avant et de tomber dans le narcissisme en créant un rôle taillé pour elle, égocentré et caricatural, assez inutile et même agaçant. Allant jusqu’à nous montrer toute sa famille…sans grand intérêt pour l’histoire. Il est possible aussi de ne pas adhérer à ce patchwork d’histoires que l’on suit sans aller au bout, sous forme d’un espèce de zapping du glauque. Mais ce serait un peu se gâcher le plaisir d’un film choral très réussi, bien documenté et crédible et surtout très bien interprété, ponctué de scènes très drôles au demeurant.

Le film est violent par les mots et les situations mais il donne à voir systématiquement l’ambivalence de chacun de ces flics. Leur côté obscur, leurs contradictions, les traumas sécrétés par leur métier et le débordement de ce dernier sur leur vie personnelle, tout ceci permet d’embraser le film, de lui donner un souffle et une vigueur qui force le respect.

N°3 – « J’ai rencontré le diable » de Kim Ji-Woon

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Kim Ji-Woon a engagé son fidèle acteur Lee Byung-hun, de tous ses films, sorte d’Alain Delon coréen époque « le samourai » et a confié le rôle du tueur à l’excellent acteur de « Old boy« , Choi Min-sik, au visage impressionnant de violence, une tête de tueur qui vous glace le sang.  Avec « J’ai rencontré le diable« , le réalisateur franchit une étape, une maturité dans son art. L’ensemble des festivals qui l’ont accueilli lui ont rendu un accueil à la hauteur de la qualité du film, esthétique certes mais surtout qui fait montre d’une patte, contrairement à ses précédents films, bien trop référencés.
Et pourtant, tous les codes du film d’horreur sont là ainsi que l’absence de retenue du cinéma coréen. Il se lâche l’animal. La violence du long métrage est assez insupportable par moments et le film n’est pas à montrer aux âmes sensibles. Le sang gicle de partout, certaines scènes sont bien crades et choquantes et Kim Jee-Woon ne se refuse rien.
Mais il a l’intelligence de se baser sur un scénario classique et malin, sans aucune interruption de rythme, la spirale infernale n’ayant jamais de pause. Le flic poursuit un monstre qui ne sera jamais rassasié de crimes. C’est un homme mauvais, irrécupérable et d’une dangerosité hallucinante. Et pourtant le bon, l’homme blessé cherche à se venger, à faire sa catharsis en décuplant sa haine pour punir. Sauf que contrairement à un film à la Charles Bronson, le film a un but, un propos, un final, que je vous laisserai découvrir de vous-même.
C’est trash et certains scènes vous clouent au fauteuil de terreur mais c’est diablement efficace et plus profond qu’il n’y parait. C’est triste, c’est froid, c’est glauque mais c’est scotchant d’intensité. Kim Jee-Woon se permet même des touches d’humour dans les situations les pires.
Le contact d’un diable, d’un être sans aucune humanité rend t il mauvais ou ramène t il juste le poursuivant justicier à l’état de chasseur qui guette la bête…et se prend au jeu inhumain du bourreau car c’est un jeu enivrant. Il est plus facile de se venger que d’accepter que l’ordre et la justice légale s’accomplissent. La vengeance est l’acte basique et barbare de l’homme non soumis aux règles sociales et qui décide d’écouter sa haine naturelle plutôt que la raison. Kim Ji-Woon réussit donc, derrière l’apparente débauche de violence jouissive et écoeurante à nous pondre un bon plaidoyer contre la peine de mort. Et c’est ce qui est très très fort dans sa mise en abîmes et son traitement de l’évolution des personnages. Le mal pur est vraiment flippant et il est contagieux. Le film est excellent mais encore une fois soyez avertis du résultat à l’écran.
N°2 – ex æquo - « Black Swan » de Darren Aronofsky
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Voici enfin le retour de Darren Aronofsky après son lion d’or pour « the wrestler« , où Mickey Rourke renaissait de ses cendres devant la caméra du cinéaste. Certes, Aronofsky est l’un de mes chouchous, j’ai adoré tous ses films. Mais aujourd’hui il entre dans la cour des grands, des très grands.
Le film est un parfait mélange des deux longs métrages les plus réussis du cinéaste.
La force du récit est appuyée par une mise en scène de plus en plus étouffante, qui va en crescendo à la manière de « Requiem for a dream« . Une force centrifuge emporte peu à peu le récit à une vitesse de plus en plus grande. Mais de la même manière que dans « the wrestler« , où Aronofsky suivait Mickey Rourke en catcheur sur le retour, le réalisateur abandonne quelques peu les effets de style qu’on lui reprochait au temps de « the fountain » et de « requiem for a dream ».  Il sait à présent s’emparer d’une histoire comme personne, et l’on constate la même évolution chez lui que chez Fincher avec son « the social Network ».
Ici, Aronofsky reprend la même technique que dans « the wrestler » où son cinéma ressemblait plus à celui des frères Dardenne ou de Ken Loach qu’à celui de sa génération de cinéastes indépendants très formalistes, à qui on reprochait la forme au détriment du fond.  Ainsi, limite caméra à l’épaule, il filme en gros plans son actrice pour ne jamais la lâcher.
En délaissant le trop plein qui pouvait rebuter certains dans ses premiers opus, Aronofsky opte pour l’épure, donnant au jeu de Natalie Portman la possibilité de nous émouvoir et d’en prendre le temps. La peur et l’angoisse se lisent sur son visage et son corps si fragiles. Et en parsemant son film de touches fantastiques, il maintient le long métrage dans un genre indéfini et inquiétant, à la manière d’un Polanski ou d’un Kubrick, il conserve en permanence une tension forte. Ce cadre permet à Natalie Portman de livrer une prestation remarquable. L’expérience de cette dernière dans la danse classique accentue le réalisme des meurtrissures du corps qui se propagent à l’âme, ne sachant jamais si l’on nage en pleine schizophrénie et à quel moment le cauchemar se détache t il de la réalité.
L’utilisation des codes d’un cinéma de genre fantastique pour mieux perdre les repères du spectateur, permettent de l’emmener plus violemment vers l’apogée du récit, en accélérant, à la manière d’une ballerine qui tourne sur elle même jusqu’à perdre connaissance, jusqu’à s’abandonner. On s’aperçoit alors que le formaliste est toujours là, il est simplement plus discret, plus fin, plus abouti.
Et puis il y a l’histoire, la solitude du personnage, son unique obsession étant de devenir quelqu’un, être admiré aux yeux de tous, atteindre la perfection dans son art au sacrifice de tout le reste, la vie n’étant plus liée qu’à cet objectif, pas d’amis et peu de famille qui compte…un film bien plus profond qu’il n’y parait car il touche à quelquechose d’universel. Que recherche ton à réussir dans une vie ? Quel est le but, l’ambition, et pourquoi ? pour qui ? Le personnage de Portman le fait-il pour soi ou pour sa mère ?

Pour se transcender et défier la vieillesse et la mort, exceller dans un domaine pour se démarquer et se sentir moins seul ? Autant de questions que le film pose sans y répondre forcément, ou bien par allégories. Darren Aronofsky livre donc un film extrêmement riche et puissant, une réussite majeure qui le place parmi les plus grands.

 

N°2 – ex æquo - « Drive » de Nicolas Winding Refn

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Il est toujours émouvant de voir un auteur au style unique se révéler au grand public et récolter les grands prix, monter une marche de plus et s’imposer comme un grand, un très grand.

Au dernier festival de cannes, on attendait le réalisateur suédois de la trilogie « pusher« , de l’excellent « bronson » et du barré « whalla rising, le guerrier silencieux« .
Mais ce fut une surprise tout de même. Car c’est avec un film d’action, son premier film hollywoodien, que Nicolas Winfing Refn réalise son meilleur opus, son premier chef d’oeuvre.

Il est rare d’être frappé d’une telle cohérence, d’une telle évidence. Et Winding Refn utilise pour cela tous les codes du genre qu’il a si bien digérés. J’ai pensé à David Cronenberg pour le brio de la mise en scène, le même qui m’avait éclaboussé sur « history of violence ». Une histoire très banale mais un film majeur.

Et puis à David Lynch pour ces temps ralentis bercés d’une bande originale de haute tenue et tailladés de saillies bien sanglantes. Et puis des courses poursuites de voitures comme les deux ou trois du film, on n’en n’avait pas vu depuis combien de temps ? Très honnêtement je ne me souviens plus. En fait les courses de voitures m’ennuient profondément tant elles sont des passages obligés désincarnés de certains films du genre. Ici la tension est prégnante tout au fil du long métrage mais elle suit la vitesse du véhicule.

Et puis « drive », c’est la mise en lumière d’un immense acteur qu’on annonce de films en films comme la révélation des 12 derniers mois. Ryan Gosling est impressionnant. Ses dialogues se résument à quinze phrases mais il  crève l écran. Pourtant, ce n’était pas gagné avec un blouson en cuir avec un scorpion dans le dos. Un rôle en or pour Nicolas Cage dans un de ses multiples nanars récents. Mais ici, Ryan Gosling est mâle, très mâle.

A star is born. Oui, il faudra compter avec Ryan Gosling et c’est tant mieux, pauvres cinéphiles que nous sommes, dépendant de la chance.

Bien que je sois un fan inconditionnel de Terrence Malick, la palme d’or n’aurait pas du revenir à son « tree of life » mais bien au « drive » de Nicolas Winding Refn.

 

And the winner is…

 

N°1 – « Rabbit Hole » de John Cameron Mitchell

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Avec « Rabbit Hole« , John Cameron Mitchell signe son meilleur film et le retour au sommet de Nicole Kidman, qui, vous ne serez pas surpris, nous livre une prestation magistrale. Je ne l’avais pas vue aussi fébrile et dure depuis le « Eyes wide shut » de Stanley Kubrick.

Mais face à elle, Aaron Eckhart trouve un rôle à la mesure de son talent et ne démérite pas un instant. Il s’agit peut être de son meilleur rôle jusqu’à présent.

Avec un sujet pareil, le réalisateur a choisi un thème casse gueule, rarement abordé au cinéma et davantage au petit écran via des téléfilms ou des séries dont certaines (comme six feet under) n’hésitaient pas à traiter de la chose bien qu’elle ne soit pas franchement attractive en terme d’audience.

Et John Cameron Mitchell retrouve la recette de ses deux précédents essais « Hedwig and the angry Inch... » et « Shortbus » à savoir poser des questions simples crument, sans tabous. Dans « Shortbus », le spectateur voyait les acteurs se livrer à des scènes de sexe pornographiques mais ne retenait non pas du voyeurisme mais plutôt de la joie, de la jouissance et l’explosion des émotions et des tourments des personnages, qui se posaient beaucoup de questions existentielles entre quelques scènes un peu crues. Un sentiment étrange qui faisait disparaitre très rapidement le côté mal à l’aise des premières minutes. C’est comme si la sincérité avec laquelle le réalisateur explosait les tabous permettait tout de suite de franchir une étape pour aller plus loin dans l’exploration des personnages, non sans pudeur, juste sans voiles inutiles. Ici, il n’existe pas de mise en abime de la tragédie. Le metteur en scène estime que vous avez lu le pitch et que vous êtes assez grand pour comprendre ce qui s’est passé. Pas la peine de mettre en scène la mort de l’enfant. Ceci pour le coup aurait été du voyeurisme.

Non, ici il est question de deuil ou plutôt d’absence de deuil définitif. Comment exprimer ses émotions lorsque le pire vous arrive à savoir perdre votre enfant, très jeune.

La retenue des personnages est toujours contrebalancée par une violence sous-jacente mais jamais par un jeu d’acteur cherchant la performance façon « actors studio ».

Non, John Cameron Mitchell préfère utiliser l’humour noir par ci par là, une musique douce, des couleurs vives car la vie se poursuit, qu’il continue de faire beau temps.

La vie continue et les autres avancent tandis que le temps est figé ou qu’il bégaie pour les parents. Le manque et la tristesse se rappelant toujours à la mémoire, devenant simplement différents, évoluant, se transformant.

Le long métrage ne cherche pas à démontrer quoique ce soit, juste à filmer l’évidence, on ne partage pas la peine des autres, les personnes qui entourent une famille endeuillée de cette façon ne peuvent pas apporter grand-chose. Et les « survivants » font mine d’accepter ces politesses comme réconfortantes mais ceci reste du lien social, rien de plus. La peine est bien encrée et ne disparaitra pas. Il faut l’accepter et vivre avec.

On est seul face au drame même en couple, même au milieu d’autres parents touchés par ce malheur. Chaque deuil est personnel.On peut se raccrocher à Dieu mais quand on n’y croit pas il faut trouver autre chose et c’est ce que fait le personnage de Nicole Kidman. Le film n’est pas sans espoir, il n’est pas noir et sombre, non, il est plus complexe, il montre justement comment évoluent ces sentiments et comment extirper quelquechose d’un tel drame pour poursuivre sa route, même blessé de manière irrémédiable. 

John Cameron Mitchell signe un film profondément universel et d’une grande finesse, d’une sensibilité touchante car non versée dans le pathos gratuit, une œuvre bouleversante qui n’utilise pas du tout les travers du mélo mais plutôt une approche psychanalytique du sujet. Un film où l’intellect est servi par des acteurs en état de grâce. L’un des grands moments de cinéma de cette année. Probablement.

 

Voilà, c’est finis pour cette année 2011 pleine de surprises, un excellent cru, contrairement à ce qu’écrivent certains sites. Les films de ce classement sont tous d’un excellent niveau et il m’a été délicat de les départager. Ce n’est pas tous les ans de la sorte. N’hésitez pas à découvrir vos oublis en dvd…

Je vous donne rendez-vous tous les jours bien entendu sur « De l’autre côté, perché avec le blanc lapin… » mais en particulier début janvier où je vous livrerai un avant goût de ce qui vous attend au cinéma en 2012 avec deux dossiers complets sur les films les plus attendus version blockbusters et version films d’auteurs.

Merci pour votre fidélité.

Le blanc lapin

Les meilleurs films de l’année 2011 du blanc lapin ! – Partie 1 : N°15 à N°8

22 décembre, 2011

 Après « les pires films de l’année » du blanc lapin, voici ceux qui m’ont le plus marqués en 2011. Je vous laisse une critique raccourcie écrite par mes soins pour ces numéros 15 à N°8.

Les premiers feront l’objet d’une seconde publication.

N°15 – « Fighter » de David O.Russel

Les meilleurs films de l'année 2011 du blanc lapin ! - Partie 1 : N°15 à N°8 dans Ce qui vous attend au cinéma (sélection du Blanc Lapin) fighter-david-o-russel-avec-mark-wahlberg-chr-L-TsCmw3-224x300

Avec « Fighter », David O.Russel, réalisateur « des rois du désert », reprend un projet avorté de Darren Aronofsky, et sauvé par Mark Wahlberg, croyant dur comme fer au scénario. L’acteur doit être fier de sa persévérance. Le résultat s’avère brillant. La qualité fondamentale du film repose sur la prestation de Christian Bale, qui nous rappelle qu’avant d’être Batman, il est surtout un acteur caméléon incroyable. Le film est donc un récit du lutte acharnée de deux frères, l’un ex-petite star ayant raté sa carrière à cause de la drogue et son cadet étant l’espoir de la famille, en passe de devenir une étoile terne et éteinte avant son apogée. Le premier voit dans son petit frère une seconde chance de rattraper sa fierté, de réparer son passé, mais la drogue est plus forte. Tout l’entourage familial, lourd car accroché au héros de la famille, permet de dresser un état des lieux de l’Amérique profonde des quartiers pauvres, une Amérique de gens gros et obèses, sans travail et sans talents, le contraire de l’image véhiculée par les médias américains. Et la peinture n’a rien de l’apitoiement puisque la plupart des personnages dont la mère et les sœurs sont soit intéressées et dans une relation malsaine à leur frère soit dans un rapport exclusif d’adoration castratrice. L’argent ne fait pas le bonheur mais quand on n’en n’a pas, on se raccroche au seul espoir, l’individu de la famille qui peut en gagner. Il représente l’espoir de faire manger tout le monde mais aussi un rêve, une ascension sociale impossible aux autres. Une fierté comme bouclier contre les misères du quotidien.

Les combats sont filmés sans ralentis inutiles et avec un réalisme des plus froids, à l’unisson, du reste du long métrage, cru. La sueur ça pue, David O.Russel la montre. Et c’est tant mieux. On ressort donc du film grogui et ému, en ayant vu l’un des meilleurs films du genre depuis longtemps, bien longtemps.

 

N°14 – « Même la pluie » de Iciar Bollain

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En 2000, une équipe de production vient en Bolivie tourner un film sur la conquête espagnole par Christophe Colomb. Le réalisateur est jeune et souhaite montrer l’horreur du génocide espagnol. Mais dans cette période antérieure à l’arrivée au pouvoir d’Evo Morales, la situation sociale sur place est tendue. Les indiens qu’ils engagent pour devenir figurants sont préocupés par un autre problème, la privatisation par le pouvoir du système de gestion de l’eau dans la ville de Cochabamba. Et très vite, ces derniers désertent le plateau de tournage pour aller manifester.

Paul Laverty est le scénariste attitré de nombre de films de Ken Loach et on retrouve bien sa pâte dans cette histoire de combat social auquel Iciar Bollain apporte un talent de mise en scène indéniable, moins documentariste que celui qu’aurait adopté Loach.

Le film montre à quel point la bonne conscience des occidentaux présente ses limites face au colonialisme et aux traces qu’il a laissé dans l’histoire. Les intellectuels et défenseurs des droits de l’homme s’indignent du sort des Quechuas et autres peuples mayas ou incas massacrés par Pizzaro, Cortez ou Colomb. Mais quand il s’agit s’assumer ce passé, de se confronter à la pratique, à la réalité d’un peuple qui subit toujours l’exploitation des blancs, le discours reste théorique. Les individus se réfugient derrière la non-ingérence, derrière le fait que la mondialisation est un fait et que donc payer 2 $ par jour un figurant c’est normal et c’est tant mieux. Un gouvernement corrompu qui vend à la découpe les sociétés de gestion de l’eau à des multinationales, c’est certes le prolongement d’un long pillage et d’une longue exploitation des terres et d’un peuple d’amérique latine. Mais que peut on y faire ? C’est l’histoire…oui, mais l’histoire ne s’arrête pas aujourd’hui. On préfère fuir et se pencher sur les erreurs d’il y a plusieurs siècles, c’est plus confortable. Mais rassurez-vous, le film n’a rien de moralisateur, il fait juste un constat, pas très glorieux pour nous, certes. Iciar Bollain montre avec une grande finesse cette culpabilité qui s’exprime dans l’art mais pas dans les gestes car les vrais acteurs de leur vie, ce sont ceux qui crèvent de cette exploitation sur place, ceux qui se révoltent pour virer leurs dirigeants usurpateurs. Les personnages sont tous très bien interprétés de Gael Garcia Bernal à Luis Tosar, dont le visage buriné impose une force et un regard particulièrement à propos pour son personnage.

Le sujet du film comme son déroulé et sa mise en scène sont donc une excellente surprise, une bouffée d’émotion et d’humanité, une grande claque à notre hypocrisie et notre vision nombriliste du bien être de l’humanité.

 

N°13 – Animal kingdom de David Michôd

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David Michôd signe pour son premier long métrage un coup d’éclat, incisif et froid, comme la mentalité des individus qui composent cette famille de criminels, un long métrage récompensé par le 1er prix du festival de Sundance 2010, à juste titre.

En nous plongeant dans la vie quotidienne de ces fauves ni mafieux irlandais ni italiens, mais qui fonctionnent en clan, il nous montre à quel point le crime pour l’argent peut détruire ce lien familial justement et l’ériger en simple chaine qui lie des êtres seuls et perdus dans les tréfonds de leurs crimes. Car il n est pas question de sentiments fraternels ici, les hommes du clan ne s’aiment pas, ils chassent ensemble et se protègent car les forts ont besoin des faibles et inversement. L’humanité disparait pour laisser place au règne animal, le titre du film étant parfaitement choisi.

Et entre animaux, on sacrifie le plus faible pour sauver la meute en danger, sans regrets aucun. A ce titre le scénario fait froid dans le dos. Il n’y a pas d’honneur, de culpabilité et d’amour, juste un lien, l’argent, et une règle, survivre pour soit, ce qui nécessite l’unité.

Animal kingdom est un film choral porté par d’excellents comédiens aux caractères bien identifiés, centré sur une cellule familiale pervertie par l’intérêt commun, l’absence d’acte délibérément désintéressé vis à vis des siens et le poids des origines. Doit on les renier lorsque l’on sent qu’elles sont mauvaises et néfastes pour soit et pour les autres ? Dans les deux cas il s’agit du parcours d’indépendance d’un être que tout condamne à plonger dans la même marée que ses ainés. Un film sur l’identité, un excellent premier film australien, à ne pas manquer.

 

 N°12- « 127 heures » de Danny Boyle

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Avec « 127 heures » Danny Boyle prouve de nouveau qu’il est un touche à tout brillant puisqu’après l’adaptation de roman culte (« trainspotting »), le petit film noir très british (« petits meurtres entre amis »), le film de SF référencé (« Sunshine »), le film à oscars united colors of Bennetton (« slumdog millionaire ») ou le film de zombies décalé (« 28 jours plus tard »), il revient en très grande forme cette année et prouve de nouveau son éclectisme.

Ses détracteurs lui reprochent de privilégier la forme au fond. Il est vrai que question mise en scène, il atteint des niveaux de très haute facture. En utilisant tous les procédés, le split screen, le zoom à fond les vélos et toujours une caractéristique commune à tous ses longs métrages, une bande-originale décapante, au service de son histoire et du ressenti émotionnel du personnage.

Or au niveau de cet acteur quasi unique à l’écran, Boyle a fait la bonne pioche. James franco est tout simplement brillant. On ne voit que lui, on a très très peur de s’ennuyer durant son calvaire de 127 heures mais au final, l’animal dispose d’une palette de jeu riche et variée.

Boyle met en image l’immensité des paysages et la petitesse de l’homme de façon extrêmement simple, opposant sans cesse la bulle consumériste et technologique dans laquelle nous vivons aujourd’hui, détachés de la réalité, à la majesté de ces montagnes de l’Utah.

Danny Boyle dépeint au passage une manière d’appréhender la vie pour une génération de trentenaires globe-trotters, plus souvent portés vers ce type d’expérience que leurs ainés. Pour ma part, le film m’a touché particulièrement puisque j’ai connu ce sentiment d’abandon. Pas durant 127 heures, quatre seulement mais une éternité. C’était il y a quatre ans, dans un désert d’Argentine, la voiture embourbée dans le sable, sans eau, sans possibilité d’utiliser les portables, à marcher des heures pour trouver de l’aide dans un milieu où l’homme ne vit pas. J’ai vraiment connu le sentiment du personnage de « 127 heures », ce moment où l’on se dit que c’est très con mais que l’histoire va s’arrêter comme cela, pour un truc bête, pour ma part une erreur d’aiguillage. Tout d’un coup la nature devient hostile mais apaisante. L’idée fait son chemin. Et pourtant jusqu’au bout, l’instinct de survie est là, jusqu’au bout on cherche toutes les possibilités et on n’abandonne pas. On se résigne à la mort tout en gardant son sang froid et en tentant une issue. C’est très particulier comme expérience et ceci permet de mettre de la distance entre les contraintes du quotidien et les objectifs de vie, même si le stress revient au galop. Danny Boyle ne tombe à aucun moment dans le pathos gratuit. Il signe un film à la fois fun et détaché, certes tape à l’oeil mais pour ma part tout est question de virtuosité dans la mise en scène.

 

N°11- « Le discours d’un roi » de Tom Hooper

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Ce film du jeune Tom Hooper, conte une petite histoire dans le tumulte de la grande et un casting impressionnant.

C’est le genre de film qui m’exaspère et tombe très vite dans le sirop pour s’y engluer définitivement. Mais voilà, dans ce film, l’idée géniale du réalisateur est de justement profiter de ce quasi huit clos entre deux acteurs monstres (Colin Firth et Geoffrey Rush) pour raconter de façon fort originale un moment clé de l’histoire tout en livrant devant nous la naissance d’une très belle amitié.

Les rapports entre la royauté et le petit peuple sont parfaitement retranscrits, donnant à voir à quel point un monarque britannique peut se sentir dévoué à son « métier » mais très loin de la réalité, ne côtoyant jamais ses sujets et se sentant finalement extrêmement seul.

La truculence du médecin campé par Rush se confronte alors en permanence à la suffisance de ce roi. Un roi qui se refuse à perdre de sa superbe en acceptant d’avoir recours et besoin d’un prolétaire et surtout, de reconnaitre qu’il devient peu à peu son ami, son confident et un homme indispensable à sa fonction.

Le réalisateur arrive donc à dresser deux portraits des deux cotés de la barrière, à ciseler avec finesse ce qui fait qu’une amitié peut naitre entre deux individus que tout oppose. Mais surtout, il laisse aux deux acteurs la pleine mesure de leur talent, en optant volontairement pour une mise en scène très sobre et un choix de lieux limité et relativement épurés, afin que le spectateur se sente comme un patient, en confiance dans le décor. Ce film drôle et loufoque remporte donc tous les suffrages, même si d’élections, il n’est pas question ici, bien au contraire !

 

 N°10 – « the Tree of life » de Terrence Malick

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Terrence Malick était attendu pour ce long métrage tel le messie, le film ayant mis cinq ans à sortir des tiroirs et 35 à sortir de sa tête. Malick est un réalisateur rare et culte, respecté de tous pour son intégrité jusqueboutiste et son amour de la nature, pour la quasi perfection de ses oeuvres, des « moissons du ciel » au « nouveau monde« .

Son film a été accueilli par des sifflets lors de sa projection cannoise, symbole d’une attente cinéphile un peu trop forte et d’une réaction des critiques toujours aussi imbécile. On aime brûler ses icônes, quitte à le faire sans réfléchir.

Il faut dire que son film s’avère être d’une naïveté confondante, d’un lyrisme appuyé par une bande-son aux coeurs angéliques qui peut faire sourire pour un peu qu’on regarde son travail d’un air narquois.

Des chuchotements de phrases philosophico-religieuses ponctuent un récit au final ultra croyant en un dieu, EN un créateur, en cette nature si belle et si fragile. Un film qui rendra donc réfractaires les personnes athées et plus sensibles les croyants et les agnostics.

La mise en place de l’histoire est assez longue via une succession de tableaux de toute beauté sur la création du monde, comparable forcément à l’introduction culte de « 2001, l’Odyssée de l’espace » de Stanley Kubrick où l’on voyait des singes découvrir l’utilisation de l’outil et envoyer un os en l’air qui se transformait en vaisseau spatial.

Le film est déroutant à bien des titres. On est chez du pur Malick, son film le plus personnel, qu’il couve depuis qu’il a 30 ans, une ode à la nature et à la magie de la création, de l’évolution, de la vie et une relativisation des codes sociaux au regard de l’immensité de cette nature. L’homme et sa fierté, son égo, est bien peu de choses et passe à côté de l’essentiel.

Terrence Malick arrive à capter la construction d’un individu, d’un caractère par des sons et des images découpées de la vie quotidienne d’un jeune garçon des années 50. On le voit avec ses deux frères, sa mère douce et soumise et son père dur et soucieux d’élever des trois garçons à la baguette car la vie est pour lui une lutte où seuls les forts s’en sortent. Tiraillé entre les deux, entre la force et la douceur de cette même nature qui l’a créé, son père et sa mère, il va adorer l’une et détester l’autre avant d’en accepter la dualité, d’accepter la violence et la cruauté du destin, et de se tourner vers la foi en la création comme seul véritable réponse au sens de sa vie. « Père, mère, je vous porte en moi«   déclare Jack. Un beau résumé du film, un film sur l’acceptation de ses racines, et leur dépassement, qui est le sens même de l’évolution, au sein d’une espèce, au sein d’une vie d’homme, de l’infiniment grand à l’infiniment petit, tout est question de cycle.

La narration ou l’absence de narration est donc la clé de voute de ce poème, de cette prière qui divisera encore longtemps les critiques. Un vrai parcours spirituel vers Dieu. La mise en scène est sublime, les plans séquences contemplatifs, la photographie impeccable. Malick reste humble face à son propos. Son oeuvre est inclassable et lumineuse, de l’éveil à la mort tout comme à l’amour.

Il nous donne à voir un questionnement sur le sens de la vie et de l’évolution. Pourquoi connaitre tant de sentiments variés si c’est pour mourir de façon aussi rapide et vivre de façon aussi éphémère qu’un être moins évolué et moins doté de cette intelligence ? A quoi sert alors cet aboutissement supposé qu’est l’homme ?

 

 N°9 – « X-men first class » de Matthew Vaughn

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« X-men first class » est l’adaptation très attendue d’une série de comics books déclinant les célèbres X-men au tout début, lors de la création de l’école du professeur Xavier et l’histoire de l’amitié puis de la lutte entre Xavier et Magneto.

L’objectif clairement affiché du long métrage était de faire oublier les deux derniers films de la franchise, catastrophiques sur le plan artistique. Rassurez-vous, le pari est non seulement réussi mais dépasse même toutes les attentes.

En effet, l’équipe de production utilise habilement le contexte socio politique de l’époque des années 60. Le film est intelligent et surfe sur une uchronie à la manière des « Watchmen » pour marquer les racines des prises de consciences des mutants mais avec le fun et la nonchalance des sixties. La musique, les costumes et les codes couleurs ancrent la naissance de leur positionnement politique dans une période où les plus grands dangers et les plus grands espoirs se côtoyaient.

Le scenario prend le temps sur quelques scènes de rendre crédible l’amitié et le respect des deux personnages et parceque les acteurs ont un charisme évident. James McAvoy tord le cou au coté froid et intello de Xavier en montrant un homme brillant mais jeune et fêtard tout en restant « so british ». Michael Fassbender apporte à son Erik — Magneto une subtilité et une graduation dans la violence que même l’excellent Ian Mckellen restituait moins bien en vieux Magneto dans les premiers X-mens. L’acteur donne à son personnage assez de froideur et de masculinité bien frappée mais aussi de fêlures pour nous le rendre sympathique et comprendre son choix. Et quoi de plus idéal qu’un futur méchant que l’on comprend… Les effets spéciaux sont maitrisés et le scenario réserve son lot se surprises, y compris de trouvailles de mise en scène comme lors de l’entrainement.

Mais ce fond intelligent si rare dans un blockbuster n’est jamais développé au détriment de l’action. Tout comme dans un bon comic book, il n y a pas de lenteurs. Et comme Matthew Vaughn nous empile des scènes intimes et des vrais scènes dignes d’un James Bond, la sauce prend. Ici, l’aspect badass assumé et l’écriture des personnages permet au film d’atteindre un statut rare dans celui des films de supers héros, celui d’étalon. Il est à ce titre à classer du côté de « Batman, the dark knight« , « Watchmen« , ou « spiderman » même si perso Spiderman et son traitement patriotique par Sam Raimi me gonflèrent très sérieusement.

Bref, le film est très bon bien que tourné-monté en très peu de temps. Chapeau bas à Matthew Vaughn, Bryan Singer et leur équipe de production. X men va probablement repartir sur une nouvelle série fort sympathique.

 

N°8-  « Une séparation » d’Asghar Farhadi

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L’ours d’or  2011 est un film brillant et original sur la place de la femme en Iran mais aussi l’investissement de l’homme et son positionnement dans le cercle familial.

Une mention spéciale doit être faite au casting (Sareth Bayat, Sarina Farhadi, Leila Hatami, Kimia Hosseini, Shahab Hosseini) , irréprochable et récompensé par l’ours d’argent tant pour la distribution féminine que masculine. Il est vrai que le film repose énormément sur eux mais aussi sur son scénario, malin, qui part d’une situation banale pour embrasser une étude de moeurs originale car peu vue au cinéma, celle du couple en Iran aujourd’hui, vu de l’intérieur.

La comparaison est donc faite des rapports sociaux entre une classe moyenne qui s’en sort et vit confortablement et une classe sociale pauvre, davantage tournée vers la religion. Que veulent dire justice et morale dans chacun des couples et quelles en sont les limites quand la survie de la famille en dépend ? Ces thèmes vont se dessiner peu à peu à partir d’une histoire a priori simple qui va basculer à cause d’un accident.

Au-delà du drame et de la tension de l’excellent scénario, l’intérêt majeur est donc cette vision moderne qu’il renvoie de l’Iran. Le couple qui se sépare est ancré dans le 21ème siècle. Nader éduque sa fille pour qu’elle soit libre et indépendante, qu’elle fasse ses propres choix et ne dépende de personne et surtout pas des hommes. D’ailleurs c’est sa femme qui souhaite partir pour vivre à l’étranger et ne plus supporter les contraintes sociales et politiques. Mais il ne la retient pas, il la laisse libre. Et à trop vouloir jouer à cette modernité, elle qui voudrait qu’il la retienne et lui trop fier pour lui courir après, ne va t-on pas vers une désagrégation du couple plus inéluctable ? C’est qu’en milieu européannisé, on se sépare plus vite car les carcans religieux et sociaux ont bien moins d’emprise pour faire tenir un couple dans la tourmente.

Mais le réalisateur ne critique pas l’Occident, non, il tente de comparer les deux voies pour en faire ressortir les défauts inhérents. La voie religieuse du couple pauvre qui accuse n’est pas non plus la plus solide puisqu’au nom d’un honneur sur la base du Coran, on préfère mentir à son conjoint et travestir le tout. Au final, le mensonge et la peur de renoncer à sa fierté sont partout et aboutissent à la même chose. La liberté ou la contrainte de dogmes n’y font rien. Quand la confiance n’est plus là, que les règles propres au couple lui même sont violées, ce dernier explose.

« Une séparation » parle des tabous de ce grand pays et de leurs limites très rapidement atteintes. Il parle aussi de la fin de l’adolescence, de l’entrée dans l’âge adulte, dur, où il faut apprendre à vivre à plusieurs et séparément car les parents disparaissent, les couples ne sont pas éternels, et la fierté de l’individu reste au final un point de repère essentiel pour suivre une route, quelle qu’elle soit.

« Les pires films 2011 du blanc lapin ! », c’est parti pour le bilan côté sombre…

20 décembre, 2011

Pour la troisième année consécutive, sur « De l’autre côté, perché avec le blanc lapin…« , je vais vous dresser un petit bilan des pires films que j’ai vu au ciné en 2011. Vous trouverez une critique un peu plus courte que l’originale pour chaque film. Alors bien entendu, avec 50 films vus, j’en ai probablement zappé plein de très mauvais mais l’intérêt est aussi de reparler de certains longs métrages ayant recueilli d’excellentes critiques et qui m’ont sérieusement énervé !

N°11- « True Grit » de Joel et Ethan Coen

L’idée de voir Jeff Bridges retrouver les frères Coen 15 ans après «the big Lebowski», l’un de leurs chefs d’œuvre avait de quoi ravir. Le fait que les frangins les plus doués du cinéma s’attaquent à un genre aussi culte et vaste que le western était aussi gage d’excitation. D’autant que les Coen avaient annoncé un film sombre, violent, avec des vrais scalps, du sang…et au final, la seule chose sympa que je retiens ce sont que les cows boys se tiraient dans le dos…mais ce n’est pas nouveau…et c’est bien le problème. Ma déception est donc immense, les critiques sont enthousiastes de partout mais n’auraient-elles pas le syndrome habituel de sacrer systématiquement un auteur à partir du moment où il a aligné une petite dizaine de bijoux ? Car oui, ce western m’a particulièrement ennuyé. Entendons nous, Jeff Bridges est parfait dans le rôle du vieux briscard. La photo est magnifique, Matt Damon est bon, la jeune actrice aussi…mais le méchant est complètement fadasse, l’histoire ne réserve aucune surprise et ce consensualisme mou et attendu est relativement simple à expliquer. Il s’agit d’un remake de « 100 dollars pour un Shériff » avec John Wayne, film qui a non seulement mal vieilli mais qui était ringard et réac dès l’origine. Les Coen ont certes évacué les aspects hyper républicains de l’original mais n’y ont pas apporté leur touche, leur patte.

Si j’avais regardé ce film sans savoir qu’il s’agissait des Coen, je n’aurai pas été surpris de voir que Steven Spielberg avait produit…Disney aurait pu également filer des billes dans le projet tant le manque d’aspérité du tout m’a soufflé.

Mais où est passé le second degré légendaire des Coen ?

 

N°10- « the sound of noise »

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L’idée très sympathique et drôle est de voir des musiciens « ultra », réfractaires à la culture musicale considérée comme de bon ton, comme classique, se rebellant et commettant des attentats inoffensifs. La prouesse de leurs happenings est dans la première demi-heure assez jouissive puisqu’ils utilisent à peu près n’importe quel objet mais resitués dans un contexte particulier, une salle d’opération par exemple. On se dit alors qu’on tient peut être là un petit bijou d’humour décalé. Seulement voilà, passé cette idée ingénieuse de court métrage, le film patine et s’étire pour ne faire que renouveler des scènes du même acabit, marrantes certes, mais le problème et qu’on en attendait plus. On espère que le film va décoller, nous amener plus loin dans le délire. Or la surprise du début est trop forte pour permettre au scénario de rester sur la même tendance durant une heure supplémentaire. Et puis surtout, ces terroristes n’ont absolument aucun message culturel à faire passer. Organiser un concert en dehors d’un théâtre pour libérer l’art dans la rue, ce n’est pas nouveau, ça n’a rien de rebelle rebelle. C’est même limite consensuel. Le street art et les multiples festivals sont là pour cela. Ceci ressemble plutôt à un anarchisme bourgeois et bobo. Un film à voir par curiosité et pour vérifier si vous êtes bobos or not bobos…non là je vous taquine.

 

N°9 – « TRON l’héritage »

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« TRON l’héritage » est la suite du film TRON produit par les studios Disney en 1982 et où Jeff Bridges était happé par son jeu vidéo et confronté à un monde ultra hostile.

Que dire de cette suite ? Hum. Que je n’ai pas aimé…Si, au début puis lors du passage de « Derezzed » ou « End of line » du groupe Daft Punk.

En fait le film est un brillant clip du célèbre groupe et illustre avec grande classe et images somptueuses l’excellent album du groupe français, qui réussit là très haut la main son passage à la Bande-original de film. Les effets spéciaux sont magnifiques, aériens, et surtout la 3 D prend tout son sens, ce qui n’est que rarement le cas parmi tous les blockbusters sortis depuis Avatar.

Après ces quelques compliments, il m’est bien difficile de poursuivre même si le film s’est bien déroulé devant moi, sans trop d’ennui mais sans trop d’intérêt non plus. Le scénario tient sur un ticket de métro et la mise en scène est certes efficace mais pas suffisante pour emporter l’adhésion. Elle est juste « pas mal ». Mais avec une telle faiblesse de base, le film ne peut résister au ridicule de certaines scènes éculées qui font retomber comme un soufflet le film, à l’image de ces véhicules volants ou de ces motos du futur qui montent dans le ciel noir pour retomber de façon vertigineuse.

 

N°8- « Les chemins de la liberté » de Peter Weir

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L’adaptation du livre de Slawomir Rawicz, « A marche forcée » avait tout pour donner un grand film, épique, une grande aventure humaine.

En effet, l’auteur qui publia ce récit en 1956, racontait une histoire vraie, son histoire, puisqu’il avait lui même fuit le goulag pour atteindre l’Inde et traverser au passage une nature hostile avec ses compagnons, sur plusieurs milliers de kilomètres, à pied, le long lu lac Baikal, de la Mongolie, du désert de Gobi puis le Tibet et l’Himalaya.

Le réalisateur, Peter Weir, ce dernier a démontré avec « the truman show » ou « master and commander » qu’il savait jongler avec de très gros budgets sans perdre un talent bien réel pour appuyer sur les bonnes touches d’humanité et provoquer une émotion contenue mais pudique.

Or justement, c’est ici que le bât blesse, au niveau de la mise en scène de Peter Weir, qui ne décolle pas un seul instant, comme si ce dernier s’était contenté de filmer des paysages magnifiques, à la manière d’une longue pub pour des trecks organisés par « voyageurs du monde » ou « nouvelles frontières »… »…sauf qu’au bout d’un certain temps, un malaise nous prend…mais qu’est ce ? Un sentiment de linéarité, de déjà vu, dans la scène juste avant. Ah mais oui c’est cela ! J’ai finis par m’ennuyer, par me sentir un peu coupable de ne pas adhérer à cette histoire vraie, de ne pas avoir plus d’empathie pour ces individus qui ont existé. Peter Weir s’est donc laissé bercer par la beauté de cette aventure pour retranscrire gentiment son récit de manière extrêmement fidèle mais sans une once d’originalité. C’est qu’il n’est pas facile de ne pas se faire écraser par la nature non pas lorsqu’on y est confronté comme les personnages mais lorsqu’elle devient un personnage à part entière du film. Un film raté, qui s’épuise dans le froid ou sous le soleil de ces diverses contrées, qui s’assèche pour devenir anodin et déjà s’éloigner dans ma mémoire…

 

N°7- « Beginners » avec Ewan McGregor et Mélanie Laurent

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Beginners est le film parfait pour bobos. C’est tellement mignon cette histoire d’amour entre un très beau Ewan McGregor, So cute, et une si mystérieuse Mélanie Laurent, tellement à la mode en ce moment. Ils font des dessins, se cherchent, se trouvent, balancent deux trois phrases sur la vie, la mort…et puis il y a le personnage du père incarné par Christopher Plummer, seule réussite d’un film prétexte. En père s’étant découvert gay à 70 ans, l’acteur excelle et donne l’occasion de sourire. Mais passé cette bonne idée scénaristique, le reste est plat, ultra plat. Sans odeur, sans saveur. Une petite comédie légère qu’on oublie vite me direz-vous ? Et bien autant ne pas la produire. Il sort assez de films comme ceci chaque année pour éviter d’encombrer les cinémas de faux films underground qui se la jouent bohème.

 

N°6- « Captain America » de Joe Johnston

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Captain America avait tout pour être raté et pourtant, la presse fut bonne à la sortie. Il faut dire que les producteurs ont eu l’intelligence d’axer l’aspect patriotique du personnage au centre de l’histoire, à l’inverse de ce que tout énervé de l’Amérique bushiste aurait pu tolérer. Mais ils l’ont fait avec humour, assumant pleinement les origines de propagande guerrière pour introduire ensuite un film d’action plus classique. Sauf que dans cet exercice, il faut être doué pour ne pas sombrer dans ce que l’on veut éviter, et ne pas livrer un film justement bourré de clichés premier degré. Paul Verhoeven avait superbement réussit un film antimilitariste aux aspects fascistes avec son « starship troopers », faux film de propagande utilisant tous les codes du genre et n’indiquant que rarement au spectateurs qu’il était en face d’un fake.

Ici, les scénaristes se sont pris au sérieux et l’action très banale, basique et mille fois revue, emporte tout ce qu’il y avait d’intéressant dans quelques scènes de la première demi-heure. Au final, le film est sans aspérités. Un film effaçable du cerveau en dix minutes tellement il manque de chien, d’inventivité, de personnalité d’un vrai metteur en scène et non d’un faiseur comme Joe Johnston. Ce dernier nous avait déjà livré le pitoyable « wolfman » l’an dernier, qui figurait déjà en bonne place dans mes daubes des films de l’année 2010. Un habitué en somme !

 

N°5-  « World invasion – Los Angeles »

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« Battle Los Angeles« a réussi son marketing viral efficace avec des affiches et des bandes-annonces superbes. La fin du monde pouvait peut être s’illustrer d’un grand film de destruction massive ! Sauf que voilà, passé d l’idée de base de tourner l’invasion extra terrestre avec des caméras pourries, on s’aperçoit vite que le scénario n’existe pas, que les personnages n’ont aucune identité, que les dialogues sont simplistes et que les clichés s’accumulent comme si le réalisateur tentait d’obtenir un record dans le guiness book. On a droit à tout, absolument tout. Mais le problème c’est que ce n’est même pas drôle. Si au moins le film s’était transformé en nanar. Mais non, le long métrage se prend tellement au sérieux qu’on a vraiment l’impression de voir un court métrage distendu et pénible à regarder. Car s’ennuyer ferme devant un film d’action, c’est dur. On ne peut même pas dormir, le bruit des explosions vous réveille. Et d’un coup vous vous prenez à aimer « oncle boonmee », la palme d’or de l’an dernier, si chiante mais si bien adaptée à un sommeil réparateur. Non vraiment, la SF c’est pour des gens qui ont soit du pognon soit aucun budget. Entre les deux ça donne de mauvais faiseurs qui claquent tout dans trois pauvres effets. Tout le monde ne peut pas sortir un « District 9 » de sa petite tête…on le savait mais ça se confirme.

 

N°4- « Voir la mer » de Patrice Leconte

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J’adore Patrice Leconte lorsqu’il aborde des sujets casse-gueules et sait rester sur le fil du rasoir sans jamais se vautrer. Il a signé quelques chefs d’oeuvre avec Jean Rochefort, « le mari de la coiffeuse » ,  » Tandem » , « Ridicule » ou avec Michel Blanc dans  » Monsieur Hire » ou Daniel Auteuil et Vanessa Paradis dans « la fille sur le pont » .

Mais lui qui n’aime pas les critiques devrait parfois les écouter, car à verser dans l’autocaricature, on finit par pondre un mauvais film, puis deux puis que des mauvais films depuis dix ans. Mais où est passé Patrice Leconte ? Là où il aurait pu flirter avec la magie de « la fille sur le pont », il se plante totalement en oubliant l’essentiel de son cinéma au profit de simples postures. En effet, les dialogues ne sont plus travaillés et percutants, seule subsiste le côté naturel, décalé et impromptu des personnages. Sauf que ceci sonne creux et fabriqué. L’ex miss météo de Canal+, Pauline Lefèvre, est tout simplement à baffer. Elle minaude durant tout le film, regard en dessous, avec un jeu bien trop lisse et uniforme pour tenir la distance et surtout insuffler du souffle à une histoire uniquement basée sur le charisme du personnage féminin. Tout comme sur « l’homme du train » , Leconte part d’une bonne idée de départ, un bon pitch mais n’arrive pas à retrouver la verve de ses meilleurs longs métrages. Et comme si il était paresseux ou peu inspiré, il se contente de combler ce vide par un choix d’acteur principal non attendu, mais qu’on n’attendra plus. Cette impression de carrière en roue libre m’attriste vraiment de la part d’un artiste de son niveau. Le rêveur qui est en lui ne doit plus se laisser aller à tant de facilité et de mièvrerie du propos. Il a passé l’âge.

 

N°3 – « Les aventures de Tintin, le secret de la Licorne » de Steven Spielberg

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Merci, merci Steven Spielberg pour m’avoir enfin donné un avis tranché sur Tintin et Hergé !

Grâce à lui, j’en suis certain, je déteste ce personnage et tout l’univers qui l’entoure !

Je n’ai jamais été touché petit par le reporter belge et ses aventures qui me gavaient là où Indiana Jones, soit disant proche de Tintin, éveillait en moi un vrai goût de l’aventure. On peut reconnaitre à Spielberg d’avoir été très fidèle. Un peu trop même. Techniquement la motion capture est impressionnante même si la texture de la peau pose à mon avis problème. Quant aux personnages, je les trouve simplement vides d’intérêt. Haddock est à moitié con, les Dupondt agaçants de débilité et pas drôles du tout, ou d’un humour daté. Tintin est toujours aussi asexué et tête à claques, Milou trop fort, tellement qu’on l’enverrai bien sur la lune le clébard, pour avoir des vacances. Normal qu’Hergé y ait pensé par la suite. Et puis Spielberg enchaine scène d’action sur scène d’action sans aucune relâche. Probablement le fait d’avoir condensé plusieurs albums. Personnellement ceci m’a fatigué…au bout d’un quart d’heure. Aucune pause. Aucun travail des personnages, unidimensionnels. Pour un film en motion capture c’est embêtant. …quant à l’aventure, peut être séduira t-elle les tous petits ou les fans invétérés de Tintin, auquel cas tant mieux pour eux ! Mais moi je me suis profondément ennuyé. Tout est attendu et sans aucun souffle à part celui de mon voisin qui s’impatientait autant que moi. « Tintin et le secret de la licorne » était long, chiant et je n’irai pas voir la suite. Un des pires films de l’année. Venant de Spielberg, ca fait mal.

 

N°2 -  « Super  8 » de JJ Abrams

Avec « Super  8 », JJ Abrams revient deux ans après son reboot de « star trek » et toujours avec l’aura de ses succès télé « Lost » et « Alias ».

Le producteur du film est Steven Spielberg, dont Abrams est un grand fan et qu’il considère comme son exemple, son maitre à penser dans le cinéma de grand divertissement avec de gros effets spéciaux. JJ Abrams a clairement voulu rendre hommage à son mentor en filmant son blockbuster à la mode des années 80, même ambiance, même montée en puissance de la tension, même exposition des personnages, même générosité des effets spéciaux, même naïveté dans l’entertainment.

Sauf que son film ressemble justement aux productions Spielberg des années 80 et pas les plus fines, d’un point de vue scénaristique, justement. Rendre hommage c’est bien, mais réaliser un film que l’on a déjà vu cent fois, c’est moins bien, c’est même chiant, très chiant. Alors il est vrai que les gentils n’enfants n’ont pas de gentil toutou ou d’ami noir à sacrifier. On a évité ce cliché. Spielberg a prouvé qu’il savait réaliser des films adultes. En revanche il patauge en général dans le pathos dès qu’il s’agit de sentiments. Il confond sentimentalisme avec émotion. Le film semble daté et vieillot au fil du visionnage. A quoi servait il de produire ce mausolée du plus mauvais de la filmo de Spielberg ? A m’énerver peut être. Surtout que l’on compare d’autres films de monstres récents comme l’excellent « the host » du coréen Bong Joon-ho, qui lui a su s’inspirer de ses prédécesseur pour faire autre chose, insérer une vraie réflexion sociétale, un véritable humour décalé.

J’aimerais juste savoir ce que les critiques dithyrambiques qui ont porté aux nues ce navet ont pris comme substances illicites pour voir le film. Ceci m’intéresse véritablement. Ce qui m’agace donc c’est qu’on associe l’enfance à une période gnangnante et concon en gros. L’idée de départ de ces petits cinéastes en herbe est bonne. C’est le traitement qui est affligeant. Comme un papy qui gatouille devant un gamin. La même vision aseptisée de vieux qui ont décidément perdu leur âme d’enfant.

 

And the winner is …

N°1- « Sucker punch » de Zack Snyder

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Zack Snyder a beaucoup de détracteurs depuis son adaptation de la bande-dessinée « 300 » de Frank Miller  à l’imagerie crypto gay très belle certes mais vide de substance. Des combats s’enchainaient au ralentis avec une palette graphique des plus bluffantes mais le film était juste une démonstration avec de vrais acteurs qui aurait fait bonne figue en ouverture d’un jeu vidéo…

Mais était ce encore du cinéma ? Ensuite, il osa s’attaquer à la bande dessinée culte « Watchmen » et réussit l’impossible en restant ultra fidèle au comic book et en l’utilisant comme un storyboard de grand luxe.

Et bien pour « Sucker punch« , vous prenez les inconvénients des deux, vous secouez très fort, vous vous tappez quand même 2h30 à attendre, c’est long, très long. Vous ressortez super énervé, avec une envie curieuse de massacrer votre prochain, à l’image des héroines du film. Quel ennui ! Un ennui énervé…c’est un sentiment étrange. Son film est un prétexte, pour démontrer tout son talent de mise en scène d’action avec de très jolis effets spéciaux, une photographie superbe et une imagerie mixant steam punk, manga, jeu vidéos de combats…et puis ses fameux ralentis, là il se lâche. Mais passé la première scène de baston, toutes se ressemblent et deviennent de plus en plus creuses. Un film en manque total d’originalité pour gros machiste hétéro. Wahou !  J’attendais une scène lesbienne entre deux d’entre elles, on aurait été dans le cliché jusqu’au bout. Mais non, le film doit rester grand public. Les méchants sont tous des robots ou des êtres non humains. Dès lors il n’ y a pas une goutte de sang. Enfin si à un moment pour faire pleurer mais moi ça m’a fait rire, jaune… Des nanas pulpeuses avec des guns ! les scènes d’émotion pathétiques alternant avec des phrases philosophiques sur le sens de la vie…du grand n’importe quoi. Très adolescent. Je m’inquiète à ce stade pour l’état mental du réalisateur. Il est resté bloqué. Mais ses rêves d’enfants n’ont rien de poétiques, ils sont froids et font plus penser à un ado à la sexualité refoulée qu’à une boite de pandore à l’imaginaire débordant.

Non ma conclusion surtout est que Zack Snyder est un très bon faiseur, que ça lui a réussi sur « Watchmen » mais que pour ses autres films, il faut lui subtiliser le crayon ou la souris, comme ses héroines piquent des objets à droite à gauche. Mais surtout ne pas le laisser écrire, c’est une catastrophe. « Sucker punch » a autant à voir avec un film que moi avec le dressage d’éléphants. N’y allez pas ! Je vous aurez fait gagner 2h30. C’est précieux

 

C’est terminé pour ce troisième bilan annuel des pires daubes vues par votre serviteur, rdv dans quelques jours avec les meilleurs films 2011 du lapin blanc, en attendant de nous projeter dans un dossier spécial sur les sorties de 2012 et ce que nous réserve l’année prochaine…

Yvan

 

Les meilleurs films 2010 du lapin blanc suite et fin (Partie 2 : N°9 à N°1)

18 décembre, 2010

Voici la suite du classement de mes films préférés vus au cinéma en 2010. N’hésitez pas à me signaler d’affreux oublis, des pépites que j’aurais loupées.

bises
N°9- « I love you Philip Morris » de Glenn Ficarra et John Requa

Les meilleurs films 2010 du lapin blanc suite et fin (Partie 2 : N°9 à N°1) dans Bandes-annonces iloveyouphilipmorris01

Je déteste la plupart des comédies « gay » ou « gay friendly », qui tombent systématiquement dans la caricature de l’homo. Et bien ne vous fiez pas à l’affiche du film qui montre un Jim Carrey et un Ewan Mac Gregor en « grosses pédales » flashies…

Le film raconte l’histoire vraie, ce qui semble d’ailleurs hallucinant, d’un homme ayant menti toute sa vie et fait des allers et retours en prison par amour pour un autre homme, Phillip Morris (Ewan Mac Gregor), rencontré en prison justement. Jim Carrey nous livre là un festival de ce qu’il sait faire de mieux, alterner sans cesse entre pitrerie loufoque et tragédie bien sentie. L’histoire est proche de « Catch me if you can » (arrêtes moi si tu peux) avec Léonardo Di Caprio. L’histoire d’un gamin pour qui tout commence au mensonge d’origine de ses parents, qui l’ont adopté, fissure qui dictera toute sa vie, une vie de mythomane jusqu’à l’excès souvent très drôle. L’humour parfois bien trash a choqué l’amérique puritaine et a entrainé quelques difficultés de distribution du film. Il faut dire qu’on voit rarement ce genre de blagues homo sur grand écran. Mais justement, c’est là où le film est très fort. L’histoire n’a rien de communautariste, les personnages principaux auraient pu être hétéros, ceci n’aurait rien changé au fond.

L’intérêt principal du film réside dans cet individu clownesque mais sincère, qui se cache derrière divers masques de personnages afin de disposer d’assez d’argent pour rendre heureux l’homme qu’il aime. Seulement voilà, à force d’empiler des masques, le visage élastique devient de plus en plus rigide et quand ces derniers tombent il n’y a rien derrière…ou plutôt une histoire à écrire, un adulte à construire, juste un gamin qui a joué à être quelqu’un d’autre entre temps, juste l’espace de quelques dizaines d’années. Troublant.

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N°8- « Mother » de Joon-ho Bong

 dans Dossiers
Une mère cherche à disculper son fils d’une accusation de meurtre. Mais son fils a tout contre lui puisqu’il est légèrement attardé…
Le réalisateur coréen surprend à chaque film, que ce soit son film de monstre teinté de critique sociale avec « the host » ou son superbe polar « memories of murder« . Avec « Mother« , il change de nouveau de style tout en gardant un peu des ingrédients de ses précédents longs métrages. En fait il récréé un style, entre le thriller psychologique, la chronique sociale teintée d’humour noir, l’enquête policière classique, ou le mélodrame familial. Il nous brouille les cartes pour mieux entretenir le suspens et l’émotion. Mais pas de l’émotion tire larmes, bien au contraire, il nous montre les limites de la résistance, de la lutte pour un être aimé. Au bout de 2h de long métrage, l’empathie provoquée par cette mère « courage » nous explose à la tronche dans un des plus beaux final des films sortis cette année. Une très grande réussite.

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N°7- « Shutter Island » de Martin Scorsese

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Cette adaptation du livre Dennis Lehane, adapté également en bande-dessinée, par l’un des plus grands réalisateurs au monde avait de quoi nous faire crever d’impatience. Et bien le résultat est brillant, notamment grâce à son fidèle acteur et chouchou, Léonardo Di Caprio, qui trouve là un de ses rôles les plus torturés et aboutis et prouve encore une fois qu’il est le meilleur dans sa classe d’âge. Il l’a re-prouvé trois mois plus tard dans « Inception » dans un rôle assez proche. Des quatre collaborations entre Léonardo Di Caprio et Scorsese, c’est la meilleure avec « Gangs of New York ».

C‘est un excellent thriller avec un twist final réussi, une musique oppressante et un Martin Scorsese qui s’intéresse davantage que d’habitude aux tréfonds de l’âme. C’est la première fois je crois qu’il filme des cauchemars ou des souvenirs, le fash back n’étant pas très présent dans son oeuvre. Scorsese utilise toute la profondeur de ses références cinéphiles de Shock Corridor de Samuel Fuller en passant par Hitchcock ou Lynch. Il utilise son aisance de mise en scène pour mieux nous perdre, multipliant les scènes à doubles fond selon l’idée que l’on se fait du récit. C’est à la fois de l’horreur, du suspens, du rêve trouble mais en tout cas c’est un bijou et un grand film dans sa filmographie.

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N°6 – « A single man » de Tom Ford

singleman dans Films - critiques perso

1962, Jim, professeur d’université à Los Angeles, vit reclus dans le deuil de son compagnon, décédé d’un accident de voiture quelques mois plus tôt. Seule sa meilleure amie, Charley (superbe Julianne Moore) pimente un peu sa vie. Il n’a goût à rien, il veut mourir.

Tom Ford, le célèbre couturier, passe à la réalisation dans un film doté d’une photographie et d’une utilisation du bruitage impressionnants. Tom Ford sait très bien filmer les corps, la peau, les regards et leurs non-dits, le souffle léger d’un personnage. Cette élégance dans l’expression des caractères ne les rend pas moins terriblement humains…et ce n’était pas gagné compte tenu de l’excès de style. Ainsi au final, de l’émotion se dégage de toute cette histoire, de la mélancolie, de la tristesse, de l’ironie, de l’espoir…et surtout, une belle allégorie de la vie et de la mort, du couple et de la réussite de ce dernier. Des messages simples ponctuent donc ce film dont la photographie si léchée n’est qu’une façade, tout comme l’image que ce professeur véhicule de lui même. Elle n’est qu’un rempart contre l’extérieur. Rester parfait en apparence pour que rien ne le touche, rien ne l’atteigne. Qu’il puisse conserver tel un trésor l’image du bonheur brisé un soir de pluie. Qu’il puisse s’enfermer dans son deuil et dans son image si parfaite à l’extérieur comme dans un écrin.

Colin Firth exprime admirablement la solitude, la tristesse, le manque de l’autre. Il faut voir la façon dont il pleure à l’annonce de la mort de son homme. Impressionnant de nuances. Julianne Moore et Nicolas Hoult sont au diapason. Le twist final est impérial. Un film tenu de bout en bout avec un soucis du détail vraiment plaisant. 

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N°5- « Inception » de Christopher Nolan

Inception dans Films series - News de tournage

 

Ce qui frappe le plus à la vision de ce film tant attendu, deux ans après « Batman-The dark knight« , c’est la minutie, le timing d’orfèvre, l’exigence avec laquelle Christopher Nolan et son frère Nathan ont écrit le scénario. Un récit labyrinthique et architectural faisant référence lui même à ce voyage dans l’esprit d’autrui, cette Inception.

Nolan nous livre un film intelligent, qui part du postulat que le spectateur l’est aussi. A la fin de la projection, on se dit que c’est très rare de tomber sur de tels films, libres dans leur construction parceque l’auteur a permis au studio Warner d’obtenir l’un des plus gros succès du box office il y a deux ans avec Batman. Et qu’est ce que c’est jouissif de visionner un excellent thriller de science fiction, d’un tel niveau formel et d’une telle rigueur d’esprit là où Hollywood nous assène des remakes, reboots et suites en pagaille.

Christopher Nolan décide donc d’invoquer tous ses thèmes de prédilection pour nous livrer un film somme. Nous retrouvons les références à la mémoire et à ses méandres (Memento et Insomnia), les regrets d’une relation gâchée et la volonté de rattraper le passé, de se reconstruire une identité (The dark knight) ou la manipulation des illusions (Le prestige). Mais à ceci Nolan ajoute ce qu’il a appris sur Batman begins, le cinéma d’action.

Léonardo Di Caprio habite son rôle avec la même intensité que dans Shutter Island et s’affirme à nouveau comme l’un des plus grands acteurs du moment, ayant perdu au fil des derniers Scorcese son physique poupin tête à claque et s’étant masculinisé avec l’âge.

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N°4- « The Ghost Writer » de Roman Polanski

Ghost-Writer-Poster dans Les meilleurs films du Blanc Lapin

A 77 ans, Polanski signe l’un de ses meilleurs films, une compilation de tout ce qui fait le génie du bonhomme, un regard ironique et brillant sur une carrière qui ne l’est pas moins. Pour moi, cela faisait 20 ans qu’il n’avait pas signé de film marquant. L’histoire de ce « ghost writer » est celle d’un écrivain, Ewan Mac Gregor, choisi par l’entourage d’un ex-premier ministre, Adam Lang (Pierce Brosnan), pour rédiger ses mémoires et lui servir de nègre.

Cet écrivain est reclus sur une île, qui semble hostile par son mystère, le temps pourri qu’il y fait, l’isolement de la maison dans laquelle il est logé et surtout les énigmatiques personnages qui l’entourent. Une situation idéale pour faire monter une paranoïa hitchcockienne. Mais c’est bien à lui même que Polanski fait des clins d’œil. A sa propre filmographie, à « la neuvième porte » et « frantic » pour la course poursuite et le jeu de pistes, à « pirates » et « le bal des vampires » pour l’humour décalé, à « le locataire » ou « répulsion » magnifique film oppressant avec Catherine Deneuve…et enfin les cadavres dans le placard de politiciens bien sous tous rapports (« la jeune fille et la mort »). C’est donc un film somme.

Il est vraiment plaisant de voir un thriller différent, qui a une personnalité et un style, celui du réalisateur. Par exemple, là où la plupart des films du genre mettent la pression très vite, Polanski agrémente de touches d’humour assez surprenantes les premières scènes pour les espacer de plus en plus. Il avait tenté ce genre de mélange dans « la neuvième porte » mais le résultat était hélas totalement raté.

Ensuite, l’utilisation du lieu est toute caractéristique. Cette grande maison aux baies vitrées donnent l’illusion de liberté alors que lorsque le personnage met les pieds dehors, il ne peut rien faire, c’est une île où il n’y a rien. Le temps est triste, venteux, pluvieux, pas très rassurant. L’isolement, le vrai est bien là, glacial. Et une fois cette impression bien présente, le cadre est dressé et le danger peut surgir de nul part, la tension est à son comble. Enfin, les personnages qui peuplent cet univers si particulier ont tous quelque chose à cacher sous leurs dehors pas forcément antipathiques. C’est un peu la même impression que les chers voisins de Mia Farow et John Cassavetes dans « Rosemary’s baby » du même Polanski. Des individus malsains, qui cherchent quelque chose d’autre que la raison officielle du livre de mémoires à écrire.

Enfin, il s’amuse de son rapport aux Etats-Unis, cet endroit où il ne peut plus mettre les pieds depuis 30 ans. Il moque par l’absurde l’hypocrisie de leur puritanisme érigé en étendard. Les défenseurs de la bonne morale savent si bien s’assoir dessus quand l’intérêt de l’empire entre en jeu. Un film élégant, sans fioriture, où il n’y a pas de scène inutile. Terriblement efficace et bourré d’adrénaline.

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N°3- « Moon » de Duncan Jones

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Duncan Jones a certes pu monter ce film grâce à l’aide de son papa, un certain David Bowie….mais avec le peu de moyens qu’il avait pour réaliser un film de SF, son premier film, ce jeune homme s’en sort très haut la main et signe l’un des meilleurs films de science-fiction depuis bien longtemps.

Ce huis clos entre ce cosmonaute et lui-même est si bien écrit, si bien pensé, que de multiples sentiments et réflexions jaillissent là où a priori on ne s’attend à rien. Si un film comme Alien et tous ses avatars se base sur l’immensité de l’espace et la solitude d’un personnage pour créer de l’adrénaline, « Moon » au contraire va chercher des thèmes bien plus terriens.

Car si la science-fiction peut certes s’avérer ludique voir régressivement jouissive, elle atteint également des sommets de profondeur spirituelle lorsqu’elle titille des thématiques universelles qu’elle arrive à isoler des considérations terrestres pour mieux en tirer la substantifique moëlle.Tout le talent de Duncan Jones est donc d’utiliser au mieux le jeu de Sam Rockwell, de révéler assez vite les ficelles du scénario tout en gardant sous la pédale quelques éléments de récit surprenants, de laisser filtrer de la poésie au milieu du cauchemar, de l’espoir vu de la lune, espoir qui s’identifie sous la forme de notre planète bleue mais que l’on ne voit jamais, curieusement. En effet, plus la solitude du personnage s’ancre sur cette lune si froide et si vide de tout humain, plus la terre et ce qu’elle représente s’inscrit en creux. C’est assez fort d’arriver à faire ressentir ce sentiment étrange d’isolement et d’espoir lié uniquement à l’appartenance à un monde, à une espèce. Toute la thématique du film est donc l’identité, l’identité en tant qu’être humain, au milieu de l’univers. Une puissante mélancolie s’échappe de cette vision, portée par la superbe bande originale de Clint Mansell (Requiem for a dream, the fountain).

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N°2 – Submarino de Thomas Vinterberg

 

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Thomas Vinterberg revient enfin…12 ans après son chef d’oeuvre écrasant et premier film, « Festen« .

Il est parfois mortel artistiquement de commencer très haut. Et la chute fut dure pour le jeune danois…De retour dans son pays natal avec « Submarino« , Vinterberg n’abandonne aucunement la noirceur sans fond et limite suicidaire de ses protagonistes, balayés par un vent froid, celui d’un certain pragmatisme social. Non, la vie n’est pas belle dans le quart monde, les soucis de certains vont au delà des besoins consuméristes que notre société créé aujourd’hui… Ceci fait un peu Miss France d’asséner ce genre d’évidence… mais tout est une question de support, or celui de « Submarino » est d’une grande classe. Vinterberg nous livre une mise en scène sobre,  dans une grisaille permanente, d’une colorimétrie parfois proche du gris foncé ou au contraire du blanc. Le blanc pur de l’enfance gâchée des deux personnages, deux frères séparés par un drame originel lorsqu’ils avaient une dizaine d’années.

Thomas Vinterberg s’évertue cependant à tordre le cou aux préjugés…déchéance sociale n’est pas synonyme de pauvreté morale ou intellectuelle. Et même sans aucune carte entre les mains, il y a des chemins, des mauvais très souvent, et puis le malheur apporte parfois une occasion de rebondir, de s’extirper dans un dernier souffle de survie. Le film traite de la culpabilité, de l’acceptation de son passé, de l’absence de communication entre des êtres censés se tenir les coudes, souvent par maladresse ou par abandon. Mais c’est dans le lien filial que  le film prend toute son ampleur dramaturgique.  Il est  l’ultime barrière contre la dureté du monde extérieur, l’ultime bouée avant de lâcher prise.

Passer dans ce style de cinéma après Ken Loach, Stephen Frears, les frères Dardenne ou Robert Guediguian n’est pas facile tant de si grands films ont été réalisés. Aronofsky a surpris tout le monde avec « The wrestler » il y’a deux ans. Thomas Vinterberg n’aura pas le même succès mais c’est une grande claque de cinéma à laquelle j’ai eu droit.

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Et le meilleur film de l’année pour moi fut le premier vu cette année ! Impossible de trouver un concurrent sérieux à cette majestueuse claque, à savoir…

 

N°1 – TETRO de Francis-Ford Coppola

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Il y a des moments rares au cinéma où l’on contemple une œuvre en ayant la certitude qu’elle est en train de nous faire chavirer, que l’on regarde un chef d’oeuvre. Et comme le mot est galvaudé, je vais juste préciser ce qu’est un chef d’œuvre pour moi. C’est lorsqu’un artiste arrive à imposer cette œuvre avec un style qui lui est propre, un jeu d’acteur irréprochable, un choix de casting brillant, enfin une histoire qui vous empêche de perde haleine. L’intensité dramatique ne tombe jamais dans le pathos, il n’y a aucun moment de relâche, chaque scène est parfaite. Le noir et blanc rappelle bien entendu « Rusty James » avec Mickey Rourke et Matt Dillon, d’autant que le jeune acteur, Alden Ehrenreich a des similitudes avec le magnétisme de Matt Dillon jeune. Et puis l’utilisation de la couleur est effectuée avec brio. Pourtant TETRO est bien plus abouti. Cette histoire de famille sur deux générations recèle en elle des moments aussi intenses que les tragédies shakespeariennes que sont « le parrain 1″ et surtout « le parrain 2″. C’est en auteur parfaitement libre, produisant son film tout seul, un film d’art et essai, à 70 ans, que Francis Ford Coppola revenait sur la croisette l’an dernier mais hors compétition. Et il n’était pas très content car il était fier de son film, il le disait partout, il n’avait pas signé une telle œuvre depuis fort longtemps.

Et bien il n’avait pas menti, cela fait 18 ans qu’il a tourné Dracula, son dernier film potable. 30 ans son dernier chef d’œuvre, Apocalypse now.

C’est donc une vraie joie de le retrouver. Une leçon de mise en scène car seuls les maîtres arrivent à impressionner sans aucune débauche de moyens.

 

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Les meilleurs films 2010 du lapin blanc ! (Partie 1 : N°15 à N°10)

18 décembre, 2010

Après vous avoir dressé ma liste des pires films de l’année (voir ici : http://dante7.unblog.fr/2010/12/12/les-pires-films-de-lannee-2010/), dans laquelle j’ai oublié « Oncle Boonmee », la palme d’or, qui m’a tellement ennuyé que je l’ai zappé, voici les meilleurs !

Et comme j’ai fais l’effort de résumer pour chacun mes critiques écrites au cours de l’année, je vous propose de découper en deux parties non égales…pourquoi ? Ben parceque.

Du numéro 15 au numéro 10 puis les 9 premiers dans un prochain article.


Et vous savez quoi ? c’est ultra subjectif et c’est ça qu’est bien !!!!

N°15 – « Kaboom » de Gregg Araki


Les meilleurs films 2010 du lapin blanc !             (Partie 1 : N°15 à N°10) dans Bandes-annonces Kaboom-le-film-Gregg-Araki-Poster-01

Gregg Araki revient au grand n’importe quoi avec cette histoire d’adolescents entrant à l’université, obsédés uniquement par les drogues et le sexe mais victimes d’une machination infernale. On se croirait dans une série TV pour ados qui se fait exploser de l’intérieur en osant se marrer sans retenue et sans se prendre la tête. C’est réjouissant sur les premiers 3/4 d’heure, c’est farfelu, pop et les couleurs sont criardes et ultra référencées. Mais comme tous les films d’Araki, ça part en vrille et le scénario prend la tangente, que l’on décidera de suivre ou pas. On y entre facilement et on peut en sortir tout aussi vite, en pleine projection, selon votre prédisposition à vous laisser porter par un bon gros délire ou votre volonté de rester plutôt dans des sentiers battus.

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N°14- « Toy Story 3″ de Lee Unkrich

 

Toy-story3 dans Dossiers

Buz l’éclair et Andy sont de retour mais en plus, leur petite troupe de jouets bénéficie de l’expérience du staff Pixar, qui est monté en qualité avec les derniers « Wall E » ou « Là-haut! ». Mais voilà, il y’a comme un hic…., là où les premiers films du studio axaient leur excellence sur l’animation, l’humour clin d’oeil aux grands sans délaisser les enfants, les derniers opus mettent bien plus l’accent sur l’émotion. Et pour être plus précis sans rien dévoiler, le film suit la même logique du sentiment d’appartenance à un monde (Wall E), à un idéal (là-haut), à une période révolue (Toy story 3).  Bref, la fibre de la nostalgie est de nouveau convoquée mais avec toujours un message positif pour rebondir, le spectateur adulte ayant versé sa petite larme au passage. L’histoire est parfaitement bien huilée entre bons mots, comique de situation et action mais c’est pourtant peut-être là la limite et le danger qui guette Pixar…à trop faire jouer la corde sensible, ne risquent-ils pas de dupliquer une recette qui finira par lasser ?  Tant de talents réunis emballeront encore longtemps la sauce mais attention à ne pas se caricaturer, ne pas faire comme Disney à sa grande époque…des films d’une très grande qualité, loin devant les concurrents mais dont les bons sentiments ont fini par leur faire prendre un sacré coup de vieux.

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 N°13 – « Les amours imaginaires » de Xavier Dolan

Les_amours_imaginaires_affiche dans Films 

Avec « les amours imaginaires« , Xavier Dolan pouvait se planter méchamment puisque la thématique du trio amoureux est un genre ultra parcouru. Mais ce qui pouvait agacer dans son premier film se transforme ici en force. Sa fougue, sa spontanéité, son humour malicieux et le choix de ses interprètes (dont lui-même) font de cette comédie romantique une très belle réussite. Le film se centre sur ces situations où vous tombez amoureux d’une personne qui ne vous capte pas un instant et où vous devenez complètement obnubilé par un individu, qui devient l’unique intérêt de tout. Un amour aveugle qui aurait pu tourner au mélo mièvre ou au film auteuriste assommant si Xavier Dolan n’avait pas eu l’idée de montrer la vision homosexuelle et hétérosexuelle de la situation, pigmentée de beaucoup de tendresse et d’ironie. La cruauté de ne pas être aimé de l’autre donne lieu à de très belles scènes mélancoliques alternées d’éclats de rires dont la colorimétrie fait penser également parfois à Pedro Almodovar, grand spécialiste des amours complexes. La bande originale pop suit de manière fort classe le balancier d’espoir et de marasme que suivent les deux individus.

Les blessures du désir et de la déception amoureuse ont donc trouvé un bel écho chez notre petit québécois qui risque de devenir de plus en plus le chouchou des critiques …

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N°12 - »Achille et la tortue » de Takeshi Kitano

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Kitano est de retour et au meilleur de sa forme et du burlesque. Car « Achille et la tortue » est certes lent, comme tous ses films, cruel et d’une violence qui jaillit sans prévenir mais il s’avère aussi très drôle. Il est rare de voir décortiqué le processus créatif ou le glissement lent mais certain de l’artiste dans un isolement qui le déshumanise. Cette bulle dans laquelle se réfugie le peintre peut sembler injustifiable et son comportement inacceptable. Oui, bien entendu, lorsque l’on est rationnel et porté sur les bonnes valeurs classiques de toute société. Il faut protéger ses proches, vivre pour la prochaine génération et pour la faire prospérer. Mais l’artiste ne raisonne pas comme cela, sa liberté peut s’avérer égoiste et souvent profondément injuste pour les autres. Mais si il doit se préoccuper des autres, son talent se dilue dans le consensualisme. Ce constat n’est bien entendu pas généralisable à tout artiste, certains vivant dans le partage de leurs créations. Mais plus particulièrement pour les peintres où le résultat de l’œuvre est jugé a posteriori voir après leur mort, la solitude créative n’a rien d’exceptionnel. Son histoire n’a pas à être jugée sous un angle moraliste mais bien comme une réflexion de ce qui doit être sacrifié au nom de l’art quand ce chemin est choisi pour une vie. La tortue qui avance lentement mais surement est le symbole de cet effort quotidien pour progresser car la peinture est un travail, le talent n’étant pas suffisant en soit. Un très grand Kitano.

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N°11- « The social Network » de David Fincher

the-social-network-facebook-le-film-559 dans Films series - News de tournage

Toute la finesse de Fincher est d’avoir su partir de ce postulat d’étude de geeks coupés du monde pour mieux brosser le portrait de jeunes gens brillants mais incroyablement solitaires. Des jeunes dont les idéaux sont réduits à néant puisqu’ils ont tout, argent et intelligence, et sont souvent blasés. Des individus sans rêves, sans aucune conscience politique. Elevés à la culture du paraitre et de la réussite sociale, c’est l’épate qui mène leur existence, puis le fric mais au final cet argent n’est même pas l’enjeu pour eux. L’enjeu c’est de trouver une place et une reconnaissance dans ce monde d’individualités. Facebook ne permet pas, la plupart du temps, de se faire des amis. Ce partage sans complexes de sentiments extrêmement personnels ou de petits riens de l’existence quotidienne, c’est un peu de l’égo partagé. Ce besoin d’exprimer en permanence « sa vie qu’elle est trop bien » et trop remplie n’est elle pas surtout un placebo de nos solitudes respectives. Une bouteille jetée sur la toile du Net dans laquelle on entendrait un immense « aimez moi !« . Un monde où « ami » ne veut pas dire grand chose. Un terme si générique, autant que celui d’ »amour », que l’on clame à tout va sans vraiment savoir ce qu’il représente. Mais le plus plaisant dans cette histoire de success story d’un connard, c’est que Fincher abandonne ses effets visuels habituels, ou plutôt les rend plus discrets pour se concentrer sur la mise en scène pure, la direction d’acteur et nous faire progressivement comprendre cet énergumène pour lequel on finit par avoir de la peine. Et oui, Fincher montre enfin qu’il sait admirablement raconter une histoire et c’est peut être une nouveauté, une maturité acquise dans son oeuvre.

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N°10- Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois

des-hommes-et-des-dieux-1 dans Les meilleurs films du Blanc Lapin

Il est rare d’entrer dans le vase clos d’un monastère, de toucher du doigt le mystère de la foi. Et c’est un peu l’impression que donne ce long métrage. Je suis ressorti avec une idée moins caricaturale de ce choix de vie mais aussi le sentiment d’avoir compris ces moines dans leur réflexion. La répétition journalière des prières, des lectures et cette vie très rodée les a façonnés telles des pierres apparemment calmes et lisses à l’extérieur, comme si la violence ne pouvait que glisser sur eux quand elle les frappe. Et pourtant, ce sont des hommes avant tout, avec leurs peurs. Et quand le FIS se met à égorger des innocents à l’aveugle et que la menace se rapproche, bien que coupés du monde, les huit moines se retrouvent en proie au doute. Que faire ? Avaient-ils réellement le libre arbitre ? Probablement pas, comme nous tous, influencés par notre culture, notre vie quotidienne. Ils étaient déracinés de France, et replantés dans ces collines, partir c’était mourir.

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La suite de mon classement 2010 très bientôt !

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