« L’évènement » de Audrey Diwan – critique du Blanc Lapin

28 novembre, 2021

L'Evénement - film 2021 - AlloCiné

Audrey Diwan remporte un Lion d’Or très mérité pour L’événement, un film coup de poing qu’on n’avait pas vu venir.

Anamaria Vartolomei est une véritable révélation, de tous les plans du film en jouant cette jeune étudiante des années 60 qui tombe enceinte et se trouve débuter un chemin de croix incroyable.
C’est assez original et salutaire de rappeler ce que les femmes vivaient avant la loi Veil et ce qu’elles vivent là où c’est interdit ou problématique pour des raisons de religion.

« L’événement » nous montre une société rétrograde et hypocrite dans laquelle l’avortement est condamnable de prison et où le fait d’être enceinte devient un non choix. Une chape de plomb incroyable fige une vie et plus rien n’a d’importance que de se ranger et d’abandonner tous ses espoirs comme celui de faire des études et pour le personnage, dans ces années là, de s’émanciper par la culture et un travail d’enseignant.

Le film est parfois difficile à encaisser car la réalisatrice souhaite nous mettre das les mêmes conditions d’isolement des autres et de souffrance. Le personnage est perdu et ne peut se confier à personne, sachant son destin brisé. Un compte à rebours va alors alterner la montée de l’angoisse et l’horreur des tentatives pour perdre cet embryon non désiré.

La mise en scène est fine et nous laisse seuls avec ce personnage qui sombre peu à peu en même temps que les couleurs du film et les scènes de nuit assombrissent l’avenir de la jeune fille. L’esthétisme du film ne se voit cependant pas, il se ressent, pour mieux porter le propos.

Ce récit viscéral est parfois dur à regarder mais il atteint son but à savoir émouvoir et faire toucher du doigt l’enfer absolu que l’Etat et toute une administration, une société faisaient subir à de jeunes femmes pour des raisons avant tout religieuses, là où l’Eat se voulait laïque.

Un très bon film.

La piste aux Lapins :

4 lapins

 

« Les Olympiades » de Jacques Audiard- critique du Blanc Lapin

28 novembre, 2021

Les Olympiades - film 2021 - AlloCiné

Céline Sciamma est l’une des réalisatrices qui compte (Portrait de la jeune fille en feu) mais c’est aussi une scénariste de renom qui s’associe à l’un des plus grands réalisateurs français pour nous livrer cet étonnant « Les Olympiades ».

Jacques Audiard est très loin de ses réalisations et thèmes précédents.
Il nous parle d’amour, de désir et de sexe pour des trentenaires d’aujourd’hui. Ça aurait pu être vraiment raté et casse gueule. Le résultat n’est certes pas sa meilleure œuvre mais vaut le détour.

Outre son magnifique noir et blanc, l’histoire suit des personnages assez attachants et le scénario évite de tomber dans les clichés. Je craignais que trop de personnages féminins soient lesbiens ou bi, ce qui aurait potentiellement viré à une sorte de caricature non représentative. Il n’en n’est rien car l’homosexualité féminine y trouve même la place la plus émouvante et inattendue. Surtout les sentiments prennent le dessus au moment où on ne s’y attend pas, permettant au long métrage de se terminer de la plus belle des manières.

Voir un réalisateur de 70 ans qui n’a plus rien à prouver prendre un tel risque sans se vautrer, çà fait vraiment plaisir. Encore une réussite pour Audiard.

La piste aux Lapins :

4 lapins

« Tick tick Boom ! » de Lin-Manuel Miranda – critique du Blanc Lapin

28 novembre, 2021

Tick, Tick…Boom! - film 2021 - AlloCiné

l’approche de ses 30 ans, un jeune compositeur prometteur jongle entre l’amour, l’amitié et l’envie de réussir quelque chose de grandiose avant qu’il ne soit trop tard.
Andrew Garfield s’est fait plus rare ces dernières années. Vous aller pouvoir pleinement en profiter dans cette comédie musicale produite pour Netflix.
On y suit le scénariste et créateur de la célèbre comédie musicale Rent. Et quoi de mieux qu’une comédie musicale pour rendre hommage à l’un de ses créateurs cultes, Jonathan Larson fauché très jeune. On est immergés dans l’Amérique des années 80, dans un New York où les artistes commencent à voir le Sida frapper à l’aveugle et d2cimer leurs amis. Mais comme le personnage principal n’est pas homosexuel lui même, on 2vite de tomber dans une histoire trop ghettoisée.
Le film réussit plusieurs exploits et moments vraiment enlevés et brillants via une mise en scène inspirée, des d2cors qui s’enchevêtrent comme sur une scène de théâtre. C’est un très bel hommage à l’homme, à la difficulté de créer, de percer tout en insufflant de la joie, des pleurs et au final un film vraiment réussi.

Le seul bémol est sur le coté un peu trop mélo des scènes dites tristes ou axées sur ses déclarations d’amour. La j’ai décroché et surtout pas franchement adhéré, le style musical étant très loin de la pop rock électro alternatif que j’aime…
Mais Tick Tick Boom ! reste un bon film de par son acteur principal absolument génial et sa mise en scène qui crève la sincérité et le respect .

La piste aux Lapins :

3,75 lapins

« De son vivant » d’Emmanuelle Bercot – critique du Blanc Lapin

28 novembre, 2021

Critique du film De son vivant - AlloCiné

Emmanuelle Bercot revient avec don duo d’acteurs de « La tête haute » avec ce film au thème pour le moins pas très grand public, la fin de vie.
Pire elle décide de l’aborder avec l’inenvisageable, à savoir une mère qui va perdre son fils de 40 ans d’un cancer incurable. Pour illustrer son propos et lui donner une lumière, un recul nécessaire pour ne pas étouffer, la réalisatrice inclue un troisième personnage, le Dr Sara, vrai médecin dans la vie qui accompagne les personnes condamnées avec une certaine philosophie.

D’abord celle de regarder la mort en face et de dire la vérité, ne pas se la voiler et amoindrir les douleurs tout en aidant à optimiser le temps qui reste à faire le ménage dans sa vie.

Si le film est humble, digne et tire des larmes à plusieurs moments, j’y trouve quelques défauts majeurs.

D’abord et même si c’est la vérité de la méthode de ce médecin, on y voit un corps médical apaisé, ayant le temps d’être bienveillant, de faire de la psychologie et de remplacer le vide de l’existence du personnage principal. C’est con mais ceci ne semble pas très représentatif des vrais conditions de vie des malades, notamment ceux qui n’ont pas les moyens de se payer le luxe de telles cliniques.

Et parfois, ça vire à une sorte d’indécence à force de ne pas du tout traiter cet aspect. C’est un choix de scénario certes mais il n’est pas neutre.

Après le personnage n’a aucun ami, n’a que sa mère, n’a pas reconnu son enfant. Pourquoi avoir fait ce choix? Ce n’est fort heureusement pas fréquent qu’un personnage soit aussi seul mais l’isoler ainsi fait encore plus ressortir la bienveillance idéaliste de cette clinique pour riches. Et si la réalisatrice avait voulu couper les larmes, ne pas verser dedans en rajoutant des personnages. Mais ce n’est pas le cas. C’est très très mélo et çà n’en finit pas!
Non que le film est mauvais. Non, il est d’une grande maîtrise formelle, d’un jeu qui vaudrait à Benoit Magimel un prix, et il est emouvant. Mais il est aussi éreintant tant il nous montre tout du parcours jusqu’au dernier souffre. C’est voyage horrible mais la lumière qu’insuffle le personnel hospitalier fait trop fake à mon goût.
J’aurais préféré un personnage moins caricatural, moins antipathique, avec des racines un peu plus crédibles. Mais ceci reste un bon film.

La piste aux Lapins :

3,5 lapin

Tom Hardy et Channing Tatum soldats évacuant l’Afghanistan

28 novembre, 2021

Tom Hardy et Channing Tatum bientôt réunis dans un thriller ?

Les américains sont très forts pour s’inspirer très rapidement de leur histoire. A peine 3 mois après l’évacuation catastrophique de l’Afghanistan, Universal Pictures lance un fil sur le sujet.

On y suivra trois anciens membres des forces spéciales.

L’histoire suivra trois soldats qui reviennent sur le territoire afghan pour sauver les familles de leurs traducteurs laissés aux mains des Talibans.

Tom Hardy et Channing Tatum seront deux des trois soldats.

Ceci fait plaisir de revoir ces deux stars qui se sont faites assez discrètes ces dernières années.

Leonardo DiCaprio en leader de secte

28 novembre, 2021

Leonardo DiCaprio in Talks to Play Jonestown Cult Leader Jim Jones - E!  Online

Alors qu’on l’attend aux côtés de Robert de Niro dans « Killers of the flower Moon » de Martin Scorsese, l’excellent Leonardo DiCaprio incarnera le leader de la secte « Temple du Peuple« .

Aux États-Unis, la secte de Jim Jones organisa un suicide collectif avec 910 victimes

Le « Temple du Peuple » fut crée en 1955 avant que Jim Jones installe sa communauté dans les années 70 en Guyane sous le nom de  »Jonestown ».

Le 18 novembre 1978, après qu’un membre du congrès, Leo Ryan fut assassiné par les gardes de la secte, Jim Jones organise l’empoisonnement de 910 personnes soit le bilan de victimes civiles le plus tristement élevé jusqu’aux tours du Wall Trade Center LE 11/09/2001.

Di Caprio sera producteur.

Joséphine Baker aura droit a sa série

28 novembre, 2021

Joséphine Baker, espionne de charme - Le Courrier

Joséphine Baker entre au Panthéon le 30 novembre 2021 mais Canal+ va lancer une série sur l’incroyable vie de cette danseuse devenue star puis résistante et espionne, embrassant et adoptant la France avec une énergie et un amour incroyable.

Quel destin que cette première star noire mondialement connue, féministe avant l’heure et au caractère en titane !

Née dans les bidonvilles de Saint-Louis dans le Missouri et connait l’extrême pauvreté et le racisme encore plus fort au début du 20ème avant que son rythme de danseuse ne fasse chavirer théâtre après théâtres avec son charleston, devenant l’icône des années 20, des années folles parisiennes.

Elle côtoie les plus grands artistes de l’époque, de Picasso, Jean Gabin à Hemingway avant de devenir entrepreneuse en créant sa propre revue aux Folies Bergère.

En 1939, elle devient agent secret pour le service de contre-espionnage français. Elle aide clairement la France libre contre le nazisme. Elle devient ensuite ambassadrice pour la Croix-Rouge et adopte douze enfants !

Elle participera également à la lutte pour les droits civiques et sera aux côtés de Martin Luther King en 1963 lors de la célèbre marche.

Et puis elle remontera sur scène dans les années 70, ruinée et miséreuse, étant obligée de retravailler 70 ans passés.

Inutile de dire que l’actrice qui sera choisie devra avoir du chien tant Joséphine Baker crevait l’écran.

Nouvelle Ba splendide du prochain Guillermo Del Toro, « Nightmare Alley »

28 novembre, 2021

https://www.premiere.fr/sites/default/files/styles/scale_crop_1280x720/public/2021-09/002_NA_05597.jpghttps://www.ecranlarge.com/media/cache/637x637/uploads/image/001/395/nightmare-alley-photo-cate-blanchett-1395922.jpghttps://www.ecranlarge.com/uploads/image/001/395/nightmare-alley-photo-willem-dafoe-1395919.jpgThe Survivor Review (TIFF 2021)

Après son lion d’Or à Venise en 2017 avec « La forme de l’eau« , et quatre Oscars en 2018 dont ceux du meilleur film, du meilleur réalisateur, Guillermo Del Toro est de retour.

Nightmare Alley sera le remake du film « Le Charlatan », réalisé en 1947 avec Tyrone Power.

Le Charlatan suivra un bonimenteur faisant croire dans son spectacle truqué qu’il avait le pouvoir de lire dans les esprits. il s’aide pour ceci d’une psychologue et d’une diseuse de bonne aventure.

Le film suivra la marche vers la gloire et la chute du personnage.

On imagine sans mal Del Toro dans un tel univers. Son casting est comme d’habitude impressionnant avec Bradley Cooper, Cate Blanchett, Toni Collette, Willem Dafoe, Richard Jenkins, Ron Perlman et Rooney Mara !

Del Toro sortira également son Pinnocchio en stop motion sur Netflix en 2022.

Le film Nightmare Alley sort le 19 janvier et voici sa bande-annonce qui donne carrément envie !

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Blade Runner aura droit à une série !

28 novembre, 2021

https://imgsrc.cineserie.com/2021/11/blade-runner-enhanced-edition-ray.jpg?ver=1

Alors qu’une série Alien est en développement, Ridley Scott ne compte pas laisser à son autre chef d’œuvre de science fiction Blade Runner la suite très réussie, Blade Runner 2049 de Denis Villeneuve (Dune). Il vient d’annoncer à la BBC « Nous avons déjà écrit le pilote de Blade Runner, ainsi que la bible (de personnages). Nous sommes en train de vendre Blade Runner comme une série d’une durée de 10 heures.”

Cette série Blade Runner compterait dix épisodes. En attendant, papy Scott, 83 ans, a sorti en 2021 deux films en deux mois, « Le dernier Duel » et « House of Gucci » et s’apprête à tourner Kitbag, son Napoléon avec Joaquin Phoenix !

 

 

Joseph Gordon-Levitt patron d’Uber

28 novembre, 2021

Joseph Gordon-Levitt : ce membre des Avengers qu'il a failli jouer - Actus  Ciné - AlloCiné

Joseph Gordon-Levitt, que l’on voit moins ces dernières années, sera le 1er rôle de la série « Super Pumped ».

Produite par Showtime, la série d’anthologie « Super Pumped » verra sa première saison, intitulée « The Battle for Uber« , raconter l’ascension de la célèbre application de transport américaine. Rien ne sera caché dont le côté destructeur pour les conditions d’emploi des chauffeurs.

On y suivra les deux fondateurs d’Uber, Travis Kalanick et Bill Gurley, incarnés par Joseph Gordon-Levitt et Kyle Chandler.

Uma Thurman jouera l’éditorialiste Arianna Huffington. On trouvera aussi Elisabeth Shue (« The Boys »).

 

Gustave Kervern et Benoît Delépine font du En même temps avec Jonathan Cohen

28 novembre, 2021

https://images.bfmtv.com/0jbAHOFSVgQZ4LyfiWE56bS7k30=/74x4:1162x616/1088x0/images/La-Flamme-avec-Jonathan-Cohen-374098.jpgBenoît Delépine et Gustave Kervern invités d'honneur - FESTIVAL CINECOMEDIES

Gustave Kervern et Benoît Delépine, les deux compères issus de Groland, ont réussi à construire une belle filmographie en 20 ans, depuis Aaltra. Que ce soient Louise-Michel, Mammuth, Le grand soir ou Saint Amour, et enfin « Effacer l’historique » tous ces films très réussis ont su parler de gens invisibles, déclassés, avec une grande tendresse et un humour ravageur et salvateur.

Leur dixième long-métrage s’intitulera En même temps et sera très politique et probablement moqueur du président Macron.

« À la veille d’un vote pour entériner la construction d’un complexe de loisirs à la place d’une forêt primaire, un maire de droite ‘décomplexée’ veut piéger son confrère écologiste. Ce sont eux qui se feront piéger par un groupe de militantes féministes. Les ‘Colle Girls’ vont définitivement renvoyer les deux hommes à leurs contradictions. »

L’excellent Jonathan Cohen sera le héros de ce film tourné selon les rumeurs avec une grosse dose d’improvisation.

 

« Aline » de Valérie Lemercier – critique du Blanc Lapin

12 novembre, 2021

Aline - film 2020 - AlloCiné

Valérie Lemercier çà passe ou çà casse. Ses spectacles, jamais filmés, sont déconcertants de vulgarité et très loin du personnage populaire et drôle qu’on voit à la télévision ou dans des films. En tant que réalisatrice, elle est allée du mieux avec Palais Royal ou Le Derrière au pire et affligeant avec 100% Cachemire et Marie-Francine.

L’idée donc de faire un faux biopic sur Céline Dion, chanteuse iconique relativement kitsch et ultra moquée, pouvait à la fois enthousiasmer tant Valérie Lemercier peut être hilarante ou au contraire s’avérer ultra casse-gueule.

Et bien l’artiste prend tout le monde à contre-pied en faisant plus un vrai biopic idéalisé, enchanté et sérieux qu’un film moqueur. Bien au contraire, Valérie Lemercier a un profond respect pour Céline Dion et un amour pour le personnage complètement perché qu’elle est mais qui au final s’avère très attachant.

Elle joue le personnage de l’âge de 8 ans à aujourd’hui grâce à des effets spéciaux très bien faits. Évidemment le film est plein d’humour voir d’éclats de rire mais ce n’est jamais pour rire du personnage mais plus de situations comiques déclenchées par cette femme si étrangement habitée par la chanson. On y voit un personnage donc assez marrant et iconoclaste, très naïf et en soif de belle histoire d’amour. Mais surtout on y accompagne une enfant de son cocon familial ultra sympathique de famille très très nombreuse à un autre cocon avec son mari et impresario qui pourrait être son père. La grande réussite du film est notamment dans la crédibilité et la beauté de cette histoire qui émeut à bien des reprises.

Sylvain Marcel en Guy-Claude (aka René Angélil, décédé en 2016) et Danielle Fichaud (qui joue la mère) sont juste énormes et explosent littéralement l’écran, permettant aussi à Aline de ne pas juste se centrer sur son actrice principale mais d’apporter un corps à cette histoire, une profonde humanité à l’ensemble.

A noter la performance vocale de Victoria Sio, la doublure vocale de Valérie Lemercier  qui permet d’y croire lorsqu’elle interprète les chansons de Céline Dion.

Et pourtant dieu sait que je n’aime pas du tout le style de Céline Dion, c’est un style que je trouve criard, qui m’agace, que le trouve culcul et à 100 000 lieues de la pop rock ou de la musique alternative voire électro que je prend plaisir à écouter et découvrir. Et bien, ceci ne m’a pas du tout gêné car le film est un véritable tour de force. Il est ultra sympathique et regorge d’amour pour ses personnages. Surtout il est sincère et réussit à montrer la solitude de cet être une fois l’amour de sa vie disparu. Elle est passée d’écrin en écrin tout étant parfaitement heureuse entre son succès fulgurant, sa famille nombreuse aimante et son mari protecteur.

Le film est populaire, généreux, drôle et surtout très émouvant. Un grand film. Bravo Valérie Lemercier !

La piste aux Lapins :

4,25 lapins

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